Formation théologique

Évangile selon Marc — Commentaire théologique

Chapitre 8

Deuxième multiplication des pains · Demande d'un signe · Le levain des Pharisiens · Guérison de l'aveugle de Bethsaïde · Confession de Pierre · Première annonce de la Passion · Conditions du discipulat

Introduction

Le huitième chapitre constitue le pivot théologique et structurel de tout l'évangile de Marc, comme l'annonçait déjà l'introduction générale à cette lecture verset par verset. Il s'ouvre sur une deuxième multiplication des pains qui referme le grand cycle de guérisons et de signes accompli en Galilée et en territoire mixte. Il se referme sur la confession de Pierre à Césarée de Philippe (8,27-30), première annonce de la Passion (8,31-33) et enseignement sur les conditions du discipulat (8,34-38), qui ouvrent la seconde grande partie du livre, entièrement tournée vers Jérusalem et la croix. La guérison en deux temps de l'aveugle de Bethsaïde (8,22-26), unique dans le Nouveau Testament, fonctionne comme une image anticipée de ce mouvement d'ensemble : une vision d'abord partielle, encore trouble, avant l'accès à une clarté complète — structure que la confession de Pierre, exacte mais aussitôt suivie d'une incompréhension sur son contenu véritable, viendra elle-même illustrer.

« Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Pierre lui répond : « Tu es le Christ. » (Mc 8,29)

Texte biblique — Mc 8,1-38 (TOB)

1 En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule et qu'elle n'avait pas de quoi manger, Jésus appelle ses disciples et leur dit : 2 « J'ai pitié de cette foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. 3 Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et il y en a qui sont venus de loin. » 4 Ses disciples lui répondirent : « Où trouver de quoi les rassasier de pains, ici dans un désert ? » 5 Il leur demandait : « Combien avez-vous de pains ? » — « Sept », dirent-ils. 6 Et il ordonne à la foule de s'étendre par terre. Puis il prit les sept pains et, après avoir rendu grâce, il les rompit et il les donnait à ses disciples pour qu'ils les offrent. Et ils les offrirent à la foule. 7 Ils avaient aussi quelques petits poissons. Jésus prononça sur eux la bénédiction et dit de les offrir également. 8 Ils mangèrent et furent rassasiés. Et l'on emporta les morceaux qui restaient : sept corbeilles ; 9 or ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya ; 10 et aussitôt il monta dans la barque avec ses disciples et se rendit dans la région de Dalmanoutha.

11 Les Pharisiens vinrent et se mirent à discuter avec Jésus ; pour lui tendre un piège, ils lui demandent un signe qui vienne du ciel. 12 Poussant un profond soupir, Jésus dit : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? En vérité, je vous le déclare, il ne sera pas donné de signe à cette génération. » 13 Et les quittant, il remonta dans la barque et il partit pour l'autre rive.

14 Les disciples avaient oublié de prendre des pains et n'en avaient qu'un seul avec eux dans la barque. 15 Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des Pharisiens et à celui d'Hérode. » 16 Ils se mirent à discuter entre eux parce qu'ils n'avaient pas de pains. 17 Jésus s'en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous parce que vous n'avez pas de pains ? Vous ne saisissez pas encore et vous ne comprenez pas ? Avez-vous le cœur endurci ? 18 Vous avez des yeux : ne voyez-vous pas ? Vous avez des oreilles : n'entendez-vous pas ? Ne vous rappelez-vous pas, 19 quand j'ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux vous avez emportés ? » Ils disent : « Douze. » 20 « Et quand j'ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » Ils disent : « Sept. » 21 Et il leur disait : « Ne comprenez-vous pas encore ? »

22 Ils arrivent à Bethsaïda ; on lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher. 23 Prenant l'aveugle par la main, il le conduisit hors du village. Il mit de la salive sur ses yeux, lui imposa les mains et il lui demandait : « Vois-tu quelque chose ? » 24 Ayant ouvert les yeux, il disait : « J'aperçois les gens, je les vois comme des arbres, mais ils marchent. » 25 Puis, Jésus lui posa de nouveau les mains sur les yeux et l'homme vit clair ; il était guéri et voyait tout distinctement. 26 Jésus le renvoya chez lui en disant : « N'entre même pas dans le village. »

27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages voisins de Césarée de Philippe. En chemin, il interrogeait ses disciples : « Qui suis-je, au dire des hommes ? » 28 Ils lui dirent : « Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, l'un des prophètes. » 29 Et lui leur demandait : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Pierre lui répond : « Tu es le Christ. » 30 Et il leur commanda sévèrement de ne parler de lui à personne.

31 Puis il commença à leur enseigner qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu'il soit mis à mort et que, trois jours après, il ressuscite. 32 Il tenait ouvertement ce langage. Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander. 33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, réprimanda Pierre ; il lui dit : « Retire-toi ! Derrière moi, Satan, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

34 Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu'il me suive. 35 En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile, la sauvera. 36 Et quel avantage l'homme a-t-il à gagner le monde entier, s'il le paie de sa vie ? 37 Que pourrait donner l'homme qui ait la valeur de sa vie ? 38 Car si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. »

I La deuxième multiplication des pains (8,1-10)

Ce récit, structurellement très proche de celui de 6,30-44, a suscité une abondante discussion sur son rapport avec le premier : simple doublet issu de deux traditions parallèles d'un même événement, ou tradition distincte porteuse d'une signification propre ? Plusieurs commentateurs, dont Joachim Gnilka, relèvent que les deux récits, maintenus l'un et l'autre par Marc et rappelés ensemble en 8,19-20, semblent porter une portée symbolique différenciée : le chiffre douze, nombre des tribus d'Israël et des paniers (kophinoi, terme d'usage plus spécifiquement juif) de la première multiplication, contrasterait avec le chiffre sept, nombre de plénitude universelle, et le terme des corbeilles (spyrides, d'usage plus large dans le monde gréco-romain) de la seconde, accomplie après le passage de Jésus en territoire largement païen (7,24-37). Cette lecture symbolique, séduisante, reste discutée dans son degré de certitude, Camille Focant appelant à la prudence quant à une systématisation trop rigide de ces correspondances numériques.

Correspondances bibliques

  • Mc 6,30-44 — première multiplication des pains, dont ce récit reprend la structure
  • 2 R 4,42-44 — multiplication des pains opérée par Élisée, arrière-plan commun aux deux récits
  • Mt 15,32-39 — version parallèle de la deuxième multiplication (absente de Luc et de Jean)

II La demande d'un signe et le levain (8,11-21)

Un refus catégorique (8,11-13)

La demande des Pharisiens d'un « signe qui vienne du ciel », présentée explicitement par le narrateur comme un piège, appelle une authentification surnaturelle distincte des guérisons déjà accomplies, jugées insuffisantes ou ambiguës par ses adversaires. Le refus catégorique de Jésus, appuyé sur un serment de forme sémitique (« il ne sera pas donné de signe... », tournure elliptique qui sous-entend une formule d'imprécation), affirme que la foi authentique ne saurait naître d'une preuve qui la dispenserait précisément d'être une foi.

Le levain et l'incompréhension persistante (8,14-21)

L'avertissement sur « le levain des Pharisiens et celui d'Hérode », image empruntée à la panification où une petite quantité de pâte fermentée suffit à altérer toute la masse, désigne métaphoriquement une influence corruptrice diffuse — l'incrédulité qui exige des preuves chez les uns, la compromission du pouvoir chez l'autre. Le malentendu des disciples, qui comprennent l'avertissement au sens propre et s'inquiètent de leur manque de pain, provoque de la part de Jésus la réprimande la plus sévère de tout l'évangile à leur endroit, formulée dans les mêmes termes que ceux employés pour les adversaires extérieurs (« cœur endurci », cf. 3,5 ; 6,52). Le rappel insistant du compte exact des pains et des paniers des deux multiplications, loin d'être un simple exercice de mémoire, vise à faire percevoir aux disciples la disproportion entre l'abondance déjà manifestée et leur inquiétude présente devant un seul pain.

Correspondances bibliques

  • 1 Co 5,6-8 — reprise paulinienne de l'image du levain comme symbole d'une influence corruptrice à écarter
  • Dt 6,16 ; Ps 95,8-9 — la tentation de mettre Dieu à l'épreuve par une demande de signe
  • Mc 3,5 ; 6,52 — récurrence du motif du cœur endurci, appliqué ici aux disciples eux-mêmes
  • Mt 16,1-12 ; Lc 12,1 — versions parallèles sur le signe demandé et le levain des Pharisiens

III La guérison en deux temps de l'aveugle de Bethsaïde (8,22-26)

Ce récit, propre à Marc, se distingue de toutes les autres guérisons de l'évangile par sa progressivité inhabituelle : une première imposition des mains ne rend qu'une vision floue (« je les vois comme des arbres, mais ils marchent »), et il faut un second geste pour que l'homme « voie tout distinctement ». De nombreux commentateurs, dont Camille Focant et Joachim Gnilka, relèvent la fonction littéraire de ce récit à cette place précise du livre : intercalé entre le constat de la cécité persistante des disciples (8,17-18) et la confession de Pierre qui, pour exacte qu'elle soit, se révélera elle aussi partielle et devra être corrigée (8,31-33), la guérison en deux temps de l'aveugle devient une image de la reconnaissance progressive de l'identité de Jésus, qui ne s'obtient pas d'un seul coup mais par étapes.

Correspondances bibliques

  • Mc 8,17-18.29-33 — l'incompréhension des disciples et la confession partielle de Pierre, encadrant ce récit
  • Is 42,7 ; 43,8 — l'ouverture des yeux des aveugles comme signe de l'action de Dieu
  • Mc 10,46-52 — guérison ultérieure de Bartimée, en écho structurel à ce récit à l'autre extrémité de la section centrale de l'évangile

IV La confession de Pierre à Césarée de Philippe (8,27-30)

Le lieu choisi pour cette scène, les environs de Césarée de Philippe, ville reconstruite par Hérode Philippe en l'honneur de l'empereur Auguste et associée à des cultes païens, notamment celui du dieu Pan, accentue par contraste la portée de la question posée : c'est aux marges du monde religieux traditionnel qu'est proclamée l'identité la plus centrale de la foi chrétienne.

La première question, « qui suis-je, au dire des hommes ? », recueille des réponses qui associent Jésus à des figures prophétiques honorées — Jean le Baptiste ressuscité, Élie, un prophète — mais qui restent en deçà de son identité propre. La seconde question, adressée directement aux disciples, obtient de Pierre une réponse concise, « Tu es le Christ », exempte chez Marc du développement plus ample que lui donne Matthieu (Mt 16,17-19). L'ordre de silence qui suit immédiatement (8,30) prolonge, à ce moment charnière du récit, le motif du secret messianique : la confession, juste dans son contenu, demeure incomplète tant qu'elle n'intègre pas la nécessité de la Passion, comme la suite immédiate du récit va le montrer.

Correspondances bibliques

  • Ps 2,2 ; Dn 9,25-26 — l'attente vétérotestamentaire d'un messie/oint (christos)
  • Mc 1,1.11 ; 15,39 — jalons du titre christologique dans l'ensemble du livre, ici centré sur le titre de Christ plutôt que de Fils de Dieu
  • Mt 16,13-20 ; Lc 9,18-21 — versions parallèles de la confession de Pierre

V La première annonce de la Passion et la réprimande de Pierre (8,31-33)

L'annonce de Jésus, introduite par le verbe « il commença à enseigner », qui marque le début d'un enseignement désormais répété (cf. 9,31 ; 10,33-34), articule pour la première fois explicitement souffrance, rejet, mort et résurrection comme un même événement nécessaire — le verbe dei (« il faut ») indiquant une nécessité d'ordre providentiel plutôt qu'une simple prédiction. La mention du rejet par « les anciens, les grands prêtres et les scribes », désignant les trois composantes du Sanhédrin, évoque la figure de la pierre rejetée par les bâtisseurs (Ps 118,22), reprise explicitement par Jésus lui-même en 12,10.

La réaction de Pierre, qui « se met à réprimander » Jésus — le même verbe employé pour les ordres au silence donnés aux démons (cf. 1,25 ; 3,12) —, illustre une résistance humaine compréhensible devant l'annonce d'un messie souffrant, contraire aux attentes messianiques les plus répandues. La réponse de Jésus, « Retire-toi, derrière moi, Satan », d'une sévérité frappante envers celui qui vient de proclamer la juste confession, rappelle par son vocabulaire la tentation du désert (1,12-13) : Pierre, sans le vouloir, occupe ici la fonction structurelle du tentateur en proposant à Jésus une voie qui écarterait la croix.

Correspondances bibliques

  • Ps 118,22 — la pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue pierre d'angle
  • Is 53,3-5 — la figure du Serviteur souffrant, rejeté et méprisé
  • Mc 1,12-13 — écho verbal et structurel avec la tentation au désert
  • Mc 9,31 ; 10,33-34 — deuxième et troisième annonces de la Passion, développant ce premier enseignement
  • Mt 16,21-23 ; Lc 9,22 — versions parallèles de l'annonce et de la réaction de Pierre

VI Les conditions du discipulat (8,34-38)

L'enseignement adressé « à la foule avec ses disciples » universalise l'exigence qui vient d'être posée pour Jésus lui-même : le renoncement à soi et le port de sa croix, image dont la portée concrète — l'exécution capitale réservée par Rome aux esclaves et aux rebelles politiques — ne pouvait échapper à un auditoire du premier siècle, situent le discipulat authentique dans la même logique que celle de la Passion annoncée.

Le paradoxe formulé en 8,35, « qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie... la sauvera », joue sur la double signification du terme grec psychè (vie biologique et vie profonde de la personne), articulant une logique de don qui trouve son accomplissement dans la perte librement consentie plutôt que dans la préservation anxieuse de soi. La conclusion du discours (8,38), qui annonce le retour du Fils de l'homme « dans la gloire de son Père avec les saints anges », ouvre pour la première fois chez Marc une perspective explicitement eschatologique, reliant le destin présent du disciple fidèle à son sort au jugement final.

Correspondances bibliques

  • Dn 7,13-14 — la venue du Fils de l'homme dans la gloire, arrière-plan de 8,38
  • Ps 49,8-9 — nul ne peut racheter sa propre vie ni payer à Dieu le prix de sa rançon, écho possible en 8,37
  • Mc 10,45 — le Fils de l'homme donnant sa vie « en rançon pour la multitude », développement ultérieur du même thème
  • Mt 16,24-27 ; Lc 9,23-26 — versions parallèles de l'enseignement sur le discipulat
Voir l'étude sur le Fils de l'homme

Conclusion

Le huitième chapitre marque le pivot de tout l'évangile de Marc. La guérison en deux temps de l'aveugle de Bethsaïde, insérée entre le constat de la cécité persistante des disciples et la confession de Pierre, offre une clé de lecture pour l'ensemble de la scène centrale : reconnaître que Jésus est le Christ constitue une étape nécessaire mais non suffisante, qui doit encore s'ouvrir à la compréhension de la nécessité de la croix, seule voie vers laquelle Jésus, dès ce moment, oriente résolument ses pas et ceux de ses disciples.

Questions pour aller plus loin

  • Que signifie, dans sa propre vie de foi, la différence entre une confession juste dans son contenu et une compréhension encore partielle de ce qu'elle implique ?
  • Comment la réprimande sévère adressée à Pierre invite-t-elle à discerner, dans ses propres résistances à l'épreuve ou à la croix, une tentation de vouloir épargner à Dieu lui-même le chemin qu'il a choisi ?
  • Que révèle la guérison progressive de l'aveugle de Bethsaïde sur le rythme souvent lent et non instantané de la croissance dans la foi ?
  • Comment comprendre aujourd'hui l'appel à « perdre sa vie » sans en faire une valorisation de la souffrance pour elle-même ?
  • Le refus de Jésus d'accorder un signe à ceux qui le lui demandent comme preuve interroge-t-il notre propre rapport aux certitudes que nous voudrions obtenir avant de croire ?

Bibliographie

  • Joachim GNILKA, L'Évangile selon Marc, tome I (Mc 1,1–8,26), Labor et Fides, coll. « Commentaire du Nouveau Testament », Genève, 2004, p. 369-420 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Camille FOCANT, L'Évangile selon Marc, Cerf, coll. « Commentaire biblique : Nouveau Testament » 2, Paris, 2004, p. 362-410 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Vincent TAYLOR, The Gospel according to St Mark, Macmillan, Londres, 1966 (2e éd.), p. 357-386 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Simon LÉGASSE, L'Évangile de Marc, Cerf, coll. « Lectio divina — commentaires » 5, Paris, 1997, p. 426-490 (à vérifier selon l'édition utilisée).
  • Bruce M. METZGER, A Textual Commentary on the Greek New Testament, Deutsche Bibelgesellschaft / United Bible Societies, 2e éd., Stuttgart, 1994, ad loc. Mc 8,26.29.