L'amour est le plus court chemin pour rencontrer Dieu et son prochain

Que ta volonté soit faite

Matthieu 7,21. « Ce n'est pas en me disant : «Seigneur, Seigneur», qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux.

Ces propos montrent le lien étroit qu’il existe entre le royaume des cieux et la volonté de Dieu-Père. Le royaume se construit en faisant la volonté de Dieu. A traves cette demande, nous ne sommes pas invités à renoncer à l’exercice de notre volonté pour céder au vouloir capricieux d’une divinité, mais nous demandons que s’accomplisse le projet de Dieu. Il ne s'agit pas de rester passif comme pourrait le suggérer l'expression, mais bien de participer à l'accomplissement de la volonté de Dieu. Nous sommes co-créateurs et partenaire d'une alliance.

Volonté morale et volonté souveraine

Mais que doit-on entendre par « volonté de Dieu » ? Il faut distinguer entre le projet de Dieu et l'éthique de tous les jours en d'autres termes entre la volonté souveraine et la volonté. La première relève de la décision divine, la seconde engage notre responsabilité.

La création de l'univers avec l'homme et la femme à son apogée relève d'une libre décision divine. Il en est de même pour la proposition d'une alliance qui se révèle tout au long de la bible. L'incarnation appartient aussi au projet de Dieu de venir rejoindre l'humanité. Enfin la résurrection et la terre nouvelle sont des promesses divines.

Il n'en est pas de même pour sa volonté dans le champ de l'éthique. Dieu veut notre bonheur, mais avec notre plein consentement. Il suffit de relire le texte de la Genèse pour prendre conscience des pouvoirs humains de contrecarrer les projets de Dieu sur la terre en matière de jugement du bien et du mal. Le texte du deutéronome nous met fasse à notre responsabilité ;

Dt 30,15-20 Vois, je te propose aujourd'hui vie et bonheur, mort et malheur. Si tu écoutes les commandements de Yahvé ton Dieu que je te prescris aujourd'hui, et que tu aimes Yahvé ton Dieu, que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses commandements, ses lois et ses coutumes, tu vivras et tu multiplieras, Yahvé ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession. Mais si ton cœur se détourne, si tu n'écoutes point et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous déclare aujourd'hui que vous périrez certainement et que vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre où vous pénétrez pour en prendre possession en passant le Jourdain. Je prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t'attachant à lui ; car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre que Yahvé a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner.

Le projet de Dieu

Ap 4,11 Tu es digne, ô notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car c'est toi qui créas l'univers ; par ta volonté, il n'était pas et fut créé.

1 Tm 2,3-4 C’est la Volonté de notre Père "que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.

Éph 1,9-12 Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres. C'est en lui encore que nous avons été mis à part, désignés d'avance, selon le plan préétabli de Celui qui mène toutes choses au gré de sa volonté, pour être, à la louange de sa gloire, ceux qui ont par avance espéré dans le Christ.

Jn 17,1. Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit : « Père, l'heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie 2. et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! 3. Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. 26. Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et moi en eux.

Quoi faire ? Quelle est pour l’essentiel cette volonté de Dieu ? Est-ce la pratique des multiples ordonnances recommandées par les Pharisiens ?

Mt 22,35-39 Et l'un d'eux (des Pharisiens) lui demanda pour l'embarrasser : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Jésus lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. À ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

Jésus ramène la volonté morale à l’essentiel, libre à chacun de le répercuter dans son existence. Mt 7,12. « Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes.

Son commandement, qui résume tous les autres, et qui nous dit toute sa volonté, c’est que "nous nous aimions les uns les autres, comme il nous a aimés" (Jn 13,34 ; cf. 1 Jn3 ; 4 ; Lc 10,25-37).

La bible n’offre pas de réponse concrète aux multiples interrogations de l’existence. Une jeune femme se demande : « Est-ce que je dois épouser tel jeune homme ». Il y a vraisemblablement du discernement à opérer et l’Esprit Saint peut aider à choisir la meilleure voie. Mais il ne relève pas de la volonté de Dieu d’opérer tel ou tel choix. La liberté humaine reste souveraine. Dieu ne veut pas à notre place, mais il veut ce qui est bon pour nous.

Ro 12,2. Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.

L'amour est le préalable de toute action. Il est au fondement de tout agir. Saint Paul décrit cette prépondérance de l'amour dans les actions et les relations. L'amour est plus important que le parler en langues, que les prophéties ou la connaissance. Même le don de soi jusqu'à la mort doit être animé par l'amour, sinon il ne mène à rien :

1Co 13,3 Quand je livrerai mon corps aux flammes, s'il me manque l'amour je n'y gagne rien.

Se donner par pitié, dépit ou résignation n'est qu'un don extérieur. Dans ce cas, il n'est pas animé par un désir intérieur qui fait grandir l'amour. Augustin affirme également la prépondérance de l'amour dans son commentaire de la première épître de saint Jean :

Aime et fais ce que tu veux; si tu te tais, tais-toi par amour; si tu parles, parle par amour; si tu corriges, corrige par amour; si tu pardonnes, pardonne par amour; aie au fond du cœur la racine de l'amour : de cette racine il ne peut sortir que du bon (Commentaire de la première épître de saint Jean, Cerf, 1961, p. 329).

1 The 4,3. Et voici quelle est la volonté de Dieu : c'est votre sanctification.

L’exemple de Jésus

C’est dans le Christ, et par sa volonté humaine que la Volonté du Père a été parfaitement et une fois pour toutes accomplie. Jésus a dit en entrant dans ce monde : "Voici, je viens faire, ô Dieu, ta volonté" (He 10, 7 ; Ps 40, 7). Jésus seul peut dire : "Je fais toujours ce qui Lui plaît" (Jn 8, 29). Dans la prière de son agonie, il consent totalement à cette Volonté : "Que ne se soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne !" (Lc 22, 42 ; cf. Jn 4, 34 ; 5, 30 ; 6, 38). Voilà pourquoi Jésus "s’est livré pour nos péchés selon la volonté de Dieu" (Ga 1, 4). "C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’oblation du Corps de Jésus Christ" (He 10, 10).

Jean 4,34 Jésus leur dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin. Jésus, "tout Fils qu’il était, apprit, de ce qu’il souffrit, l’obéissance" (He 5,8). À combien plus forte raison, nous, créatures et pécheurs, devenus en lui enfants d’adoption.

Mt 26,42 À nouveau, pour la deuxième fois, il s'en alla prier : « Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »

Mt 12,50 Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère.

Mt 21,28-31 « Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : «Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. » «Je ne veux pas», répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. S'adressant au second, il dit la même chose ; l'autre répondit : «Entendu, Seigneur», et il n'y alla point. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » - « Le premier », disent-ils. Jésus leur dit : « En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu.

Réflexions

La volonté de Dieu n’est pas une loi immuable coulée dans le béton, mais un chemin qui se révèle peu à peu. C’est en marchant que se fait le chemin, remarquait saint Jean de la Croix : à partir du moment où nous nous mettons en route à la suite du Christ, l’horizon s’éclaire progressivement. Confiance, disponibilité, audace, patience, endurance, le disciple développe bien des vertus ! Si nous mettons nos pas dans ceux du Christ, nous devrons faire des choix et poser des actes concrets qui manifesteront notre « fiat » (Juliette Levivier, Famille chrétienne, 18/07/2016).

La volonté de Dieu ne réside pas dans un code. Le souhait de Dieu pour nous, sa «volonté» comporte toujours une part de mystère tout simplement parce qu’elle est attachée à notre personne et à notre relation intime à Dieu : «Quel homme en effet serait capable de comprendre ta volonté, ô Dieu ? Qui pourrait saisir ce que tu exiges, Seigneur?» (Sagesse 9.13). La «volonté de Dieu» sur nous se découvre peu à peu, au fil de la méditation de la parole de Dieu. Et sa finalité, c’est notre bonheur (Jean-Pierre Rosa, La Croix, 2014).

Quelle est la volonté de Dieu sur nous ? C'est d'être heureux, c'est qu'en toutes circonstances, et celles ci peuvent être douloureuses, je choisisse ce qui me rend plus humain, plus proche des autres, donc de lui...D'une certaine manière, c'est à nous à formuler la volonté de Dieu, car celle-ci n'est pas inscrite quelque part dans un registre tenu par lui seul (La Croix 2014).

La volonté de Dieu ne trace pas un destin, elle est que j’arrive, moi, à poser des choix, en cohérence avec qui je suis. Ces choix sont multiples, et la volonté de Dieu peut donc être multiple. Il n’y a pas de chemin prédéterminé que nous devrions emprunter. Il s’agit de devenir vivant, et il y a de multiples manières d’y parvenir (Anne Lécu, La Croix, 2018).

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
afin de t'aimer de tout notre cœur en pensant toujours à toi ;
de toute notre âme en te désirant toujours ;
de tout notre esprit en tournant vers toi tous nos élans
et en cherchant en toute chose ton honneur ;
de toutes nos forces en dépensant toutes nos énergies
et toute notre sensibilité d'âme et de corps
au service de ton amour et de rien d'autre.
Et afin que nous puissions aimer nos proches comme nous-mêmes
les entraînant tous de tout notre pouvoir à ton amour,
nous réjouissant du bien d'autrui comme du nôtre
et en souffrant avec eux dans leur malheur
et en ne faisant nulle offense à personne. (François d’Assise)

Le Seigneur nous demande seulement deux choses : que nous l’aimions et que nous aimions notre prochain. Si nous nous efforçons à cela, nous accomplissons sa volonté. Il nous est difficile de savoir si nous aimons Dieu, mais nous pouvons savoir avec certitude que nous aimons notre prochain ! Soyez certains de ceci : plus vous ferez des progrès dans l’amour du prochain, plus vous en ferez dans l’amour de Dieu (Thérèse d’Avila) !

La volonté de Dieu, c’est ce que le Christ a fait et enseigné : l’humilité dans la conduite, la fermeté dans la foi, la retenue dans les paroles, la justice dans les actions, la miséricorde dans les œuvres, la rectitude dans les mœurs ; être incapable de faire du mal, mais pouvoir le tolérer quand on en est victime, garder la paix avec les frères, chérir le Seigneur de tout son cœur, aimer en lui le Père, et craindre Dieu, ne préférer absolument rien au Christ, car lui-même n’a rien préféré à nous ; s’attacher inébranlablement à son amour ; se tenir à sa croix avec force et confiance ; quand il faut lutter pour son nom et son honneur, montrer de la constance dans notre confession de foi montrer, sous la torture, cette confiance qui soutient notre combat et, dans la mort, cette persévérance qui nous obtient la couronne : c’est cela, vouloir être héritier avec le Christ ; c’est cela, obéir au précepte de Dieu ; c’est cela, accomplir la volonté du Père » (saint Cyprien).

Sur la terre comme au ciel

Le grec de l’évangile de Matthieu dit littéralement : « Comme au ciel aussi sur terre » (6,10). Origène, dès le IIIe siècle, signale que le complément « sur la terre comme au ciel » se rattache en réalité aux trois premières demandes : Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite. Il faudrait donc réciter le Notre Père de la manière suivante : Comme au ciel aussi sur terre, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne et que ta volonté soit faite !

Le ciel figure l’ouverture sur le mystère qui nous enveloppe et nous constitue. Il nous empêche d’étouffer et d’imploser, en déchirant notre propension à l’auto-détermination. Il nous raconte que tout n’a pas été dit, en nous et dans le monde, et nous détourne ainsi de l’orgueil comme du découragement.

Pour les mystiques, le ciel est avant tout ce lieu intérieur où Dieu règne sans mélange. La paix et l’accomplissement dont il est porteur ne sont pas hors de notre portée si nous consentons à lui donner l’espace dont il a besoin. Mais qu’en nous le ciel et la terre ne fassent qu’un réclame une subversion de tout l’être.

À quoi bon vouloir le ciel, si nous ne devenons pas d’abord un ciel vivant ? Retenons encore qu’en hébreu, les cieux, shamaïm, peuvent aussi se lire shemim, « les noms », « les manières d’appeler ».

Le ciel devient alors le lieu d’un appel qui défait la primauté du « moi » en convoquant à la responsabilité envers autrui. C’est du moins ce qu’en dit Marie Balmary : «Le ciel, c’est le lieu où nous cessons d’être invisibles les uns pour les autres . » (Francine Carillo, La Croix, 04/09/2014).

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