Si la foi n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte (Jc 2,17)

Le RSA du disciple missionnaire

Dans les évangiles, nous voyons les disciples recevoir, suivre et annoncer Jésus Christ. Cette démarche RSA fonde toute activité missionnaire.

Recevoir

Le disciple, étymologiquement, c’est l’élève, celui qui suit l’enseignement d’un maître dont il devient dès lors le disciple. Du latin discipulus, de discere, apprendre. Le christianisme développe une vision moins intellectuelle de la relation maître à disciple. Le disciple y devient celui qui suit le maître, Jésus, et tente de l’imiter .

Définition du disciple: « Grec mathêtês, du verbe manthanô, apprendre, étudier : n’apparaît que dans les évangiles et les Actes. L’influence rabbinique se voit dans les allusions aux disciples : de Moïse (Jn 9.28), des pharisiens (Mt 22.16 ; Mc 2.18 ; Lc 5.23), de Jean-Baptiste (Mt 9.14 ; 14.12 ; Mc 2.18 ; 6.29 ; Lc 5.33, etc.). Les disciples de ce dernier sont en étroite association avec leur maître, au point de pratiquer la prière et le jeûne dans la conformité à ses instructions (Lc 11.1).

Mais le terme disciple se dit surtout par rapport à Jésus (Mt 5.1 ; 8.21 ; 10.1 ; Mc 2.15ss ; Lc 5.30 ; 6.1 ; Jn 2.2ss ; 4.1ss, etc.). Selon ces textes, le disciple est celui qui s’attache à la personne de son maître et non seulement à son enseignement ; pour devenir son adepte, marcher à sa suite, lui vouer une fidélité exclusive, et même, dans certains cas, abandonner foyer, biens et situation pour partager la destinée du maître, jusqu’à donner sa vie pour lui s’il le faut. D’après Luc les premiers chrétiens portaient ce titre (Ac 6.1ss, etc.), et donnaient le modèle de la relation entre le Christ ressuscité et les membres de son Eglise, relation qui serait normative pour tous les croyants. Les auteurs néotestamentaires utilisent une variété de termes (croyants, saints, frères, témoins, etc.) pour exprimer plus complètement les traits caractéristiques des disciples du Christ après Pâques. » (Nouveau Dictionnaire Biblique, p. 355.)

Les disciples de Jésus, après avoir été appelés (vocation), ont reçu un enseignement. Les paroles, les gestes et toute la vie de Jésus les ont progressivement modelés à la parole de Dieu.
Pour devenir disciples missionnaires, nous sommes invités à recevoir, c’est-à-dire à nous former, à nous laisser modeler par la parole de Dieu qui passe par des médiations humaines.
Pour évangéliser, foi et raison vont de pair. Les hommes du XXIè siècle veulent comprendre ce qui leur est annoncé. Le message évangélique doit faire sens pour être accueilli.

On voit ici, qu’en un sens, un savoir ne peut qu’être « propre », c’est-à-dire assimilé (en l’intégrant, rendre semblable à soi ce qui au départ nous était étranger, ce qui est une transformation de soi). Je veux dire par-là que la connaissance transforme profondément l’individu, comme le disait Platon et ce n’est qu’à cette condition qu’elle est véritablement connaissance. Il n’y a pas de retour en arrière : si on a vraiment appris quelque chose, aucun retour en arrière n’est possible, ce savoir (pratique ou théorique) est en nous, nous sommes ce savoir qui nous rend compétents. Certes, on peut oublier des informations de détail, mais jamais revenir à l’état dans lequel on se trouvait avant. Apprendre c’est imprimer des chemins dans sa chair (cerveau). On voit par-là que l’éducateur est par essence toujours dépossédé de ce qu’il transmet. Celui qui voudrait maîtriser le processus de transmission ne ferait que montrer qu’il n’a pas compris ce qu’il fait. L’éducateur doit par essence être au-dessus de tout enjeu de pouvoir (Catherine Drouet).

Suivre

JDE 266 Le véritable missionnaire, qui ne cesse jamais d’être disciple, sait que Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui.

À de multiples reprises, Jésus dit « suis-moi ». Relisons un récit de Luc:

Lc 9,57-62 Et tandis qu'ils faisaient route, quelqu'un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. » Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. » Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t'en annoncer le Royaume de Dieu. » Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d'abord permets-moi de prendre congé des miens. » Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »

« Suis-moi ! », cet impératif qui est au cœur de ce passage retentit plus d’une fois dans les Évangiles. Jésus l’a par exemple dit à Lévi, le collecteur d’impôts plus connu sous le nom de Matthieu, pour l’appeler à devenir son disciple. Il l’a lancé à Pierre et à André qui, de simples pêcheurs, deviendront pêcheurs d’hommes, ou encore au jeune homme riche qui ne pourra y répondre tant l’exigence est forte : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens, suis-moi ! » Cette façon qu’a Jésus d’inviter à croire en lui fait réfléchir. Il ne se contente pas de confessions orales, il veut aussi des actes concrets d’obéissance. Répondre à son invitation, c’est dépasser l’acquiescement verbal pour aller jusqu’à l’engagement de sa vie. Et c’est bien là l’essence même de la foi, non pas simple discours, mais transformation de l’existence.

Dans le récit de Luc ci-dessus, Jésus appelle lui-même une personne à le suivre. Ses propos laissent perplexe. Cela signifie que la décision à prendre a plus d’importance que ce qui est universellement considéré comme « sacré » parmi les hommes, à savoir les rites funéraires. C’est dire si la décision proposée par Jésus est impérative. Cela implique aussi que le monde que cet homme laisse derrière lui est voué à la mort et ne changera pas. Il est donc invité à le laisser à sa mort pour embrasser la Vie, la vraie, à la suite du Christ. C’est dire si le jugement du monde est absolu. Cela veut dire enfin que le plus proche des proches dans l’ordre de l’autorité, son propre père, vient désormais après Jésus, et l’on croit entendre ces paroles difficiles du même Évangile : « Celui qui vient à moi doit m’aimer plus que son père, sa mère, sa femme,... » C’est dire si la transformation du disciple de Christ est appelée à être totale! (http://www.protestants.org/uploads/tx_userradioshow/20070708_lhermenault-e.pdf).

Rencontrer Jésus est au cœur de la mission du disciple missionnaire.

JDE 3 J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que « personne n’est exclu de la joie que nous apporte le Seigneur ».

JDE 7 À l’origine du fait d’être chrétien il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive.

Le christianisme est face à un défi religieux. Choisir le christianisme est aujourd’hui un véritable engagement au regard des multiples propositions qui s’offrent à nous.

JDE 63 La foi catholique de nombreux peuples se trouve aujourd’hui devant le défi de la prolifération de nouveaux mouvements religieux, quelques-uns tendant au fondamentalisme et d’autres qui semblent proposer une spiritualité sans Dieu. Ceci, d’une part est le résultat d’une réaction humaine devant la société de consommation, matérialiste, individualiste, et, d’autre part, est le fait de profiter des carences de la population qui vit dans les périphéries et les zones appauvries, qui survit au milieu de grandes souffrances humaines, et qui cherche des solutions immédiates à ses propres besoins.

Annoncer

Le point de départ de toute aventure missionnaire n’est pas une idée, mais une rencontre avec Jésus que nous sommes invités à partager. L'Eglise n’invite pas seulement à adhérer à des valeurs ou d’entrer dans une institution, mais elle demande à tous les chrétiens d’annoncer Jésus Christ.

A la question pourquoi la mission?, nous répondons, grâce à la foi et à l'expérience de l'Eglise, que la véritable libération, c'est s'ouvrir à l'amour du Christ. En lui, et en lui seulement, nous sommes libérés de toute aliénation et de tout égarement, de la soumission au pouvoir du péché et de la mort. Le Christ est véritablement «notre paix» (Ep 2, 14), et «l'amour du Christ nous presse» (2 Co 5, 14), donnant à notre vie son sens et sa joie. La mission est un problème de foi; elle est précisément la mesure de notre foi en Jésus Christ et en son amour pour nous.

Aujourd'hui, la tentation existe de réduire le christianisme à une sagesse purement humaine, en quelque sorte une science pour bien vivre. En un monde fortement sécularisé, est apparue une «sécularisation progressive du salut », ce pourquoi on se bat pour l'homme, certes, mais pour un homme mutilé, ramené à sa seule dimension horizontale. Nous savons au contraire que Jésus est venu apporter le salut intégral qui saisit tout l'homme et tous les hommes, en les ouvrant à la perspective merveilleuse de la filiation divine. (Jean-Paul II, Redemptoris missio, 1990).

Nous pouvons construire un tas de choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, rien ne va. Nous deviendrions une philanthropique ONG, mais non l’Eglise, épouse du Seigneur. Si on ne bâtit pas sur le roc, il arrive ce qu’il arrive aux enfants sur le sable avec leurs châteaux de sable. Sans consistance, ils s’effondrent (Pape François, Homélie du 15 mars 2013).

Par son baptême le chrétien est devenu disciple missionnaire, nous rappelle le pape François. Il a donc reçu la mission d’annoncer l’Évangile ou d’évangéliser comme on dit aussi.

Cela veut-il dire qu’il doit prêcher dans la rue, parler du Christ dans les médias, prendre la parole face à des auditoires non chrétiens pour leur expliquer l’Évangile ?

Oui bien sûr, la Parole publique de prédication fait partie de l’annonce de l’Évangile, mais cela recouvre tellement davantage. On évangélise par le témoignage de ses actes et de sa sainteté. On évangélise par la prière et l’accompagnement fraternel.

On évangélise par le travail de l’intelligence pour approfondir et éclairer la foi. On évangélise en menant une vie chrétienne qui se nourrit des sacrements et rayonne de l’Évangile là où on est amené à vivre et à se donner.

Au milieu de toutes ces manières d’annoncer l’Évangile, il y en a une à laquelle on ne peut se dérober, celle de « rendre compte de notre foi à ceux qui nous le demandent ». (cf 1 P 3, 15)

Au long de ces chroniques, nous serons conduits à rencontrer les questions de monsieur Toutlemonde lorsqu’il demande l’éclairage qu’un croyant peut apporter à ses interrogations.

Que la rencontre ait lieu devant la machine à café au travail, dans la salle d’attente d’un hôpital, au milieu des parents qui attendent à la sortie de l’école… nous sommes appelés par le Seigneur à entendre ce que la personne nous livre et comment elle nous sollicite. S’il est bon de savoir l’écouter jusqu’au bout, de se donner le temps de l’accueil bienveillant, il nous faudra bien, si l’occasion s’y prête, prononcer une parole.

Il ne s’agit pas alors de répéter des formules apprises par cœur, d’étaler son savoir, ni de dérouler une démonstration. Avec les lumières que nous donne l’Esprit Saint, il nous suffit d’ouvrir à la personne un accès à la source du Christ, à l’eau vive de l’Évangile où elle pourra venir se désaltérer.

« Quiconque donnera à boire un verre d’eau en mon Nom, dit Jésus, (…) il ne perdra pas sa récompense. » (Mc 9, 41).

https://www.paris.catholique.fr/a-ecouter-annoncer-l-evangile-qu.html

JDE 14 Enfin, remarquons que l’évangélisation est essentiellement liée à la proclamation de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou l’ont toujours refusé. Beaucoup d’entre eux cherchent Dieu secrètement, poussés par la nostalgie de son visage, même dans les pays d’ancienne tradition chrétienne. Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Église ne grandit pas par prosélytisme, mais « par attraction ».

JDE 176. Évangéliser c’est rendre présent dans le monde le Royaume de Dieu. Mais aucune définition partielle et fragmentaire ne donne raison de la réalité riche, complexe et dynamique qu’est l’évangélisation, sinon au risque de l’appauvrir et même de la mutiler.

JDE 183 Une foi authentique – qui n’est jamais confortable et individualiste – implique toujours un profond désir de changer le monde, de transmettre des valeurs, de laisser quelque chose de meilleur après notre passage sur la terre.

JDE 114. Être Église c’est être Peuple de Dieu, en accord avec le grand projet d’amour du Père. Cela appelle à être le ferment de Dieu au sein de l’humanité. Cela veut dire annoncer et porter le salut de Dieu dans notre monde, qui souvent se perd, a besoin de réponses qui donnent courage et espérance, ainsi qu’une nouvelle vigueur dans la marche. L’Église doit être le lieu de la miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile.

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé d’évangéliser (de faire connaître et aimer Jésus) des personnes de votre entourage (famille, amis, collègues) ? Souvent, ceux et celles qui ont tenté l’expérience doivent avouer que leur expérience n’a pas été un franc succès. Beaucoup ont essuyé des revers polis et ou impolis lorsqu’ils ont essayé par exemple d’introduire le sujet de Jésus lors d’une conversation amicale. Alors devant de telles difficultés, la plupart des gens se découragent et laissent vite tomber la serviette en se disant que cela n’est pas pour eux (elles). Le courage de la vie quotidienne du disciple missionnaire, c’est d’être capable de relever une remarque ironique sur Jésus plutôt que de se taire. Ce qui est certain, c’est qu’évangéliser est une « mission impossible » sans l’inspiration et l’aide de l’Esprit Saint.

Quand on regarde l’expérience des Apôtres dans les évangiles, on s’aperçoit que pour eux aussi la mission d’annoncer le Royaume de l’Amour de Dieu en Jésus n’a pas été facile. Ils ont dû vivre, eux aussi, bien des incompréhensions, des insuccès et des rebuffades quand ils ont osé annoncer le salut en Jésus Christ. Il nous faut du courage aujourd’hui pour s’affirmer chrétien tellement les pressions sont fortes de se conformer au monde, particulièrement chez les jeunes qui sont soumis, même inconsciemment, à la pression et à la loi du groupe.

Une expérience le montre bien. Dix adolescents sont réunis officiellement pour un test visuel, mais en fait pour tester les effets de la pression du groupe sur le jugement de chacun. On leur présente trois lignes A, B, C et on leur demande de désigner quelle est la plus longue. Le test est truqué : 9 des 10 jeunes ont reçu la consigne de désigner la ligne B comme étant la plus longue ( alors qu’en fait elle est de taille moyenne ). Le dixième ne savait rien. 10 mains se sont levées pour désigner la ligne B comme la plus longue. Le dixième jeune qui n’était pas dans le coup a ensuite expliqué : «En voyant les mains se lever, je me suis dit que je n’avais peut-être pas compris les consignes; j’ai décidé de faire comme tout le monde de peur que les autres se moquent de moi ».

Les chercheurs ont alors généralisé le test : eh bien ! plus de 75% de sujets testés affirment – sous la pression du groupe – que la ligne de taille moyenne est la plus longue ! La plupart n’ont pas eu le courage de dire : « je ne peux pas vous l’expliquer, mais vous avez tort ».

Or ce qui est vrai est vrai, même si personne n’ose le reconnaître sous la pression du groupe ; ce qui est faux reste faux, même si la majorité se met d’accord pour dire le contraire. Ce n’est pas parce qu’une loi est légale qu’elle est nécessairement et ipso facto morale d’où la reconnaissance de l’objection de conscience la possibilité de dire « non en conscience je ne peux pas faire cela ! ».

21. L’Evangile doit être proclamé d’abord par un témoignage.

22. Et cependant cela reste toujours insuffisant... Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés. Paul VI, Evangelii nuntiandi.

Les disciples d’Emmaüs envoyés en mission

Le point de départ de tout apostolat naît de là où se trouvent les gens avec leurs habitudes et leurs activités, nous dit le pape François lors de son voyage au Japon. Dans le récit des disciples d’Emmaüs, Jésus rejoint 2 hommes dans leur quotidien, dans leurs préoccupations.

Structure

v 13-14 : Présentation du contexte : 2 disciples discutent sur la route d’Emmaüs.
v 15-31 : Intervention de Jésus
· 15-17 : Initiative de Jésus : Il vient à la rencontre des disciples et entame la conversation.
· 18-24 : Explication de la situation par Cléophas.
· 25-27 : Réponse de Jésus à travers l’interprétation des écritures (la parole).
· 28-31 : Réponse de Jésus par la fraction du pain (le geste).
v 32-35 : Mission des disciples.

Le message

Une relation triangulaire Les deux disciples quittent Jérusalem. Ils tournent le dos à leur expérience avec Jésus. Ils vivent une relation duelle, close sur elle-même, sans ouverture. Jésus prend l’initiative ; il nous précède ; c’est lui qui donne la foi. Il va à l’encontre de l’homme en chemin. Il nous rejoint dans notre existence quotidienne, dans nos préoccupations de chaque jour. Jésus commence par accompagner les disciples sur la route. Il entre dans leurs préoccupations. Partager la route de quelqu’un, c’est partager ses espoirs et aussi ses désespoirs : c’est être ensemble dans la même aventure. « Leurs yeux sont empêchés de le reconnaître ». Le corps de Jésus est passé par la mort/résurrection. Ce texte nous montre tout d’abord que le corps de résurrection sera différent du corps terrestre (les disciples ne reconnaissent pas Jésus à son corps). La reconnaissance s’amorce avec la parole (le cœur brûlant des disciples en témoigne) et s’accomplit avec le geste (la fraction du pain). Mais la reconnaissance témoigne aussi d’une cécité spirituelle ou intellectuelle : leur esprit est fermé. Ils se sont enfermés dans la mort de Jésus ; il n’y a plus d’avenir. Jésus prend aussi l’initiative du dialogue en interpellant les disciples. Cette irruption marque le passage d’une relation duelle à une relation triangulaire. Les disciples s’ouvrent à l’étranger qui les a rejoints. Ils sortent de leur discours clos pour parler à quelqu’un qui les écoute. Ce tiers, cet inconnu va symboliquement déplacer la pierre du tombeau pour qu’ils puissent reconnaître qui était vraiment Jésus. Les disciples tout comme l’ensemble du peuple attendaient un messie glorieux qui bouterait l’envahisseur hors de leur pays. Ils attendaient un nouveau David triomphant sur un trône terrestre, et non pas un homme mourant sur une croix. Le désespoir les anime donc.

Les écritures. L’accès à la reconnaissance de Jésus comme messie passe par l’écoute de sa parole. Les femmes n’ont ni trouvé (v 23 et 24), ni vu (v 24) Jésus au tombeau. Nous sommes ici dans le registre de l’espace/temps, dans le registre du sensoriel. Or l’accès à la fois requiert que l’on se dessaisisse du désir de voir-trouver (et toucher, cf. Thomas), pour accéder à l’écoute d’une parole comme parole de Dieu. Croire n’est pas de l’ordre du savoir, de l’appréhension rationnelle d’un événement. Croire est de l’ordre de la relation, et cette relation exige que l’on écoute d’abord ce que l’autre a à nous dire. La foi requiert un acte de dépossession, un renversement d’initiative : au lieu de tenir soi-même des discours assurés sur Dieu, il faut commencer par écouter une parole, comme parole de Dieu. Ici Jésus commente les écritures. Jésus veut montrer qu’il faut accepter de confronter son existence avec la parole de Dieu. La parole de Dieu vient éclairer notre existence, il vient nous dire qui nous sommes et qui est Dieu. Jésus évoque notamment sa nécessaire souffrance pour entrer dans la gloire (il ne s’agit pas d’une nécessité extérieure, mais d’une conséquence attachée à sa mission). La mort n’est-elle pas pour nous aussi le passage obligé pour accéder à la foi ? Tout sacrement est une participation au mystère pascal.

L’invitation. Rien ne se serait passé s’il n’y avait pas eu cette invitation. C’est là que se joue la liberté de l’homme. Le Christ propose sa présence, mais ne l’impose pas. Vient le moment où nous devons franchir le pas, choisir de suivre le Christ. Le cœur des disciples est brûlant : on ne sait pas encore qui il est et pourtant déjà on désire qu’il prolonge sa présence.

La fraction du pain. La fraction du pain est le signe de reconnaissance. À travers ce geste les disciples reconnaissent le Christ. Il y a passage des yeux fermés aux yeux ouverts, de la méconnaissance à la reconnaissance, de la démission à la mission. Mais cette reconnaissance entraîne la disparition de Jésus. Cette disparition signifie que Jésus ne saurait être accaparé. L’homme ne saurait le saisir. L’objectif de Jésus était de convertir les disciples. Maintenant c’est à eux de se prendre en main.

La mission. Les disciples retournent sur Jérusalem. Ils vont annoncer la bonne nouvelle.

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