Site de Formation Théologique

Pourquoi se former en théologie ?

  • Approfondir sa vie spirituelle.
  • Nourrir l'intelligence de sa foi dans l'étude de la Bible.
  • Se positionner dans le monde face aux multiples courants gnostiques et aux propositions "mondaines".
  • Comprendre le phénomène religieux dans la découverte des autres religions.
  • Donner un sens à sa vie et à l'univers à travers les grandes questions existentielles sur la vie, la mort et l'au-delà.
  • Réfléchir sur les questions éthiques qui bouleversent la définition même de l'humain.

La théologie provoque un enrichissement autant qu'un déplacement, car nous avons tous une image imparfaite de Dieu. Cette "science de Dieu" nous interroge dans nos certitudes et nous renvoie à nos doutes, car toute réponse amène de nouvelles questions, comme pour nous rappeler que le mystère de Dieu ne se laisse pas enfermer dans une science, aussi divine soit-elle.

De nombeuses propositions de formation, en ligne ou en présentiel, sont offertes. Voir Annuaire des formations.

Actualités

L'intelligence artificielle (IA)

L'IA attire autant qu'elle effraie. Il est curieux de constater que l'intelligence naturelle ne pose pas question. Pourtant l'histoire montre qu'elle peut se mettre au service du mal, à moins qu'il ne s'agisse plus d'intelligence, mais de bêtise. L'IA s'implante dans les machines au sens large de ce terme, fabriquées par l'humanité, mais qui pointent désormais une faculté de raisonnement. Les machines intelligentes existent depuis des décennies ; citons la machine à laver que personne ne voudrait supprimer. Elle est bien supérieure à n'importe quel être humain dans son domaine. Mais elle ne fait preuve d'aucune imagination ; elle suit aveuglément le cycle d'un programme. D'autres machines sont dotées d'un véritable système expert. Citons les jeux d'échecs électroniques capables de rivaliser avec les plus grands champions ; un jour, ils les supplanteront. Avec l'IA nous franchissons un cap, car la machine sera non seulement capable de dépasser l'humanité dans ses fonctions motrices et cognitives, elle se montrera plus "intelligente", intelligente au sens d'une capacité de raisonnement, de prise d'initiative, de créativité.

Il suffit désormais de quelques clics sur internet pour obtenir un exposé correct sur de nombreux sujets (ChatGPT). Des voix et des visages enfouis dans les tombes renaissent. Demain l'IA créera des œuvres qui dépasseront la beauté d'une 9e symphonie de Beethoven ou la magie d'une Joconde. L'IA permettra à des robots de se "trans-former" en humains jusqu'à les rendre méconnaissables l'un de l'autre. Mais une oeuvre parfaite issue d'une machine est-elle supérieure à une oeuvre humaine avec ses défauts ? Que restera-t-il d'original à l'humanité ? Sa faiblesse, ses erreurs et une dimension inaccessible à la machine : l'amour au sens spirituel de ce terme ; non pas l'amour sentiment qu'il est possible de mimer ; non pas l'amour érotique qu'il est possible d'imiter ; mais l'amour animé par un souffle divin. Car n'oublions pas que l'être humain n'est pas que matière ; il est aussi souffle. L'IA demeurera toujours dans l'incapacité de reproduire ou de dépasser ce qui échappe aux lois naturelles et scientifiques. L'IA ne remplacera jamais le souffle divin. Depuis toujours l'être humain cherche à devenir Dieu. Bientôt la machine cherchera à devenir un être humain. Cherchera-t-elle un jour à devenir Dieu ? Une nouvelle ère commence !

L'IA favorise également le mensonge. Des fake news fleurissent désormais sur nos écrans, avec beaucoup de difficultés pour discerner le vrai du faux. Elle risque donc de gangrener la société comme un cancer. Demain, des couples exploseront à cause d'une fausse image d'adultère, des hommes politiques seront ballottés à cause d'une fausse rumeur. La vérité souffrira dans tous les domaines au détriment d'une course poursuite vers des mirages qui rapportent bien plus d'audience que la banale vérité.

Jésus nous dit "Je suis le chemin, la vérité et la vie (Jn 14,6)". L"IA n'est qu'un moyen au service de l'humanité pour prendre où non le chemin que nous propose Jésus. Mais l'humanité résistera-t-elle aux sirènes d'une tour de Babel ? L'histoire biblique montre que, quels que soient les errements humains, Dieu renouvelle sans cesse sa confiance. Le mensonge est une forme de mort. Mais Jésus a triomphé de la mort. La vérité aura le dernier mot de l'histoire.

La bénédiction des couples homosexuels

Le Vatican a autorisé le 18 décembre 2023 la bénédiction des couples homosexuels au sein de l'Église catholique, une évolution majeure au regard de la Tradition ecclésiale (Fiducia supplicans). Ce rite soigneusement encadré ne doit pas se confondre avec le sacrement de mariage réservé à un couple homme-femme. Rappelons aussi que le sacrement de mariage se réalise à travers l'échange des consentements et non par la bénédiction nuptiale.

Des voix se réjouissent de la bénédiction de couples homosexuels ; d'autres se scandalisent. Une telle évolution s'accorde-t-elle avec toutes les cultures ? Avant de bénir, il serait opportun de commencer par décriminaliser l'homosexualité.

Bénir, du latin bene-dicere (hébreu barak), signifie littéralement "dire du bien". Toute personne mérite d'être bénie à titre personnel, quelle que soit son orientation sexuelle. La bénédiction d'un couple signifie "dire du bien" de leur situation conjugale. Les opposants d'un tel rite considèrent les homosexuels en état de péché, or l'Église ne peut pas bénir le péché. Mais la notion de péché dépasse le cadre rigoureux de la loi. Le catéchisme juge les actes homosexuels comme "intrinsèquement désordonnés". De fait, ils ne sont pas ordonnés à la procréation, commandement sexuel donné dès le premier chapitre de la Genèse (Gn 1,28). Mais cette vocation originelle souffre d'exceptions. Comme toute règle, elle contient ses limites. Par ailleurs, le péché est une notion religieuse qui suppose une lecture de la bible et une confrontation à la personne de Jésus. Une loi détermine une faute, mais ne peut qualifier une personne de pécheresse. Il revient à la conscience éclairée au regard de Dieu de le déterminer.

La bénédiction d'un couple homosexuel relève d'un désir pastoral d'accueillir des personnes dans une situation qui contredit l'anthropologie biblique, sans les condamner. Ce geste d'Église rappelle que notre vocation ultime est celle de l'amour qui s'exprime à travers des désirs divers et non stéréotypés. Et il ne revient à personne de s'ériger en juge d'un état de vie différent de ses convictions profondes. Les couples homosexuels qui se présentent à l'église recherche une reconnaissance ecclésiale et sont en chemin avec Jésus, comme tout chrétien. « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? », s'était interrogé le pape François en 2013.

Les questions autour de l'homosexualité relèvent de l'anthropologie avant de les décliner dans le champ de l'éthique. Poser des normes pour l'être humain dans ses relations, suppose d'abord une définition de l'homme et de la femme dans leurs dimensions affectives et psychologiques, ainsi que dans leurs pulsions. Or personne ne choisit son sexe, ni son genre, ni même son orientation sexuelle. Chacun les cultive avec ses forces et ses fragilités.

La bénédiction des divorcés remariés

Le document Fiducia supplicans autorise aussi la bénédiction des divorcés remariés, ces couples n'ayant pas le "droit" au sens canonique de ce terme, de se remarier sacramentellement. Soulignons que dans la religion orthodoxe, un époux divorcé a le droit de se remarier religieusement. L’Église protestante accepte également la possibilité de bénir une nouvelle union (il n'y a pas de sacrement de mariage dans le protestantisme).

Comme nous l'avons souligné pour les couples homosexuels, la bénédiction ne constitue pas un mariage. Elle "dit du bien" sur une situation conjugale. La multiplication des séparations montre la fragilité des couples qui se fondent désormais sur les sentiments. La perspective de faire son chemin avec la même personne durant toute sa vie demeure tant que l'amour s'éprouve. Mais elle disparaît dès que la routine ou les épreuves s'installent dans le couple. Faut-il bénir les couples qui se recomposent et recherchent à nouveau le bonheur ? Ces couples désirent associer Jésus à leur vie conjugale et il serait inapproprié de les laisser au bord du chemin. Si le sacrement de mariage doit demeurer unique pour une personne, sauf nullité et dispense, alors l'Église se doit d'inventer d'autres rites pour accueillir tous les couples. Une autre piste serait de revoir les modalités de nullité et les causes de dispense. Le pape François avait déclaré en 2016 : " la grande majorité des mariages sont nuls ".

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Questions ouvertes

Quel est le sens de la vie ? Difficile question, peut-être la plus prégnante des questions existentielles. Car pour y répondre, il faudrait l'avoir vécue totalement et regarder en arrière. Le sens ne se réduit ni à un plaisir immédiat ni à un projet, même si ces événements y concourent. Le sens déborde nos choix et nos agirs pour regarder plus loin que ce que l'horizon nous offre. Il façonne la vie d’un indicible mystère qui lui donne sa beauté et sa grâce. Il s’échappe à qui veut le maîtriser et pourtant il se laisse approcher et apprivoiser. Un sens ne ressemble à aucun autre et pourtant leurs horizons se rejoignent, comme si toute vie aspirait à une même fin.

Qu’est-ce que le bonheur ? Autre question tout aussi impénétrable, car la définition de cet état appartient à la singularité de chaque histoire. Nous courrons après le bonheur, sans jamais le saisir. Et pourtant, il nous tend les bras. Mais il se confond facilement avec le plaisir des sens ou la joie intérieure. Le bonheur se laisse entrevoir dans les petites choses de la vie, comme une étincelle qui illuminerait notre quête. Il résonne dans les pleurs d’un violon ; il brille dans le regard émerveillé d’un enfant ; il chante dans le corps à corps de deux amoureux. Le bonheur se trouve dans le bon, le beau et le bien. Mais qui connait le chemin qui y mène ?

Qu’est-ce que la liberté ? La liberté se conquiert avec le glaive de la volonté et le bouclier de la sagesse. Elle s'oppose au faire ce que veux pour tendre vers un je veux ce que je fais. Toujours à conquérir au-delà des frontières de l'ego, elle se déploie dans l'accueil de la différence et le respect de l'autre. Demeure libre celui qui choisit le bon, le beau et le bien.

Qu’est-ce que l'amour ? L'amour se dit et se vit de mille façons sans jamais épuiser son mystère. Un regard, un mot, un sourire, un geste suffit pour allumer sa flamme et se graver éternellement dans la mémoire. Il donne sans compter. Il cherche le bonheur de l'autre avec générosité et gratuité. Nul ne maîtrise son pouvoir, mais tout le monde y succombe, car il est l'origine et la fin de toute chose. Il est divin.

Qu’est-ce que la foi ? La foi grandit dans le creuset d'une relation. Elle se donne alors même qu'aucune preuve irréfutable n'étaye ses assises. Inséparable de sa petite sœur le doute, elle fonde les alliances. Elle repose sur des signes que seules les âmes sensibles perçoivent. Sans elle aucune entreprise ne verrait le jour. Synonyme de confiance dont elle tire la même étymologie, elle accorde un crédit illimité, sans attendre un paiement en retour, simplement un sourire, un regard ou un merci tout imprégné de gratitude. La foi déplace les montagnes.

Eros, chemin vers Dieu ou voie vers l'enfer ?

Un livre à venir ; découvrir le plan...