Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie (Jn 15:13)

Le bonheur

L’objectif de la morale est de nous humaniser dans le bonheur. Les expériences que nous vivons nous marquent. Elles peuvent nous marquer profondément si elles viennent toucher à ce qui fait de façon plus constitutive notre identité. Le bien façonne celui qui le fait et le transforme en être bon. Ce que je fais me fait. La question morale se déplace alors de «que dois-je faire ?» à «qui dois-je être ?» La grande recherche morale n’est pas d’abord d’éviter la faute, en observant des prescriptions nettement formulées, mais «de vivre, de grandir dans le bien et de tendre vers la perfection» (J.-L Bruguès). Ainsi, l’éthique se conçoit comme une éthique «de la construction de soi» (J.-L Bruguès) par l’action. Devant un acte qu’il s’apprête à poser tout homme devrait pouvoir s’arrêter et se demander : quel homme, quel sujet est-ce que je deviens en posant volontairement tel acte ? L'éthique est un art de vivre.

Le document de la Commission théologique internationale « A la recherche d’une éthique universelle » commence par poser une question : Y a-t-il des valeurs morales objectives capables d’unir les hommes et de leur procurer paix et bonheur ?

La vocation fondamentale de l'homme, la voici : l’homme est fait pour le bonheur, il possède le bonheur comme but, comme fin; le bonheur est sa raison d’être et ce vers quoi il tend. Dans le deutéronome 30, 15. Vois, je te propose aujourd'hui vie et bonheur, mort et malheur. Si par ailleurs, en de multiples circonstances la bible nous appelle à aimer; c'est d'ailleurs le premier des commandements, c'est parce que l'amour nous rend heureux. Ce désir de bonheur est comme la «tête chercheuse» qui guide l’homme vers un absolu, vers une plénitude.

Xavier Thévenot : « La morale se propose, je crois, de réfléchir sur les conditions et sur les chemins qui permettent à tout homme pris dans sa réalité, de devenir, avec les autres, pleinement homme. La visée dernière de la morale, c'est donc le bonheur de la personne, c'est le développement le plus harmonieux possible de tout l'homme et de tous les hommes. On ne peut pas être heureux seul. Se moraliser, c'est finalement et en principe chercher à réaliser, autant qu'il est possible, toutes ses dimensions de personne vivante en société ». La morale vise à humaniser l’homme en société .

Enfin, dans la continuité du bonheur, agir et faire le bien sans enthousiasme, c’est moins bien ! Peut-on même espérer parvenir à la sainteté ainsi ? Sûrement pas. D’ailleurs, saint François de Sales n’a-t-il pas rappelé : un saint triste est un triste saint ? Une vertu morale peut-elle exister sans passion se demande saint Augustin ? Pour lui c’est clair : non ! Il en a pour preuve la joie que l’on éprouve à agir de façon juste. La joie et la tristesse sont les révélateurs du bien et du mal. La joie et la tristesse sont les deux indicateurs de l'ordre ou du désordre moral dans notre existence. Deux autres indicateurs nous tracent le chemin du bonheur : la paix et la liberté intérieures.

Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus. Le bonheur est un état global. L’homme heureux est comblé. Il vit une forme de plénitude. Sa situation est stable : elle présente un équilibre et seul un élément extérieur pourrait la modifier. Le plaisir est de l’ordre des sens. La joie est une émotion. Le bonheur est un état.

Il n’existe pas de recette toute faite pour être heureux. Le bonheur chez les épicuriens relève de la volupté du corps. Pour les stoïciens, cela découle de la vertu de l'âme. Dans l’Ancien Testament, le bonheur consiste à suivre les lois et les commandements de Dieu. Le Nouveau Testament utilise le terme "béatitude" : "Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux" (Mt 5, 3). D’une manière générale, l'Écriture préfère parler de "vie" et de "joie" : demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète (Jn 3,24). Le Coran donne au contraire des indications précises sur la conception du bonheur dans l’au-delà.

Voici un extrait de la Sourate 55 (Le Miséricordieux) comme exemple : «Il y aura deux Jardins aux multiples bosquets. Deux Jardins arrosés par deux sources jaillissantes. produisant deux espèces de chaque variété de fruits. Et les bienheureux s’y reposeront sur de magnifiques tapis aux revers de brocart, et les fruits des deux Jardins seront à leur portée. Là, ils rencontreront les houris au regard chaste et que nul homme ni génie n’aura auparavant effleurées. Des houris dont la beauté aura l’éclat de l’hyacinthe et du corail. Y a-t-il d’autre récompense pour le bien que le bien lui-même ? Et, en deçà de ces deux Jardins, il y en aura deux autres. Deux Jardins bien ombragés. Deux Jardins où coulent deux sources jaillissantes. Deux Jardins contenant des fruits, des palmiers et des grenadiers. Deux Jardins habités par des houris aussi belles que vertueuses. Des houris aux yeux grands et beaux, retirées dans leurs logis. Des houris qu’avant eux nul homme ni génie n’avait effleurées. Et les bienheureux reposeront sur des coussins et de magnifiques tapis. Béni soit donc le Nom de ton Seigneur, plein de majesté et de munificence !» (55,47-78).

On peut affirmer que l’immoralité ne conduit pas au bonheur et que le bonheur auquel l’homme est appelé est éminemment relationnel : communion d’amour avec les hommes et avec Dieu.

La morale pourrait se résumer en un art de vivre en un art d'être heureux. Faire le bien doit aussi faire du bien !

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