Formation théologique

Actes des Apôtres — Commentaire théologique

Chapitre 28

Malte · Arrivée à Rome · Le dialogue avec les Juifs · La fin ouverte

Ac 28,1-31 — Rome : le témoignage accompli et l'horizon ouvert

Le chapitre 28 est le chapitre final des Actes. Il narre l'étape maltaise (v. 1-10), le voyage de Malte à Rome (v. 11-16), le dialogue de Paul avec les Juifs de Rome (v. 17-28), et se clôt sur un double verset conclusif d'une densité extraordinaire (v. 30-31). Ces deux versets finaux — Paul annonce le Royaume de Dieu et enseigne le Seigneur Jésus-Christ avec toute assurance et sans obstacle — sont la conclusion délibérément ouverte que Luc a choisie pour son oeuvre en deux volumes.

Ce chapitre pose inévitablement la question de la fin des Actes. Pourquoi Luc s'arrête-t-il là ? Pourquoi ne raconte-t-il pas le procès de Paul devant César, ni sa libération ou sa mort ? Plusieurs réponses ont été proposées, et toutes révèlent quelque chose d'essentiel sur la théologie lucanienne de la mission : les Actes ne peuvent pas finir parce que la mission n'a pas de fin. L'Évangile court jusqu'aux extrémités de la terre — et cette course est encore en cours.

I Texte — Actes 28,1-31 (TOB)

À Malte : la vipère et les guérisons (v. 1-10)

« Une fois sauvés, nous apprîmes que l'île s'appelait Malte. Les habitants nous témoignèrent une bienveillance peu ordinaire : ils allumèrent un feu et nous y accueillirent tous, à cause de la pluie qui tombait et du froid. Paul avait ramassé un fagot de broussailles et les jetait dans le feu, quand une vipère, chassée par la chaleur, s'attacha à sa main. Quand les habitants virent l'animal suspendu à sa main, ils se disaient l'un à l'autre : "Cet homme est sûrement un meurtrier : sorti sauf de la mer, la Justice ne l'a pas laissé vivre !" Mais lui secoua l'animal dans le feu et n'en éprouva aucun mal. Ils s'attendaient à le voir enfler ou tomber mort subitement. Après avoir longtemps attendu et vu qu'il ne lui arrivait rien d'anormal, changeant d'avis, ils disaient que c'était un dieu. Aux environs de cet endroit se trouvaient les propriétés du premier de l'île, un homme du nom de Publius. Il nous reçut et nous hébergea pendant trois jours avec bienveillance. Or le père de Publius était alité, atteint de fièvres et de dysenterie. Paul entra chez lui, pria et lui imposa les mains, et le guérit. Après cela, les autres malades de l'île vinrent aussi et furent guéris. Ils nous comblèrent d'honneurs et à notre départ ils nous fournirent tout ce dont nous avions besoin. » (Ac 28,1-10)

De Malte à Rome (v. 11-16)

« Trois mois après, nous prîmes la mer sur un bateau alexandrin qui avait hiverné dans l'île et portait les Dioscures comme enseigne. Nous abordâmes à Syracuse et y séjournâmes trois jours. De là, longeant la côte, nous arrivâmes à Reggio. Un jour plus tard, un vent du sud s'étant levé, nous vînmes en deux jours à Pouzzoles. Nous y trouvâmes des frères et fûmes invités à rester sept jours avec eux. Et c'est ainsi que nous arrivâmes à Rome. Les frères, ayant entendu des nouvelles nous concernant, vinrent à notre rencontre jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois Tavernes. En les voyant, Paul rendit grâces à Dieu et prit courage. À Rome, Paul fut autorisé à habiter seul avec le soldat qui le gardait. » (Ac 28,11-16)

Le dialogue de Paul avec les Juifs de Rome (v. 17-28)

« Trois jours après, Paul fit venir les notables des Juifs. Quand ils furent réunis, il leur dit : "Frères, sans avoir rien fait contre le peuple ou contre les coutumes de nos pères, j'ai été livré prisonnier à Jérusalem entre les mains des Romains. Ceux-ci, après m'avoir interrogé, voulaient me relâcher, parce qu'il n'y avait en moi rien qui méritât la mort. Mais comme les Juifs s'y opposaient, j'ai été contraint d'en appeler à César, sans avoir pour autant l'intention d'accuser ma nation. Voilà pourquoi je vous ai fait appeler pour vous voir et vous parler, car c'est à cause de l'espérance d'Israël que je suis chargé de ces chaînes." Ils lui dirent : "Nous n'avons reçu au sujet de toi aucune lettre de Judée, et aucun des frères n'est venu faire de rapport ou dire quelque chose de mauvais à ton sujet. Nous voulons en tout cas apprendre par toi ce que tu penses, car en ce qui concerne cette secte, nous savons qu'elle suscite des contradictions partout." Ils lui fixèrent un jour et vinrent en plus grand nombre le trouver à son logis. Il leur expliquait les choses en rendant témoignage du Royaume de Dieu et en s'efforçant de les convaincre au sujet de Jésus, d'après la Loi de Moïse et les Prophètes, depuis le matin jusqu'au soir. Les uns furent convaincus par ce qu'il disait, les autres ne crurent pas. Sans se mettre d'accord entre eux, ils se retiraient, tandis que Paul disait cette seule parole : "L'Esprit Saint a bien parlé à vos pères par le prophète Isaïe, en disant : Va vers ce peuple et dis-lui : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez pas ; vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas. Car le coeur de ce peuple est devenu insensible, ils ont eu du mal à entendre avec leurs oreilles, ils ont fermé leurs yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur coeur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. Sachez-le donc : ce salut de Dieu a été envoyé aux nations : elles, elles écouteront !" » (Ac 28,17-28)

La fin ouverte (v. 30-31)

« Paul demeura deux années entières dans le logement qu'il avait loué et recevait tous ceux qui venaient le trouver, annonçant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec toute assurance et sans obstacle. » (Ac 28,30-31)

II Malte : les barbares, la vipère et les guérisons (v. 1-10)

La bienveillance des habitants et la vipère

Les habitants de Malte sont appelés barbaroi (v. 2) — terme grec qui désigne ceux qui ne parlent pas grec, non un jugement de valeur moral. Luc note immédiatement leur bienveillance peu ordinaire (ou tèn tychoysan philanthrôpian — littéralement : une philanthropie hors du commun). Cette générosité spontanée envers deux cent soixante-seize naufragés inconnus est le premier signe que Malte est un lieu de grâce.

L'épisode de la vipère est construit autour de deux renversements populaires rapides. Les Maltais voient d'abord en Paul un meurtrier puni par la Justice divine — réflexe de théologie de la rétribution : la souffrance est signe de faute. Puis, quand il n'éprouve aucun mal, ils le prennent pour un dieu. Ces deux réactions révèlent le cadre religieux populaire : toute expérience extraordinaire s'interprète en termes de culpabilité ou de divinité. Paul ne corrige pas explicitement ces interprétations — il continue simplement sa mission. La vérité de ce qu'il est s'imposera d'elle-même.

La vipère et Lc 10,19 : l'autorité sur les serpents

La morsure de vipère sans effet nocif rappelle la promesse de Jésus aux soixante-douze disciples en Lc 10,19 : « Voici que je vous ai donné le pouvoir de marcher sur des serpents et des scorpions et sur toute la puissance de l'ennemi, et rien ne vous nuira. » Et en Mc 16,18 : « ils prendront des serpents dans leurs mains et, s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal. » Luc ne présente pas l'épisode comme un miracle délibéré mais comme l'accompli naturel de la promesse : le témoin de Jésus, au coeur de sa mission, bénéficie d'une protection divine qui n'est pas une assurance tous risques mais une garantie que rien ne l'empêchera d'accomplir ce que Dieu lui a confié.

Les guérisons à Malte : le médecin Luc et le missionnaire Paul

Paul guérit le père de Publius d'une fièvre et d'une dysenterie par la prière et l'imposition des mains (v. 8). Puis tous les malades de l'île viennent et sont guéris (v. 9). Ces guérisons maltaises — les dernières des Actes — reproduisent le schème constant de tout le livre : signe miraculeux, accueil, partage. L'île de Malte, qui n'avait jamais entendu l'Évangile, est évangélisée non par un grand discours mais par des gestes de soin. Et Luc précise pudiquement que les habitants, en retour, leur fournirent tout ce dont ils avaient besoin (v. 10) : la charité évangélique produit la charité humaine en retour.

III L'arrivée à Rome : l'accomplissement de la promesse (v. 11-16)

Les frères qui viennent à la rencontre

L'arrivée à Rome est marquée par un détail d'une grande chaleur humaine : des frères chrétiens romains, ayant appris l'arrivée de Paul, viennent à sa rencontre jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois Tavernes — à quarante-trois kilomètres de Rome sur la Via Appia. « En les voyant, Paul rendit grâces à Dieu et prit courage » (v. 15). Paul qui, tout au long du voyage, avait été la source de courage pour les autres, reçoit à son tour du courage de ses frères. Le courage chrétien ne coule que dans un sens : il est toujours échangé, toujours reçu autant que donné. Et Paul rend grâces à Dieu : l'arrivée à Rome est d'abord un acte d'action de grâces, la reconnaissance que la promesse s'est accomplie.

L'Église de Rome existait déjà avant l'arrivée de Paul — fondée vraisemblablement par des Juifs romains convertis lors de la Pentecôte (Ac 2,10 mentionne des Romains parmi les pèlerins), ou par des missionnaires anonymes. Paul lui avait écrit son épître aux Romains peu avant ce voyage. Ces frères venus l'accueillir sur la Via Appia sont la communauté à qui il avait écrit ses considérations les plus profondes sur la grâce, la Loi, la résurrection et Israël.

IV Le dialogue avec les Juifs de Rome : l'ultime offre à Israël (v. 17-28)

Une dernière fois, aux Juifs d'abord

Conformément à son principe missionnaire constant — aux Juifs d'abord (Rm 1,16) — Paul convoque les notables juifs de Rome avant toute autre démarche. Il leur expose sa situation avec clarté et sans amertume : il n'a rien fait contre Israël ni contre la Loi, c'est à cause de l'espérance d'Israël qu'il est prisonnier. Cette formulation — reprise du discours devant Agrippa (Ac 26,6-7) — dit que Paul se comprend comme un Juif fidèle à l'espérance la plus profonde du judaïsme, non comme un traître ou un apostat.

La réponse des Juifs de Rome est ouverte : ils n'ont rien entendu de mauvais sur lui et ils veulent l'entendre. Ce second rendez-vous — une journée entière de discussion depuis le matin jusqu'au soir (v. 23) — produit la même division que partout ailleurs : « les uns furent convaincus [...], les autres ne crurent pas » (v. 24). La Parole divise toujours. Elle n'est pas un instrument de consensus : elle est une force de discernement.

La citation d'Isaïe 6 : le scandale de l'endurcissement

La citation finale d'Is 6,9-10 — la vision d'Isaïe et le mandat de prêcher à un peuple dont le coeur sera endurci — est le passage de l'Ancien Testament le plus cité dans le Nouveau Testament pour expliquer le refus d'Israël. Elle apparaît en Mt 13,14-15 ; Mc 4,12 ; Lc 8,10 ; Jn 12,40 ; Rm 11,8. Luc la place dans la bouche de Paul comme conclusion des Actes. Ce choix est lourd de sens : il dit que le refus d'une partie d'Israël n'est pas une surprise, ni un échec de Dieu, ni une condamnation définitive. C'est un mystère annoncé par les prophètes eux-mêmes, qui fait partie du dessein divin sans annuler la responsabilité humaine du refus.

La conclusion de Paul — « ce salut de Dieu a été envoyé aux nations : elles, elles écouteront » (v. 28) — est la dernière grande déclaration théologique des Actes. Elle ne ferme pas la porte à Israël : elle ouvre le chemin aux nations. Paul n'abandonne pas son peuple — Rm 11,1 est catégorique : « Dieu a-t-il repoussé son peuple ? Certes non ! » Mais il affirme que le refus d'une partie d'Israël ouvre l'espace pour que les nations entrent dans la bénédiction d'Abraham. C'est la thèse centrale de Rm 9–11, mise en scène pour la dernière fois à Rome, au terme du voyage.

Is 6,9-10 : le mystère de l'endurcissement dans la théologie biblique

La citation d'Is 6,9-10 en Ac 28,26-27 — comme dans les autres Évangiles — soulève une question théologique que Paul développera en Rm 9–11 : comment le refus d'Israël peut-il être à la fois responsabilité humaine et dessein divin ? La réponse de Paul est que l'endurcissement d'une partie d'Israël est temporaire et partiel (« jusqu'à ce que la totalité des nations soit entrée », Rm 11,25), et qu'il est au service d'un dessein de miséricorde plus large : « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous » (Rm 11,32). L'endurcissement n'est pas la condamnation définitive : il est l'obscurité provisoire d'un mystère dont la lumière finale est la miséricorde universelle. Les Actes s'arrêtent précisément à ce point de tension, laissant la question ouverte — comme elle l'est encore dans l'histoire.

V La fin ouverte : deux années et une éternité (v. 30-31)

Les deux versets les plus programmatiques des Actes

Les deux versets qui concluent les Actes sont d'une densité programmatique exceptionnelle. Paul demeure deux années entières dans le logement qu'il avait loué — captivité légère, qui lui laisse la liberté de recevoir des visiteurs. Il reçoit tous ceux qui venaient le trouver — sans exception, sans tri, sans condition. Il annonce le Royaume de Dieu et enseigne ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ — les deux formules récapitulent toute la proclamation apostolique des Actes. Et tout cela avec toute assurance et sans obstacle (meta pasès parrèsias akôlytôs).

Ce dernier mot des Actes — akôlytôs (sans obstacle, sans empêchement) — est unique dans tout le Nouveau Testament. Il dit que la Parole de Dieu, après toutes les persécutions, tous les complot, toutes les tempêtes, toutes les prisons, arrive à Rome, au centre du monde antique, et y est proclamée librement. La prison de Paul ne l'empêche pas. Les chaînes ne l'empêchent pas. Rome elle-même ne l'empêche pas. La Parole court librement jusqu'aux extrémités de la terre.

Pourquoi les Actes s'arrêtent ici

La fin abrupte des Actes a suscité de nombreuses hypothèses. Certains pensent que Luc écrit pendant la captivité romaine de Paul et n'a donc pas encore le dénouement à raconter. D'autres voient dans cette fin une intention littéraire délibérée : le programme d'Ac 1,8 est accompli (Jérusalem, Judée, Samarie, extrémités de la terre = Rome), et Luc peut s'arrêter. D'autres encore interprètent la fin ouverte comme un appel au lecteur : la mission continue, et c'est maintenant à toi de porter la Parole.

Cette dernière interprétation est théologiquement la plus féconde. Les Actes s'arrêtent non parce que la mission est terminée — elle ne l'est jamais — mais parce que Luc a montré le principe qui la gouverne : l'Esprit envoie, les témoins obéissent, la Parole progresse sans obstacle à travers toutes les résistances humaines. Le reste de l'histoire appartient à chaque génération de croyants qui reçoit ce témoin et continue la course.

La fin des Actes et le commencement de l'Église

La fin ouverte des Actes dit que l'Église n'a pas de fin dans l'histoire. Elle est toujours en route, toujours en mission, toujours en train de traverser des tempêtes et de les surmonter par la foi en la promesse. Cette conviction — que le livre des Actes est le premier chapitre d'une histoire encore en cours — a nourri toute la tradition missionnaire chrétienne. Les Actes ont été lus par Ignace de Loyola et ses compagnons comme un programme missionnaire pour leur époque. Ils ont inspiré les grandes missions du XIXe siècle. Ils inspirent encore aujourd'hui les nouvelles formes de l'évangélisation. Chaque génération de chrétiens est appelée à écrire la suite des Actes des Apôtres dans son propre contexte, avec les mêmes ressources : l'Esprit Saint, la Parole, la prière, et la communion fraternelle.

VI Synthèse théologique : les Actes et leur héritage

La Parole sans obstacle : victoire de l'Esprit sur l'histoire

Le dernier mot des Actes — akôlytôs — est la synthèse théologique de tout le livre. La Parole de Dieu progresse malgré toutes les résistances humaines : les persécutions, les emprisonnements, les tempêtes, les complots, les juges corrompus, les foules déchaînées. Rien n'arrête la Parole. Pas parce que les témoins seraient invincibles — ils sont fragiles, faillibles, mortels. Mais parce que l'Esprit qui les anime est la puissance même de Dieu à l'oeuvre dans l'histoire. Les Actes sont le témoignage que cette puissance est réelle, agissante, fidèle.

Israël et les nations : une tension maintenue

La fin des Actes maintient une tension que Luc refuse de résoudre : une partie d'Israël a cru, une autre non. Les nations reçoivent l'Évangile. La promesse d'Israël n'est pas annulée. Cette tension — que Paul développera en Rm 9–11 avec une profondeur théologique sans égale dans le Nouveau Testament — reste ouverte à la fin des Actes. Elle est l'une des questions les plus fondamentales de la théologie chrétienne, que chaque génération doit reprendre dans un esprit d'humilité et d'espérance.

La mission : don, obéissance, persévérance

Le livre des Actes enseigne une théologie de la mission en trois mots. Don : la mission vient de Dieu, elle est initiée par l'Esprit Saint, elle n'est jamais une conquête humaine. Obéissance : les apôtres et les missionnaires ne font qu'obéir à ce que l'Esprit a décidé — ils suivent, ils ne précèdent pas. Persévérance : la mission traverse les tempêtes, les persécutions, les refus sans jamais s'arrêter, parce qu'elle est portée par une promesse plus forte que tous les obstacles. Ces trois dimensions — don, obéissance, persévérance — sont la grammaire permanente de toute mission chrétienne authentique.

VII Questions pour l'approfondissement

1. Les habitants de Malte voient Paul d'abord comme un meurtrier puni, puis comme un dieu. Comment réagiriez-vous si vous étiez à la place de Paul ? Qu'est-ce que cela révèle sur la difficulté de maintenir une juste compréhension de soi-même quand les jugements extérieurs oscillent entre le pire et le meilleur ?

2. Des frères font quarante-trois kilomètres pour accueillir Paul sur la route de Rome. En voyant cela, Paul rendit grâces à Dieu et prit courage. Quelle importance accordez-vous à l'accueil physique et concret des frères dans votre vie de foi ? L'avez-vous expérimenté comme source de courage ?

3. Le dialogue avec les Juifs de Rome produit la même division que partout : les uns croient, les autres non. Comment vivre avec cette réalité — que l'Évangile divise — sans en souffrir comme d'un échec personnel ou communautaire ?

4. Les Actes s'arrêtent sans raconter la mort de Paul ni son procès devant César. La fin ouverte dit que la mission continue. Comment comprenez-vous votre rôle dans la suite de cette histoire ? Qu'est-ce que votre génération est appelée à écrire dans la continuation des Actes des Apôtres ?

5. Le dernier mot des Actes est akôlytôs : sans obstacle. Quels sont les obstacles concrets que rencontre aujourd'hui la proclamation de l'Évangile dans votre contexte ? Et quelles sont les forces qui permettent de les traverser ?

VIII Pour aller plus loin

Joseph A. Fitzmyer, The Acts of the Apostles, Anchor Bible 31, Doubleday, 1998, p. 776-830 — commentaire du chapitre 28 et conclusions sur l'ensemble du livre.

Jacques Dupont, La conclusion des Actes et son rapport à l'ensemble de l'oeuvre de Luc, dans Les Actes des Apôtres, Lectio Divina 45, Cerf, 1967, p. 457-511 — étude classique sur la signification de la fin ouverte.

François Bovon, Luc le théologien, Labor et Fides, 3e éd. 2006 — synthèse sur la théologie lucanienne de la mission et de l'histoire du salut.

C. Kavin Rowe, World Upside Down, Oxford University Press, 2009 — sur la signification de Rome comme terme du voyage apostolique.

Jean-Paul II, Redemptoris Missio, 1990 — encyclique sur la mission de l'Église, héritière directe de la théologie des Actes.

François, Evangelii Gaudium, 2013 — sur la joie de l'Évangile et la mission comme don reçu et transmis, dans la continuité directe du livre des Actes.