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Le sacrifice de Jésus

Selon la tradition chrétienne, Jésus s’offre lui-même en sacrifice pour le pardon de nos péchés et pour notre salut. Jésus meurt pour nos péchés. Le Nouveau Testament désigne Jésus comme l’agneau immolé (Ap 5,6) ou encore comme la victime expiatoire (1Jn 2,2).

Ap 5,6 Alors je vis, debout entre le trône aux quatre Vivants et les Vieillards, un Agneau, comme égorgé, portant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre.

1Jn 2,2 C’est lui qui est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier ; principalement celui de la charité.

Avant la communion eucharistique, nous implorons le pardon de Dieu en disant : « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous » en référence aux paroles de Jean :

Jn 1,29 Le lendemain, il (Jean Baptiste) voit Jésus venir vers lui et il dit : Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.

Paul précise que Dieu a destiné Jésus à servir d’expiation (de propitiation) par son sang.

Ro 3,25 Dieu l’a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi

L’auteur de l’épître aux Hébreux précise cette idée :

Hb 9,13-14 Si en effet du sang de boucs et de taureaux et de la cendre de génisse, dont on asperge ceux qui sont souillés, les sanctifient en leur procurant la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ, qui par un Esprit éternel s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes pour que nous rendions un culte au Dieu vivant.

Hb 10,3-14 Bien au contraire, par ces sacrifices eux-mêmes, on rappelle chaque année le souvenir des péchés. En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés… Tandis que tout prêtre se tient debout chaque jour, officiant et offrant maintes fois les mêmes sacrifices, qui sont absolument impuissants à enlever des péchés, lui au contraire, ayant offert pour les péchés un unique sacrifice, il s’est assis pour toujours à la droite de Dieu, attendant désormais que ses ennemis soient placés comme un escabeau sous ses pieds. Car par une oblation unique il a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il sanctifie.

Aux origines de l’Église, le christianisme retient le terme « hostie », du latin hostia, pour désigner Jésus comme victime expiatoire. Le mot latin est quasiment synonyme de « victime ». Les Romains nommaient hostia les animaux sacrifiés aux divinités. Le terme désignait aussi les soldats morts à la guerre, victimes de l’attaque ennemie pour défendre l’empereur et la patrie. La même racine se retrouve dans le mot latin hostis, pour désigner l’ennemi (hostile, hostilité).

Le christianisme, au contact de la culture latine, a inclus dans son langage théologique et liturgique le mot « hostie » pour désigner Jésus comme « victime ». Jésus est l’hostie, c’est-à-dire l’agneau immolé (sacrifié), la victime expiatoire qui verse son sang pour sauver l’humanité.

Le sacrifice de la messe

Depuis 50 ans, lors de la prière sur les offrandes dans la liturgie eucharistique, le prêtre disait : « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église ». Ce à quoi l’assemblée répondait : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Désormais, le prêtre aura le choix avec une formule plus proche du texte latin et plus complète : « Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout puissant ». Et l’assemblée répond : « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Eglise«.

Le sacrifice de Jésus s'exprime dans les prière eucharistiques. Par exemple :

Vraiment, il est juste et bon, pour ta gloire et notre salut, de te louer, Seigneur, en tout temps, mais plus encore de te glorifier en ces jours où le Christ, notre Pâque, a été immolé. Par l’offrande de son corps, il mène à leur achèvement, dans la vérité de la croix, les sacrifices de l’ancienne Alliance, et quand il te remet son esprit pour notre salut, il est à lui seul le prêtre, l’autel et l’agneau du sacrifice. C’est pourquoi la joie pascale rayonne par tout l’univers, la terre entière exulte, les puissances d’en haut et les anges dans le ciel chantent sans fin l’hymne de ta gloire : Saint !

"Puisque l'humanité prédestinée est le corps du Christ, nous dirons que le sacrifice historique accompli une fois en un moment du temps et en un lieu déterminé, est le sacrement du sacrifice accompli par le Christ total. Nous retrouvons ici l'idée […] que le Christ est le premier sacrement, le grand sacrement. Le sacrifice accompli par le Christ sur la croix est le symbole, le signe, mais le signe efficace du sacrifice que tous les hommes doivent accomplir. Les souffrances et la mort par où le Christ a passé pour arriver à sa résurrection glorieuse sont le symbole de ce que l'humanité doit faire pour s'arracher au péché et parvenir à Dieu, en même temps qu'elles lui procurent le moyen de le faire, puisque toute grâce dérive de la croix. Donc le sacrifice du Christ est déjà un sacrement. Il ne se comprend que comme sacrement, symbole efficace d'autre chose que lui." (Y. de Montcheuil,Mélanges théologiques, Aubier, 1946, p. 53). (1).