Deux credos

Brèves confessions de foi dans la Bible

« Je suis Yahvé, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi » (Dt 5,6-7)

« Écoute, Israël, Yahvé est notre Dieu et le seul Dieu. Tu aimeras Yahvé ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » (Dt 6,4-5).

« Pour vous, qui suis-je ? » demande Jésus aux Douze ; « Tu es le Christ » (Messie), répond Pierre en leur nom (Mc 8,29).

« Si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur… tu seras sauvé » (Rm 10,9)

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ… » (Éph. 1,3)

Le titre « Jésus-Christ », devenu classique, unit le nom terrestre de Jésus à son nom céleste de Christ (grec) ou Messie (hébreu : celui qui est oint) ; dans cette brève formule et dans le trait d’union (Jésus-Christ) se cache toute la complexité de la christologie : comment s’unissent en lui la divinité et l’humanité, lui qui est « vrai Dieu » et « vrai homme » ?

Le symbole

À l’origine, le terme grec symbolon désigne un morceau de terre cuite partagé en deux. Il désigne « un objet de reconnaissance » coupé en deux parties, chacune permettant à des messagers ou porteurs à se reconnaître en les emboîtant. Chaque morceau était conservé par deux familles vivant dans des lieux séparés : quand un membre d’une famille devait être reçu chez l’autre, il lui était possible d’exhiber le morceau manquant du symbolon et de le recoller à l’autre, en montrant par là qu’il s’agissait bien d’un membre de la famille alliée. On héritait du symbolon que l’on se transmettait à travers les générations. Ainsi les premiers sens de « symbole » peuvent-ils être circonscrits dans la sphère de la reconnaissance, le symbole témoignant de la qualité du porteur. Le livre de Tobit en fournit un exemple, lorsque Tobie veut recouvrer une somme d'argent.

Cette reconnaissance réciproque aboutit à un rassemblement, à une union, à une alliance. Ainsi les chrétiens sont unis dans un même symbole, dans une même confession de foi. Le " symbole de la foi " est donc un signe de reconnaissance et de communion entre les croyants. La communion dans la foi a besoin d’un langage commun de la foi, normatif pour tous et unissant dans la même confession de foi (CEC 185).

“Le Symbole, ou profession de foi, vise à ce que tout le peuple rassemblé réponde à la parole de Dieu annoncée dans les lectures de la sainte Écriture et expliquée dans l´homélie, et, en professant la règle de la foi dans une formule approuvée pour l’usage liturgique, se rappelle et professe les grands mystères de la foi avant que ne commence leur célébration dans l’Eucharistie.” (PGMR n°67)

Le « Symbole » de foi proclamé dans la liturgie dominicale est un signe d’identité chrétienne et de reconnaissance entre chrétiens. De par sa nature, l’action symbolique consiste à réunir ou fédérer. Comme pour la réalisation d’un puzzle, elle fait apparaître une figure ou un paysage ou un portrait, à partir d’éléments épars qui, assemblés, font naître une signification nouvelle (sum-ballô : réunir ou ajuster ; sum-ballontes : contractants, ou personnes qui prononcent un serment). Les contractants s’engagent, ils entrent dans un pacte ; ils deviennent solidaires d’un projet commun. Tout parti politique a sa charte. Tout club sportif ou toute armée a son uniforme particulier. Toute cellule secrète a ses mots de passe qui permettent à ses membres de communiquer et de se reconnaître, sans que des étrangers ou des ennemis puissent interférer. Le Symbole est l’expression de la foi de l’individu mais aussi de la communauté. En confessant sa foi en Dieu, un individu devient frère des autres chrétiens et membre de l’Église du Christ. La confession de foi est un geste libre et réfléchi qui exprime tout autant la confiance en Dieu et l’engagement à son égard que la connaissance qu’on a de lui. Aux origines du Credo, André Haquin, Dans Revue Lumen Vitae 2009/1 (Volume LXIV), pages 23 à 36. Voir bibliothèque.

Le symbole a aussi pour rendre présent une réalité plus grande. Ainsi la rose rose représente-t-elle l'amour; la Tour Eiffel Paris. Les symboles de la foi chrétienne confessent "symboliquement" les mystères de la foi chrétienne.

"Le langage symbolique a la force et la capacité inouïe et mystérieuse de dire autre chose que ce qu’il exprime littéralement ! Pour l’être humain, le monde des significations est aussi vital que le monde des choses : il lui est essentiel de donner du sens à la réalité. On peut parler à cet égard de la force de symbolisation du langage humain dans la mesure où le symbole est moins le mot que le mouvement même de la signification littérale qui offre le sens évoqué. Le symbole rend présent ce qui est impossible à percevoir. Il redécrit la réalité sous des aspects qui ne sont pas immédiatement perceptibles, il la recrée et l’invente. Il permet de décoller de l’univers des choses et de faire venir au langage ce que les êtres humains éprouvent, ressentent ou croient." Denis Villepelet, 2003, L’avenir de la catéchèse, Editions de l’Atelier, p. 23-24). Voir aussi Louis-Marie Chauvet, Symbole et sacrement, Cerf.

Présentation des symboles

La liturgie permet la récitation de deux credos différents : le Symbole des Apôtres et celui de Nicée-Constantinople. Dans le Missel il est stipulé “qu’à la place du symbole de Nicée-Constantinople, particulièrement en Carême et au temps pascal, il est possible d’utiliser le symbole baptismal de l’Église romaine, dit Symbole des Apôtres.” Le choix du Credo à réciter revient au prêtre et à l’évêque local.

Symbole des apôtres (IIe) Nicée (325) Constantinople (381)
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Πιστεύομεν εἰς ἕνα Θεὸν Πατέρα παντοκράτορα
Nous croyons en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant
Πιστεύομεν εἰς ἕνα Θεὸν Πατέρα παντοκράτορα
Créateur du ciel et de la terre. créateur de toutes les choses visibles et invisibles
πάντων ὁρατῶν τε καὶ ἀοράτων ποιητήν
créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.
ποιητὴν οὐρανοῦ καὶ γῆς, ὁρατῶν τε πάντων καὶ ἀοράτων
Et en Jésus Christ, Et en un seul Seigneur Jésus-Christ,
καὶ εἰς ἕνα Κύριον Ἰησοῦν Χριστὸν
Et en un seul Seigneur Jésus-Christ,
καὶ εἰς ἕνα Κύριον Ἰησοῦν Χριστόν
son Fils unique, notre Seigneur ; Fils unique de Dieu, né du Père, c’est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu,
τὸν Υἱὸν τοῦ Θεοῦ, γεννηθέντα ἐκ τοῦ Πατρὸς μονογενῆ, τουτέστιν ἐκ τῆς οὐσίας τοῦ Πατρος, Θεὸν ἐκ Θεοῦ,,
Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles.
τὸν υἱὸν τοῦ θεοῦ τὸν μονογενῆ, τὸν ἐκ τοῦ πατρὸς γεννηθέντα πρὸ πάντων τῶν αἰώνων
lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ;
Φῶς ἐκ Φωτός, Θεὸν ἀληθινὸν ἐκ Θεοῦ ἀληθινοῦ,
Lumière de Lumière, Vrai Dieu de Vrai Dieu
φῶς ἐκ φωτός, θεὸν ἀληθινὸν ἐκ θεοῦ ἀληθινοῦ
engendré, et non fait, consubstantiel au Père, par qui a été fait tout qui est au ciel et sur la terre ;
γεννηθέντα, οὐ ποιηθέντα, ὁμοούσιον τῷ Πατρί, δι’ οὗ τὰ πάντα ἐγένετο τά τε ἐν τῷ οὐρανῷ καὶ τὰ ἐν τῇ γῇ,
engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait,
γεννηθέντα, οὐ ποιηθέντα, ὁμοούσιον τῷ πατρί, δι' οὗ τὰ πάντα ἐγένετο
qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, qui pour nous, hommes, et pour notre salut est descendu, s’est incarné et s’est fait homme ;
τὸν δι’ ἡμᾶς τοὺς ἀνθρώπους, καὶ διὰ τὴν ἡμετέραν σωτηρίαν, κατελθόντα, καὶ σαρκωθέντα, καὶ ἐνανθρωπήσαντα,
qui pour nous, hommes, et pour notre salut est descendu des cieux, s'est incarné du Saint-Esprit et de Marie, la Vierge, et s'est fait homme.
τὸν δι' ἡμᾶς τοὺς ἀνθρώπους καὶ διὰ τὴν ἡμετέραν σωτηρίαν κατελθόντα ἐκ τῶν οὐρανῶν, , καὶ σαρκωθέντα ἐκ πνεύματος ἁγίου καὶ Μαρίας τῆς παρθένου
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers a souffert,
παθόντα,
qui en outre a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, a souffert, a été enseveli
καὶ ἐνανθρωπήσαντα, σταυρωθέντα τε ὑπὲρ ἡμῶν ἐπὶ Ποντίου Πιλάτου, καὶ παθόντα καὶ ταφέντα
le troisième jour est ressuscité des morts, est ressuscité le troisième jour,
καὶ ἀναστάντα τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ,
et il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures
καὶ ἀναστάντα τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ κατὰ τὰς γραφάς,
est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, est monté aux cieux
ἀνελθόντα εἰς τοὺς οὐρανούς
et il est monté aux cieux et siège à la droite du Père
καὶ ἀνελθόντα εἰς τοὺς οὐρανούς, καὶ καθεζόμενον ἐκ δεξιῶν τοῦ πατρὸς
d’où il viendra juger les vivants et les morts. et viendra de nouveau juger les vivants et les morts.
ἐρχόμενον κρῖναι ζῶντας καὶ νεκρούς.
et il reviendra en gloire juger les vivants et les morts ; son règne n'aura point de fin.
καὶ πάλιν ἐρχόμενον μετὰ δόξης κρῖναι ζῶντας καὶ νεκρούς, οὗ τῆς βασιλείας οὐκ ἔσται τέλος
Je crois en l’Esprit Saint, Et en le Saint-Esprit.
καὶ εἰς τὸ Ἅγιον Πνεῦμα.
Et en l'Esprit Saint, Seigneur, qui donne la vie, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes.
καὶ εἰς τὸ πνεῦμα τὸ ἅγιον, τὸ Κύριον, τὸ ζωοποιόν, τὸ ἐκ τοῦ πατρὸς ἐκπορευόμενον, τὸ σὺν πατρὶ καὶ υἱῷ συμπροσκυνούμενον καὶ συνδοξαζόμενον, τὸ λαλῆσαν διὰ τῶν προφητῶν
à la sainte Église catholique, En l'Église, une, sainte, catholique et apostolique
εἰς μίαν, ἁγίαν, καθολικὴν καὶ ἀποστολικὴν ἐκκλησίαν
à la communion des saints,
à la rémission des péchés, Je confesse un seul baptême en rémission des péchés
ὁμολογοῦμεν ἓν βάπτισμα εἰς ἄφεσιν ἁμαρτιῶν
à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. J'attends la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. Amen
προσδοκῶμεν ἀνάστασιν νεκρῶν, καὶ ζωὴν τοῦ μέλλοντος αἰῶνος. ἀμήν.

Le symbole des apôtres

Le symbole des apôtres pourrait être une profession baptismale des premiers chrétiens.

CEC 189 La première " profession de foi " se fait lors du Baptême. Le " symbole de la foi " est d’abord le symbole baptismal. Puisque le Baptême est donné " au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit " (Mt 28, 19), les vérités de foi professées lors du Baptême sont articulées selon leur référence aux trois personnes de la Sainte Trinité.

Il est le symbole que garde l’Église romaine, celle où a siégé Pierre, le premier des apôtres, et où il a apporté la sentence commune (S. Ambroise, symb. 7 : PL 17, 1158D).

Origine. Une belle légende née au IVe siècle et qui survivra jusqu’au xve siècle raconte que chacun des Douze Apôtres, avant de quitter le groupe pour évangéliser le monde, aurait formulé un des douze articles du « Symbole des apôtres ». Si ce récit est légendaire, il recèle cependant une vérité profonde : le Symbole appelé « des Apôtres » ou Vieux symbole romain (fin IIe s.) s’enracine dans la foi du Nouveau Testament et dans les premières confessions de foi des églises, c’est-à-dire dans la foi des apôtres. On en retrouve un écho dans le Symbole baptismal de la Tradition Apostolique d’Hippolyte de Rome (220). Au moment où le triple bain baptismal va se réaliser, le ministre (et à travers lui l’Église) récite la profession de foi sous forme interrogative ; à chaque question, le futur baptisé répond en confessant la foi : « Je crois », puis posant la main sur sa tête, le ministre l’immerge une première fois dans l’eau. Il n’y a pas à cette époque d’autre formule baptismale que ce triple dialogue ; on n’utilise pas encore le « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». C’est donc la confession de foi, partagée par le ministre et le futur baptisé, qui scelle le pacte d’alliance avec Dieu et constitue la parole essentielle du baptême. Il suffira de passer de la forme interrogative à la formule déclarative « Je crois en Dieu… », pour que naisse le Symbole des Apôtres. André Haquin, op. cit.

Crois-tu en Dieu, le Père tout-puissant ?) Crois-tu au Christ Jésus, le Fils de Dieu, qui est né par le Saint-Esprit de Marie, la Vierge, et a été crucifié sous Ponce Pilate, et est mort, et a été enseveli, et est ressuscité le troisième jour vivant d'entre les morts, et est monté aux cieux, et siège à la droite du Père, et qui viendra juger les vivants et les morts ? Crois-tu en l'Esprit-Saint, et la Sainte Eglise et la résurrection de la chair. Hippolyte de Rome, http://catho.org/9.php?d=bvx

Le Credo est de structure ternaire, suivant en cela la foi trinitaire de l’Église. Le premier article confesse la foi en Dieu, le « Père », cœur de la révélation du Nouveau Testament (cf. le Notre Père en Mt 6,9-13 et Lc 11,2-4). Il est dit « tout-puissant » (en grec pantocrator), « créateur du ciel et de la terre » (cf. 2 Co 6,18). Cette toute-puissance éclate dans la création. La confession de foi en Jésus-Christ occupe les deux tiers du texte, sans doute parce que la christologie est au cœur des préoccupations des premiers siècles : Jésus-Christ est dit « Fils unique » et « Seigneur » comme Dieu lui-même. Sa filiation divine y est centrale. Elle est explicitée dans la mention « conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie » qui souligne déjà la complexité du développement christologique ; le concile de Chalcédoine (451) dira du Christ qu’il est « vrai Dieu » et « vrai homme ». Ici, la confession de foi au Christ se déroule d’une manière narrative, directement inspirée des évangiles. C’est ce qui en fait à la fois le charme et l’accessibilité : la Passion, la croix, la mort, et même la mystérieuse descente aux enfers (1 Pi 4,6) y trouvent place. Ce développement du mystère pascal, qui vient du kérygme primitif, s’achève par le versant glorieux : la résurrection des morts au troisième jour, l’ascension, la session à la droite du Tout-puissant et l’annonce du jugement final des vivants et des morts, autre manière de signifier la condition messianique du prophète de Nazareth. Le troisième article de foi est bref ; il concerne l’Esprit Saint pour lequel aucune précision n’est fournie, si ce n’est son action sanctificatrice et les fruits de celle-ci : la « sainte » Église catholique, née le jour de la Pentecôte, la communion des saints (autre manière de mentionner l’Église dans toute son extension), la rémission des péchés (don de l’Esprit : cf. Jn 20,22-23), la résurrection de la chair et la vie éternelle. L’Esprit Saint est celui qui donne la vie de Dieu et la fortifiera lors de la résurrection de la chair. André Haquin.

Le symbole de Nicée Constantinople

Le symbole de Nicée est une confession de foi chrétienne promulguée lors du premier concile œcuménique de Nicée de 325. Tous les évêques sont réunis afin de décider d'une expression de la foi commune aux chrétiens d'Occident et d'Orient.

Pourquoi ce nouveau symbole ? Il a fallu à cela un motif grave : une divergence sur la nature du Christ qui mettait en péril l’unité de la chrétienté. En d'autres termes Jésus est-il à la fois homme et Dieu ?

C’est aux environs de l’an 320 qu'Arius, prêtre d’Alexandrie, amorce la controverse. Il professe un monothéisme strict et ne reconnaît qu’"un seul Dieu, seul inengendré, seul éternel, seul sans commencement, seul véritable, seul possédant l’immortatilité". La conséquence de cette affirmation est que le Fils est créé, n’est pas éternel, mais immortel, et se trouve dans une position de subordination par rapport au Père. Constantin, soucieux de maîtriser les querelles doctrinales, convoque le premier concile œcuménique à Nicée en 325, pour traiter de cette question et de quelques autres, comme la fixation de la date de Pâques. Les évêques adoptent un symbole de foi (un Credo) qui proclame l’égalité des trois personnes de la Trinité. Ils affirment aussi l’incarnation du Christ, et donc la double nature - divine et humaine.

En 381, Théodose convoque dans sa capitale Constantinople un concile de tous les évêques de son empire (de l'Orient), sans participation du pape et des autres évêques occidentaux. Les évêques qui reconnaissent le symbole de Nicée, établissent un symbole de foi désigné sous le nom de symbole de Nicée-Constantinople qui complète celui proclamé à Nicée. Ce symbole deviendra celui de la liturgie chrétienne.

En 1054, le symbole est modifié en ce qui concerne la procession de l'Esprit. Pour l'Église catholique, l'Esprit procède du Père et du Fils (filioque). Les autres Eglises conservent la confession originelle de Constantinople.

Concernant le Père, le Credo insiste sur « un seul Dieu » et s’oppose par là au courant gnostique ; il complète la mention de la création : « de l’univers visible et invisible ».

La strophe consacrée au Christ est amplifiée de manière typiquement orientale, presque métaphysique : « Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père (homo-ousios tô patri), et par lui, tout a été fait » (cf. Jn 1,3) ; sont ajoutées également la mention de la résurrection, « conformément aux Écritures » (1 Co 15,3-5), de la session à la droite du Père (Ac 1,6-11) et de la venue en gloire (Ac 10,42).

La nouveauté principale de ce Symbole concerne l’Esprit Saint dont on affirme la divinité et la consubstantialité avec le Père. L’Esprit Saint « a parlé par les prophètes », il est « Seigneur » ; n’étant pas une créature, « il procède du Père » (Jn 15,26) ; « avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ». Cette mention de type liturgique ou doxologique redit à sa manière la divinité de l’Esprit Saint, puisque à l’instar du Père et du Fils il est l’objet d’un culte d’adoration réservé à Dieu seul. Le « Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit » (cf. St Basile, Traité du Saint-Esprit) qui clôture le chant de chaque psaume inscrira dans la piété chrétienne cette conviction de la divinité de l’Esprit.

La finale développe les « notes » typiques de l’Église : « une », « sainte » parce que sanctifiée par l’Esprit Saint, mais non sans péché ; « catholique » parce que destinée à l’humanité tout entière ; « apostolique », car elle se nourrit de la foi des Douze. Ensuite, un seul sacrement est mentionné, le « baptême pour la rémission des péchés », socle de la vie chrétienne, la « résurrection des morts » et la « vie du monde à venir ». André Haquin.

Quand le fidèle chrétien prononce le « Je crois en Dieu », il exprime donc la réponse de sa foi à la triple initiative de Dieu en sa faveur : celle du Père et créateur qui est à l’origine de tout, celle du Fils venu vivre en notre chair, mourir de notre fait et ressusciter, celle de l’Esprit Saint qui a été donné à l’Église. Cela était et demeure manifesté dans les célébrations du baptême ou dans la rénovation des promesses du baptême au cours de la vigile pascale. Le Credo est alors dialogué en trois interrogations et trois réponses : — Crois-tu en Dieu le Père... ? —Je crois. — Crois-tu en son Fils, Jésus-Christ... ? —Je crois. — Crois-tu en l’Esprit Saint... ? — Je crois. Ce dialogue dit très bien qui a eu en fait le premier mot dans cette alliance. Oui, « le premier mot », car si la foi est une réponse, elle suppose que Dieu a parlé le premier. Sans doute l’idée que Dieu parle à l’homme ne va-t-elle pas de soi. La foi chrétienne s’inscrit dans une alliance, disproportionnée et pourtant bilatérale, dans laquelle Dieu a tout fait par son Fils Jésus, et qui nous donne de pouvoir tout faire à notre tour pour lui répondre. Dieu s’est intéressé à l’homme : sur ce fondement, l’homme peut lui donner sa foi. B. Sesboüé, Croire.

Autres confessions de foi

Nous présentons quelques confessions de foi. Celles-ci témoignent que les controverses théologiques se poursuivent à travers l'histoire et que l'Eglise doit sans cesse expliquer et reformuler celles-ci.

Concile de Chalcédoine (451)

"A la suite des Saints Pères, nous enseignons donc tous unanimement à confesser un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité et parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme, composé d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité, consubstantiel à nous selon l'humanité, en tout semblable à nous sauf en péché" (He 4,15).

Avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et né en ces derniers jours, né pour nous et pour notre salut, de Marie, la Vierge, mère de Dieu, selon l'humanité. Un seul et même Christ Seigneur, Fils unique, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. La différence des natures n'est nullement supprimée par leur union, mais plutôt les propriétés de chacune sont sauvegardées et réunies en une seule personne et une seule hypostase.

Il n'est ni partagé ni divisé en deux personnes, mais il est un seul et même Fils unique, Dieu Verbe, Seigneur Jésus Christ, comme autrefois les prophètes nous l'ont enseigné de lui, comme lui-même Jésus Christ nous l'a enseigné, comme le Symbole des apôtres nous l'a fait connaître" (Denziger 301-313).

Symbole d'Athanase (VIe)

Texte en latin Traduction en français
Quicumque vult salvus esse, ante omnia opus est ut téneat cathólicam fidem : Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique.
Quam nisi quisque íntegram inviolatámque serváverit, absque dúbio in ætérnum períbit. S’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité.
Fides autem cathólica hæc est : ut unum Deum in Trinitáte, et Trinitátem in unitáte venerémur : Voici quelle est la foi catholique : Vénérer un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’unité,
Neque confundéntes persónas, neque substántiam separántes. Sans confondre les personnes ni diviser la substance.
Alia est enim persóna Patris, ália Fílii, ália Spíritus Sancti. La personne du Père est une, celle du Fils est une, celle du Saint-Esprit est une;
Sed Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti una est divínitas, æqualis glória, cœtérna majéstas. Mais une est la divinité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint, égale leur gloire, coéternelle leur majesté.
Qualis Pater, talis Fílius, talis Spíritus Sanctus. Tel est le Père, tel est le Fils, tel est l’Esprit Saint.
Increátus Pater, increátus Fílius, increátus Spíritus Sanctus. Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé.
Imménsus Pater, imménsus Filius, imménsus Spíritus Sanctus. Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense.
Ætérnus Pater, ætérnus Fílius, ætérnus Spíritus Sanctus. Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel.
Et tamen non tres ætérni, sed unus ætérnus. Et cependant il n’y a pas trois éternels, mais un seul Éternel.
Sicut non tres increáti, nec tres imménsi, sed unus increátus, et unus imménsus. de même, il n’y a pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé et un seul immense.
Simíliter omnípotens Pater, omnípotens Fílius, omnípotens Spíritus Sanctus. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant est le Fils, tout-puissant est l’Esprit Saint.
Et tamen non tres omnipoténtes, sed unus omnípotens. Et cependant il n’y a pas trois tout-puissants mais un seul tout-puissant.
Ita Deus Pater, Deus Fílius, Deus Spíritus Sanctus. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l’Esprit saint est Dieu.
Et tamen non tres Dii, sed unus est Deus. Et cependant il n’y a pas trois Dieux mais un seul Dieu.
Ita Dóminus Pater, Dóminus Fílius, Dóminus Spíritus Sanctus. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, l’Esprit Saint est Seigneur.
Et tamen non tres Dómini, sed unus est Dóminus. Et cependant il n’y a pas trois Seigneurs mais un seul Seigneur.
Quia sicut singillátim unamquámque persónam Deum ac Dóminum confitéri christiána veritáte compéllimur : ita tres Deos aut Dóminos dícere cathólica religióne prohibémur. Car de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chaque Personne en particulier est Dieu et Seigneur, ainsi la religion catholique nous défend de dire qu’il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.
Pater a nullo est factus : nec creátus, nec génitus. Le Père ne tient son existence d’aucun être; il n’a été ni créé ni engendré.
Fílius a Patre solo est : non factus, nec creátus, sed génitus. Le Fils tient son existence du Père seul; il n’a été ni fait ni créé, mais engendré.
Spíritus Sanctus a Patre et Fílio : non factus, nec creátus, nec génitus, sed procédens. L’Esprit Saint est du Père et du Fils : ni fait, ni créé, ni engendré, mais procédant.
Unus ergo Pater, non tres Patres : unus Fílius, non tres Fílii : unus Spíritus Sanctus, non tres Spíritus Sancti. Il y a donc un seul Père et non trois Pères ; un seul Fils et non trois Fils ; un seul Esprit Saint et non trois Esprits Saints.
Et in hac Trinitáte nihil est prius aut postérius, nihil majus aut minus : sed totæ tres persónæ coætérnæ sibi sunt et coæquáles. Et en cette Trinité rien n’est antérieur ou postérieur, rien n’est plus grand ou moins grand, mais les trois personnes tout entières sont coéternelles et égales entre elles.
Ita ut per ómnia, sicut jam supra dictum est, et únitas in Trinitáte, et Trínitas in unitáte veneránda sit. De sorte qu’en tout, comme il a été dit déjà, on doit adorer l’unité dans la Trinité et la Trinité dans l’unité.
Qui vult ergo salvus esse, ita de Trinitáte séntiat. Celui donc qui veut être sauvé, doit penser ainsi au sujet de la Trinité.
Sed necessárium est ad ætérnam salútem, ut Incarnatiónem quoque Dómini nostri Iesu Christi fidéliter credat. Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.
Est ergo fides recta ut credámus et confiteámur, quia Dóminus noster Iesus Christus, Dei Fílius, Deus et homo est. C’est donc la vraie foi que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme.
Deus est ex substántia Patris ante sǽcula génitus : et homo est ex substántia matris in sæculo natus. Il est Dieu, étant engendré de la substance du Père avant tous les temps; il est homme, étant né dans le temps de la substance de sa mère.
Perféctus Deus, perféctus homo : ex ánima rationáli et humána carne subsístens. Dieu parfait et homme parfait, composé d’une âme raisonnable et de chair humaine,
Æquális Patri secúndum divinitátem : minor Patre secúndum humanitátem. Égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l’humanité.
Qui licet Deus sit et homo, non duo tamen, sed unus est Christus. Et bien qu’il soit Dieu et homme, il n’est pas néanmoins deux personnes, mais un seul Christ.
Unus autem non conversióne divinitátis in carnem, sed assumptióne humanitátis in Deum. il est un, non que la divinité ait été changée en humanité, mais parce qu’il a pris l’humanité pour l’unir à la divinité;
Unus omníno, non confusióne substántiæ, sed unitáte persónæ. Un absolument, non par un mélange de substance, mais par l’unité de la personne.
Nam sicut ánima rationális et caro unus est homo : ita Deus et homo unus est Christus Car, de même que l’âme raisonnable et le corps sont un seul homme, de même Dieu et l’homme sont un Christ.
Qui passus est pro salúte nostra : descéndit ad ínferos : tértia die resurréxit a mórtuis. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts.
Ascéndit ad cælos, sedet ad déxteram Dei Patris omnipoténtis : inde ventúrus est iudicáre vivos et mórtuos. Il est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Ad cuius advéntum omnes hómines resúrgere habent cum corpóribus suis ; et redditúri sunt de factis própriis ratiónem. A sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes :
Et qui bona egérunt, ibunt in vitam ætérnam : qui vero mala, in ignem ætérnum. Ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel.
Hæc est fides cathólica, quam nisi quisque fidéliter firmitérque credíderit, salvus esse non póterit. Telle est la foi catholique, et quiconque ne gardera pas cette foi fidèlement et fermement, ne pourra être sauvé.

Concile de Tolède (589)

Les extraits sont tirés de Denziger.

Profession de foi du roi Reccared. La Trinité divine. Nous confessons qu'il y a un Père, qui a engendré de sa substance le Fils qui lui est coégal et coéternel, non pas cependant que le même soit né et ait engendré (né non engendré) mais de telle sorte que selon la personne autre est le Père qui a engendré, et autre le Fils, qui a été engendré et que cependant, selon la divinité, les deux sont d'une même substance : le Père, de qui est le Fils, n'est lui-même d'aucun autre ; le Fils, qui a un Père, existe cependant sans commencement ni diminution dans cette divinité, parce qu'il est coégal et coéternel au Père. De même nous devons confesser et prêcher que l'Esprit procède du Père et du Fils, et qu'avec le Père et le Fils il est d'une unique substance ; la troisième personne dans la Trinité est celle de l'Esprit Saint, qui cependant possède l'essence de la divinité en commun avec le Père et le Fils. Cette sainte Trinité est en effet un seul Dieu, Père et Fils et Esprit Saint, et par sa bonté toute créature (la nature de l'homme) certes a été créée bonne, mais par la forme de l'aspect humain prise par le Fils, de la génération damnée nous sommes rétablis dans la béatitude première.

Concile du Latran (649)

Les deux volontés et opérations dans le Christ. Et de même que nous confessons ses deux natures unies sans confusion ni division, de même conformément aux natures, deux volontés, la divine et l'humaine, ainsi que deux opérations naturelles, la divine et l'humaine, cela pour confirmer parfaitement et sans omission que le même et unique Jésus Christ, notre Seigneur et Dieu, est vraiment par nature Dieu parfait et homme parfait, à l'exception du péché, et qu'ainsi il voulait et opérait divinement et humainement notre salut.

Concile de Tolède (675)

(1) Nous confessons et nous croyons que la sainte et ineffable Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, est un seul Dieu par nature, d'une seule substance, d'une seule nature, ainsi que d'une seule majesté et puissance.

(2) Et nous professons que le Père n'est ni engendré ni créé, mais qu'il est inengendré. Il ne tire en effet son origine de personne, lui de qui le Fils a reçu la naissance et l'Esprit Saint la procession. Il est donc lui-même source et origine de toute la divinité.

(3) Il est aussi le Père de sa propre essence, lui qui de son ineffable substance a engendré ineffablement le Fils, et cependant n'a pas engendré autre chose que ce qu'il est lui-même (lui, le Père, à savoir son essence ineffable, a engendré aussi de façon ineffable le Fils de sa substance) : Dieu (a engendré Dieu), la lumière, la lumière, de lui donc est " toute paternité au ciel et sur la terre " Ep 3,15

526 (4) Nous affirmons aussi que le Fils est né de la substance du Père sans commencement, avant les siècles et cependant il n'a pas été fait : car ni le Père n'a jamais existé sans le Fils, ni le Fils jamais sans le Père.

(5) Et cependant, le Père n'est pas du Fils comme le Fils du Père, parce que le Père n'a pas reçu du Fils la génération, mais le Fils l'a reçue du Père. Le Fils est donc Dieu issu du Père, mais le Père n'est pas Dieu issu du Fils. Père du Fils, il n'est pas Dieu par le Fils. Celui-ci est Fils du Père et Dieu par le Père. Le Fils est cependant égal en toutes choses à Dieu, le Père, parce qu'il n'a jamais ni commencé ni cessé de naître.

(6) Nous croyons aussi qu'il a une seule substance avec le Père ; c'est pourquoi on dit qu'il est homoousios au Père, c'est-à-dire de même substance que le Père ; en grec en effet homos signifie " un " et ousia " substance " ; les deux mots joints font " une seule substance ". On doit croire que le Fils a été engendré et qu'il est né non de rien ni d'une autre substance, mais du sein du Père, c'est-à-dire de sa substance.

(7) Eternel est donc le Père, éternel est le Fils. Si le Père a toujours été, il a toujours eu un Fils dont il était le Père ;c'est pourquoi nous confessons que le Fils est né du Père sans commencement.

(8) Cependant ce même Fils de Dieu, de ce qu'il a été engendré du Père, nous ne l'appelons pas une " partie de sa nature divisée ", mais nous affirmons que le Père parfait a engendré son Fils parfait sans diminution ni division, parce qu'il appartient à la divinité seule de n'avoir pas un Fils inégal.

(9) Ce Fils est Fils de Dieu par nature, non par adoption, et nous devons croire que le Père ne l'a engendré ni par volonté ni par nécessité, car en Dieu aucune nécessité n'existe et la volonté ne précède pas la sagesse.

527 (10) Nous croyons aussi que l'Esprit Saint, qui est la troisième personne dans la Trinité, est Dieu, un et égal au Père et au Fils, de même substance et aussi de même nature : il n'est cependant ni engendré ni créé, mais il procède de l'un et de l'autre, il est l'Esprit de tous deux.

(11) Nous croyons aussi que l'Esprit n'est ni inengendré, ni engendré, de sorte qu'on ne considère pas, si nous le disons inengendré, que nous affirmons deux Pères, ou si nous le disons engendré, que nous prêchons deux Fils ; cependant on ne dit pas qu'il est seulement l'Esprit du Père mais à la fois l'Esprit du Père et du Fils.

(12) Car il ne procède pas du Père vers le Fils ni ne procède du Fils pour sanctifier les créatures, mais il apparaît bien comme ayant procédé à la fois de l'un et de l'autre, parce qu'il est reconnu comme la charité ou la sainteté de tous deux.

(13) Nous croyons donc que le Saint-Esprit est envoyé par les deux, comme le Fils l'est par le Père ; mais il n'est pas considéré comme moindre que le Père et le Fils, à la manière dont le Fils atteste qu'il est moindre que le Père et l'Esprit Saint à cause de la chair qu'il a prise.

528 (14) Voici comment parler de la sainte Trinité : on doit dire qu'elle n'est pas triple mais trine. On ne peut dire justement que la Trinité soit en un seul Dieu mais qu'un seul Dieu est Trinité.

(15) Dans les noms des personnes qui expriment les relations, le Père est référé au Fils, le Fils au Père, le Saint-Esprit aux deux : quand on parle des trois personnes en considérant les relations, on croit cependant qu'ils sont une seule nature ou substance.

(16) Nous n'affirmons pas trois substances comme nous affirmons trois personnes, mais une seule substance et trois personnes.

(17) En effet, le Père est Père, non par rapport à lui-même mais par rapport au Fils ; le Fils est Fils, non par rapport à lui-même, mais par rapport au Père. De même, le Saint-Esprit ne se réfère pas par rapport à lui- même mais au Père et au Fils, parce qu'il est appelé l'Esprit du Père et du Fils.

(18) De même, quand nous disons " Dieu ", nous n'exprimons pas une relation à un autre, comme celle du Père au Fils ou du Fils au Père ou du Saint-Esprit au Père et au Fils mais " Dieu " est dit spécialement en référence à lui-même.

529 (19) Si on nous interroge sur chacune des personnes, nous devons confesser qu'elle est Dieu. On dit que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, que le Saint-Esprit est Dieu, chacun en particulier ; cependant ce ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu.

(20) De même, on dit que le Père est tout-puissant, que le Fils est tout- puissant, que le Saint-Esprit est tout-puissant ; cependant ce ne sont pas trois tout-puissants, mais un seul Tout-Puissant, comme nous professons une seule lumière et un seul principe.

(21) Nous confessons et croyons que chacune personne en particulier est pleinement Dieu et que toutes trois sont un seul Dieu : elles ont une divinité, une majesté, une puissance unique, indivisée, égale, qui ne diminue pas en chacun et qui n'augmente pas dans les trois ; car elle n'est pas moindre quand chaque personne est appelée Dieu en particulier ; elle n'est pas plus grande quand les trois personnes sont appelées un seul Dieu.

530 (22) Cette sainte Trinité, qui est un seul vrai Dieu, n'est pas hors du nombre mais elle n'est pas enfermée dans le nombre. Dans les relations des personnes, le nombre apparaît ; dans la substance de la divinité, on ne peut saisir quelque chose qu'on puisse dénombrer. Il y a donc indication de nombre uniquement dans les rapports qu'elles ont entre elles, mais il n'y a pas pour elles de nombre, en tant qu'elles sont référées à elles-mêmes.

(23) Il faut donc un nom de nature à cette sainte Trinité, tel qu'il ne puisse être utilisé au pluriel dans les trois personnes. Pour cela nous croyons ce que l'Ecriture dit : " Grand est notre Seigneur et grande est sa puissance et sa sagesse n'a pas de nombre " Ps 147,5

(24) Ce n'est pas parce que nous disons que ces trois personnes sont un seul Dieu, que nous pouvons dire que le Père est le même que le Fils ou que le Fils est le Père, ou que celui qui est le Saint-Esprit est le Père ou le Fils.

(25) Car celui qui est le Fils n'est pas le Père, et celui qui est le Père n'est pas le Fils, ni le Saint-Esprit n'est celui qui est le Père ou le Fils ; cependant, le Père est cela même qu'est le Fils, le Fils cela même qu'est le Père, le Père et le Fils cela même qu'est le Saint-Esprit, c'est- à-dire un seul Dieu par nature.

(26) Car lorsque nous disons que le Père n'est pas celui-là même qui est le Fils nous nous référons à la distinction des personnes. Mais quand nous disons que le Père est cela même qu'est le Fils, le Fils cela même qu'est le Père, le Saint-Esprit cela même qu'est le Père et le Fils, nous exprimons que cela appartient à la nature ou à la substance par laquelle Dieu est, parce qu'ils sont substantiellement un : nous distinguons en effet les personnes, mais nous ne divisons pas la divinité.

Confession de foi d'Augsbourg (1530)

Le 25 juin 1530, Melanchton présente à la Diète la profession de foi de Luther, connue sous le nom de « Confession de foi d'Augsbourg ». Les 28 articles de ce texte sont considérés depuis lors comme l'expression la plus précise de la théologie luthérienne. Elle est arc-boutée sur trois principes : sola scriptura, sola gratia, sola fide (L'Écriture seule, la grâce seule, la foi seule).

Article 1. - DE DIEU
Nos églises enseignent en parfaite unanimité la doctrine proclamée par le Concile de Nicée : à savoir qu'il y a un seul Être divin, qui est appelé et qui est réellement Dieu. Pourtant, il y a en lui trois Personnes, également puissantes et éternelles : Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit ; tous les trois un seul Être divin, éternel, indivisible, infini, tout-puissant, infiniment sage et bon, créateur et conservateur de toutes choses visibles et invisibles. Par le terme de Personne, nous ne désignons pas une partie ni une qualité inhérente à un être, mais ce qui subsiste par lui-même. C'est ainsi que les Pères de l'Eglise ont entendu ce terme.
Nous rejetons donc toutes les hérésies contraires à cet article : nous condamnons les Manichéens qui ont statué deux dieux, un bon et un mauvais, les Valentiniens, les Ariens, les Eunomiens, les Mahométans et autres. Nous condamnons aussi les Samosaténiens, anciens et modernes, qui n'admettent qu'une seule Personne, et qui, en usant de sophismes impies et subtils, prétendent que le Verbe et le Saint-Esprit ne sont pas des personnes distinctes, mais que le « Verbe » signifie une parole ou une voix, et que le « Saint-Esprit » ne serait autre chose qu'un mouvement produit dans les créatures.

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Confession de foi des Pays-Bas (1561)

Article 11. Nous croyons et confessons aussi que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils, n'étant ni fait, ni créé, ni aussi engendré, mais seulement procédant des deux; lequel est la troisième personne de la Trinité en ordre, d'une même essence et majesté et gloire avec le Père et le Fils, étant vrai et éternel Dieu, comme nous enseignent les Écritures Saintes.

Article 12. Nous croyons que le Père a créé de rien le ciel et la terre, et toutes créatures, quand bon lui a semblé, par sa Parole, c'est-à-dire par son Fils, donnant à chaque créature leur être, forme et figures, et divers offices pour servir à leur Créateur: et que maintenant même il les soutient et gouverne toutes selon sa providence éternelle et par sa vertu infinie, pour servir à l'homme, afin que l'homme serve à son Dieu.

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Credo du peuple de Dieu (Paul VI - 1968)

Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

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