Les idoles
Jg 2,11 Les Israélites firent alors ce qui est mal aux yeux du Seigneur et adorèrent les dieux Baals. 12 Ils abandonnèrent le Seigneur, le Dieu de leurs ancêtres, qui les avait fait sortir d'Égypte, et ils rendirent un culte à d'autres dieux, ceux des populations qui vivaient autour d'eux. Ils se prosternèrent devant ces dieux et ils offensèrent ainsi le Seigneur. 13 Ils abandonnèrent le Seigneur pour adorer les Baals et les Astartés. 14 Le Seigneur se mit en colère contre les Israélites. Il les laissa sans défense devant des bandes de pillards qui les dépouillèrent ; il les livra aux ennemis qui les entouraient, si bien qu'ils ne furent plus capables de leur résister. La défaite militaire est interprétée comme une punition divine. Baal est représenté par un homme à tête de veau, et les Astartés ou Achéras sont des déesses ressemblant à des vierges. Dans son acception originelle et la plus large, le mot Baal avait pour l’Orient syro-phénicien le sens de possesseur, maître d’une bête, d’un esclave et même les citoyens d’une ville. Il fut couramment attribué aux nombreuses divinités cananéennes. Les Baal étaient des dieux locaux associés aux destinées des cités et des bourgades. Chaque ville, chaque sanctuaire avait son baal particulier qui se distinguait des autres par un titre spécial. Le baalisme était une religion essentiellement agricole. Les Baals étaient, en effet, les époux et seigneurs du sol ; d’eux dépendaient la croissance des récoltes, la maturité des fruits, la prospérité du bétail ; ils étaient associés à toutes les entreprises rurales, et le cultivateur, le vigneron, le berger leur vouaient une dévotion fervente. L’inspiration animiste de leur culte n’est donc guère contestable ; ils personnifiaient des forces naturelles (fertilité, germination), et on les adorait sur les hauts-lieux et dans les bocages sacrés. Lorsque les Hébreux pénétrèrent en Canaan, le baalisme y était fortement et depuis longtemps établi. En s’adaptant eux-mêmes à la vie agricole, les Israélites, jusqu’alors nomades, eurent tendance à s’approprier telles quelles les institutions et les coutumes imprégnées de baalisme cananéen. Le culte de Baal prend place au sein d'une société agraire qui a désespérément besoin de la pluie pour assurer sa subsistance. Baal habite la montagne et apporte donc la pluie, élément indispensable pour toute agriculture. Il représente la saison des pluies (automne-hiver). Chaque année il est assassiné symboliquement par un dieu rival, Môt (dont le nom signifie « la mort » ) et qui représente la saison sèche. Pour le délivrer des enfers, la soeur de Baal, Anat, va revivifier le vieux dieu El, père du panthéon cananéen, au moyen du sang des sacrifices humains. El peut alors ressusciter Baal qui reprend son combat contre Môt et triomphe de son adversaire (marquant ainsi le retour de la saison des pluies). Le culte de Baal va connaître un grand succès dans les deux royaumes. Il comportait deux pratiques abominables aux yeux des partisans de Yahvé : les sacrifices humains et la prostitution sacrée. http://yves.petrakian.free.fr/456-bible/westphal/619.htm
