Les quatre évangiles du Nouveau Testament présentent la vie, l’enseignement, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, chacun avec une perspective théologique et littéraire propre ; les trois premiers sont dits « synoptiques » en raison de leurs nombreuses similitudes, tandis que Jean se distingue par un style plus théologique et symbolique.
| Évangile | Auteur (tradition / critique) | Date approximative | Destinataires visés | Portrait de Jésus | Structure / particularités | Thèmes principaux | Éléments propres (non présents chez les autres) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Matthieu | Tradition : Matthieu (apôtre, ancien publicain) ; Critique : chrétien juif anonyme, connaissant bien les Écritures | 80-90 apr. J.-C. | Communauté judéo-chrétienne (souvent associée à la Syrie, peut-être Antioche) | Jésus est le Messie-Roi, fils de David, accomplissement des prophéties, nouveau Moïse qui donne la Loi | 5 grands discours (dont le Sermon sur la montagne, ch. 5-7) ; structure alternant récits et enseignements ; nombreuses citations de l’AT (« afin que s’accomplît… ») | Royaume des cieux, accomplissement de l’AT, Église, jugement, éthique du Royaume, mission universelle (28,18-20) | Généalogie par Abraham et David ; récit de l’enfance (mages, fuite en Égypte, massacre des innocents) ; paraboles propres (ouvriers de la onzième heure, etc.) ; apparitions en Galilée à la fin |
| Marc | Tradition : Jean Marc, compagnon de Pierre ; Critique : premier évangile, source de Matthieu et Luc | 65-75 apr. J.-C. (souvent autour de 70, après la destruction du Temple) | Chrétiens de langue grecque, probablement à Rome ou en Syrie | Jésus est le Serviteur souffrant, l’homme d’action, le Fils de Dieu dont l’identité est progressivement révélée | Récit rapide, dynamique (« aussitôt » fréquent) ; peu de longs discours ; accent sur la Passion ; finale courte et abrupte (16,8 dans les manuscrits les plus anciens) | Secret messianique, souffrance et service, discipulat comme croix, révélation progressive de l’identité de Jésus | Nombreux détails vivants et concrets ; guérisons très détaillées ; absence de récit de naissance ; très peu d’enseignements longs (pas de Sermon sur la montagne) |
| Luc | Tradition : Luc, médecin, compagnon de Paul ; Critique : même auteur que les Actes, chrétien de culture grecque | 80-90 apr. J.-C. | Chrétiens d’origine païenne, communauté plus large (Théophile en tête, puis Église universelle) | Jésus est le Sauveur universel, plein de miséricorde, ami des pauvres, des pécheurs et des exclus | Récit soigné et ordonné (1,1-4) ; insistance sur la prière, l’Esprit Saint, la joie ; deux volumes (Évangile + Actes) | Salut universel, miséricorde, Esprit Saint, prière, attention aux femmes, aux pauvres, aux Samaritains, aux païens | Récit de l’enfance du point de vue de Marie ; paraboles propres (bon Samaritain, fils prodigue, riche et Lazare, etc.) ; récit d’Emmaüs ; ascension racontée à la fin |
| Jean | Tradition : Jean, apôtre, « disciple que Jésus aimait » ; Critique : école johannique, rédaction finale tardive | 90-100 apr. J.-C. | Communautés chrétiennes confrontées à la rupture avec le judaïsme et aux premières hérésies | Jésus est le Verbe (Logos) fait chair, Fils unique de Dieu, révélateur du Père, « Je suis » | Structure autour de « signes » et de longs discours ; prologue théologique (1,1-18) ; pas de paraboles mais des allégories (bon berger, vraie vigne, etc.) | Divinité de Jésus, vie éternelle, foi, lumière/ténèbres, vérité, Esprit Paraclet, amour mutuel | Prologue sur le Verbe ; sept « Je suis » ; noces de Cana ; entretien avec Nicodème ; femme samaritaine ; résurrection de Lazare ; long discours de la Cène (ch. 13-17) ; épilogue sur le disciple bien-aimé |
