Formation théologique

Évangile selon Jean — Commentaire théologique

Chapitre 7

Jésus et ses frères · La fête des Tentes · Les fleuves d'eau vive · La division de la foule · Nicodème prend la parole

Jn 7,1-53 — L'heure qui approche et la foule divisée

Le chapitre 7 se déroule tout entier dans le cadre de la fête juive des Tentes (Souccot), célébrée à l'automne en mémoire du séjour au désert et marquée par des rites de la lumière et de l'eau dans le Temple de Jérusalem. Jésus, d'abord réticent à s'y rendre ouvertement (v. 1-9), finit par y monter secrètement (v. 10) avant d'enseigner publiquement au Temple, provoquant des réactions contrastées sur son origine et son identité (v. 14-36). Le jour le plus solennel de la fête, il proclame une invitation à venir boire à lui, annonçant le don futur de l'Esprit (v. 37-39). Le chapitre s'achève sur la division de la foule et des autorités religieuses elles-mêmes quant à la question de savoir s'il est ou non le Christ (v. 40-53).

Ce chapitre est structuré par la tension croissante entre les tentatives répétées d'arrêter Jésus et la protection que lui assure « son heure », non encore venue : cette expression, déjà rencontrée à plusieurs reprises depuis les noces de Cana, scande tout le récit et culmine dans l'annonce d'un départ prochain vers celui qui l'a envoyé.

I Texte — Jean 7,1-53 (TOB)

Jésus et ses frères (v. 1-9)

« Dans la suite, Jésus continua à parcourir la Galilée ; il préférait en effet ne point parcourir la Judée où les Juifs cherchaient à le faire périr. Cependant la fête juive des Tentes était proche. Ses frères lui dirent : "Passe d'ici en Judée afin que tes disciples, eux aussi, puissent voir les oeuvres que tu fais. On n'agit pas en cachette quand on veut s'affirmer. Puisque tu accomplis de telles oeuvres, manifeste-toi au monde !" En effet, ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui. Jésus leur dit alors : "Mon temps n'est pas encore venu ; votre temps à vous est toujours favorable. Le monde ne peut pas vous haïr, tandis que moi, il me hait parce que je témoigne que ses oeuvres sont mauvaises. Montez donc à cette fête. Pour ma part, je n'y monterai pas, car mon temps n'est pas encore accompli." Après avoir ainsi parlé, il demeura en Galilée. » (Jn 7,1-9)

La montée secrète et l'enseignement au Temple (v. 10-24)

« Mais lorsque ses frères furent partis pour la fête, il se mit en route, lui aussi, sans se faire voir et presque secrètement. Au cours de la fête, les Juifs le cherchaient et on disait : "Où est-il donc ?" Dans la foule, on discutait beaucoup à son propos ; les uns disaient : "C'est un homme de bien", d'autres : "Au contraire, il séduit la foule." Toutefois, personne n'osait parler ouvertement de lui, par crainte des Juifs. Alors qu'on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au temple et il se mit à enseigner. Les Juifs en étaient surpris et ils disaient : "Comment est-il si savant, lui qui n'a pas étudié ?" Jésus leur répondit : "Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé. Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il saura si cet enseignement vient de Dieu ou si je parle de moi-même. Qui parle de lui-même cherche sa propre gloire ; seul celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé est véridique, et il n'y a pas en lui d'imposture. N'est-ce pas Moïse qui vous a donné la Loi ? Or aucun de vous n'agit selon la Loi : pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ?" La foule lui répondit : "Tu es possédé d'un démon ! Qui cherche à te faire mourir ?" Jésus reprit la parole et leur dit : "Je n'ai fait qu'une seule oeuvre et tous vous êtes étonnés. Moïse vous a donné la circoncision — encore qu'elle vienne des patriarches et non pas de Moïse — et vous la pratiquez le jour du sabbat. Si donc un homme reçoit la circoncision un jour de sabbat sans que la Loi de Moïse soit violée, pourquoi vous irriter contre moi parce que j'ai guéri complètement un homme un jour de sabbat ? Cessez de juger selon l'apparence, mais jugez selon ce qui est juste !" » (Jn 7,10-24)

D'où vient le Christ ? (v. 25-31)

« Des gens de Jérusalem disaient : "N'est-ce pas là celui qu'ils cherchent à faire mourir ? Le voici qui parle ouvertement et ils ne lui disent rien ! Nos autorités auraient-elles vraiment reconnu qu'il est bien le Christ ? Cependant celui-ci, nous savons d'où il est, tandis que, lorsque viendra le Christ, nul ne saura d'où il est." Alors Jésus, qui enseignait dans le temple, proclama : "Vous me connaissez ! Vous savez d'où je suis ! Et pourtant, je ne suis pas venu de moi-même. Celui qui m'a envoyé est véridique, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui et qu'il m'a envoyé." Ils cherchèrent alors à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue. Dans la foule bien des gens crurent en lui, et ils disaient : "Lorsque le Christ viendra, opérera-t-il plus de signes que celui-ci n'en a fait ?" » (Jn 7,25-31)

L'annonce du départ et la tentative d'arrestation (v. 32-36)

« Ce qui se chuchotait dans la foule à son sujet parvint aux oreilles des Pharisiens : les grands prêtres et les Pharisiens envoyèrent alors des gardes pour l'arrêter. Jésus dit : "Je suis encore avec vous pour un peu de temps et je vais vers celui qui m'a envoyé. Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ; car là où je suis, vous ne pouvez venir." Les Juifs dès lors se disaient entre eux : "Où faut-il donc qu'il aille pour que nous ne le trouvions plus ? Va-t-il rejoindre ceux qui sont dispersés parmi les Grecs ? Va-t-il enseigner aux Grecs ? Que signifie cette parole qu'il a dite : Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et là où je suis, vous, vous ne pouvez venir ?" » (Jn 7,32-36)

« Que celui qui a soif vienne à moi » (v. 37-39)

« Le dernier jour de la fête, qui est aussi le plus solennel, Jésus, debout, se mit à proclamer : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi. Comme l'a dit l'Ecriture : De son sein couleront des fleuves d'eau vive." Il désignait ainsi l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n'y avait pas encore d'Esprit parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. » (Jn 7,37-39)

La division de la foule (v. 40-44)

« Parmi les gens de la foule qui avaient écouté ses paroles, les uns disaient : "Vraiment, voici le Prophète !" D'autres disaient : "Le Christ, c'est lui." Mais d'autres encore disaient : "Le Christ pourrait-il venir de la Galilée ? L'Ecriture ne dit-elle pas qu'il sera de la lignée de David et qu'il viendra de Bethléem, la petite cité dont David était originaire ?" C'est ainsi que la foule se divisa à son sujet. Quelques-uns d'entre eux voulurent l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. » (Jn 7,40-44)

Les gardes et Nicodème (v. 45-53)

« Les gardes revinrent donc vers les grands prêtres et les Pharisiens qui leur dirent : "Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ?" Les gardes répondirent : "Jamais homme n'a parlé comme cet homme." Les Pharisiens leur dirent : "Auriez-vous donc été abusés, vous aussi ? Parmi les notables ou parmi les Pharisiens, en est-il un seul qui ait cru en lui ? Il y a tout juste cette masse qui ne connaît pas la Loi, des gens maudits !" Mais l'un d'entre les Pharisiens, ce Nicodème qui naguère était allé trouver Jésus, dit : "Notre Loi condamnerait-elle un homme sans l'avoir entendu et sans savoir ce qu'il fait ?" Ils répliquèrent : "Serais-tu de Galilée, toi aussi ? Cherche bien et tu verras que de Galilée il ne sort pas de prophète." Ils s'en allèrent chacun chez soi. » (Jn 7,45-53)

Texte biblique : Traduction œcuménique de la Bible (TOB).

II Jésus et ses frères : la question du bon moment (v. 1-9)

Note — l'identité des « frères » de Jésus

Le terme « frères » (adelphoi), employé ici et ailleurs dans le Nouveau Testament à propos de Jacques, Joseph, Simon et Jude notamment (cf. Mc 6,3), a fait l'objet d'interprétations divergentes dès les premiers siècles chrétiens. La tradition catholique, en cohérence avec sa doctrine de la virginité perpétuelle de Marie, comprend traditionnellement ce terme au sens large de proches parents — cousins germains selon une hypothèse remontant à saint Jérôme, ou demi-frères issus d'un premier mariage de Joseph selon une autre hypothèse d'origine plus orientale et déjà attestée dans des écrits apocryphes anciens comme le Protévangile de Jacques — le terme hébreu et araméen sous-jacent ('ah) ne distinguant pas aussi nettement que le français les degrés de parenté. Une partie de l'exégèse critique contemporaine, notamment dans la tradition protestante, privilégie au contraire une lecture plus littérale de germanité. Cette question reste débattue entre traditions exégétiques et confessionnelles, sans qu'il revienne à ce commentaire de la trancher au-delà de la doctrine reçue par l'Église catholique.

Voir l'étude sur les « frères » de Jésus

Le conseil des frères de Jésus, qui l'invitent à se manifester ouvertement à Jérusalem, est explicitement présenté par l'évangéliste comme motivé par une absence de foi (« ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui »), et non par une simple prudence fraternelle. La réponse de Jésus oppose son « temps » (kairos), lié à l'heure de sa Passion-glorification, au temps ordinaire et sans risque de ses frères.

Question textuelle — « je ne monte pas » ou « je ne monte pas encore » ?

Le v. 8 pose une difficulté bien connue des critiques textuels : Jésus déclare-t-il « je ne monterai pas à cette fête » de façon absolue, ou « pas encore » ? Les deux leçons sont attestées dans la tradition manuscrite grecque. La première, plus abrupte, entre apparemment en tension avec le v. 10, où Jésus finit par monter secrètement peu après ; la seconde, retenue par la TOB (« mon temps n'est pas encore accompli ») et par la majorité des éditions critiques modernes, lève cette difficulté apparente. Certains commentateurs, dont Metzger, estiment que la leçon la plus brève et la plus difficile (« je ne monte pas », sans "encore") pourrait être la plus ancienne, un scribe ayant pu ensuite ajouter « encore » précisément pour atténuer la tension avec le verset suivant ; d'autres considèrent au contraire que « encore » appartient au texte original et que sa suppression accidentelle est plus probable. Cette question reste techniquement discutée parmi les spécialistes de critique textuelle.

Voir l'étude sur les fêtes dans l'A.T.

III La montée secrète et l'enseignement au Temple (v. 10-24)

La discrétion de la montée de Jésus contraste avec l'enseignement public et assuré qu'il délivre bientôt au Temple, provoquant l'étonnement de ses auditeurs sur l'origine de son savoir, lui qui « n'a pas étudié » dans les écoles rabbiniques reconnues. Sa réponse déplace la question de la formation scolaire vers l'origine divine de son enseignement, vérifiable, selon lui, non par un critère intellectuel mais par la disposition du cœur à faire la volonté de Dieu (v. 17).

L'argument développé aux v. 22-23, comparant la circoncision pratiquée un jour de sabbat sans que cela ne viole la Loi, à la guérison intégrale d'un homme accomplie également un jour de sabbat (référence au paralytique de Bethesda, chapitre 5), illustre un raisonnement de type qal wa-homer (a fortiori) fréquent dans l'exégèse rabbinique : si un geste rituel partiel sur une seule partie du corps est licite le sabbat, la guérison intégrale d'un homme tout entier l'est a fortiori.

IV D'où vient le Christ ? (v. 25-31)

Le débat sur l'origine du Messie repose sur une tradition, attestée dans une partie du judaïsme de l'époque, selon laquelle l'origine du Messie devait rester cachée jusqu'à sa manifestation soudaine, alors que l'origine galiléenne de Jésus est, elle, publiquement connue. La réponse de Jésus joue sur cette ambiguïté : ses interlocuteurs connaissent son origine terrestre apparente, mais ignorent sa véritable origine, celle de « celui qui l'a envoyé », que le récit johannique invite constamment à découvrir au-delà des apparences.

V L'annonce du départ et la tentative d'arrestation (v. 32-36)

La première annonce explicite d'un départ de Jésus vers « celui qui l'a envoyé » introduit un motif qui reviendra de façon plus développée dans les discours d'adieu (Jn 13-17). L'incompréhension des auditeurs, qui envisagent une dispersion missionnaire vers la diaspora grecque, illustre une fois de plus le procédé johannique du malentendu révélateur : leur hypothèse, bien qu'erronée dans l'immédiat, anticipe involontairement la mission future de l'Église vers les nations, une fois le Christ glorifié.

VI « Que celui qui a soif vienne à moi » (v. 37-39)

La proclamation du dernier jour de la fête des Tentes s'inscrit dans le cadre du rite liturgique de la libation d'eau alors pratiqué au Temple, en mémoire du don de l'eau au désert (Ex 17,1-7 ; Nb 20,2-13) et en anticipation des eaux eschatologiques annoncées par les prophètes (Ez 47,1-12 ; Za 14,8).

Question débattue — « de son sein » : celui du Christ ou celui du croyant ?

La citation scripturaire du v. 38 — « de son sein couleront des fleuves d'eau vive » — ne correspond littéralement à aucun verset précis de l'Ancien Testament, mais combine probablement plusieurs textes prophétiques (notamment Is 58,11 ; Ez 47,1-12 ; Za 14,8). Se pose en outre une question de ponctuation et de syntaxe grecque restée disputée : le pronom « son » désigne-t-il le sein du croyant qui vient boire, ou celui du Christ lui-même, dont le lecteur du même évangile se souviendra qu'il verra couler l'eau et le sang de son côté transpercé (19,34) ? La majorité des commentateurs, dont Brown, penche pour une référence au Christ lui-même, en cohérence avec ce parallèle christologique explicite en 19,34-37, mais une lecture centrée sur le croyant comme source du don de l'Esprit reste également défendue par une partie de la tradition exégétique, notamment patristique orientale. Cette question de référence reste discutée sans consensus définitif.

La glose de l'évangéliste — « il n'y avait pas encore d'Esprit parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié » — articule explicitement le don de l'Esprit à l'événement de la Passion-résurrection-ascension, conception centrale de la pneumatologie johannique déjà pressentie dans les propos sur l'heure qui n'est pas encore venue.

VII La division de la foule (v. 40-44)

Les objections de la foule fondées sur l'origine galiléenne supposée de Jésus, opposée à l'attente d'un Messie « de la lignée de David » né à « Bethléem » (cf. Mi 5,1), reposent sur une information incomplète : les évangiles de Matthieu et de Luc attestent précisément une naissance de Jésus à Bethléem, information que l'évangile johannique, silencieux sur la nativité, ne vient à aucun moment corriger explicitement dans le récit. Ce silence laisse au lecteur le soin de percevoir, à partir de sa connaissance plus large de la tradition évangélique, l'ironie involontaire de l'objection soulevée par la foule.

VIII Les gardes et Nicodème (v. 45-53)

« Jamais homme n'a parlé comme cet homme »

Le témoignage des gardes envoyés pour arrêter Jésus, qui reviennent bredouilles et impressionnés par sa seule parole, illustre une fois encore la protection singulière dont bénéficie Jésus tant que son heure n'est pas venue, sans qu'aucune force extérieure ne parvienne à l'entraver.

Le mépris des autorités pour « cette masse qui ne connaît pas la Loi »

La réplique méprisante des Pharisiens envers la foule populaire, jugée ignorante de la Loi et donc incapable d'un jugement religieux fiable, illustre une fracture sociale et religieuse entre l'élite lettrée et le peuple, que le récit johannique met en scène sans nécessairement l'endosser comme un jugement de valeur de l'évangéliste lui-même.

L'intervention de Nicodème

Nicodème, déjà rencontré au chapitre 3, réapparaît ici en position d'objecteur timide au sein du sanhédrin, invoquant un principe élémentaire de droit — la nécessité d'entendre l'accusé avant de le juger (cf. Dt 1,16 ; 17,4) — sans toutefois se prononcer ouvertement en faveur de Jésus. La réponse méprisante qui lui est faite — « serais-tu de Galilée, toi aussi ? » — repose sur une affirmation historiquement inexacte, puisque le prophète Jonas était lui-même originaire de Gath-Hépher, en Galilée (2 R 14,25) ; plusieurs commentateurs relèvent cette inexactitude comme un signe supplémentaire de l'aveuglement partisan des interlocuteurs de Nicodème, davantage guidés par le mépris que par une connaissance rigoureuse des Écritures qu'ils prétendent défendre.

IX Synthèse théologique

L'heure qui protège et qui approche

Tout le chapitre est traversé par la tension entre les tentatives répétées d'arrêter Jésus et la protection que lui assure son heure, non encore venue : cette tension dramatique manifeste que l'issue de la Passion, loin d'être un accident subi, s'inscrit dans un dessein dont Jésus reste maître jusqu'au moment choisi par lui en accord avec le Père.

Une origine méconnue derrière une origine apparente

Les débats successifs sur l'origine de Jésus — galiléenne, davidique, humaine — illustrent la difficulté constante des interlocuteurs johanniques à dépasser une connaissance de surface pour accéder à la vraie origine du Christ, celle qui vient d'auprès du Père.

L'Esprit promis, encore différé

La proclamation des fleuves d'eau vive annonce un don de l'Esprit explicitement suspendu à la glorification du Christ, inscrivant la pneumatologie johannique dans une dépendance stricte à l'événement pascal qui n'est pas encore accompli au moment du récit.

X Questions pour l'approfondissement

1. Jésus refuse de se conformer au calendrier suggéré par ses frères, en attendant son propre « temps ». Qu'est-ce que cette attitude enseigne sur le discernement du moment juste dans une vie de foi, face aux pressions de l'entourage à agir plus vite ou plus visiblement ?

2. Jésus affirme que la vérité de son enseignement se vérifie par la disposition à faire la volonté de Dieu, plutôt que par un critère purement intellectuel. En quoi ce critère peut-il éclairer la manière d'aborder aujourd'hui des questions de foi ou de doctrine qui paraissent difficiles à trancher ?

3. L'invitation « si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi » s'adresse à toute soif humaine, sans autre condition préalable que de croire. Comment cette universalité de l'invitation peut-elle nourrir une pastorale d'accueil envers celles et ceux qui se sentent éloignés de la pratique religieuse ?

4. Les gardes envoyés pour arrêter Jésus reviennent bouleversés par sa seule parole. Qu'est-ce que ce témoignage inattendu de personnages secondaires enseigne sur les voies parfois imprévues par lesquelles une rencontre avec la parole du Christ peut toucher un cœur ?

5. Nicodème ose une timide objection au sein du sanhédrin, sans pour autant se déclarer ouvertement disciple. Comment cette démarche encore hésitante peut-elle éclairer les cheminements de foi qui avancent par étapes prudentes plutôt que par une conversion immédiate et publique ?

XI Pour aller plus loin

Raymond E. Brown, The Gospel According to John I-XII, Anchor Bible 29, Doubleday, 1966, p. 305-344 — commentaire de référence, notamment sur la citation composite du v. 38 et la question de son antécédent.

Xavier Léon-Dufour, Lecture de l'évangile selon Jean, tome II, Seuil, 1990, p. 221-280.

Jean Zumstein, L'évangile selon saint Jean (1-12), Commentaire du Nouveau Testament, Labor et Fides, 2014, p. 293-330.

Francis J. Moloney, The Gospel of John, Sacra Pagina 4, Liturgical Press, 1998, p. 228-260.

Bruce M. Metzger, A Textual Commentary on the Greek New Testament, United Bible Societies, 2e éd., 1994, p. 185 — sur la variante textuelle du v. 8.

Jérôme, De perpetua virginitate B. Mariae adversus Helvidium — pour la question de l'identité des « frères » de Jésus dans la tradition catholique.