7 sacrements

Un chiffre symbolique

Un chiffre hautement symbolique : 7 vertus, 7 dons de l’Esprit Saint ; 7 péchés capitaux ; 7 jours de la semaine ; 7 notes de musique, 7 couleurs de l’arc-en-ciel, 7 nains, 7 merveilles du monde, les bottes de 7 lieux, tourner sa langue 7 fois dans sa bouche Etc.

Le nombre sept est fréquemment employé dans la bible. Salomon construit le temple en sept ans (1R, 6,38). Non seulement le septième jour, mais la septième année est de repos. Tous les sept ans, les serviteurs sont libérés, les débiteurs exemptés. Le chiffre sept par la transformation qu’il inaugure, possède en lui-même un pouvoir, c’est un nombre magique. Lors de la prise de Jéricho, sept prêtres portant sept trompettes doivent, le septième jour, faire sept fois le tour de la ville. Élisée éternue sept fois et l’enfant ressuscite (1R 4,35). Un lépreux plonge sept fois dans le Jourdain et se lève guéri (1R 5,14). Le juste tombe sept fois et se relève pardonné (Pr 24,16). Joseph rêve de sept vaches grasses et de sept vaches maigres. Le nombre 7 est la clef de l’Apocalypse (7 églises, 7 étoiles, 7 esprits de Dieu, 7 sceaux, 7 trompettes, 7 tonnerres, 7 têtes, 7 fléaux, 7 coupes, 7 rois…).

Évolution historique

Tous les sacrements symbolisent la mort-résurrection. Ils participent tous au mystère pascal. Sur un plan anthropologique, beaucoup de rites existent avant Jésus-Christ : la célèbration de l’alliance, la Pâque, la purification (2R 5,1-14), le mariage (Tobit), la confession (Lv 5,5), l'onction des prêtres (Ex 30,25) ou des lépreux (Lv 14,26), l'imposition des mains (Lv 1,4).

Le baptême et l’eucharistie, en fait, ceux qui sont explicités comme tels dans les écritures sont immédiatement reconnus comme des signes d'appartenance au christianisme.

Le sacrement de l’ordre se met en place progressivement (presbytres, épiscopes). Au début du IIIème siècle, Hippolyte, prêtre de Rome, écrit le premier rituel des ordinations : le rite essentiel est l’imposition des mains, suivie de la prière de bénédiction.

Concernant le mariage, au début de l’Église, les chrétiens se marient comme tout le monde. Il n’y a pas de rituel spécifiquement chrétien. Il faut attendre le moyen-âge (X-XI siècle) pour que le mariage soit admis au rang des sacrements.

Pendant les deux premiers siècles, on devient chrétien après un long temps de formation (le catéchuménat) qui débouche sur le baptême d’eau. L’onction est faite par l’évêque. Dès les IVe et Ve siècles, les communautés chrétiennes s’étendent au-delà des villes. L’évêque ne peut aller dans toutes les paroisses quand un baptême avait lieu. L’imposition des mains et l’onction (la confirmation) sont repoussées à un temps ultérieur, lors du passage de l’évêque. Au début de l'ère chrétienne, le baptême est le seul sacrement pour le pardon des péchés. On le reçoit à l'âge adulte. Cependant, la possibilité de pécher et de commettre une faute grave existent toujours, même après le baptême ! La jeune Église autorise alors une cérémonie publique de réconciliation, appelée le second baptême. Peu à peu, la grande rigueur du rituel s'humanise, grâce à l'intervention des moines missionnaires irlandais qui inventent la "pénitence tarifée". Selon la gravité du péché, la pénitence varie. Parallèlement, les pèlerinages, dits de réparation, et les dévotions dans les monastères se développent. À partir du XIIIe siècle, la confession devient individuelle et privée. Elle peut se donner plusieurs fois dans une vie.

L’onction des malades est déjà donnée dans la première communauté chrétienne (Jc, 5,14-15). Au troisième siècle, Hippolyte de Rome, évêque, témoigne de l'existence d'un rituel pour l'onction des malades.

Classification

Les sacrements d'initiation : baptême, confirmation, eucharistie (les deux premiers n'étant reçus qu'une fois et laissant une marque indélébile, le caractère).
Les sacrements de guérison : confession, onction des malades (reçus chaque fois que cela est nécessaire).
Les sacrements du service (de l’engagement) ou encore de l'organisation de la vie chrétienne : mariage (reçu une seule fois pour un couple), ordre (trois degrés : diacre, prêtre, évêque).

Le mot « sacrement »

La racine indo-européenne sak a donné sacré, sacrement, saint.

Le mot vient du latin sacramentum, terme formé à partir de la racine sacr-, « sacré ». Il s'agissait à l'origine d'un dépôt fait au prêtre d'un dieu, comme garantie de bonne foi, accompagné d'un serment solennel. Par la suite, le terme désigne un serment personnel et volontaire, par opposition au jusjurandum, serment collectif et obligatoire. On le retrouve dans l’engagement que prend un soldat vis-à-vis de son empereur ; il s’agit d’un serment de fidélité à l’empereur.

Le mot « sacrement » traduit le mot grec « mystérion » qui désigne une réalité secrète. Le mot grec mysterion provient probablement du verbe muein qui signifie « fermer la bouche », comme l'indiquent les mots français « mutisme » et « muet ». Dans le Nouveau Testament, « mystère » est un terme technique de théologie. Dans l'Ancien Testament, le mot n'apparaît que dans les livres tardifs comme Sagesse, Sirac, Tobie et Daniel. Ce terme désigne en matière profane une délibération et un plan de guerre du roi (Jdt 2.2). Et en matière religieuse, il désigne le dessein créateur de Dieu sur le monde et la révélation que Dieu en fait (Dn 2.19). Pour les premiers chrétiens, ce terme désigne : « le dessein secret de Dieu qui veut sauver l’homme et qui se révèle progressivement ». Jusqu'au XIIe siècle, de nombreux rites ou traditions avaient aux yeux des fidèles des valeurs de signe sacré et efficace. On a pu compter, avant une claire définition de la notion de « sacrement » et sa distinction des « sacramentaux » (des signes visant à sanctifier la vie des croyants, par ex. la bénédiction), jusqu'à 12 de ces rites. On a considéré comme sacrements le credo, le lavement des pieds, les funérailles, l’onction des rois, le Notre Père… Pierre Lombard est le premier à donner la liste des 7 vers 1148. Il faut attendre le deuxième concile de Lyon (1274) puis ceux de Florence (1439) et de Trente (1547) pour voir ce nombre se stabiliser à sept. Les théologiens ont regroupé les 7 sacrements sous la définition de « signe efficace de grâce. »

Jdt 2.2 Il convoqua tous ses officiers et tous ses grands, tint avec eux son conseil secret (mystérieux) et décida de sa propre bouche tout le châtiment de la terre.

Tob 12,7 Il convient de garder le secret (mystère-sacramentum) du roi, tandis qu'il convient de révéler et de publier les œuvres de Dieu.

Dn 2.19 Alors le mystère (sacramentum) fut révélé à Daniel dans une vision de nuit. Alors Daniel bénit le Dieu du ciel.

Sg 6,22 Ce qu'est la Sagesse et comment elle est née, je vais l'exposer; je ne vous cacherai pas les mystères (sacramenta), mais je suivrai ses traces depuis le début de son origine, je mettrai sa connaissance en pleine lumière, sans m'écarter de la vérité.

Lc 8,10 Il répondit : Il vous a été donné de connaître les mystères (musterion) du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils ne comprennent point.

Eph 1,9-10 : Il nous a fait connaître le mystère (sacramentum) de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres.

Eph 3,4 : C'est par révélation que j'ai eu connaissance du mystère (sacramentum) sur lequel je viens d'écrire en peu de mots. En les lisant, vous pouvez vous représenter l'intelligence que j'ai du mystère de Christ.

1 Co 4,1 Qu'on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu.

Si 27,21 Car on panse une blessure, on pardonne une injure, mais pour qui a révélé un secret (mystère), plus d'espoir.

Différentes définitions

Les sacrements sont des rites de l’Église qui commémorent l’alliance de Dieu. À travers des paroles et des gestes symboliques, ils révèlent le salut de Dieu pour l’humanité. Ils nous invitent à vivre de la vie du Christ tout au long de notre existence. Noël Higel.

Ainsi les sacrements sont des signes visibles du don gratuit de Dieu (la grâce), qui permettent aux hommes de prendre conscience de la présence de Dieu au milieu d´eux. Ce sont des actes d’alliance qui unissent au Christ par l’action de l’Esprit Saint, relient les hommes à Dieu et à leurs frères par le plus intime d’eux-mêmes et incorporent dans l’Eglise. Site de l'Eglise catholique en France

Les sacrements sont des signes efficaces de la grâce, institués par le Christ et confiés à l’Église, par lesquels la vie divine nous est dispensée. Les rites visibles sous lesquels les sacrements sont célébrés, signifient et réalisent les grâces propres de chaque sacrement. Ils portent fruit en ceux qui les reçoivent avec les dispositions requises. Catéchisme de l’Église catholique n° 1131.

Les sacrements ont pour fin de sanctifier les hommes, d’édifier le corps du Christ, enfin de rendre le culte à Dieu ; mais, à titre de signes, ils ont aussi un rôle d’enseignement. Non seulement ils supposent la foi, mais encore, par les paroles et par les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrement de la foi. Concile œcuménique Vatican II, La Sainte Liturgie n° 59.

Un engagement avec Dieu, vécu en Eglise, qui marque un temps fort dans l’existence et qui nourrit la foi. Élèves du centre Ozanam.

Des actions du Christ par l’Église

Depuis l’Ascension, Jésus ressuscité est invisible. Nous pouvons cependant le rencontrer par la médiation de l’Église. Celle-ci ne le remplace pas, mais par elle, il marche sur nos chemins, comme autrefois avec les disciples d'Emmaüs. Il n’y a pas de christianisme sans la foi au Christ. Il n’y a pas non plus d’Église sans la célébration des sacrements, signes visibles de la grâce invisible. Nous ne pouvons pas être chrétiens et chrétiennes sans l’Église et ses sacrements. Tous les sacrements font chacun à leur manière mémoire du Christ. S'il n'est pas possible de rattacher chaque sacrement à un acte institutionnel précis, de par sa vie, sa mort et surtout sa résurrection, Jésus a tracé le chemin pour que l'Église puisse ensuite mettre en place les sacrements. Jésus pardonne les péchés, guérit et relève les malades, envoie les disciples en mission, rappelle le sens de l’union de l’homme et de la femme. Les sacrements sont donc des célébrations qui prennent le relais de l'humanité du Christ et permettent aux fidèles de vivre en leur corps une relation intime avec le Christ. Quand Pierre, Paul, Jacques ou Jean baptise, c'est le Christ qui baptise. Quand un homme et une femme se donnent le sacrement de mariage, c'est le Christ qui les unit.

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