Aimer la sagesse, c’est aimer la vie (Si 4,11)

Définitions

Étymologie

Morale = latin « moralis » , « façon, caractère, comportement approprié, mœurs »
Éthique = grec « éthica » de ήθος (« ethos »), « lieu de vie ; habitude, mœurs ; caractère, état de l'âme, disposition psychique"
Les deux termes renvoient donc à l’idée de réflexion sur les comportements humains, sur les moeurs.

Définition du mot "morale" dans le Larousse en ligne sur internet

1- Qui concerne les règles de conduite pratiquées dans une société, en particulier par rapport aux concepts de bien et de mal

Définition du mot "éthique" dans le Larousse en ligne sur internet

1- Partie de la philosophie qui envisage les fondements de la morale
2- Ensemble des principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu'un
3- Éthique médicale : Ensemble des règles morales qui s’imposent aux différentes activités des médecins ». Synonymes : déontologie médicale, bioéthique
4- Éthique du sport : Valeurs appliquées dans le domaine du sport.

Pour beaucoup

Morale : vieillot et négatif
Éthique : moderne et positif

Pour d’autres (Paul Ricoeur)

Morale : les règles, les lois, les normes, les codes (déontologie : ce qu’on doit)
Éthique : la visée, l’élan, le but, l’esprit des lois (téléologie : ce qu’on vise), le sens , les fondements

On retiendra de ces différentes définitions que la morale concerne surtout les règles et les normes à appliquer et que l’éthique touche aux fondements et à la visée de celles-ci. La morale est normative et l’éthique est prospective. L'éthique n'est pas un ensemble normé en particulier. Il s'agit d'une réflexion argumentée en vue du bien agir. Elle propose de s'interroger sur les valeurs morales et les principes moraux qui devraient orienter nos actions, dans le but d'agir conformément à ceux-ci.

La morale se fonde sur une définition du bien et du mal et se traduit par des injonctions, des interdits, des prescriptions catégoriques. L’éthique interroge les principes de la morale en situation. Elle est faite de contradictions, d’intérêts divergents, et non de consensus même si elle vise à établir un accord. Son principe méthodologique réside dans la critique, au sens du questionnement, et dans la recherche permanente du sens de nos actions ou décisions. Si le fondement de la morale est l’impératif, le questionnement permanent constitue l’essence de l’éthique.

Propositions de définitions :

Xavier Thévenot (théologien): « Ce à quoi l’homme s’oblige quand il choisit de donner sens »; « c'est l'ensemble des points de repère que chaque sujet humain doit suivre pour s'humaniser davantage en société ».

Jean Louis Bruguès (théologien): « La mise en œuvre des exigences du métier d’homme ». « Une considération régulatrice des mœurs humaines »

Distinguer morale (éthique) et droit

La règle morale et la règle juridique ont parfois même contenu. Ex.: la loi prescrivant de ne pas tuer est aussi bien une norme morale qu’une norme juridique ; conduire avec de l’alcool au volant...

Les règles morales comme juridiques font appel au sentiment de l’obligation. La règle juridique est coercitive (contrainte). L’autorité publique veille à son respect en sanctionnant sa transgression, conformément à ce qui est prévu par la loi. La règle juridique a sa source dans l’extériorité. C’est le juge ou le législateur qui disent la loi. La règle morale a sa source dans l’intériorité personnelle et demeure affaire d’intériorité. La morale fait appel à la conscience.

Le droit se soucie du bien public et des libertés individuelles. Il a pour objet d’organiser la vie en société. Le droit ne se préoccupe pas de la vertu morale des citoyens. La morale se soucie de la vertu de la personne. Elle est résolument axée sur l’individu et la perfection de sa volonté.

La morale touche à l’intériorité de la personne, à son intimité, à sa conscience. Les 2 derniers des 10 commandements bibliques montrent la frontière qu’il peut exister entre la morale et le droit : « Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. ». La convoitise n’est définie dans aucun manuel de droit. Autre exemple : être obligé de s’arrêter à un feu rouge (loi) et ne pas s’énerver (vertu de tempérance).

La réflexion éthique commence là où le droit n’a pas encore défini de normes comme en témoignent les comités d’éthique mis en place pour aborder les nouvelles questions (GPA, fin de vie, transhumanisation…).

Y a-t-il une morale chrétienne ?

Xavier Thévenot précise : Tout ce qui se commande au nom de Dieu doit pouvoir se commander au nom de la vérité de l'homme. Tout ce qui se commande au nom de l'homme doit pouvoir se commander au nom de la vérité de la foi chrétienne. » En d’autres termes, ce qui est bon pour l’homme est bon pour Dieu et ce qui est bon pour Dieu est bon pour l’homme.

Il devrait y avoir adéquation entre une morale humaniste et une morale chrétienne. Les gestes posés par des chrétiens ou des non-chrétiens devraient être les mêmes ; on peut trouver des actes de charité plus héroïques parfois chez des non-chrétiens que chez des chrétiens. Les gestes sont les mêmes, car bien souvent les normes sont les mêmes. Il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour être d’accord avec le fait que l’interdit du mensonge est une base nécessaire de la communication humaine, ou que l’obligation de secourir celui qui est dans le dénuement est une manifestation de la conscience que l’homme a de sa propre dignité. De même il n'est pas nécessaire d'être chrétien pour donner sa tunique lorsque quelqu'un nous vole notre manteau, de tendre la joue gauche lorsque quelqu'un nous frappe sur la joue droite, d'aimer ses ennemis, de sacrifier sa vie, mais reconnaissons qu'il s'agit là d'un modèle bien difficile à suivre.

La morale chrétienne trouve sa spécificité dans ses fondements et dans sa visée (éthique chrétienne) ; dans le fait que l'homme et la femme sont à l'image et à la ressemblance de Dieu et dans sa référence à Jésus Christ bien plus que dans telle ou telle prescription morale. Elle trouve son chemin dans le "suis-moi" que lance Jésus. En toute action sur laquelle nous hésitons, nous devrions nous demander " qu'aurait fait Jésus ? "

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