Aimer la sagesse, c’est aimer la vie (Si 4,11)

Notre Père

Il existe de multiples formes de prières : la récitation, la méditation, la contemplation, la louange, l’adoration. Le Notre Père est a priori une prière de récitation que nous faisons soit de façon individuelle, soit collectivement tout particulièrement lors d’une messe. C’est aussi une prière qui nous invite à la méditation, c’est-à-dire à une réflexion intérieure sur les mots et les phrases qui le composent. C’est également une prière qui nous invite à la contemplation de l’œuvre d’un père.

La prière est formée de 7 demandes, 3 concernant Dieu, 4 concernant les hommes. Le Notre Père a ainsi une forme symboliquement parfaite, le 7 étant le nombre de la perfection, 3 étant le nombre divin (la Trinité), et 4 le nombre du terrestre, (les quatre points cardinaux, les quatre éléments, etc...).

Le Notre Père commence par trois demandes concernant Dieu lui-même : son nom, son règne, sa volonté. La seconde vague de demandes est offrande de nos attentes : donne-nous ... pardonne-nous .. ne nous laisse pas ... délivre-nous.

L’originalité de la prière chrétienne

Qui peut interpeller Dieu ? tout le monde, mais comme le dit le psalmiste

Ps 114,5 Nul, jamais ne l’a invoqué sans avoir lui-même été d’abord appelé ?

L’originalité de la prière chrétienne est qu’elle une réponse à la parole de Dieu qui nous précède dans nos vies. Comment pourrions-nous d’ailleurs prier un dieu s’il ne s’était pas manifesté à nous ? « Seigneur apprends nous à prier » demande les apôtres.

Une prière chrétienne

De tout temps, le « Notre Père » constitue la prière fondamentale du chrétien. Déjà la Didachè, un bref manuel d'enseignement pour la conversion au christianisme écrit au 1er siècle, prescrivait aux fidèles de le réciter trois fois par jour (VIII, 3).

Le Notre Père est la prière la plus connue de la religion chrétienne. Il est récité par les catholiques et les orthodoxes à chaque messe, par les protestants luthériens et réformés à chaque culte. Les autorités catholiques, orthodoxes et protestantes ont adopté une traduction commune pour la récitation en langue française.

La récitation par l'Eglise s'inspire du texte de Mathieu, mais elle comporte une doxologie finale « Car c'est à toi qu'appartiennent, le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles ». Cette finale fut ajoutée à la prière dès le 1er siècle comme cela apparaît dans la Didachè.

Nous osons dire

La liturgie prévoit que le Notre Père soit introduit par cette brève phrase : « Comme nous l’avons appris du sauveur et selon son commandement nous osons dire ». Il faut remonter aux origines de l’Église pour comprendre le sens de cette invitation.

Dans l’Église naissante, on appelait le Notre Père la prière des fidèles. Elle se récite juste avant l’eucharistie. Les catéchumènes l’apprenne par cœur, mais ne se sont autorisés à la réciter en public que le jour où ils sont admis à la table de l’eucharistie. Si dans nos habitudes il apparaît que le Notre Père appartient à tous quel que soit notre degré de sainteté, la situation était bien différente dans l’Église des premiers temps, car le Notre Père était une prière sacrée. Parler directement à Dieu est un bouleversement dans les mentalités, car le Dieu d’Israël était transcendant bien plus qu’immanent. Le mystère de l’incarnation mettra du temps à s’incarner dans la culture religieuse.

En orient dans la liturgie eucharistique de Chrysostome encore en usage dans les Églises orthodoxes le prêtre dit cette formule : « Daigne-nous accorder Seigneur d’oser avec joie et sans témérité t’invoquer comme Père, toi le Dieu du ciel et dire : Notre Père… ».

Le Notre Père récité lors de la messe se situe entre la consécration et la communion. Il est traditionnellement rattaché à cette dernière partie. Il faut attendre le IVe siècle pour voir une première attestation de la présence du Notre Père durant la messe, chez Ambroise et Cyrille de Jérusalem.

La prière de Jésus et son enseignement

L'Évangile nous montre souvent Jésus en train de prier à l'écart, dans la solitude. Il nous indique dans quelles circonstances Jésus a prié. Ces circonstances sont très révélatrices du sens de sa prière.

L'Évangile nous rapporte la prière de Jésus. Il prie au début de chacune des grandes étapes de sa mission, c'est devant Dieu qu'il fait des choix et qu'il se prépare à vivre ce qui va advenir.

· Au moment de son baptême en Luc 3,21-22 Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit, et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré »

· Lors de sa tentation au désert durant 40 jours et 40 nuits en Mt 4,1-2 alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable. Il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, après quoi il eut faim ».

· Avant de choisir ses douze apôtres en Luc 6,12-13 : Or il advint, en ces jours-là, qu'il s'en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu. Lorsqu'il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu'il nomma apôtres.

· Au moment de sa transfiguration avant d'annoncer sa passion à ses disciples en Luc 9,28-29 : Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier. Et il advint, comme il priait, que l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d'une blancheur fulgurante ».

· En évoquant sa passion, avant que le coq ne chante 3 fois, Jésus dit à Simon-Pierre en Luc 22, 31-32 : j’ai prié pour toi pour que ta foi ne défaille pas.

L'Évangile nous rapporte certaines prières de Jésus. On le voit s'adresser à son Père :

· Après son échec en Galilée en Mt 11,25-26 : Je te bénis, Père, d'avoir caché cela aux sages et de l'avoir révélé aux tout-petits.

· Après la Cène en Jean 17,1-26 : 1. Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit : « Père, l'heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et moi en eux.

· Devant les menaces de mort en Jean 12,27-28 : Père sauve-moi de cette heure; mais c'est pour cela que je suis venu.

· La veille de sa mort en Jn 12,34-36 Et il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s'il était possible, cette heure passât loin de lui. Et il disait : « Abba Père ! tout t'est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »

· Sur la croix en Mt 27,46 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?, Luc 23,34 Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font, Luc,23,46 Père, entre tes mains je remets mon esprit.

Comparaison des deux Notre Père

La différence entre les versions de Luc et Matthieu s’explique par la diversité de leurs destinataires. Matthieu s’adresse à des hommes qui dès l’enfance ont appris à prier, mais risque de se laisser aller à la routine. Luc au contraire s’adresse à des gens qui ont tout à apprendre et qu’il faut encourager. Matthieu s’adresse à des chrétiens d’origine juive alors que Luc donne un enseignement à des païens convertis.

Matthieu 6, 9-13

Luc 11, 2-4

Notre Père qui es dans les cieux
πατερ ημων ο εν τοις ουρανοις

Père

que ton nom soit sanctifié
αγιασθητω το ονομα σου

que ton nom soit sanctifié

que ton règne arrive
ελθετω η βασιλεια σου

que ton règne arrive

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
τον αρτον ημων τον επιουσιον δος ημιν σημερον

remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs
και αφες ημιν τα οφειληματα ημων ως και ημεις αφιεμεν τοις οφειλεταις ημων

et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit

et ne nous laisse pas entrer en tentation
και μη εισενεγκης ημας εις πειρασμον

et ne nous laisse pas entrer en tentation

mais délivre-nous du mauvais
αλλα ρυσαι ημας απο του πονηρου

Suite : Notre

Haut de page

Contact

10045

La bible

Les sacrements

Le mariage

Le mal

Notre Père

La création
La résurrection
La rédemption
L'alliance
Le nom de Dieu
Le livre de Job
Les juges
Les prophètes
L'Esprit
Jésus
Disciples d'Emmaüs
Le septénaire
Enracinement biblique
L'eucharistie
Le baptême
Le pardon
La morale
La morale sexuelle
Les péchés capitaux
Notre
Père
Aux cieux
Le nom de Dieu
Le règne
Marie

L'être humain

Anthropologie

Éros

Annuaire