La relation sexuelle

Le baiser

Eros et Psyché

De multiples pratiques

L’homme des cavernes ne semble pas connaître le baiser ; l’art rupestre connu à ce jour ne le dépeint pas. De même pour les civilisations antérieures à l’antiquité : sumériennes, mésopotamiennes ou pharaoniques de l’Égypte ; aucune trace de baiser dans les arts. Les représentations d’accouplement sont par contre très nombreuses. Le baiser est évoqué dans le Veda de la littérature indienne vers en 1500 av. JC. Ces écrits racontent l’histoire d’amants qui "posent leur bouche l’une contre l’autre" ou encore qui évoquent une ancienne loi hindoue qui critique l’homme qui "boit l’eau des lèvres d’une esclave".

Toutes les cultures ne connaissent pas les mêmes types de baiser. Le baiser bouche à bouche (french kiss) est répandu dans de nombreuses cultures, mais n’est pas universel. Les Tamouls de Ceylan se frottent le nez comme les Lapons du nord de l’Europe avant de se lécher réciproquement la bouche et la langue. Les Mongols, les membres de tribus du Sud-Est indien, les Inuits, les Indiens blackfeet d’Amérique du Nord et plusieurs groupes africains pratiquent pour leur part le baiser olfactif. Les Esquimaux se frottent le nez pour donner un baiser. La plupart des tribus africaines évitent les contacts buccaux par peur d’avaler l’âme de leur partenaire par l’haleine. En orient, pour se saluer, les hommes s’embrassent et se donnent l’accolade. En France, on se donne de 2 à 4 bises lors d’une rencontre. Les Japonais trouvent notre french kiss barbare et cannibale.

Le baiser dans la bible

Le baiser possède des vertus curatives comme en témoigne celui de saint Martin au lépreux :

A peine la salive bénie, issue de la bouche a-t-elle touchée le lépreux, que cette onction parfumée le délivre du mal qui l’accable. Cité par Alain Montandon, Le baiser, p. 36.

Cette salive salvatrice rappelle celle que Jésus applique sur les yeux de l’aveugle :

Jésus prit l'aveugle par la main et le conduisit hors du village ; puis il lui cracha sur les yeux et lui imposa les mains, en lui demandant : Vois-tu quelque chose ? Il ouvrait les yeux et disait : Je vois… (8,23-24).

Lorsqu’un enfant se blesse, la mère souffle sur la blessure et lui donne un baiser pour apaiser son chagrin.

Le prophète Elie redonne souffle et vie à un enfant mort par la pratique du bouche-à-bouche :

Elisée entra dans la maison, le garçon était mort, couché sur son lit. Elisée entra et ferma la porte sur eux deux pour prier le Seigneur. Il monta et se coucha sur l'enfant ; il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains. Il resta courbé sur lui, et la chair de l'enfant se réchauffa. (2R 4,32-34).

Il symbolise la réconciliation (Jacob et Esaü),

Alors Ésaü courut à sa rencontre, se jeta à son cou et l'embrassa. Ils se mirent tous deux à pleurer. (Gn 33,4).

Le pardon (l’enfant prodigue) :

Tandis qu'il était encore assez loin de la maison, son père le vit et il fut bouleversé : il courut à sa rencontre, le serra contre lui et l'embrassa longuement. (Lc 15,20).

L’humilité :

Puis, se tournant vers la femme, Jésus dit à Simon : Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as point donné d'eau pour laver mes pieds ; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a point cessé de me baiser les pieds. Tu n'as point versé d'huile sur ma tête ; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car elle a beaucoup aimé. Lc 7,44-47.

La salutation que nous retrouvons dans le baiser de la paix échangé lors des célébrations eucharistiques :

Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. (Rom 16,16).

La trahison (Judas) :

Celui qui le livrait leur avait donné ce signe : Celui que j’embrasserai, c'est lui ; saisissez-le. (Mt 26,48).

Le désir amoureux :

Qu’il m’embrasse à pleine bouche ! Car tes caresses sont meilleures que du vin (Ct 1,2).

Le baiser à pleine bouche, symbolise l’amour, le désir, le don et l’accueil entre un homme et une femme.

Une rencontre dans le silence des lèvres

Le baiser se donne et se reçoit avec les mêmes organes que ceux de la parole : les lèvres, la langue et le souffle. Mais le signifiant se tait, car les lèvres se posent comme un bâillon sur la bouche du partenaire, pour reprendre une image chère à G. Brassens dans « La chasse au papillon ».

La voix s’estompe pour donner la parole au corps : prémices d’une donation plus intime. Le baiser ouvre le corps à la sensualité ; il creuse les fondations des premiers émois sensuels. Il murmure dans le secret des lèvres « Sésame ouvre-toi ! ».

Pourtant, malgré son silence verbal, il ratifie et prolonge la promesse initiale comme en témoigne ce commentaire de Cyrano de Bergerac adressé à Roxane (E. ROSTAND, Cyrano de Bergerac, III, X, Gallimard, 1983, p. 197) :

Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer,
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter au bord des lèvres l’âme.

Le baiser ouvre les portes de l’intimité, la plus intime en-dehors des organes génitaux. Pourtant les prostituées refusent le baiser à leur client.

Alors, pourquoi ce refus d’embrasser quand le sanctuaire du corps lui-même n’est plus sacré ? Il me semble que la réponse se trouve dans l’extrême parenté du baiser amoureux avec le désir. Comme celui-ci, le geste d’embrasser répond à une impulsion profonde qui ne se commande pas. C’est sans doute pourquoi la prostituée le réserve à celui qu’elle choisit vraiment. Elle peut vendre son corps, qui est chose matérielle, tandis qu’elle ne peut céder ce qui est immatériel, ce mouvement intime et ingouvernable vers autrui, qui ne peut faire l’objet d’aucune transaction marchande.

Le baiser, comme le désir, est une rencontre (délicieuse) avec autrui, autrui que l’on aura élu entre tous… D’ailleurs, ici réside la beauté particulière du baiser : on le donne rarement sans amour. Ne dit-on pas que l’on peut mesurer l’état de la relation dans un couple à la fréquence des baisers échangés ? C’est peut-être pourquoi Musset écrit, dans son poème Idylle (in Poésies nouvelles (Flammarion, “GF”, 2000)), que « le seul vrai langage au monde est un baiser ».

Si le baiser nous affecte si intimement, s’il est toujours profonde rencontre avec un autre, n’est-ce pas plutôt que les lèvres font partie du visage, ce visage où s’inscrit pour chacun l’humanité même ? Noblesse du baiser si humain… Belinda Cannone, Le langage du baiser, https://www.psychologies.com/Couple/Sexualite/Desir/Articles-et-Dossiers/Le-langage-du-baiser

Manger l'autre

Il n’est pas d’acte qui permette une implication volontaire de l’être aussi totale que le baiser. Jean-Luc Tournier, Petite Encyclopédie du baiser.

Je te baise mille fois, Juliette bien aimée, dans toutes les parties de ton corps, car il me semble que partout dans ton corps je sens la place de ton cœur comme partout dans ma vie je sens la place de ton amour. Je t’aime, tu es ma joie. Victor Hugo, Lettres à Juliette Drouet, janvier 1835.

Dans le baiser, la bouche saisit, mordille, suce ou aspire un corps extérieur. En cela, le baiser est une forme de consommation de l’autre. Mais, en même temps, la bouche donne le souffle, la saveur et le goût du corps propre. Le baiser est lié au sens du goût. Par le baiser, l’homme et la femme goûtent au parfum du corps de l’autre, comme le suggère ce passage du Cantique des cantiques :

Tes lèvres distillent du nectar, ô fiancée, du miel et du lait sont sous ta langue. (Ct 4,11).

Le baiser manifeste le don et l’accueil. Dans le baiser passionné, il mêle deux intériorités. Le baiser est ainsi le premier contact avec l’intériorité de l’autre. La bouche est effectivement l’organe de passage entre l’intériorité et l’extériorité. Elle est ce lieu de communication entre le visible et l’invisible. Le baiser révèle cet univers invisible dans le concert des sens. Le regard se referme comme pour mieux savourer l’instant, mieux se recueillir et mieux accueillir.

L’éros pousse à la manducation du partenaire jusqu’à cette folle envie de le dévorer.

Les verbes « parler », « manger » et « embrasser » se conjuguent avec le même organe, la bouche. Le baiser dit mieux que les mots le désir de communier au corps de son partenaire.

En vieil égyptien, « baiser » et « manger » sont le même mot. Quand nous embrassons, peut-être cherchons nous ainsi à engloutir l’autre. Manger et embrasser, n’est-ce pas d’une certaine manière assimiler et incorporer l’autre ? Alain Montandon, Le baiser, p. 43.

Le baiser de Zézette, le plus salé, le plus sucré, c’est le plus chouette. On dirait un chausson aux pommes. Pierre Perret, Les baisers. Le baiser transfigure et métamorphose ; il emporte vers le septième ciel. « Depuis ce baiser, j’ai cessé d’être un homme. Tout en moi a quelque chose de divin ». Lettre 14 de Jacopo Ortis, cité par Alain Montandon, Le baiser.

Le plaisir du baiser est souvent dans la surprise : surprise de l’acte, surprise de l’autre, surprise de la découverte d’un visage, d’une odeur, d’un toucher, d’une chaleur humaine, celle d’un corps vivant, vibrant, celle de l’expérience d’un nouveau partage, d’un tout neuf échange. Alain Montandon, Le baiser, p. 57.

Le don du souffle

La création telle que la rapporte le récit yahviste de la Genèse est, en un certain sens, le premier baiser de Dieu à l'homme, le souffle qui donne la vie.

L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant. (Gn 2,7).

La bouche est l'orifice par lequel passe le souffle, elle est non seulement le lieu de passage du souffle physique (flattas), mais également du souffle de l'esprit (spiritus), devenant en cela le réceptacle du souffle divin… Mais c'est par la bouche aussi que s'échappe a contrario le souffle de la vie et l'âme elle-même. On a représenté depuis fort longtemps, lorsque meurt le corps, l'âme s'échappant de la bouche du cadavre. Cette croyance poussa même certaines (ou certains) à embrasser le mort pour s'emparer de son âme afin qu'elle ne s'échappât point. Elle était répandue chez les Romains, mais aussi en Gaule — en 578 le tribunal d'Auxerre interdit d'embrasser la bouche d'un mort pour recueillir son âme. Alain Montandon, Le baiser, p. 44.

Le contact charnel du baiser entraine un spirituel toucher, comme deux âmes qui communiqueraient par le don de leur souffle. Le baiser manifeste la rencontre de Eros et de Psychè, du corps et de l’âme.

Le souffle dans les mythologies archaïques est le siège de l’âme… C’est dans la bouche que se fixe la sensualité première, liée à l’absorption et à l’assimilation ; le baiser sur la bouche est un double acte de consommation anthropophagique, d’absorption de la substance charnelle et d’échanges d’âmes ; il est communion et communication de la psychè dans l’éros. Edgard, Morin, l’Esprit du temps, 1962.

La baiser incarne l’union du physique et du spirituel.

La caresse

  La caresse consiste à ne se saisir de rien. La caresse comme le contact est sensibilité. Mais la caresse transcende le sensible. Non pas qu'elle sente au-delà du senti, plus loin que les sens ; qu'elle se saisisse d'une nourriture sublime, tout en conservant, dans sa relation avec ce senti ultime, une intention de faim qui va sur la nourriture qui se promet et se donne à cette faim, la creuse, comme si la caresse se nourrissait de sa propre faim. La caresse consiste à ne se saisir de rien, à solliciter ce qui s'échappe sans cesse de sa forme vers un avenir jamais assez avenir à solliciter ce qui se dérobe comme s'il n'était pas encore. Elle cherche, elle fouille. Ce n'est pas une intentionnalité de dévoilement, mais de recherche : marche à l'invisible. Dans un certain sens elle exprime l'amour, mais souffre d'une incapacité de le dire. Elle a faim de cette expression même, dans un incessant accroissement de faim. Elle va donc plus loin qu'à son terme, elle vise au-delà d'un étant, même futur qui, comme étant précisément, frappe déjà à la porte de l'être. Dans sa satisfaction, le désir qui l'anime renaît, alimenté en quelque façon par ce qui n 'est pas encore, nous ramenant à la virginité, à jamais inviolée, du féminin. Non pas que la caresse chercherait à dominer une liberté hostile, à en faire son objet et ou à lui arracher un consentement. La caresse cherche par-delà le consentement ou la résistance d'une liberté ce qui n 'est pas encore, un « moins que rien enfermé et sommeillant au-delà de l'avenir et, par conséquent, sommeillant tout autrement que le possible, lequel s'offrirait à l'anticipation. La profanation qui s'insinue dans la caresse répond adéquatement à l'originalité de cette dimension de l'absence. Absence autre que le vide d'un néant abstrait : absence se référant à l'être, mais s'y référant à sa manière, comme si les « absences » de l'avenir n'étaient pas avenir, toutes au même niveau et uniformément.

L'anticipation saisit des possibles ; ce que recherche la caresse ne se situe pas dans une perspective et dans la lumière du saisissable. Le charnel, tendre par excellence et corrélatif de la caressse, l'aimée ne se confond ni avec le corps chose du physiologiste, ni avec le corps propre du « je peux », ni avec le corps-expression, assistance à sa manifestation, ou visage. Dans la caresse, rapport encore, par un côté, sensible, le corps déjà se dénude de sa forme même, pour s'offrir comme nudité érotique. Dans le charnel de la tendresse, le corps quitte le statut de l'étant. (E. Levinas, Totalité et infini, p. 288).

C’est la caresse qui nous met à nu devant l’autre : une caresse qui sollicite « ce qui s’échappe sans cesse » (E. Levinas, Totalité et infini, p. 288) ; une caresse qui cherche ; une caresse qui exprime l’indicible, qui ne vise ni à saisir ni à dévoiler, et qui laisse autrui intact dans sa nudité. La sexualité met en jeu la sortie du sujet hors du registre de la maîtrise. Je « vois » l’autre. Je le « touche ». Mais cela n’est possible qu’à condition de laisser l’autre me « voir » et me « toucher ». A condition de me laisser « pénétrer » et de laisser l’autre « advenir ». A condition d’accepter qu’il puisse toujours se « dérober » à ma caresse. Michela Marzano, Dignité et violence : les paradoxes de la sexualité. https://www.cairn.info/revue-archives-de-politique-criminelle-2012-1-page-23.htm

La caresse a une fonction sécurisante. Elle prend contact et se familiarise avec le corps de l’autre. Les deux corps s’apprivoisent. Les formes et les parfums se révèlent au contact réciproque de la chair. La caresse suscite les émotions et les sensations. Elle effleure, façonne, pétrit, saisit dans un élan qui la porte toujours au-delà de la sensation qui jaillit par elle. Tout le désir du corps se focalise en elle.

La caresse n’est pas simple effleurement : elle est façonnement. En caressant autrui, je fais naître sa chair par ma caresse, sous mes doigts. La caresse est l’ensemble des cérémonies qui incarnent autrui (J.-P. SARTRE, L'être et le néant, Gallimard, 1983, p. 440).

La caresse est une parole par laquelle mon geste prend corps ; sortant de moi et ébauchant une communication, je m’aventure et me livre. Mon corps devient chair pour caresser autrui. Mais qui caresse éprouve la chaude douceur d’autrui et, étant reçu et accueilli, ressent le retour de sa propre caresse ; ainsi caresser c’est aussi se caresser et appeler la caresse de l’autre ; donner du plaisir c’est aussi convier sur soi le plaisir. La caresse ne se contente pas de suivre le tracé du corps aimé : elle le modèle comme une glaise qui espère souffle et vie, elle l’invente, le crée et l’anime selon une plénitude qu’il ne soupçonnait pas. Mutuellement dessinés, les corps amoureux, sculptés par la caresse réciproque, prennent une forme unique qui n’appartient qu’à leur couple. (M. Legrain).

La caresse agit comme un révélateur de son propre corps et du corps de l’autre. À ce titre, elle réclame une attention et une disponibilité. Il faut, d’une part se laisser être corps pour goûter son propre plaisir et, d’autre part, écouter le corps de l’autre pour répondre à son désir. La caresse mène ainsi à la connaissance de soi-même et de l’autre. Cette connaissance n’est pas donnée d’emblée. Elle s’acquiert et s’approfondit dans le temps. Elle s’opère dans un mouvement de connaissance et de reconnaissance.

La caresse est parole du corps ; elle est la parole de la présence charnelle. Dans son silence, elle ne dit pas tout. Elle sollicite ce qui se dérobe. Elle invite à aller au-delà d’elle-même. Elle ne sait pas exactement ce qu’elle cherche.

Elle est comme un jeu avec quelque chose qui se dérobe, et un jeu absolument sans projet ni plan, non pas avec ce qui peut devenir nôtre et nous, mais avec quelque chose d’autre, toujours autre inaccessible, toujours à venir. La caresse est l’attente de cet avenir pur, sans contenu (E. LEVINAS, Le temps et l'Autre, PUF, 1983, p. 89). 

La caresse ne recherche pas tant le corps de l’autre que la plénitude dans un mouvement d’offrande. Elle offre le possible d’un émerveillement dans une économie toujours inachevée. Le dynamisme qui l’entraîne plus loin que ce qu’elle trouve, éveille une attente infinie et indéfinie.

En effet, le corps tout entier est expression. Les gestes de tendresse sont à comprendre comme un langage, et non seulement comme des moyens pour parvenir à une fin connue d'avance, qui serait l'orgasme. C'est ainsi qu'une poétique de la caresse, de l'étreinte, du baiser est en mesure de percevoir ceux-ci comme façonnement, célébration, apprivoisement mutuel, promesse (Xavier Lacroix, Le corps de chair, p. 108).

L'union des corps

  L’union des corps marque à la fois un aboutissement et un commencement. Elle célèbre un passage, car rien de plus ne pourra désormais être offert à l’autre. L’union des corps est l’apogée du don de soi. Par cet acte, l’homme et la femme se donnent et se reçoivent pleinement et réciproquement. Les deux corps s’épousent dans une réciprocité parfaite. L’homme et la femme se donnent leur corps. L’expression « donner son corps » ne désigne pas un transfert de propriété de l’un vers l’autre. Dans l’étreinte sexuelle, l’homme ne possède pas le corps de sa femme, ni la femme le corps de l’homme. Le don rend le corps disponible pour l’autre, comme le souligne saint Paul :

  Ce n’est pas la femme qui dispose de son corps, c’est son mari. De même ce n’est pas le mari qui dispose de son corps, c’est sa femme. (1Co 7,4).

  En donnant son corps, le donateur autorise le donataire à investir son corps. La femme en se donnant ouvre son corps pour accueillir l’homme. L’homme, en se donnant, comble l’appel et clôt l’ouverture. L’un et l’autre se donnent en recevant le corps de l’autre. Don et réception se fondent. Ils forment un même mouvement. La conjonction entre l’homme et la femme est si étroite, si intime, que chacun reçoit ce qu’il donne. En ne formant qu’une seule chair, l’homme et la femme se donnent et se reçoivent en cette unique entité qu’ils forment.

  Le don et son acceptation s'interpénètrent de telle manière que l'acte même de donner vaut acceptation et que la réceptivité au don est elle-même don (Jean-Paul II, TDC17).

  Don et réception se fondent. C’est en donnant que chacun reçoit et c’est en recevant que chacun donne. L’homme et la femme se donnent et se reçoivent dans un même élan. Se donner, c’est donc, dans un certain sens, ne plus s’appartenir.

  L’union charnelle entre ainsi dans une « logique de désappropriation, dans laquelle non seulement l’autre donne sens à mon corps, mais mon corps appartient déjà, en quelque sorte à l’autre. Mon corps alors n’est pas seulement mien, puisqu’il est corps proposé, corps exposé, offert, livré (X. LACROIX, Le corps de chair, Cerf, 1992, p. 157).

Liens

La bouche, premier organe sexuel (Giulia Foïs)

Éros, chemin vers Dieu

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