Formation théologique

Évangile selon Marc — Commentaire théologique

Chapitre 3

Guérison de la main paralysée · Décision de mort · Foule au bord de la mer · Institution des Douze · Controverse de Béelzéboul · La vraie famille de Jésus

Introduction

Le troisième chapitre conclut le cycle des controverses ouvert en 2,1 par la guérison de l'homme à la main paralysée, qui provoque l'alliance inédite des Pharisiens et des Hérodiens dans la décision de faire mourir Jésus (3,6). Ce verset, sommet dramatique de toute la première partie de l'évangile, marque un tournant : dès ce moment, le récit se déploie sous l'horizon d'une menace déjà scellée. Le chapitre se poursuit par trois scènes qui, chacune à sa manière, précisent l'identité de ceux qui entourent Jésus : la foule anonyme venue de tout le pays (3,7-12), les Douze institués nommément (3,13-19), et la famille véritable définie non par le sang mais par l'accomplissement de la volonté de Dieu (3,31-35), la controverse de Béelzéboul (3,20-30) s'intercalant entre ces deux dernières scènes comme un moment de crise sur l'origine de l'autorité de Jésus.

« Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère. » (Mc 3,35)

Texte biblique — Mc 3,1-35 (TOB)

1 Il entra de nouveau dans une synagogue ; il y avait là un homme qui avait la main paralysée. 2 Ils observaient Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat ; c'était pour l'accuser. 3 Jésus dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Lève-toi ! viens au milieu. » 4 Et il leur dit : « Ce qui est permis le jour du sabbat, est-ce de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver un être vivant ou de le tuer ? » Mais eux se taisaient. 5 Promenant sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur, il dit à cet homme : « Étends la main. » Il l'étendit et sa main fut guérie. 6 Une fois sortis, les Pharisiens tinrent aussitôt conseil avec les Hérodiens contre Jésus sur les moyens de le faire périr.

7 Jésus se retira avec ses disciples au bord de la mer. Une grande multitude venue de la Galilée le suivit. Et de la Judée, 8 de Jérusalem, de l'Idumée, d'au-delà du Jourdain, du pays de Tyr et Sidon, une grande multitude vint à lui, à la nouvelle de tout ce qu'il faisait. 9 Il dit à ses disciples de tenir une barque prête pour lui à cause de la foule qui risquait de l'écraser. 10 Car il en avait tant guéri que tous ceux qui étaient frappés de quelque mal se jetaient sur lui pour le toucher. 11 Les esprits impurs, quand ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient : « Tu es le Fils de Dieu. » 12 Et il leur commandait très sévèrement de ne pas le faire connaître.

13 Il monte dans la montagne et il appelle ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui 14 et il en établit douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher 15 avec pouvoir de chasser les démons. 16 Il établit les Douze : Pierre — c'est le surnom qu'il a donné à Simon —, 17 Jacques, le fils de Zébédée et Jean, le frère de Jacques — et il leur donna le surnom de Boanerguès, c'est-à-dire fils du tonnerre —, 18 André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, le fils d'Alphée, Thaddée et Simon le zélote, 19 et Judas Iscarioth, celui-là même qui le livra.

20 Jésus vient à la maison, et de nouveau la foule se rassemble, à tel point qu'ils ne pouvaient même pas prendre leur repas. 21 À cette nouvelle, les gens de sa parenté vinrent pour s'emparer de lui. Car ils disaient : « Il a perdu la tête. » 22 Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem disaient : « Il a Béelzéboul en lui » et : « C'est par le chef des démons qu'il chasse les démons. » 23 Il les fit venir et il leur disait en paraboles : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? 24 Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut se maintenir. 25 Si une famille est divisée contre elle-même, cette famille ne pourra pas tenir. 26 Et si Satan s'est dressé contre lui-même et s'il est divisé, il ne peut pas tenir, c'en est fini de lui. 27 Mais personne ne peut entrer dans la maison de l'homme fort et piller ses biens, s'il n'a d'abord ligoté l'homme fort ; alors il pillera sa maison. 28 En vérité, je vous déclare que tout sera pardonné aux fils des hommes, les péchés et les blasphèmes aussi nombreux qu'ils en auront proférés. 29 Mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, il reste sans pardon à jamais : il est coupable de péché pour toujours. » 30 Cela parce qu'ils disaient : « Il a un esprit impur. »

31 Arrivent sa mère et ses frères. Restant dehors, ils le firent appeler. 32 La foule était assise autour de lui. On lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont dehors ; ils te cherchent. » 33 Il leur répond : « Qui sont ma mère et mes frères ? » 34 Et, parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. 35 Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère. »

I La guérison de la main paralysée et la décision de mort (3,1-6)

Cette cinquième et dernière controverse du cycle inversé le rapport habituel entre parole et action : Jésus ne se contente pas de répondre à une objection, il pose lui-même la question qui désarçonne ses adversaires — « est-ce de faire le bien ou de faire le mal, de sauver un être vivant ou de le tuer ? » — avant qu'ils n'aient formulé la leur. Le silence des Pharisiens (« mais eux se taisaient ») est un silence de mauvaise foi que Marc souligne par la mention du « regard de colère » (met' orgès) de Jésus et de sa tristesse devant « l'endurcissement de leur cœur » (pôrôsis), terme technique qui, dans la tradition biblique, évoque l'aveuglement volontaire de Pharaon (Ex 7,3) plutôt qu'une simple incompréhension.

La formule finale, « les Pharisiens tinrent conseil avec les Hérodiens », associe deux groupes normalement opposés — les Pharisiens, attachés à l'observance rigoureuse de la Loi, et les partisans politiques d'Hérode Antipas, plus proches du pouvoir romain — unis ici par une hostilité commune envers Jésus. Cette convergence inattendue annonce, dès le troisième chapitre, l'alliance des pouvoirs religieux et politiques qui aboutira à la condamnation de Jésus (cf. 15,1).

Note herméneutique

La décision de mort mentionnée en 3,6 est le fait d'un groupe défini de Pharisiens et d'Hérodiens de Galilée, et non d'un rejet collectif attribuable au peuple juif ou au judaïsme comme tel. Une lecture attentive du récit marcien montre d'ailleurs des Pharisiens absents ou marginaux dans le récit de la Passion proprement dite. Conformément à Nostra Aetate n. 4 et à CEC 597, la responsabilité de la mort de Jésus ne saurait être imputée ni à l'ensemble des Juifs contemporains de Jésus ni aux Juifs d'aujourd'hui.

Correspondances bibliques

  • Ex 7,3 ; 9,12 — l'endurcissement du cœur de Pharaon, arrière-plan du terme pôrôsis
  • Dt 30,15-19 — le choix entre la vie et la mort proposé par la Loi
  • Mc 15,1 — reprise de l'alliance des autorités religieuses et politiques lors du procès
  • Mt 12,9-14 ; Lc 6,6-11 — versions parallèles de la guérison de la main paralysée

II La grande foule au bord de la mer (3,7-12)

Le sommaire géographique de 3,7-8 énumère des régions qui débordent largement la Galilée — Judée, Jérusalem, Idumée, Transjordanie, Tyr et Sidon —, esquissant une carte qui inclut aussi bien des territoires juifs que des régions à forte population païenne. Cette extension anticipe, dès ce moment du récit, l'ouverture universelle de la mission qui ne deviendra explicite que plus tard (cf. 7,24-30 ; 13,10).

La reconnaissance criée par les esprits impurs, « Tu es le Fils de Dieu » (3,11), reprend et confirme le titre annoncé dès 1,1 et déjà proclamé du ciel au baptême (1,11). L'ordre de silence qui suit immédiatement (3,12) illustre une nouvelle fois le motif du secret messianique : la vérité sur l'identité de Jésus, connue des puissances démoniaques et du lecteur informé par le prologue, demeure encore cachée aux protagonistes humains du récit.

Correspondances bibliques

  • Mc 1,1.11.24 ; 5,7 ; 15,39 — jalonnement du titre « Fils de Dieu » à travers tout l'évangile
  • Is 60,1-6 — l'afflux des nations vers la lumière d'Israël, préfiguration de l'universalité de la mission
  • Mt 12,15-21 ; Lc 6,17-19 — sommaires parallèles de guérisons

III L'institution des Douze (3,13-19)

Le mouvement vers « la montagne », lieu privilégié de la révélation dans la tradition biblique, situe l'institution des Douze dans la continuité des grands actes fondateurs de l'histoire du salut. Le nombre douze, symboliquement lié aux douze tribus d'Israël, signale que Jésus ne fonde pas une secte marginale mais entend rassembler et reconstituer le peuple de Dieu dans son intégralité eschatologique.

La triple finalité de l'institution — « être avec lui », « être envoyés prêcher », recevoir « pouvoir de chasser les démons » — articule communion, mission et autorité comme trois dimensions inséparables du ministère apostolique, préfigurant la mission en 6,7-13. La liste des noms, qui donne à Simon le surnom de Pierre et à Jacques et Jean celui de Boanerguès (« fils du tonnerre », surnom dont le sens précis reste discuté, peut-être lié à leur tempérament ardent, cf. 9,38 ; Lc 9,54), s'achève sur la mention sobre et sans commentaire de « Judas Iscarioth, celui-là même qui le livra », note qui projette dès ce moment l'ombre de la trahison sur le cercle apostolique fraîchement constitué.

Correspondances bibliques

  • Gn 49,28 ; Ex 24,4 — les douze tribus d'Israël, arrière-plan symbolique du nombre des Douze
  • Ex 19,3 ; 24,15-18 — la montagne comme lieu de la révélation et de l'alliance
  • Mc 6,7-13 — l'envoi en mission des Douze, réalisation ultérieure de leur institution
  • Mt 10,1-4 ; Lc 6,12-16 ; Ac 1,13 — autres listes des Douze/apôtres dans le Nouveau Testament

IV La controverse de Béelzéboul et le blasphème contre l'Esprit (3,20-30)

Deux accusations convergentes (3,20-22)

Marc encadre la controverse de Béelzéboul par deux réactions négatives à l'action de Jésus, provenant de milieux distincts : sa « parenté », qui le juge « hors de sens » (exestè, littéralement « il est sorti de lui-même »), et les scribes « descendus de Jérusalem », dont l'accusation est plus grave : Jésus agirait par la puissance de Béelzéboul, désignation du prince des démons dont l'origine, probablement liée au dieu philistin Baal-Zeboub (2 R 1,2), a évolué dans le judaïsme du tournant de l'ère vers une figure satanique.

Dans le Nouveau Testament, Béelzébul (traduit en français par Belzébuth ou Belzébul sous l'influence du latin) est mis dans la bouche des pharisiens pour désigner le « prince des démons » (Marc, iii, 22 ; Matth., x, 25 ; etc.). La tradition manuscrite atteste trois variantes du mot : Beelzeboul (dans la majorité des cas), Beezeboul (dans certains manuscrits grecs qui reflète probablement la leçon originale du Nouveau Testament et la prononciation populaire en Palestine) et Beelzeboub (dans la Vulgate et les versions syriaques, qui ont sans doute aligné la lecture sur l'hébreu de II Rois, i, 2).

L'étymologie et la signification du terme sont discutées et malaisées à établir. Dans le IIe Livre des Rois (i, 2), il est fait mention de « Baal Zebub, dieu d'Eqrôn ». Littéralement, la formule signifie « maître (Baal) des mouches », acception que le grec des Septante a adoptée en traduisant par Baal-myia, « Baal-mouche ». Les textes rabbiniques parlent d'un « Seigneur du fumier », évoquant par là le sacrifice offert aux idoles (le verbe zabal est employé dans le sens d'« enfumer »). Il semble cependant que les Évangiles aient conservé le nom primitif Baal-Zebul, « Baal le prince », d'une divinité phénicienne et cananéenne connue. Les tablettes d'Ugarit le confirment : selon le cycle de Baal, on rendait un culte au « Zubulu (prince), Seigneur de la terre ». Au terme de bien des siècles d'évolution et d'influences, ce titre désignera, dans la démonologie juive dont s'inspire le Nouveau Testament, le « prince des démons ». (L'apocalyptique juive, dont, entre autres éléments, relève la démonologie, correspond d'une certaine façon à un mouvement de « remythisation » de l'enseignement biblique traditionnel en Israël.) André Paul, Universalis.

L'argumentation de Jésus (3,23-27)

La réponse de Jésus procède par analogie logique : un royaume ou une famille divisés contre eux-mêmes ne peuvent subsister, l'hypothèse d'un Satan combattant Satan est donc absurde. La parabole de « l'homme fort » ligoté (3,27) propose une lecture alternative de l'exorcisme : loin d'être un signe d'alliance avec le mal, il manifeste au contraire la victoire déjà commencée sur Satan, désormais dépossédé de sa maison.

Le péché contre l'Esprit Saint (3,28-30)

La déclaration sur le pardon universellement offert, y compris pour le blasphème, sauf pour « celui qui blasphème contre l'Esprit Saint », a suscité de nombreuses interprétations pastorales, parfois source d'angoisse pour des croyants scrupuleux. Marc lui-même en précise le contexte immédiat par la formule de conclusion (3,30) : ce blasphème consiste précisément à attribuer à un esprit impur l'action de l'Esprit Saint manifestée dans les exorcismes de Jésus — un endurcissement délibéré qui refuse de reconnaître le bien comme bien, se fermant ainsi lui-même, et non par décret arbitraire divin, à la possibilité du pardon. Joachim Gnilka souligne que ce péché n'est donc pas une parole isolée mais une disposition durable de refus, incompatible par nature, non par volonté divine restrictive, avec l'accueil du pardon.

Tout sera pardonné… sauf le blasphème contre l’Esprit qui est du domaine du spirituel. Le seul péché non pardonné n’est pas un péché moral ou sexuel, c’est un péché spirituel. Il s’adresse aux religieux qui accusent Jésus, et non aux collecteurs des taxes, aux prostituées, aux pécheurs, aux Romains et aux gens de mauvaise vie. Eux, ils seront tous pardonnés. Dans ce passage le péché qui ne peut être pardonné relève de l’accusation contre les œuvres de Dieu. On ne peut être pardonné si on accuse le pardon, on ne peut être libéré si on dénigre toute possibilité de libération. Le blasphème contre l’Esprit ne relève pas de l’ignorance, mais du refus raisonné de toute action de l’Esprit. Le pardon de Dieu ne peut s’imposer contre le gré d’une personne, il n’est pas forcé ni obligatoire. Antoine Nouis.

Note herméneutique

L'accusation portée par « les scribes descendus de Jérusalem » (3,22) désigne un groupe précis d'opposants, distinct du peuple juif dans son ensemble, dont plusieurs membres accueillent au contraire favorablement l'enseignement de Jésus ailleurs dans le récit (cf. 12,28-34). Conformément aux orientations rappelées dans les chapitres précédents (Nostra Aetate n. 4 ; PBC 2001 ; CEC 597-598), cette controverse doit être lue comme un conflit circonstancié et non comme le procès du judaïsme en général.

Correspondances bibliques

  • 2 R 1,2-3 — Baal-Zeboub, dieu philistin d'Écron, arrière-plan possible du nom Béelzéboul
  • Is 49,24-25 — la délivrance du captif arraché à l'homme fort ou au puissant
  • Mc 9,38-40 — autre épisode concernant l'exorcisme au nom de Jésus
  • 1 Jn 5,16-17 — écho néotestamentaire ultérieur sur le péché « qui mène à la mort »
  • Mt 12,22-32 ; Lc 11,14-23 ; 12,10 — versions parallèles de la controverse et du logion sur le blasphème contre l'Esprit

V La vraie famille de Jésus (3,31-35)

La scène finale du chapitre, qui encadre littérairement la controverse de Béelzéboul avec la mention initiale de la « parenté » de Jésus en 3,21, complète la reconfiguration des liens d'appartenance amorcée depuis le début de l'évangile. La question de Jésus, « qui sont ma mère et mes frères ? », suivie du regard porté sur « ceux qui étaient assis en cercle autour de lui », ne dévalorise pas la famille naturelle mais en relativise la prétention à définir seule l'appartenance au cercle des disciples : c'est désormais l'accomplissement de « la volonté de Dieu » qui constitue le critère déterminant de la parenté véritable.

Note herméneutique

Le terme grec adelphoi (« frères ») employé en 3,31-32, comme l'hébreu et l'araméen sous-jacents, désigne dans l'usage sémitique un cercle de parenté élargi — frères, demi-frères, cousins ou proches — sans impliquer nécessairement une filiation directe de même mère. La tradition catholique, s'appuyant notamment sur cet usage linguistique et sur le témoignage patristique ancien (déjà chez Jérôme), tient pour un point de foi la virginité perpétuelle de Marie (cf. CEC 499-500) et comprend ces « frères et sœurs » de Jésus comme des proches parents, sans que ce verset ne puisse à lui seul trancher la question historique de leur identité précise.

Voir l'étude sur le sujet

Correspondances bibliques

  • Gn 13,8 ; 29,15 — usage large du terme « frère » pour désigner un proche parent dans l'Ancien Testament
  • Mc 6,3 — mention nominative de Jacques, Joset, Jude et Simon comme « frères » de Jésus
  • Jn 19,26-27 — Jésus confiant sa mère au disciple bien-aimé, geste cohérent avec l'absence de frères utérins au pied de la croix
  • Mt 12,46-50 ; Lc 8,19-21 — versions parallèles de la scène sur la vraie famille de Jésus

Conclusion

Le troisième chapitre marque une double bascule dans le récit marcien. D'une part, la décision de mort prise en 3,6 fait désormais peser sur l'ensemble du ministère de Jésus l'ombre d'une issue déjà arrêtée par ses adversaires. D'autre part, les scènes qui suivent redéfinissent, contre l'hostilité montante, les contours de la communauté rassemblée autour de Jésus : une foule venue de tous les horizons, des Douze institués et nommés, une famille désormais fondée sur l'écoute et l'accomplissement de la volonté de Dieu plutôt que sur le seul lien du sang. La controverse de Béelzéboul, en son centre, rappelle que cette communauté nouvelle se constitue au prix d'un discernement exigeant sur l'origine, divine ou non, de l'action de Jésus.

Questions pour aller plus loin

  • Que révèle, sur la nature du péché, la précision selon laquelle le blasphème contre l'Esprit consiste à nommer mal le bien plutôt qu'à prononcer une parole isolée ?
  • En quoi l'institution des Douze, avec sa triple finalité d'être avec Jésus, d'être envoyé et de recevoir un pouvoir, offre-t-elle un modèle encore pertinent pour penser la vocation chrétienne aujourd'hui ?
  • Comment comprendre la parole de Jésus sur sa vraie famille sans qu'elle n'entre en tension avec l'honneur dû aux parents selon le quatrième commandement ?
  • Le regard de colère et de tristesse de Jésus devant l'endurcissement des cœurs (3,5) interroge-t-il nos propres manières de réagir à l'incompréhension ou à l'hostilité ?
  • Quelle place la mention discrète mais sans commentaire de Judas parmi les Douze (3,19) laisse-t-elle à la liberté humaine au sein même de l'élection divine ?

Bibliographie

  • Joachim GNILKA, L'Évangile selon Marc, tome I (Mc 1,1–8,26), Labor et Fides, coll. « Commentaire du Nouveau Testament », Genève, 2004, p. 132-171 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Camille FOCANT, L'Évangile selon Marc, Cerf, coll. « Commentaire biblique : Nouveau Testament » 2, Paris, 2004, p. 136-172 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Vincent TAYLOR, The Gospel according to St Mark, Macmillan, Londres, 1966 (2e éd.), p. 218-243 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Simon LÉGASSE, L'Évangile de Marc, Cerf, coll. « Lectio divina — commentaires » 5, Paris, 1997, p. 166-215 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Bruce M. METZGER, A Textual Commentary on the Greek New Testament, Deutsche Bibelgesellschaft / United Bible Societies, 2e éd., Stuttgart, 1994, ad loc. Mc 3,1.