L'amour est le plus court chemin pour rencontrer Dieu et son prochain

Êpoux/épouse

Le sacrement de mariage confère à l'homme et à la femme un nouveau statut : celui d'époux et d'épouse. Par le mariage, l'homme et la femme quittent leur condition de célibataires pour accéder à celle d'époux. Un nouveau mode de relation s'établit entre eux et à l'égard du corps social. Dans cette nouvelle situation, l'autre ne se réduit ni à un ami, ni à un amant et encore moins à un substitut de père ou mère.

La qualité d'époux n'est pas attachée à une personne prise isolément. Une personne est toujours l'époux(se) de quelqu'un du sexe opposé. Le mot a une signification

«par accompagnement et par une certaine consécution 21.»

Ainsi, dire : «Je te reçois pour épouse», signifie que je deviens moi-même époux. Le mot «époux(se)» implique donc une relation. Le mot «époux» traduit également l'engagement pris par la personne ainsi qualifiée. En effet, «époux» vient du latin sponsus issu de spondere, qui signifie «prendre un engagement, promettre solennellement». Il s'agit d'un mot juridique et religieux qui se rattache à une racine indo-européenne spend (faire une libation, promettre) 22.

Enfin, le mot «époux» a incontestablement une résonance spirituelle et religieuse, contrairement à ceux de «mari» et «femme» 23. Les pères de l'Église ou les textes du magistère ont contribué à cette évolution de sens du mot sponsum pour symboliser l'union entre Dieu et son peuple, union qui s'accomplit dans le don du Christ à son Église 24.

Ce sens s'enracine dans les écritures. La relation entre Dieu et l'homme est une histoire d'amour. Les auteurs de la bible ont fait appel au symbolisme nuptial pour mieux dépeindre cette histoire. Ainsi, Dieu se donne le titre d'époux (Ez 54, 5). Mais il n'est pas le Baal (maître et mari, Os 2, 18), comme il en existe dans la religion cananéenne. Il est l'époux d'un peuple avec lequel il scelle une alliance. Les prophètes ont développé ce symbolisme nuptial, afin d'exprimer la relation d'amour entre Dieu et son peuple. Osée décrit cet amour à travers sa propre expérience conjugale. Ezéchiel évoque la gratuité de l'amour de Dieu envers Israël. Le peuple élu est dépeint comme une enfant abandonnée à sa naissance et que Dieu recueille gratuitement et s'attache comme une épouse (Ez 16). Jérémie rappelle à Israël l'amour de leurs fiançailles pour lui signifier sa trahison face à l'amour éternel de Dieu. Isaïe promet à son épouse une alliance éternelle malgré toutes ses infidélités, car Dieu reste fidèle à la femme de ses jeunes années (Is 54, 4-8; 62, 4-5). Dieu présente toutes les caractéristiques de l'époux. L'époux est jaloux; il ne supporte pas que son épouse s'attache à d'autres hommes; il ne tolère pas de rivaux (Ex 34, 14). Il est enthousiasmé par sa fiancée (Is 62, 5). Il est le Dieu fidèle et veut ramener son épouse dans le chemin de son amour.

Le Nouveau Testament reprend ce thème de l'image nuptiale. Jean-Baptiste et le Christ annoncent la venue de l'époux (Jn 3, 28-29; Mt 9, 14-15). La parabole des dix vierges et celle des invités au repas de noces illustrent ce thème (Mt 25, 1-13; 22, 2-14). Saint Paul rappelle que chacun des membres de l'Eglise est pour le Christ comme une fiancée qui doit se garder pure (2Co 11, 1-3). Jésus-Christ est présenté comme l'époux de la nouvelle alliance. L'Église est son épouse. Cet amour que l'époux montre pour son épouse est le modèle des noces chrétiennes (Ep 5, 25-32). Enfin, l'apocalypse décrit le festin des noces de l'Agneau et l'union conjugale que connaîtra la cité sainte (Ap 19, 7-10; 21).

La qualité d'époux(se) ne se limite donc pas à la relation homme-femme. Elle renvoie à une réalité tierce. Elle est le signe d'une réalité sacrée. Elle évoque l'alliance de Dieu avec l'humanité. L'homme et la femme sont époux dans le Christ.

Citations

21. ABELARD, Dialectique, I, III, cité par A. REY, Initiation à la linguistique, Théories du signe et du sens, Klincksieck, 1973, p. 93.
22. Cf. Dictionnaire historique de la langue française, Articles, Femme, mari, époux, Dictionnaires Le Robert, 1992.
23. L'échange des consentements n'utilise pas le mot «femme». D'une part ce mot est ambigu, car il traduit à la fois l'appartenance à une catégorie sexuelle, par opposition à «homme», et le concept d'épouse. D'autre part, l'expression «ma femme» est impropre comme le souligne H. de BALZAC : «Jamais un épicier, en quelque quartier que vous en fassiez l'épreuve, ne dira ce mot leste : ma femme; il dira mon épouse. 'Ma femme' emporte des idées saugrenues, étranges, subalternes, et change une divine créature en une chose. Les sauvages ont des femmes, les êtres civilisés ont des épouses.» Dans L'épicier, Oeuvres diverses, Le club français du livre, t. 14, 1953, p. 480.
24. Augustin a largement utilisé les termes de sponsus et sponsa pour désigner le Christ et l'Église comme l'a montré E. SCHMITT dans Le mariage chrétien dans l'oeuvre de Saint Augustin, Thèse de doctorat, Strasbourg, 1979, pp. 326-330. Pour les textes du magistère, cf. Concile oecuménique Vatican II, Lumen gentium, 4, 16; 6, 19; 7, 22; 9, 28; etc., Centurion, 1967, pp. 13-122.

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