Être chrétien

De Jésus au Christ

Le mot "chrétien" fait référence à la personne de Jésus confessée comme Christ. Avant d'en arriver à une confession de foi, les apôtres rencontrent un homme nommé Jésus. Celui-ci va les entraîner dans une aventure qui va bouleverser leur existence et toute l'humanité. À travers ses gestes et ses paroles, Jésus va convertir le regard de ses disciples pour les transformer de l'intérieur. Il est vrai que le peuple d'Israël attend un libérateur politique qui restaurerait la royauté de David. Ce n'est finalement qu'après la résurrection et la Pentecôte que les disciples adhèrent pleinement à la bonne nouvelle de Jésus reconnu comme l'envoyé de Dieu le Père.

Aujourd'hui, nous vivons avec 2000 ans de christianisme derrière nous. Même si bien des questions nous habitent toujours, nous avons hérité de traditions dont les sacrements sont les plus visibles. Confesser Jésus comme Christ est un chemin de foi personnel en Église. Mais ce n'est que dans la rencontre de Jésus ressuscité que nous devenons chrétien :

J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse (François, La joie de l'évangile, 3.)

Être chrétien, ce n’est donc pas d’abord une éthique ou une idée philosophique, mais :

la rencontre avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive (Id., 7).

Être des disciples

Le disciple est étymologiquement un élève (grec didaskalos). L'appel à être disciple comporte une triple perspective :

Recevoir : Le disciple reçoit un enseignement sous différentes formes : catéchèse, théologie, sacrements... Les disciples de Jésus se sont d'abord mis à l'écoute de son enseignement. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue (Mc6,2).

Suivre : Le disciple suit le maître. Jésus nous invite à le suivre, parfois de manière radicale : Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive.

Annoncer : Le disciple est missionné pour annoncer l'évangile : Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples (Mt 28,19). Comme le souligne Jean-Paul II : La cause missionnaire doit avoir la première place (Texte complet dans l'encyclique en ligne).

Le chrétien est en somme invité à vivre du RSA

Une triple mission

Le mot "chrétien" apparaît pour la première fois dans les Actes des apôtres. Il fait référence à la personne de Jésus confessée comme Christ. Cette référence nous invite à un triple engagement :

Un credo : Le symbole de Nicée résume les points fondamentaux de la foi chrétienne (voir le texte en ligne).

Une pratique : Sacrements, prière...

Une éthique : Le service auprès des pauvres, des fragiles; l'écologie ; tout autre forme d'engagement qui fait grandir l'humanité. Ces trois missions sont indissociables l'une de l'autre. Il est impossible d'être chrétien et de croire en la réincarnation. Il est incohérent de confesser que Dieu est créateur et de détruire la nature. Il est insensé de prier et de fermer sa porte à l'étranger.

Jc 2, 14-18. Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi.

En-thousiasme

Le mot "enthousiasme" signifie étymologiquement "en Dieu" (en-théo). Il désigne aujourd'hui une émotion qui se manifeste par des signes extérieurs d'admiration et de joie. F. Nietzsche écrivait : "Je croirai en Dieu, lorsque les chrétiens auront des gueules de ressuscités !" Toutes nos célébrations devraient refléter la joie de Pâques. Trop longtemps l'Église a véhiculé une éthique de vie basée sur le renoncement, l'ascèse, voire la souffrance dont la croix est le symbole par excellence. La liturgie de la messe nous rappelle que nous sommes applelés au bonheur dès ici-bas à travers cette prière: "rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets". Denis Moreau n'hésite pas à écrire :

Un chrétien est quelqu'un dont l'existence est gouvernée par la recherche intéressée de la jouissance et l'évitement du déplaisir. Le christianisme apparaît ainsi comme un eudémonisme, c'est-à-dire une théorie pour laquelle le bonheur constitue le souverain bien de l'homme, et même comme un hédonisme, c'est-à-dire une doctrine qui fait de la recherche du plaisir le principe légitime des actions humaines (Comment peut-on être catholique, Seuil, p. 153).

Plaidoyer pour l'unité

La séparation entre les Églises catholiques, orthodoxes et protestantes est le fruit de l'histoire. En 1054 Rome et Constantinople s'affrontent sur le Filioque. Au XVIe siècle, Luther provoque la naissance des Églises protestantes. Sans entrer dans le détail des courants, les principaux sujets de division sont : la virginité de Marie, le nombre de sacrements, la primauté du pape, la présence symbolique et/ou réelle, le salut par les œuvres et/ou la foi, la tradition et/ou la bible au fondement de la foi. Sans sous-estimer l'importance des sujets théologiques, l'unité prime sur la division, le bien commun sur le particularisme.

Je vous en prie, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, ayez tous même langage ; qu'il n'y ait point parmi vous de divisions ; soyez étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée. En effet, mes frères, il m'a été signalé à votre sujet par les gens de Chloé qu'il y a parmi vous des discordes. J'entends par là que chacun de vous dit : « Moi, je suis à Paul. » - « Et moi, à Apollos. » - « Et moi, à Céphas. » - « Et moi, au Christ. » Le Christ est-il divisé ? (1Co 1,10-13)

Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des objectifs principaux du saint Concile œcuménique de Vatican II. Une seule et unique Église a été fondée par le Christ Seigneur. Et pourtant plusieurs communions chrétiennes se présentent aux hommes comme le véritable héritage de Jésus Christ. Tous certes confessent qu’ils sont les disciples du Seigneur, mais ils ont des opinions différentes. Ils suivent des chemins divers, comme si le Christ lui-même était divisé. Il est certain qu’une telle division s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l’Évangile à toute créature (Décret sur l'oecuménisme en ligne).

Poursuivre la réflexion

A consulter en ligne : L'invention du mot "chrétien".

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