Aimer la sagesse, c’est aimer la vie (Si 4,11)

Une délivrance

Cette septième et dernière demande est propre à Matthieu. Elle est liée à la précédente par la conjonction "mais". La "tentation" peut nous entraîner vers le mal. C'est en ce sens que nous pouvons demander à Dieu de nous en délivrer.

Le terme grec apo toû poneroû (du mal) pose une difficulté de traduction. Il s’agit d’un génitif singulier, qui se présente sous la même forme au masculin et au neutre ; il est dès lors difficile de trancher entre la traduction : délivre-nous de "de qui est mal" (neutre) ou « de celui qui est mauvais » (masculin). La Vulgate de saint Jérôme a opté pour le neutre : « sed libera nos a malo », qui a donné notre « mais délivre-nous du mal ». Certaines traductions françaises optent pour "Mauvais", "Malin" ou encore "Tentateur" (voir les versions du Notre Père).

La majorité des Pères de l’Eglise s’est ralliée à la traduction de apo toû ponêrou par un masculin : « Délivre-nous du Malin ». L’article (toû) semble confirmer ce choix : le méchant, le mauvais, l’auteur du mal, le malin. C’est bien en ce sens que Jésus prie son Père. De même Paul promet le soutien de Dieu dans le combat contre le Malin :

Jn 17,15 Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais [ek toû poneroû]
2 Th 3,3 Le Seigneur, lui, est fidèle : il vous affermira et vous protégera du Mal [apo toû poneroû]

Cette demande revient aussi à dire "Délivre-nous de ce qui empêche que ton Nom soit sanctifié, qui retient l'avènement de ton règne, qui s'oppose à ta volonté, qui fait dépérir notre vie, qui ronge notre cœur, qui nous trompe sur toi (Flemming Fleinert-Jensen).

Il y a un mal dans notre vie, qui est une présence irréfutable. Les livres d’histoire sont le catalogue désolant qui montre combien notre existence dans ce monde est devenue une aventure souvent ratée. Il y a un mal mystérieux, qui n’est certainement pas l’œuvre de Dieu mais qui pénètre, silencieux, dans les plis de l’histoire. Silencieux comme le serpent qui porte son venin en silence. Parfois, il semble prendre le dessus : certains jours, sa présence semble même plus évidente que celle de la miséricorde de Dieu. Celui qui prie n’est pas aveugle, et il voit clairement sous ses yeux ce mal si vaste et tellement en contradiction avec le mystère même de Dieu. Il le perçoit dans la nature, dans l’histoire et jusque dans son propre cœur. Parce qu’aucun d’entre nous ne peut dire qu’il est exempt du mal ou qu’il n’est pas au moins tenté par lui. Nous savons tous ce qu’est le mal ; nous savons tous ce qu’est la tentation ; nous avons tous fait l’expérience de la tentation dans notre chair, de n’importe quel péché. Mais c’est le tentateur qui nous met en mouvement et qui nous pousse au mal, en nous disant : « fais cela, pense cela, prends cette route ». Le dernier cri du « Notre Père » est lancé contre ce mal « à larges bords », qui tient sous son parapluie les expériences les plus diverses : les deuils de l’homme, la souffrance innocente, l’esclavage, l’instrumentalisation de l’autre, les pleurs des enfants innocents. Tous ces événements protestent dans le cœur de l’homme et deviennent une voix dans la dernière parole de la prière de Jésus. Audience générale du pape François, 15 mai 2019.

Lire le témoignage de Véronique Garnier
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