Formation théologique

Résumé du livre de Job

PROLOGUE EN PROSE (Chapitres 1-2)

Chapitre 1 : Présentation de Job et premières épreuves

Job est présenté comme un homme du pays d'Uts, intègre et droit, craignant Dieu et s'écartant du mal. Il est extrêmement prospère : sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, de nombreux serviteurs. Il a sept fils et trois filles qui festoient régulièrement ensemble. Job offre des holocaustes pour eux, craignant qu'ils n'aient péché. Une scène se déroule alors au ciel : les fils de Dieu (anges) se présentent devant l'Éternel, et Satan (l'Adversaire) vient parmi eux. Dieu attire l'attention de Satan sur Job, son serviteur parfait. Satan rétorque que Job ne craint Dieu que parce qu'il est protégé et béni. Il défie Dieu : « Touche à tout ce qu'il possède, et je parie qu'il te maudira en face ! » Dieu autorise Satan à toucher aux biens de Job, mais pas à sa personne.

    Le même jour, quatre messagers viennent successivement annoncer à Job des catastrophes :
  • Les Sabéens ont volé les bœufs et ânesses et tué les serviteurs
  • Le feu de Dieu (foudre) a brûlé les brebis et les serviteurs
  • Les Chaldéens ont volé les chameaux et tué les serviteurs
  • Un grand vent a fait s'effondrer la maison sur ses enfants qui festoyaient, les tuant tous

Job se lève, déchire son vêtement, se rase la tête et se prosterne en disant : « Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L'Éternel a donné, et l'Éternel a ôté ; que le nom de l'Éternel soit béni ! » Le texte précise : « En tout cela, Job ne pécha point et n'attribua rien d'injuste à Dieu. »

Chapitre 2 : La maladie de Job

Une nouvelle scène céleste se produit. Satan revient devant Dieu qui lui rappelle que Job est resté intègre. Satan répond : « Peau pour peau ! Tout ce que possède un homme, il le donne pour sa vie. Mais étends ta main, touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu'il te maudira en face. »

Dieu autorise Satan à toucher à la personne de Job, mais en épargnant sa vie. Satan frappe Job d'un ulcère malin depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. Job s'assied dans la cendre et se gratte avec un tesson.

Sa femme lui dit : « Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu, et meurs ! » Mais Job répond : « Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! nous recevrions de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ? » En tout cela, Job ne pécha pas par ses lèvres.

Trois amis de Job apprennent ses malheurs et viennent le consoler : Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach et Tsophar de Naama. En le voyant de loin, ils ne le reconnaissent pas. Ils pleurent, déchirent leurs vêtements, jettent de la poussière sur leurs têtes et restent assis avec lui pendant sept jours et sept nuits sans dire un mot, tant sa douleur est grande.

PREMIÈRE PARTIE DES DIALOGUES (Chapitres 3-31)

Chapitre 3 : Lamentation de Job

Job rompt le silence et maudit le jour de sa naissance. Il souhaite que ce jour soit effacé, qu'il n'ait jamais existé. Il se demande pourquoi il n'est pas mort à la naissance : « Pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein de ma mère ? » Il dépeint le repos et la paix qu'il aurait trouvés dans la mort, où les méchants cessent de troubler et où les fatigués trouvent le repos. Il se plaint de sa vie misérable : « Pourquoi donner la lumière à celui qui souffre ? » Il termine en décrivant son angoisse : « Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive ; ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. »

PREMIER CYCLE DE DISCOURS (Chapitres 4-14)

Chapitres 4-5 : Premier discours d'Éliphaz

Éliphaz prend la parole avec précaution. Il rappelle que Job a souvent encouragé et soutenu les autres dans leurs difficultés. Il affirme que les innocents ne périssent pas et que ceux qui labourent l'iniquité la moissonnent. Il raconte une vision nocturne effrayante où un esprit lui a murmuré que nul mortel ne peut être juste devant Dieu.

Il développe la thèse que l'homme naît pour la souffrance comme l'étincelle vole vers le haut. Il conseille à Job de se tourner vers Dieu et de présenter sa cause devant lui. Éliphaz décrit ensuite la grandeur et les œuvres merveilleuses de Dieu. Il affirme que Dieu frappe mais guérit, et encourage Job : si Job se repent et s'humilie, Dieu le délivrera et le bénira encore davantage. Il termine en disant : « Nous avons examiné tout cela, c'est ainsi. Écoute-le, et toi, sache-le pour toi-même. »

Chapitres 6-7 : Première réponse de Job

Job répond avec passion. Il souhaite que son chagrin soit pesé, car il serait plus lourd que le sable des mers. Les flèches du Tout-Puissant sont en lui, leur venin consume son esprit. Il se plaint que ses amis sont décevants comme des torrents qui disparaissent. Il demande : « Qu'ai-je donc fait de mal ? Montrez-moi mes fautes ! »

Il décrit sa vie comme un esclavage pénible, ses nuits sont remplies d'agitation, sa peau se couvre de vers et de croûtes. Il s'adresse directement à Dieu : « Pourquoi m'as-tu pris pour cible ? » Il sait que sa vie est brève et demande : « Si j'ai péché, que t'ai-je fait, ô gardien des hommes ? Pourquoi m'as-tu pris pour cible ? »

Chapitre 8 : Premier discours de Bildad

Bildad intervient de manière plus abrupte. Il reproche à Job de parler comme le vent violent. Il affirme que Dieu ne pervertit pas le droit, que si les enfants de Job ont péché, Dieu les a livrés à leur transgression. Il exhorte Job à rechercher Dieu dès l'aurore.

Bildad invoque la sagesse des ancêtres et utilise des images tirées de la nature : le jonc croît-il sans marais ? Le papyrus pousse-t-il sans eau ? Ainsi périt celui qui oublie Dieu. Il conclut : « Non, Dieu ne rejette point l'homme intègre, et il ne protège point les méchants. » Si Job est pur, Dieu le rétablira.

Chapitres 9-10 : Deuxième réponse de Job

Job reconnaît qu'il est vrai qu'un homme ne peut être juste devant Dieu. Dieu est tout-puissant et sage, qui pourrait lui résister ? Il décrit la grandeur de Dieu qui déplace les montagnes, commande au soleil, foule les hauteurs de la mer.

Mais Job se plaint de l'impossibilité de plaider sa cause devant Dieu : « S'il s'agit de force, voici, il est puissant ; s'il s'agit de justice, qui me fera comparaître ? » Il exprime son désespoir : qu'il soit juste ou méchant, tout est pareil, Dieu détruit l'innocent et le coupable. « La terre est livrée aux mains du méchant. »

Job souhaite qu'il y ait un arbitre entre lui et Dieu. Au chapitre 10, il continue sa plainte directement à Dieu : « Pourquoi m'as-tu fait sortir du sein maternel ? » Il demande à Dieu de le laisser respirer un peu avant qu'il s'en aille vers « le pays des ténèbres et de l'ombre de la mort. »

Chapitre 11 : Premier discours de Tsophar

Tsophar parle avec le plus de dureté. Il reproche à Job sa verbosité : « Cette abondance de paroles ne trouvera-t-elle point de réponse ? » Il affirme que Job mériterait pire encore : « Sache que Dieu exige de toi moins que ton iniquité ne mérite. »

Il décrit l'insondabilité de Dieu : « Prétends-tu sonder les profondeurs de Dieu, atteindre la perfection du Tout-Puissant ? » Il exhorte Job à se repentir : « Éloigne l'iniquité qui est dans ta main. » S'il le fait, alors sa vie sera brillante comme le midi et il vivra en sécurité.

Chapitres 12-14 : Troisième réponse de Job

Job répond avec ironie : « Vous êtes vraiment les seuls sages, et avec vous mourra la sagesse ! » Il affirme avoir autant d'intelligence qu'eux. Il devient l'objet de moquerie, lui qui invoquait Dieu et à qui Dieu répondait.

Il décrit longuement la puissance et la sagesse de Dieu (chapitres 12-13), mais conteste la justice de ses voies. Au chapitre 13, il s'adresse à ses amis : « Vous êtes tous des consolateurs fâcheux ! » Ils sont des « médecins de néant. » Il préfère parler directement à Dieu et plaider sa cause devant lui, même au risque de sa vie : « Voici, qu'il me tue, je ne cesserai d'espérer. » Au chapitre 14, Job médite sur la brièveté et la misère de la vie humaine. L'homme né de la femme vit peu de jours, rassasié de tourments. Il est comme une fleur qui se fane. Job pose des questions existentielles : « Si l'homme une fois mort pouvait revivre ! » Il termine en décrivant son espérance qui s'évanouit et sa détresse.

DEUXIÈME CYCLE DE DISCOURS (Chapitres 15-21)

Chapitre 15 : Deuxième discours d'Éliphaz

Éliphaz reprend la parole de manière plus sévère. Il reproche à Job de parler avec une sagesse vaine et de saper la crainte de Dieu. « Ta bouche montre ton iniquité. » Il affirme que Job se condamne lui-même par ses paroles.

Il développe ensuite le thème du châtiment inévitable du méchant : le méchant passe ses jours dans l'angoisse, des terreurs l'assaillent, il ne croit pas échapper aux ténèbres. Éliphaz multiplie les descriptions du sort terrible qui attend l'impie, insinuant clairement que c'est le cas de Job.

Chapitres 16-17 : Quatrième réponse de Job

Job commence : « J'ai souvent entendu de pareilles choses ; vous êtes tous des consolateurs fâcheux ! » Il dit que si les rôles étaient inversés, il les encouragerait plutôt que de les accabler.

Il décrit ses souffrances : Dieu l'a livré aux impies, l'a brisé, l'a pris à la gorge. Les hommes se moquent de lui. Mais au milieu de cette détresse, Job exprime une confiance étonnante : « Et maintenant, voici, j'ai mon témoin dans le ciel, mon avocat dans les lieux élevés. » (16:19) Au chapitre 17, il décrit son état lamentable, son souffle s'éteint, ses jours s'éteignent, le tombeau l'attend. Il reproche à ses amis leur incompréhension et termine dans le désespoir : « Où donc est mon espérance ? »

Chapitre 18 : Deuxième discours de Bildad

Bildad réagit avec impatience : « Quand mettrez-vous un terme à ces discours ? » Il reproche à Job de se considérer comme sage.

Il développe ensuite longuement le thème du sort terrible du méchant : sa lumière s'éteint, ses pas vigoureux sont serrés, des terreurs l'assaillent de toutes parts, ses rejetons disparaissent, sa mémoire périt. C'est clairement une accusation voilée contre Job.

Chapitre 19 : Cinquième réponse de Job

Job se plaint : « Jusqu'à quand affligerez-vous mon âme, et m'écraserez-vous de vos discours ? » Ils l'ont outragé déjà dix fois. Même s'il a péché, son péché demeure avec lui.

Il décrit comment Dieu l'a assailli : il a détruit son chemin, a enlevé sa gloire, déraciné son espérance. Tous l'ont abandonné : ses frères, ses proches, ses serviteurs, même les enfants le méprisent.

Mais soudain, au milieu de cette détresse profonde, Job prononce les paroles les plus sublimes du livre : « Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; quand je n'aurai plus de chair, je verrai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable ; mes yeux le verront, et non ceux d'un autre. » (19:25-27) C'est une affirmation de foi en la résurrection et en un rédempteur.

Chapitre 20 : Deuxième discours de Tsophar

Tsophar est bouleversé par les reproches de Job et réplique vivement. Il développe le thème du bonheur éphémère du méchant : « Le triomphe des méchants est de courte durée, la joie de l'impie n'est que d'un moment. »

Il décrit comment le méchant, même s'il prospère temporairement, finira par être détruit. Il vomira les richesses qu'il a avalées. Dieu lancera sur lui les ardeurs de sa colère. C'est le sort que Dieu réserve au méchant.

Chapitre 21 : Sixième réponse de Job

Job conteste directement l'argument de ses amis. Il demande qu'on l'écoute vraiment. Puis il démontre que contrairement à ce qu'affirment ses amis, les méchants prospèrent souvent : « Pourquoi les méchants vivent-ils ? Pourquoi les voit-on vieillir et accroître leur force ? »

Il décrit comment les méchants vivent dans le bonheur, leurs enfants prospèrent, leurs maisons sont en paix, leurs troupeaux se multiplient. Ils disent à Dieu : « Retire-toi de nous. » Pourtant ils meurent dans le bien-être. Job conclut : « Comment donc me consolez-vous par de vaines raisons ? Ce qui reste de vos réponses n'est que perfidie ! »

TROISIÈME CYCLE DE DISCOURS (Chapitres 22-27)

Chapitre 22 : Troisième discours d'Éliphaz

Éliphaz devient franchement accusateur. Il affirme que si Job souffre, c'est qu'il a certainement commis de grandes iniquités. Il énumère alors des accusations spécifiques : « Tu renvoyais les veuves à vide, tu brisais les bras des orphelins, tu refusais de l'eau à l'homme altéré, tu refusais du pain à l'homme affamé. »

Il reproche à Job de dire que Dieu est trop loin pour voir. Puis il exhorte Job à se réconcilier avec Dieu : « Attache-toi donc à Dieu, tu auras la paix. » S'il se repent, il sera rétabli, éloignera l'or de sa possession et retrouvera ses délices en Dieu.

Chapitre 23-24 : Septième réponse de Job

Job répond qu'il voudrait trouver Dieu et plaider sa cause devant lui. « Oh ! si je savais où le trouver, si je pouvais arriver jusqu'à son trône ! » Il est convaincu que s'il pouvait présenter sa cause, Dieu le déclarerait innocent : « Il reconnaîtrait un juste dans celui qui défend sa cause contre lui. »

Mais Dieu semble caché : « Mais, si je vais à l'orient, il n'y est pas ; si je vais à l'occident, je ne le trouve pas. » Pourtant Job affirme sa confiance : « Il sait néanmoins quelle voie j'ai suivie ; et, s'il m'éprouvait, je sortirais pur comme l'or. »

Au chapitre 24, Job décrit les injustices qui règnent dans le monde : les méchants déplacent les bornes, volent les troupeaux, oppriment les pauvres. Pourtant Dieu ne semble pas intervenir. Pourquoi le Tout-Puissant ne fixe-t-il pas des temps de jugement ?

Chapitre 25 : Troisième discours de Bildad

C'est un discours très bref. Bildad exalte la grandeur de Dieu : « La domination et la crainte lui appartiennent. » Il affirme que nul homme ne peut être juste devant Dieu : « Comment l'homme serait-il juste devant Dieu ? Comment celui qui est né de la femme serait-il pur ? » Même la lune et les étoiles ne sont pas pures à ses yeux, « combien moins l'homme, qui n'est qu'un ver, le fils de l'homme, qui n'est qu'un vermisseau ! »

(Note : Tsophar ne parle pas dans ce troisième cycle, ce qui suggère que le texte a peut-être subi des altérations ou que les amis sont à court d'arguments)

Chapitres 26-27 : Huitième réponse de Job

Job répond avec ironie : « Comme tu sais bien venir en aide à la faiblesse ! Comme tu secours le bras sans force ! » Il décrit ensuite lui-même la puissance de Dieu de manière grandiose : Dieu étend le nord sur le vide, suspend la terre sur le néant, renferme les eaux dans ses nuages, ébranle les colonnes du ciel. « Et ce ne sont là que les bords de ses voies, c'est le bruit léger qui nous en parvient. »

Au chapitre 27, Job maintient son innocence avec force : « Aussi longtemps que je respirerai, et que le souffle de Dieu sera dans mes narines, mes lèvres ne prononceront rien d'injuste, ma langue ne dira rien de faux. » Il refuse d'admettre que ses amis ont raison et affirme : « Loin de moi la pensée de vous donner raison ! Jusqu'à mon dernier soupir je défendrai mon innocence. »

Il décrit ensuite le sort du méchant, mais de manière plus nuancée que ses amis.

Chapitre 28 : Hymne à la Sagesse

Ce chapitre est un magnifique poème sur la sagesse, distinct du débat. Job (ou le narrateur) décrit comment l'homme extrait l'or, l'argent et les pierres précieuses des profondeurs de la terre avec grande habileté.

Mais où trouve-t-on la sagesse ? « Mais la sagesse, où se trouve-t-elle ? Où est la demeure de l'intelligence ? » Elle est cachée aux yeux de tout vivant. L'abîme et la mer disent : « Elle n'est point en nous. » On ne peut l'acheter avec de l'or.

Seul Dieu connaît le chemin de la sagesse : « C'est Dieu qui en sait le chemin, c'est lui qui en connaît la demeure. » Et la conclusion : « Voici, la crainte du Seigneur, c'est la sagesse ; s'éloigner du mal, c'est l'intelligence. »

Chapitre 29 : Le bonheur passé

Job se souvient avec nostalgie de son bonheur passé, quand Dieu veillait sur lui. Il décrit sa prospérité, son respect dans la communauté, comment les jeunes se retiraient devant lui et les vieillards se levaient.

Il rappelle sa justice et sa compassion : « J'étais les yeux de l'aveugle et les pieds du boiteux. J'étais le père des pauvres, j'examinais la cause de l'inconnu. Je brisais la mâchoire de l'injuste, et j'arrachais de ses dents la proie. » Il pensait mourir dans son nid, multiplier ses jours comme le sable.

Chapitre 30 : La misère présente

Contraste saisissant : maintenant, Job est la risée des plus jeunes, des gens méprisables. « Et maintenant ! je suis la risée de plus jeunes que moi. » Ils le méprisent, crachent à sa vue, l'attaquent.

Dieu l'a jeté dans la boue. Job crie vers Dieu mais n'obtient pas de réponse. Il décrit ses souffrances physiques et morales : sa peau noircit, ses os sont brûlés par la fièvre. « Ma harpe n'est plus qu'un instrument de deuil, et mon chalumeau ne peut rendre que des sons plaintifs. »

Chapitre 31 : Serment d'innocence

    Job prononce un long serment d'innocence, énumérant tous les péchés qu'il n'a pas commis. C'est un catalogue moral impressionnant :
  • Il n'a pas regardé les vierges avec convoitise
  • Il n'a pas marché dans le mensonge
  • Il n'a pas convoité le bien d'autrui
  • Il n'a pas été séduit par une femme
  • Il n'a pas maltraité ses serviteurs
  • Il n'a pas refusé d'aider les pauvres, les veuves et les orphelins
  • Il n'a pas mis sa confiance dans l'or
  • Il ne s'est pas réjoui du malheur de ses ennemis
  • Il n'a pas caché ses fautes comme Adam
  • Il n'a pas opprimé les cultivateurs

Job termine en souhaitant avoir quelqu'un pour l'entendre et signer sa défense : « Oh ! si j'avais quelqu'un qui m'écoutât ! Voilà ma signature : que le Tout-Puissant me réponde ! » C'est un défi lancé à Dieu lui-même.

LES DISCOURS D'ÉLIHU (Chapitres 32-37)

Un nouveau personnage entre en scène : Élihu, fils de Barakeel le Buzite. Il est plus jeune que les trois amis.

Chapitre 32 : Introduction d'Élihu

Élihu est en colère contre Job parce qu'il se justifie lui-même plutôt que Dieu, et contre les trois amis parce qu'ils n'ont pas trouvé de réponse tout en condamnant Job.

Par respect pour leur âge, il a attendu qu'ils finissent de parler. Mais maintenant il ne peut plus se taire : « J'étais jeune, et vous êtes des vieillards ; c'est pourquoi j'ai craint, j'ai redouté de vous faire connaître ma pensée. » Mais il a compris que ce n'est pas l'âge qui donne la sagesse, c'est l'esprit de Dieu.

Chapitre 33-34 : Premiers discours d'Élihu

Au chapitre 33, Élihu s'adresse directement à Job. Il dit qu'il parlera avec droiture et franchise. Il reproche à Job d'avoir dit qu'il est pur et sans iniquité, que Dieu le traite en ennemi. « En cela tu n'as pas raison, je te répondrai, car Dieu est plus grand que l'homme. »

Il explique que Dieu parle aux hommes de diverses manières pour les détourner du mal : par des songes, par la douleur, par des messagers. Le but de la souffrance est pédagogique et rédempteur : Dieu châtie pour empêcher l'homme de tomber dans la fosse.

Au chapitre 34, Élihu défend la justice de Dieu. Il cite les paroles de Job affirmant que Dieu lui refuse justice. Puis il démontre que Dieu ne peut faire le mal, qu'il gouverne le monde avec justice. « Loin de Dieu l'injustice, loin du Tout-Puissant l'iniquité ! » Il rend à chacun selon ses œuvres.

Il reproche à Job d'ajouter à son péché la révolte : « Job parle sans intelligence, ses paroles manquent de raison. »

Chapitre 35-37 : Derniers discours d'Élihu

Au chapitre 35, Élihu conteste l'idée que la justice ou l'injustice de l'homme affecte Dieu. Si Job pèche ou s'il est juste, qu'est-ce que cela fait à Dieu ? « Tes méchancetés ne touchent qu'un homme comme toi, ta justice ne touche qu'un fils de l'homme. »

Au chapitre 36, Élihu continue à défendre la justice de Dieu. Dieu est grand mais ne méprise personne. Il ne laisse pas vivre le méchant, il rend justice aux malheureux. S'ils sont enchaînés, c'est qu'ils ont péché par orgueil. S'ils écoutent et servent Dieu, ils finiront leurs jours dans le bonheur.

Il exhorte Job à ne pas choisir l'iniquité plutôt que la souffrance. Il décrit la grandeur de Dieu manifestée dans la nature : les nuages, la pluie, les éclairs, le tonnerre.

Au chapitre 37, Élihu continue son évocation des phénomènes naturels manifestant la puissance de Dieu : la foudre, la neige, la glace, les tempêtes. Tout cela montre les œuvres merveilleuses de Dieu. « Comprends-tu comment Dieu les dirige ? »

Il conclut en affirmant que le Tout-Puissant est inaccessible dans sa grandeur, sa justice et sa droiture : « Nous ne saurions le trouver : il est grand en force, en droit et en justice souveraine ; il ne répond pas. C'est pourquoi les hommes doivent le craindre. »

LES DISCOURS DE DIEU (Chapitres 38-41)

C'est le point culminant du livre. Dieu lui-même intervient pour répondre à Job.

Chapitre 38-39 : Premier discours de Dieu

« L'Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit : Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence ? » Dieu ne répond pas aux questions de Job sur la souffrance. Au lieu de cela, il pose une série de questions qui révèlent l'ignorance et l'impuissance de Job face à la création :

    « Où étais-tu quand je fondais la terre ? »
  • Qui en a fixé les dimensions ? Qui a posé sa pierre angulaire ?
  • Qui a fermé la mer avec des portes ?
  • As-tu commandé au matin ? Montré sa place à l'aurore ?
  • Es-tu parvenu jusqu'aux sources de la mer ? As-tu marché dans les profondeurs de l'abîme ?
  • Connais-tu où demeure la lumière ? Et les ténèbres ?
    Sur les phénomènes météorologiques (38:22-38) :
  • Es-tu entré dans les réservoirs de la neige ? As-tu vu les dépôts de la grêle ?
  • Qui a ouvert un passage à la pluie ?
  • La pluie a-t-elle un père ? Qui engendre les gouttes de la rosée ?
  • Peux-tu nouer les liens des Pléiades ? Détacher les cordages d'Orion ?
    Le lion et ses lionceaux
  • Les corbeaux
  • Les bouquetins et les biches
  • L'âne sauvage qui se rit du tumulte des villes
  • Le buffle qu'on ne peut dompter
  • L'autruche qui abandonne ses œufs mais se moque du cheval et de son cavalier
  • Le cheval de guerre, magnifique description de sa force et de son courage : « Est-ce par ton intelligence que l'épervier déploie ses ailes ? »
  • Le vautour qui habite les rochers

Toutes ces questions montrent la sagesse infinie de Dieu dans la création et la faiblesse de l'homme.

Chapitre 40:1-5 : Réponse de Job

Dieu interpelle Job : « Celui qui dispute avec le Tout-Puissant est-il convaincu ? Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une réplique à faire ? » Job répond avec humilité : « Voici, je suis trop peu de chose ; que te répliquerais-je ? Je mets la main sur ma bouche. J'ai parlé une fois, je ne répondrai plus ; deux fois, je n'ajouterai rien. »

Chapitre 40:6-41:34 : Deuxième discours de Dieu

Mais Dieu n'a pas fini. Il reprend du milieu de la tempête : « Ceins tes reinscomme un vaillant homme ; je t'interrogerai, et tu m'instruiras. »

Le défi (40:6-14) :

Dieu défie Job : « Anéantirais-tu ma justice ? Me condamnerais-tu pour te donner raison ? » Puis il lance un défi ironique : si Job a un bras comme Dieu, qu'il revête la majesté et la splendeur, qu'il répande sa colère, qu'il abaisse les méchants. « Alors je te rendrai hommage, en proclamant que ta droite peut te sauver. »

Béhémoth (40:15-24) :

Dieu décrit un animal colossal appelé Béhémoth (probablement l'hippopotame ou une créature mythique). « Vois donc le béhémoth que j'ai fait tout comme toi ! » Sa force est prodigieuse : ses os sont comme des tubes d'airain, ses os sont comme des barres de fer. Il peut engloutir le Jourdain dans sa gueule.

Léviathan (Chapitre 41) :

Dieu consacre tout le chapitre 41 à décrire le Léviathan (probablement le crocodile ou un monstre marin). C'est la description la plus longue et la plus impressionnante.

Peux-tu pêcher le Léviathan avec un hameçon ? Lui percer la mâchoire avec un crochet ? « Oses-tu jouer avec lui comme avec un oiseau ? » Sa peau est impénétrable, ses dents sont terribles. Les armes ne peuvent rien contre lui : « Le fer est pour lui comme de la paille, l'airain comme du bois pourri. »

Quand il se lève, les plus vaillants sont effrayés. Son souffle fait jaillir la lumière, des étincelles sortent de sa gueule. Sur terre nul n'est son maître. « Il regarde avec dédain tout ce qui est élevé, il est le roi des plus fiers animaux. »

Le message implicite : si Job ne peut même pas affronter le Léviathan, comment pourrait-il comprendre ou contester les voies du Tout-Puissant ?

ÉPILOGUE EN PROSE (Chapitre 42)

Chapitre 42:1-6 : Réponse finale de Job

Job répond à Dieu avec une humilité profonde : « Je reconnais que tu peux tout, et que rien ne s'oppose à tes pensées. »

Il cite ses propres paroles antérieures : « Quel est celui qui a la folie d'obscurcir mes desseins ? » Et il confesse : « Oui, j'ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas. »

Puis vient la déclaration cruciale : « Mon oreille avait entendu parler de toi ; mais maintenant mon œil t'a vu. C'est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre. »

Job ne reçoit pas d'explication sur sa souffrance, mais il a rencontré Dieu face à face. Cette expérience transforme tout.

Chapitre 42:7-17 : Restauration de Job

Après avoir parlé à Job, l'Éternel s'adresse à Éliphaz : « Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n'avez pas parlé de moi avec droiture comme l'a fait mon serviteur Job. »

Dieu ordonne aux trois amis d'offrir un holocauste et demande à Job de prier pour eux. « Et l'Éternel eut égard à la prière de Job. »

La restauration : « L'Éternel rétablit Job dans son premier état, quand Job eut prié pour ses amis ; et l'Éternel lui accorda le double de tout ce qu'il avait possédé. »

    Ses frères, sœurs et anciens amis viennent le consoler et lui apportent des présents. Dieu bénit la fin de Job plus que son commencement :
  • 14 000 brebis (au lieu de 7 000)
  • 6 000 chameaux (au lieu de 3 000)
  • 1 000 paires de bœufs (au lieu de 500)
  • 1 000 ânesses (au lieu de 500)

Il eut de nouveau sept fils et trois filles. Les noms des filles sont précisés (fait rare dans la Bible) : Jemima, Ketsia et Kéren-Happuc. « Il ne se trouvait pas dans tout le pays d'aussi belles femmes que les filles de Job. » Job vécut encore 140 ans et vit ses fils et les fils de ses fils jusqu'à la quatrième génération. « Et Job mourut âgé et rassasié de jours. »

THÈMES PRINCIPAUX DU LIVRE

  • 1. Le problème de la souffrance du juste : Pourquoi les innocents souffrent-ils ?
  • 2. La rétribution : Les amis défendent la doctrine traditionnelle selon laquelle la souffrance est toujours la conséquence du péché. Job la conteste.
  • 3. La transcendance de Dieu : Dieu est infiniment au-delà de la compréhension humaine.
  • 4. La relation avec Dieu : Job cherche une rencontre personnelle avec Dieu, au-delà des explications théologiques.
  • 5. L'intégrité : Job maintient son intégrité malgré tout, refusant de « maudire Dieu » comme Satan l'avait prédit.
  • 6. La limite de la sagesse humaine : Les amis représentent la sagesse conventionnelle qui échoue face au mystère de la souffrance.

Le livre ne donne pas de réponse simple au problème de la souffrance, mais affirme que la rencontre avec Dieu transcende toutes les explications. Voir l'étude du livre