Formation théologique

Première partie — D'Abraham à Moïse

Chapitre 21 — Le désert et le Sinaï

Exode 15.22 à 17.16 raconte les premières étapes dans le désert. Après la traversée de la mer, Israël marche trois jours sans trouver d'eau. À Mara, les eaux sont amères ; Dieu les rend douces. À Élim, il y a douze sources et soixante-dix palmiers. Dans le désert de Sin, Dieu envoie la manne chaque matin et des cailles le soir pour nourrir le peuple.

À Rephidim, le peuple manque d'eau et murmure contre Moïse. Dieu ordonne à Moïse de frapper le rocher d'Horeb avec son bâton : l'eau jaillit et le peuple boit. Les Amalécites attaquent Israël ; Josué les combat pendant que Moïse, Aaron et Hur soutiennent les mains de Moïse. Quand ses mains sont levées, Israël l'emporte ; quand elles tombent, Amalek l'emporte. Israël remporte la victoire.

Exode 19 à 24 et 25 à 40 racontent l'alliance du Sinaï et la construction du sanctuaire. Au troisième mois, Israël arrive au mont Sinaï. Dieu descend sur la montagne dans le feu et la fumée. Il donne les dix commandements et le livre de l'alliance. Moïse scelle l'alliance avec le sang des sacrifices. Dieu donne ensuite les plans détaillés du tabernacle, de l'arche, de la table, du chandelier, de l'autel et des vêtements sacerdotaux. Le tabernacle est construit selon les instructions divines.

1. La manne et les cailles

1.1. Les eaux de Mara

« Moïse fit partir Israël de la mer Rouge. Ils s'avancèrent dans le désert de Schour, marchèrent trois jours dans le désert sans trouver d'eau. Ils arrivèrent à Mara, mais ils ne purent pas boire les eaux de Mara, car elles étaient amères. C'est pourquoi l'on donna à ce lieu le nom de Mara. Le peuple murmura contre Moïse et dit : Que boirons-nous ? Moïse cria à l'Éternel. L'Éternel lui indiqua un bois ; Moïse le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces. »
Exode 15.22-25, Nouvelle Bible Segond.

Après la traversée de la mer, Israël entre dans le « désert de Schour » (région entre l'Égypte et Canaan). Pendant trois jours, le peuple marche sans trouver d'eau. Cette épreuve teste la foi d'Israël : après la délivrance miraculeuse, la réalité du désert se révèle difficile.

À Mara (« amertume »), les eaux sont impropres à la consommation. Le peuple murmure : « Que boirons-nous ? ». Moïse crie à l'Éternel, qui lui montre un bois. Moïse le jette dans les eaux, et elles deviennent douces. Ce miracle préfigure d'autres interventions divines : Dieu transforme l'amertume en douceur, la mort en vie.

1.2. Les cailles et la manne

« Toute l'assemblée des fils d'Israël partit de Mara et arriva dans le désert de Sin, entre Élim et le Sinaï. Toute l'assemblée des fils d'Israël murmura contre Moïse et Aaron dans le désert. Les fils d'Israël leur dirent : Que ne sommes-nous morts par la main de l'Éternel dans le pays d'Égypte, quand nous étions assis près des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Car vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette assemblée. »
Exode 16.1-3, Nouvelle Bible Segond.

Israël arrive dans le « désert de Sin ». Le peuple murmure de nouveau, regrettant l'Égypte : « Que ne sommes-nous morts par la main de l'Éternel dans le pays d'Égypte [...] quand nous mangions du pain à satiété ! ». Cette plainte révèle un manque de foi : Israël préfère l'esclavage avec de la nourriture à la liberté avec la faim.

Dieu répond à cette plainte par une double provision : le soir, des cailles montent et couvrent le camp ; le matin, une couche de rosée entoure le camp, et quand la rosée se dissipe, voici une substance fine comme de la neige : la manne. « C'est le pain que l'Éternel vous donne pour nourriture » (Exode 16.15).

1.3. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Les fils d'Israël appelèrent cela du nom de manne. Elle ressemblait à de la graine de coriandre ; elle était blanche, et avait le goût d'un gâteau au miel. Moïse dit : Voici ce que l'Éternel a ordonné : Remplissez-en un omer pour le garder pour vos descendants, afin qu'ils voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, lorsque je vous ai fait sortir du pays d'Égypte. »
Exode 16.31-32, Nouvelle Bible Segond.

Le nom « manne » vient de l'hébreu man hou : « Qu'est-ce que c'est ? » (Exode 16.15). Cette substance mystérieuse, blanche comme la coriandre, au goût de miel, nourrit Israël pendant quarante ans. « Les fils d'Israël mangèrent la manne pendant quarante ans, jusqu'à leur arrivée dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu'à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan » (Exode 16.35).

Dieu ordonne de garder un omer de manne dans un vase, « afin qu'ils voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert ». Ce mémorial rappelle la providence divine. Dans le Nouveau Testament, Jésus se présente comme « le pain de vie » : « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts [...] Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jean 6.49-51).

2. L'eau du rocher

2.1. La tentation à Massah et Meriba

« Toute l'assemblée des fils d'Israël partit du désert de Sin et campa selon l'ordre de l'Éternel. Il n'y avait point d'eau pour le peuple. Le peuple querella Moïse et dit : Donnez-nous de l'eau à boire. Moïse leur dit : Pourquoi querellez-vous avec moi ? Pourquoi tentez-vous l'Éternel ? Là, le peuple eut soif ; le peuple murmura contre Moïse et dit : Pourquoi nous as-tu fait sortir d'Égypte ? Pour nous faire mourir de soif, moi, mes enfants et mes troupeaux ? »
Exode 17.1-3, Nouvelle Bible Segond.

Israël campe à Rephidim, où il n'y a pas d'eau. Le peuple « querella Moïse » et dit : « Donnez-nous de l'eau à boire ». Moïse répond : « Pourquoi tentez-vous l'Éternel ? ». Le lieu est appelé « Massah » (tentation) et « Meriba » (querelle), car « les fils d'Israël tentèrent l'Éternel en disant : L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ? » (Exode 17.7).

Cette tentation est grave : après toutes les merveilles de la sortie d'Égypte, Israël doute encore de la présence de Dieu. Le psaume 95 reprend cet épisode : « Ne durcissez pas votre cœur, comme à Meriba, comme au jour de Massah dans le désert, où vos pères m'ont tenté, m'ont éprouvé, quoiqu'ils aient vu mes œuvres » (Psaume 95.8-9).

2.2. « Frappes le rocher, et il en sortira de l'eau »

« Moïse cria à l'Éternel, en disant : Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! L'Éternel dit à Moïse : Passe devant le peuple, prends avec toi des anciens d'Israël, prends dans ta main ton bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va. Voici, je me tiendrai là devant toi sur le rocher, à Horeb. Tu frapperas le rocher, et il en sortira de l'eau, et le peuple boira. Moïse fit ainsi, sous les yeux des anciens d'Israël. »
Exode 17.4-6, Nouvelle Bible Segond.

Moïse crie à l'Éternel : « Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! ». Dieu répond : « Prends dans ta main ton bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va [...] Tu frapperas le rocher, et il en sortira de l'eau ». Moïse obéit, et l'eau jaillit du rocher d'Horeb.

Ce rocher devient un symbole christologique. Paul écrit : « Tous ont bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ » (1 Corinthiens 10.4). Le rocher frappé préfigure le Christ frappé sur la croix, d'où jaillit l'eau vive de l'Esprit (Jean 7.37-39).

3. Le combat contre Amalek

3.1. Josué combat, Moïse prie

« Amalek vint et combattit Israël à Rephidim. Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, et sors combattre Amalek ; demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu dans ma main. Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent sur le sommet de la colline. Lorsque Moïse tenait sa main levée, Israël l'emportait ; mais lorsqu'il baissait sa main, Amalek l'emportait. »
Exode 17.8-11, Nouvelle Bible Segond.

Amalek (peuple nomade du Néguev) attaque Israël à Rephidim. Moïse ordonne à Josué de choisir des hommes et de combattre. Moïse, Aaron et Hur montent sur une colline, et Moïse lève les mains, tenant le « bâton de Dieu ». Quand ses mains sont levées, Israël l'emporte ; quand elles tombent, Amalek l'emporte.

Ce geste de Moïse n'est pas magique, mais symbolique : les mains levées sont une posture de prière et d'intercession (Psaume 28.2, 1 Timothée 2.8). La victoire ne vient pas de Josué seul, mais de la prière de Moïse. Le combat spirituel et le combat physique sont liés : Israël ne peut pas vaincre sans l'intercession de son médiateur.

3.2. « L'Éternel sera en guerre contre Amalek »

« Les mains de Moïse étaient fatiguées ; ils prirent une pierre qu'ils placèrent sous lui, et il s'y assit. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l'un d'un côté, l'autre de l'autre ; et ses mains restèrent fermes jusqu'au coucher du soleil. Josué vainquit Amalek et son peuple au tranchant de l'épée. L'Éternel dit à Moïse : Écris cela dans un livre pour en garder le souvenir, et fais-le entendre aux oreilles de Josué : j'effacerai entièrement le souvenir d'Amalek de dessous les cieux. Moïse bâtit un autel et l'appela du nom de l'Éternel mon étendard. »
Exode 17.12-15, Nouvelle Bible Segond.

Les mains de Moïse se fatiguent. Aaron et Hur lui apportent une pierre pour s'asseoir, et soutiennent ses mains de chaque côté. Grâce à ce soutien, les mains de Moïse restent levées « jusqu'au coucher du soleil ». Josué vainc Amalek. Cette scène montre l'importance de la solidarité : Moïse ne peut pas prier seul ; il a besoin d'Aaron et Hur.

Dieu ordonne à Moïse : « Écris cela dans un livre pour en garder le souvenir, et fais-le entendre aux oreilles de Josué : j'effacerai entièrement le souvenir d'Amalek de dessous les cieux ». Amalek devient l'ennemi héréditaire d'Israël. Des siècles plus tard, Saül devra exterminer Amalek (1 Samuel 15), et Mardochée (livre d'Esther) sera un « Agagite », descendant d'Amalek.

4. L'alliance du Sinaï

4.1. « Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs »

« Au troisième mois après la sortie des fils d'Israël du pays d'Égypte, ils arrivèrent au désert du Sinaï. Ils partirent de Rephidim, arrivèrent au désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, devant la montagne. Moïse monta vers Dieu. L'Éternel l'appela de la montagne, en disant : Tu parleras ainsi à la maison de Jacob, et tu le diras aux fils d'Israël : Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle et vous ai amenés vers moi. Maintenant, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi. Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. »
Exode 19.1-6, Nouvelle Bible Segond.

Au troisième mois (Sivan, mai-juin), Israël arrive au « désert du Sinaï » et campe devant la montagne. Moïse monte vers Dieu, qui l'appelle et lui donne un message pour le peuple : « Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle et vous ai amenés vers moi ». Cette image d'aigle porteuse exprime la tendresse divine (Deutéronome 32.11).

Dieu propose une alliance : « Si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples [...] Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte ». Israël est appelé à être un peuple sacerdotal, médiateur entre Dieu et les nations. Cette vocation trouve son accomplissement dans l'Église : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte » (1 Pierre 2.9).

4.2. La théophanie du Sinaï

« Le troisième jour, au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne, et un son de cor très fort. Dans le camp, tout le peuple trembla. Moïse fit sortir le peuple du camp à la rencontre de Dieu, et ils se placèrent au bas de la montagne. La montagne de Sinaï était entièrement en fumée, parce que l'Éternel y était descendu dans le feu ; cette fumée s'élevait comme la fumée d'une fournaise, et toute la montagne tremblait violemment. Le son de la corne allait retentissant de plus en plus ; Moïse parlait, et Dieu lui répondait par des tonnerres. »
Exode 19.16-19, Nouvelle Bible Segond.

Le troisième jour, Dieu descend sur le Sinaï dans le feu, la fumée, les tonnerres et les éclairs. « Toute la montagne tremblait violemment ». Cette théophanie (manifestation divine) impressionne le peuple : « Tout le peuple trembla ». Le son de la corne (shofar) retentit de plus en plus fort.

Cette manifestation révèle la sainteté et la transcendance de Dieu. Le feu consume, mais ne détruit pas (comme le buisson ardent). La fumée évoque la nuée de la Shekinah, présence divine. Le peuple ne peut pas approcher : « Tu fixeras des limites au peuple tout autour [...] Quiconque touchera la montagne sera puni de mort » (Exode 19.12). La sainteté de Dieu exige la séparation.

4.3. Les dix commandements

« Dieu prononça toutes ces paroles, en disant : Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. Tu ne te feras point d'image taillée [...] Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point [...] Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain [...] Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier [...] Honore ton père et ta mère [...] Tu ne tueras point. Tu ne commettras point d'adultère. Tu ne voleras point. Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras point.

Exode 20.1-17, Nouvelle Bible Segond.

Dieu « prononça toutes ces paroles » : les dix commandements (Décalogue). Ces commandements sont précédés d'un préambule : « Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte ». La loi est donnée après la délivrance, non avant : Dieu sauve d'abord, puis il donne la loi comme réponse de gratitude.

Les dix commandements se divisent en deux tables : les quatre premiers concernent la relation avec Dieu (pas d'autres dieux, pas d'images, pas de faux serment, sabbat) ; les six derniers concernent la relation avec le prochain (parents, vie, mariage, propriété, vérité, convoitise). Jésus résumera ces commandements en deux : aimer Dieu et aimer le prochain (Matthieu 22.37-40).

4.4. Le livre de l'alliance

« Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles de l'Éternel et toutes les lois. Tout le peuple répondit d'une seule voix, et dit : Toutes les paroles que l'Éternel a prononcées, nous les mettrons en pratique. Moïse écrivit toutes les paroles de l'Éternel. Il se leva de bon matin, et bâtit un autel au pied de la montagne, et douze pierres pour les douze tribus d'Israël. Il envoya des jeunes hommes des fils d'Israël, et ils offrirent des holocaustes et immolèrent des taureaux en sacrifices d'actions de grâces à l'Éternel. Moïse prit la moitié du sang, qu'il mit dans des bassins, et il répandit l'autre moitié sur l'autel. Il prit le livre de l'alliance et le lut en présence du peuple. Ils dirent : Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons et nous lui obéirons. Moïse prit le sang, le répandit sur le peuple, et dit : Voici le sang de l'alliance que l'Éternel a conclue avec vous sur la base de toutes ces paroles. »
Exode 24.3-8, Nouvelle Bible Segond.

Moïse rapporte au peuple « toutes les paroles de l'Éternel et toutes les lois » (le Décalogue et le « livre de l'alliance », Exode 20.22–23.33). Le peuple répond : « Toutes les paroles que l'Éternel a prononcées, nous les mettrons en pratique ». Moïse écrit ces paroles, bâtit un autel avec douze pierres (symbole des douze tribus), et offre des sacrifices.

Moïse prend « la moitié du sang », qu'il met dans des bassins, et répand l'autre moitié sur l'autel. Il lit le livre de l'alliance, et le peuple s'engage à obéir. Puis Moïse « prit le sang, le répandit sur le peuple, et dit : Voici le sang de l'alliance que l'Éternel a conclue avec vous ». Ce sang scelle l'alliance : il purifie et consacre le peuple.

Dans le Nouveau Testament, Jésus reprend cette parole lors de la dernière Pâque : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour beaucoup » (Marc 14.24). L'auteur de l'épître aux Hébreux cite Exode 24.8 : « C'est pourquoi même la première alliance n'a pas été inaugurée sans sang [...] Moïse prit le sang des veaux et des boucs [...] et le répandit sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonnée pour vous » (Hébreux 9.18-20).

5. La construction du sanctuaire

5.1. Les offrandes pour le tabernacle

« L'Éternel parla à Moïse, en disant : Parle aux fils d'Israël, et qu'ils prennent pour moi une offrande ; vous la recevrez de tout homme dont le cœur sera bien disposé. Voici l'offrande que vous recevrez d'eux : de l'or, de l'argent et de l'airain ; du fil bleu, pourpre et cramoisi, du fin lin et du poil de chèvre ; des peaux de béliers teintes en rouge, des peaux de dauphins et du bois d'acacia ; de l'huile pour le chandelier, des aromates pour l'huile d'onction et pour le parfum aromatique ; des pierres d'onyx et des pierres à enchâsser pour l'éphod et pour le pectoral. »
Exode 25.1-7, Nouvelle Bible Segond.

Dieu demande des offrandes volontaires : « Qu'ils prennent pour moi une offrande ; vous la recevrez de tout homme dont le cœur sera bien disposé ». Ces offrandes serviront à construire le tabernacle et ses accessoires. La liste inclut des métaux précieux (or, argent, airain), des tissus (lin, laine teinte), des peaux, du bois, de l'huile et des pierres précieuses.

Ces matériaux, nombreux et coûteux, montrent que le peuple a été enrichi par les Égyptiens avant de partir (Exode 12.35-36). Dieu utilise ces richesses, prises à l'Égypte, pour construire son sanctuaire. Les biens matériels, quand ils sont consacrés à Dieu, deviennent instruments de culte.

5.2. L'arche de l'alliance

« Ils feront une arche de bois d'acacia ; sa longueur sera de deux coudées et demie, sa largeur d'une coudée et demie, et sa hauteur d'une coudée et demie. Tu la plaqueras d'or pur, tu la plaqueras en dedans et en dehors, et tu feras sur elle une bordure d'or tout autour. Tu fondras pour elle quatre anneaux d'or, que tu mettras à ses quatre coins : deux anneaux d'un côté, et deux anneaux de l'autre. Tu feras des barres de bois d'acacia, que tu plaqueras d'or. Tu mettras les barres dans les anneaux, sur les côtés de l'arche, pour la porter. Tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai. »
Exode 25.10-16, Nouvelle Bible Segond.

L'arche (hébreu : aron, « coffre ») est le premier meuble décrit. Elle est en bois d'acacia, plaquée d'or, avec un couvercle d'or pur (le « propitiatoire », Exode 25.17-22). Ses dimensions sont petites (environ 1,25 m x 0,75 m x 0,75 m), mais elle contient les tables de la loi, un vase de manne et le bâton d'Aaron (Hébreux 9.4).

L'arche symbolise la présence de Dieu au milieu de son peuple. « Là je me rencontrerai avec toi ; du haut du propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l'arche du témoignage, je te dirai tout ce que je te commanderai pour les fils d'Israël » (Exode 25.22). L'arche accompagnera Israël dans le désert, traversera le Jourdain à sec (Josué 3), et sera déposée dans le temple de Salomon (1 Rois 8).

5.3. La table, le chandelier et l'autel

« Tu feras une table de bois d'acacia ; sa longueur sera de deux coudées, sa largeur d'une coudée, et sa hauteur d'une coudée et demie. Tu la plaqueras d'or pur, et tu feras une bordure d'or tout autour. Tu feras pour elle un rebord de la largeur d'une main, et tu feras une bordure d'or autour du rebord. Tu feras pour la table ses plateaux et ses coupes, ses calices et ses bols, avec lesquels on fera les libations ; tu les feras d'or pur. Tu mettras sur la table le pain de proposition, devant moi, continuellement. »
Exode 25.23-30, Nouvelle Bible Segond.

La table est en bois d'acacia plaqué d'or. Sur elle, on place « le pain de proposition » (hébreu : lehem happanim, « pain de la face »), douze pains renouvelés chaque sabbat (Lévitique 24.5-9). Ce pain symbolise la communion entre Dieu et les douze tribus. Dans le Nouveau Testament, Jésus se présente comme « le pain de vie » (Jean 6.35).

« Tu feras un chandelier d'or pur ; le chandelier sera fait d'une seule pièce ; son pied, sa tige, ses calices, ses pommes et ses fleurs seront d'une seule pièce avec lui. Six branches sortiront de ses côtés, trois branches d'un côté du chandelier, et trois branches de l'autre côté. Il y aura trois calices en forme de fleur d'amandier à une branche, avec pomme et fleur, et trois calices en forme de fleur d'amandier à l'autre branche, avec pomme et fleur ; il en sera ainsi des six branches qui sortent du chandelier. »
Exode 25.31-35, Nouvelle Bible Segond.

Le chandelier (hébreu : menorah) est en or pur, d'une seule pièce, avec sept branches (une centrale et six latérales). Il éclaire le lieu saint. « Tu feras ses sept lampes, et l'on allumera ses lampes pour éclairer devant lui » (Exode 25.37). La menorah symbolise la lumière de Dieu, sa présence continuelle. Dans l'Apocalypse, les sept Églises sont représentées par sept chandeliers d'or (Apocalypse 1.12-13).

« Tu feras l'autel de bois d'acacia ; sa longueur sera de cinq coudées, et sa largeur de cinq coudées ; l'autel sera carré, et sa hauteur sera de trois coudées. Tu feras ses cornes à ses quatre coins ; ses cornes feront un avec lui, et tu le plaqueras d'airain. Tu feras ses cendriers, ses pelles, ses bassins, ses fourchettes et ses brasiers ; tu feras tous ses ustensiles d'airain. Tu feras pour lui une grille d'airain en forme de réseau. »
Exode 27.1-4, Nouvelle Bible Segond.

L'autel des holocaustes est en bois d'acacia plaqué d'airain (bronze). Il est carré (5 coudées x 5 coudées, environ 2,5 m x 2,5 m) et haut de 3 coudées (1,5 m). Sur cet autel, on offre les sacrifices d'animaux (holocaustes, sacrifices de paix, sacrifices d'expiation). Le sang des sacrifices est répandu sur l'autel, symbolisant l'expiation des péchés.

Dans le Nouveau Testament, Christ est à la fois le sacrifice et l'autel : « Nous avons un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n'ont pas le droit de manger [...] Jésus, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte » (Hébreux 13.10-12).

5.4. Les vêtements sacerdotaux

« Tu feras venir auprès de toi Aaron, ton frère, et ses fils avec lui, parmi les fils d'Israël, pour qu'ils soient à mon service dans le sacerdoce : Aaron, Nadab et Abihu, Éléazar et Ithamar, fils d'Aaron. Tu feras à Aaron, ton frère, des vêtements sacrés, pour lui donner de la gloire et de la magnificence. Tu parleras à tous ceux qui sont habiles, que j'ai remplis de l'esprit de sagesse, et ils feront les vêtements d'Aaron, pour le sanctifier, afin qu'il soit à mon service dans le sacerdoce. Voici les vêtements qu'ils feront : un pectoral, un éphod, une robe, une tunique brodée, une tiare et une ceinture. Ils feront des vêtements sacrés pour Aaron, ton frère, et pour ses fils, afin qu'ils soient à mon service dans le sacerdoce. »
Exode 28.1-4, Nouvelle Bible Segond.

Dieu choisit Aaron et ses fils (Nadab, Abihu, Éléazar, Ithamar) pour le sacerdoce. Ils recevront des « vêtements sacrés, pour lui donner de la gloire et de la magnificence ». Ces vêtements incluent : l'éphod (vêtement sans manches), le pectoral (avec douze pierres représentant les tribus), la robe (bleue, avec des grenades et des clochettes d'or), la tunique, la tiare (turban avec une lame d'or portant « Sainteté à l'Éternel ») et la ceinture.

Ces vêtements sanctifient Aaron : « Aaron les portera, quand il entrira dans le lieu saint, afin que le souvenir des fils d'Israël soit continuellement devant l'Éternel » (Exode 28.29). Le souverain sacrificateur représente le peuple devant Dieu. Dans le Nouveau Testament, Christ est le grand souverain sacrificateur : « Nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu » (Hébreux 4.14).

5.5. La construction et la consécration

« Ainsi fut achevé tout l'ouvrage du tabernacle de la tente d'assemblée. Les fils d'Israël exécutèrent tout ce que l'Éternel avait ordonné à Moïse ; ils firent ainsi. Ils apportèrent à Moïse le tabernacle, la tente et tous ses ustensiles, ses crochets, ses planches, ses barres, ses colonnes et ses bases ; la couverture de peaux de béliers teintes en rouge, la couverture de peaux de dauphins et le voile qui sert de rideau ; l'arche du témoignage et ses barres, le propitiatoire ; la table, tous ses ustensiles, et le pain de proposition ; le chandelier d'or pur, ses lampes, les lampes à ranger, tous ses ustensiles, et l'huile pour l'éclairage ; l'autel d'or, l'huile d'onction, le parfum aromatique, le rideau pour l'entrée de la tente. »
Exode 39.32-38, Nouvelle Bible Segond.

Le peuple exécute fidèlement les instructions divines : « Les fils d'Israël exécutèrent tout ce que l'Éternel avait ordonné à Moïse ; ils firent ainsi ». Moïse inspecte l'ouvrage et constate : « Ils avaient fait comme l'Éternel l'avait ordonné, ils l'avaient fait ainsi. Et Moïse les bénit » (Exode 39.43).

« La nuée couvrit la tente d'assemblée, et la gloire de l'Éternel remplit le tabernacle. Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente d'assemblée, parce que la nuée restait dessus, et que la gloire de l'Éternel remplissait le tabernacle. Lorsque la nuée s'élevait de dessus le tabernacle, les fils d'Israël partaient pour toutes leurs étapes. Si la nuée ne s'élevait pas, ils ne partaient point, jusqu'au jour où elle s'élevait. Car la nuée de l'Éternel était sur le tabernacle pendant le jour, et il y avait du feu dans la nuée pendant la nuit, aux yeux de toute la maison d'Israël, pendant toutes leurs étapes. »
Exode 40.34-38, Nouvelle Bible Segond.

Quand le tabernacle est achevé, « la nuée couvrit la tente d'assemblée, et la gloire de l'Éternel remplit le tabernacle ». Moïse ne peut pas entrer, tant la gloire divine est intense. Cette gloire (Shekinah) manifeste la présence de Dieu au milieu de son peuple.

La nuée guide Israël : « Lorsque la nuée s'élevait de dessus le tabernacle, les fils d'Israël partaient [...] Si la nuée ne s'élevait pas, ils ne partaient point ». Le tabernacle est à la fois sanctuaire (lieu de culte) et guide (la nuée indique quand partir et quand camper). Cette guidance divine accompagnera Israël pendant quarante ans dans le désert.

6. Portée théologique et historique

6.1. La manne : pain du ciel et figure du Christ

La manne est un don miraculeux de Dieu pour nourrir son peuple dans le désert. Elle tombe chaque matin, sauf le sabbat. Elle symbolise la providence divine : Dieu pourvoit aux besoins de son peuple jour après jour. Jésus reprend cette image : « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts [...] Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jean 6.48-51).

Dans le Notre Père, nous prions : « Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour ». Cette demande rappelle la manne : Dieu donne chaque jour ce qui est nécessaire. La manne préfigure aussi l'Eucharistie : « Le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6.51).

6.2. Le rocher frappé : figure du Christ

Le rocher d'où jaillit l'eau préfigure le Christ. Paul l'affirme explicitement : « Tous ont bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ » (1 Corinthiens 10.4). Le rocher frappé par Moïse annonce le Christ frappé sur la croix, d'où jaillit l'eau vive de l'Esprit.

Jésus dit à la Samaritaine : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, tu lui aurais demandé toi-même, et il t'aurait donné de l'eau vive [...] Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle » (Jean 4.10-14).

6.3. Le tabernacle : demeure de Dieu parmi les siens

Le tabernacle est la première demeure fixe de Dieu au milieu de son peuple. Il préfigure le temple de Salomon, puis l'Église (corps du Christ et communauté des croyants). Jean écrit : « La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous [...] pleine de grâce et de vérité » (Jean 1.14). Le verbe « habiter » (grec : eskénosen) signifie littéralement « a planté sa tente ». En Christ, Dieu « tabernacle » parmi les siens.

Dans l'Apocalypse, Jean voit « un nouveau ciel et une nouvelle terre [...] Et j'entendis du ciel une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux » (Apocalypse 21.1-3). Le tabernacle terrestre préfigure la présence éternelle de Dieu avec les rachetés.

6.4. L'alliance du Sinaï : loi et grâce

L'alliance du Sinaï est souvent présentée comme une alliance de loi, opposée à l'alliance de grâce avec Abraham. Mais cette opposition est trop simpliste. Dieu commence par rappeler sa délivrance : « Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte » (Exode 20.2). La loi est donnée après le salut, non avant.

Paul dira : « La loi a été comme un pédagogue pour nous conduire au Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi » (Galates 3.24). La loi révèle le péché et la sainteté de Dieu, mais elle ne sauve pas. Le salut vient par la foi, comme pour Abraham. L'alliance du Sinaï prépare l'alliance nouvelle, scellée par le sang du Christ : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous » (Luc 22.20).

Conclusion

Exode 15.22 à 17.16 raconte les premières étapes dans le désert. À Mara, Dieu rend les eaux amères douces. Dans le désert de Sin, il envoie la manne chaque matin et des cailles le soir. À Rephidim, Moïse frappe le rocher d'Horeb, et l'eau jaillit. Les Amalécites attaquent Israël ; Josué les combat pendant que Moïse, Aaron et Hur soutiennent ses mains levées. Israël remporte la victoire.

Exode 19 à 24 et 25 à 40 racontent l'alliance du Sinaï et la construction du sanctuaire. Au troisième mois, Israël arrive au mont Sinaï. Dieu descend dans le feu et la fumée. Il donne les dix commandements et le livre de l'alliance. Moïse scelle l'alliance avec le sang des sacrifices : « Voici le sang de l'alliance que l'Éternel a conclue avec vous ».

Dieu donne ensuite les plans détaillés du tabernacle : l'arche de l'alliance, la table des pains de proposition, le chandelier d'or, l'autel des holocaustes, les vêtements sacerdotaux. Le peuple exécute fidèlement les instructions. Quand le tabernacle est achevé, « la nuée couvrit la tente d'assemblée, et la gloire de l'Éternel remplit le tabernacle ». La nuée guide Israël pendant toutes ses étapes dans le désert.

Questions pour aller plus loin

  • Pourquoi le peuple murmure-t-il à Mara, et comment Dieu répond-il ?
  • Que symbolise la manne, et comment Jésus reprend-il cette image dans Jean 6 ?
  • Pourquoi Dieu envoie-t-il à la fois de la manne et des cailles ?
  • Que signifie le nom « manne » (« Qu'est-ce que c'est ? ») ?
  • Pourquoi le peuple tente-t-il l'Éternel à Massah et Meriba ?
  • Comment le rocher frappé préfigure-t-il le Christ ?
  • Pourquoi les mains de Moïse doivent-elles rester levées pendant le combat contre Amalek ?
  • Que signifie le nom « L'Éternel mon étendard » ?
  • Pourquoi Dieu appelle-t-il Israël « un royaume de sacrificateurs et une nation sainte » ?
  • Comment comprendre la théophanie du Sinaï (feu, fumée, tonnerres) ?
  • Pourquoi les dix commandements sont-ils précédés du rappel de la délivrance d'Égypte ?
  • Que signifie le « sang de l'alliance » répandu sur le peuple ?
  • Comment la dernière Pâque de Jésus accomplit-elle l'alliance du Sinaï ?
  • Que symbolise l'arche de l'alliance, et où sera-t-elle déposée plus tard ?
  • Comment le tabernacle préfigure-t-il le Christ et l'Église ?