Formation théologique

La manducation de la parole

Jésus nous rappelle que pour vivre, il faut non seulement se nourrir de pain, mais également de la Parole de Dieu.

Mt 4,1-4. Alors Jésus fut emmené au désert par l’Esprit, pour être tenté par le diable. Il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, après quoi il eut faim. Et, s’approchant, le tentateur lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. » Mais il répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Il paraît paradoxal de manger les paroles de quelqu’un. Une expression française s’en rapproche puisqu’on dit « boire les paroles de quelqu’un » pour signifier que l’on écoute ses paroles avec attention et admiration.

Dans la bible, plusieurs passages évoquent la manducation de la parole.

Jérémie 1,9. Alors Yahvé étendit la main et me toucha la bouche ; et Yahvé me dit Voici que j’ai placé mes paroles en ta bouche.

Jérémie 5,14. C’est pourquoi, ainsi parle Yahvé, le Dieu Sabaot. Puisque vous avez parlé ainsi, moi je ferai de mes paroles un feu dans ta bouche, et de ce peuple du bois que ce feu dévorera.

Isaïe 59,21. Et moi, voici mon alliance avec eux, dit Yahvé : mon esprit qui est sur toi et mes paroles que j’ai mises dans ta bouche ne s’éloigneront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance, ni de la bouche de la descendance de ta descendance, dit Yahvé, dès maintenant et à jamais. Le récit d’Ezéchiel et de Jean est dans les deux cas à la première personne « je ». Ce sont les prophètes qui racontent. Ils témoignent de leur rencontre avec un livre, avec une Parole, avec la Parole à transmettre. Il a fallu un signe de Dieu pour leur faire comprendre leur vocation, leur mission.

Jérémie 15,16 Quand tes paroles se présentaient, je les dévorais ta parole était mon ravissement et l’allégresse de mon cœur. Car c’est ton Nom que je portais, Yahvé, Dieu Sabaot.

Psaume 19,10-11 Ses paroles sont douces plus que le miel

Psaume 119,103 Qu’elle est douce à mon palais ta promesse, plus que le miel à ma bouche !

1P 2,2 Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait pur de la parole afin que, par lui, vous grandissiez pour le salut, 3 si vous avez goûté que le Seigneur est bon.

Analysons plus particulièrement un extrait d’Ézéchiel et un de l’Apocalypse.

Étude comparative : Ézéchiel 2,1–3,5 et Apocalypse 10,8–11

Ez 2,1-3,5Ap 10,8-11
1 La voix me dit : « Fils d'homme, tiens-toi debout car je vais te parler. » 2 Après qu'elle m'eut parlé, un esprit vint en moi ; il me fit tenir debout ; alors j'entendis celui qui me parlait. 3 Il me dit : « Fils d'homme, je t'envoie vers les fils d'Israël, vers des gens révoltés, des gens qui se sont révoltés contre moi, eux et leurs pères, jusqu'à aujourd'hui. 4 Ces fils au visage obstiné et au cœur endurci, je t'envoie vers eux ; tu leur diras : “Ainsi parle le Seigneur DIEU.” 5Alors, qu'ils t'écoutent ou ne t'écoutent pas – car c'est une engeance de rebelles –, ils sauront qu'il y a un prophète au milieu d'eux. 6 Ecoute, fils d'homme, n'aie pas peur d'eux et n'aie pas peur de leurs paroles ; tu es au milieu de contradicteurs et d'épines, et tu es assis sur des scorpions ; n'aie pas peur de leurs paroles et ne t'effraie pas de leurs visages, car c'est une engeance de rebelles. 7 Tu leur diras mes paroles, qu'ils t'écoutent ou qu'ils ne t'écoutent pas : ce sont des rebelles. 8Fils d'homme, écoute ce que je te dis : ne sois pas rebelle, comme cette engeance de rebelles ; ouvre la bouche et mange ce que je vais te donner. » 9 Je regardai : une main était tendue vers moi, tenant un livre enroulé. 10 Elle le déploya devant moi ; il était écrit des deux côtés ; on y avait écrit des plaintes, des gémissements, des cris. 3,1 Il me dit : « Fils d'homme, mange-le, mange ce rouleau ; ensuite tu iras parler à la maison d'Israël. » 2J'ouvris la bouche et il me fit manger ce rouleau. 3Il me dit : « Fils d'homme, nourris-toi et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne. » Je le mangeai : il fut dans ma bouche d'une douceur de miel. 4 Il me dit : « Fils d'homme, va ; rends-toi auprès de la maison d'Israël et parle-leur avec mes paroles. 5 Car ce n'est pas vers un peuple au parler impénétrable et à la langue épaisse que tu es envoyé ; c'est à la maison d'Israël.

8 Et la voix que j'avais entendue venant du ciel me parla de nouveau et dit : Va, prends le livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. 9 Je m'avançai vers l'ange et le priai de me donner le petit livre. Il me dit : Prends et mange-le. Il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il aura la douceur du miel. 10 Je pris le petit livre de la main de l'ange et le mangeai. Dans ma bouche il avait la douceur du miel, mais quand je l'eus mangé, mes entrailles en devinrent amères. 11 Et l'on me dit : Il te faut à nouveau prophétiser sur des peuples, des nations, des langues et des rois en grand nombre.

1. Une relation intertextuelle évidente

L'Apocalypse de Jean s'inscrit délibérément dans la continuité d'Ézéchiel. Le passage d'Ap 10,8-11 constitue une réécriture consciente de la vocation prophétique d'Ézéchiel, en la transposant dans un nouveau contexte théologique et littéraire. Jean ne cite pas, il réinterprète.

2. Parallèles structurels

Élément Ézéchiel 2,1–3,5 Apocalypse 10,8–11
Source de l'ordre Une voix / Dieu lui-même Une voix venant du ciel
Support de la parole Rouleau écrit des deux côtés Petit livre ouvert
Porteur du livre Une main tendue (divine) Un ange debout sur la mer et la terre
Action requise Manger le rouleau Prendre et manger le petit livre
Goût Douceur de miel Miel en bouche, amertume dans les entrailles
Mission consécutive Parler à la maison d'Israël Prophétiser sur des peuples, nations, langues, rois

3. Points de convergence

a) La vocation par ingestion

Les deux textes partagent le même geste fondateur : manger le livre. C'est une métaphore radicale de l'intériorisation de la Parole. Le prophète ne reçoit pas un message extérieur qu'il transmet mécaniquement — il devient le porteur de cette parole en la faisant entrer dans ses entrailles. La Parole de Dieu doit être assimilée avant d'être proclamée.

b) L'initiative divine

Dans les deux cas, le prophète ne prend pas la parole de lui-même. Il est convoqué, instruit, nourri. La passivité initiale du prophète (il écoute, il reçoit, il mange) souligne que la prophétie est don, non performance humaine.

c) La mission universelle (en germe chez Ézéchiel, explicite dans l'Apocalypse)

Ézéchiel est envoyé à Israël. Mais déjà, la mention de peuples aux langues étrangères (Ez 3,5-6) ouvre une brèche. L'Apocalypse accomplit ce mouvement : la mission devient cosmique — peuples, nations, langues, rois. Jean réinterprète la vocation prophétique à l'échelle de l'histoire universelle.

4. Points de divergence significatifs

    a) Le goût : douceur seule vs douceur et amertume. C'est la différence la plus frappante et la plus théologiquement chargée.
  • Chez Ézéchiel : le rouleau est uniquement doux comme le miel, malgré son contenu dramatique (plaintes, gémissements, cris). La douceur dit la grâce du prophète élu, la joie de recevoir la Parole divine.
  • Chez Jean : le livre est doux en bouche mais amer dans les entrailles. Cette tension goût/digestion introduit une dialectique prophétique absente d'Ézéchiel : la
    Parole reçue avec joie produit souffrance une fois intériorisée. Prophétiser coûte. Le prophète porte dans son corps le poids du message qu'il doit annoncer. Cette amertume johannique évoque la tradition des prophètes souffrants (Jérémie notamment) et anticipe le contenu du livre : jugements, destructions, persécutions à venir.
    b) Le rouleau vs le petit livre ouvert
  • Ézéchiel reçoit un rouleau fermé qu'on déroule devant lui : la révélation se fait progressivement, elle s'ouvre.
  • Jean reçoit un petit livre déjà ouvert (bibliaridion) : la révélation est accessible, déjà déployée. Cette différence suggère un avancement dans l'économie de la révélation — ce qui était scellé est maintenant manifesté (cf. le contexte des sept sceaux en Ap 5–9).
    c) Le médiateur
  • Chez Ézéchiel, c'est Dieu directement (ou son Esprit) qui tend le rouleau et parle.
  • Chez Jean, c'est un ange qui porte le livre. L'angélologie s'est développée considérablement entre les deux textes ; Jean insère un intermédiaire céleste, conformément au genre apocalyptique.
    d) L'auditoire de la mission
  • Ézéchiel : mission nationale et ciblée — Israël, peuple récalcitrant, en exil.
  • Jean : mission universelle et eschatologique — l'humanité entière, dans sa diversité ethnique et politique. Le cadre est celui de la fin des temps.

5. Lecture théologique d'ensemble

L'Apocalypse opère une typologie prophétique : Jean se présente comme un nouvel Ézéchiel, héritier de la grande tradition des prophètes de l'Ancien Testament. Mais la réécriture n'est pas simple répétition — elle est accomplissement et dépassement.

Dimension Ézéchiel Jean
Temporelle Crise historique (exil babylonien) Crise eschatologique (fin de l'histoire)
Géographique Israël Le monde entier
Tonalité Douceur de la vocation Douceur et amertume : le prix de prophétiser
Révélation En cours de déploiement Déjà ouverte

La douceur partagée dit la grâce de la vocation ; l'amertume ajoutée par Jean dit le coût de la fidélité prophétique dans un monde hostile. Jean ne corrige pas Ézéchiel — il approfondit, en intégrant l'expérience de la persécution et l'horizon du jugement universel.

Conclusion

Ces deux textes forment un diptyque de la vocation prophétique dans la Bible. Ézéchiel en pose les fondements — l'élection, l'ingestion de la Parole, l'envoi. L'Apocalypse les reprend et les amplifie, ajoutant la dimension cosmique de la mission et la tension entre joie et souffrance propre au témoignage chrétien. Lire Ap 10 sans Ez 2–3, c'est amputer Jean de sa profondeur scripturaire ; lire Ez 2–3 à la lumière d'Ap 10, c'est percevoir comment la tradition biblique se relit, se densifie et s'accomplit.

Commentaires

Nous voici donc avec deux auteurs dont Dieu a fait des prophètes, dans la bouche desquels il a placé sa Parole, avec mission de la répercuter. Et c’est cette façon particulière de placer la Parole qui nous intéresse.

Nous connaissons au moins deux autres textes de vocation de prophète, où le récit est imagé : Isaïe et Jérémie, mais dans ces deux autres cas, la bouche est touchée, simplement. Il n’y a pas d’ingestion de la Parole.

Dans les deux récits, on trouve donc un livre. Légères différences : pour Ezéchiel c’est un rouleau, pour Jean, c’est un petit livre. Et dans les deux cas, ce livre est ouvert. Ils n’ingèrent pas un livre fermé, hermétique dirait-on, mais bien un livre ouvert, un livre qui parle, un livre que l’on peut lire, que l’on peut écouter et proclamer.

Dans l’un et l’autre texte, ce livre est placé dans une main. Il n’est pas posé sur une table ou un pupitre, un objet sur un objet, mais tenu par une main, Parole portée par une personne. Jean voit la main d’un ange, d’un messager (c’est le sens du mot), et Ezéchiel ne voit que la main, mais tous les deux voient cette main.

Ensuite, le livre est mangé, avalé. Ce livre ouvert est entré dans le corps, dans la personne de ceux qui sont alors prophètes. Il a traversé la bouche, puis est allé dans les entrailles, dans le ventre, pour y être digéré, assimilé. Et on retrouve dans les deux cas, le goût du miel, la douceur du miel. S’approprier la Parole est doux. Il nous faut la manger, c’est-à-dire la recevoir d’abord, ou bien la prendre, et puis s’en nourrir. La Parole est-elle notre nourriture ? Ou n’est-elle peut-être qu’un dessert ? Ou même uniquement une ligne sur un menu ? Si les prophètes devaient manger la Parole, si c’était leur lot de proclamer la Parole, c’est maintenant à nous tous de nous nourrir de la Parole, pour pouvoir la proclamer.

Qu’en est-il de la douceur et de l’amertume ? Il est assez simple de comprendre la douceur du miel que donne la Parole. Qu’y a-t-il de plus doux que l’annonce du pardon ? L’amour et la grâce de Dieu sont ce qui anime nos vies et nous comble. Mais l’amertume ? Qui est concerné ? Au sujet de quoi cette amertume ? Peut-être est-ce un sentiment par rapport à ceux qui ne connaissent pas cette douceur ? Peut-être est-ce le prix à payer en témoignant ? Mais de toute façon, les deux ordres : « mange » et « parle » restent.

Cette Parole, il nous faut la digérer, en tirer tout ce qui peut faire vivre notre esprit, tout ce qui peut nous aider à vivre, tout simplement. Et ceci demande un certain effort, une certaine persévérance, et peut parfois s’accompagner d’amertume. Mais ce devrait être vital pour tout croyant. Manger la Parole, c’est accepter d’être nourri et transformé par elle.

Enfin, après ce geste, ce signe du livre mangé, les deux prophètes reçoivent alors l’ordre de parler. Ils ont une parole à transmettre. Cette Parole qui venait d’ailleurs est maintenant aussi la leur, elle vient de leurs entrailles, elle sort par leur bouche. Cette prophétie, ce message que Dieu veut donner passe par eux, par ces messagers, par les prophètes, par les témoins. Ce n’est pas un message désincarné, il est porté par quelqu’un qui a été appelé, nourri. Et enfin, cette Parole, il nous faut la dire, la proclamer. Partager ce qu’il a reçu fait partie de la vie même du chrétien. « Il faut que tu prophétises. » « Dis-leur mes paroles. » Voilà l’ordre qui est donné, qui m’est donné, qui nous est donné à tous.

On peut trouver quelques différences. Ezéchiel nous donne une idée du contenu du livre : des plaintes, des pleurs, des lamentations. Et il est écrit des deux côtés, ce qui n’était pas habituel. Est-ce pour dire qu’on ne peut rien y ajouter  ? Ou alors que c’en est fini des lamentations, qu’elles sont à leur terme ? Et Jean lui, comme cela lui a été annoncé, après la douceur en bouche, trouve l’amertume à la digestion. Le livre lui a paru indigeste. Et pourtant c’est de ce livre-là dont il a à parler.

Autre différence notable : la façon dont ils reçoivent le livre. Si le rouleau est donné à Ezéchiel, Jean le prend dans la main de l’ange. Ezéchiel reçoit quand Jean prend. Bien sûr, c’est l’ange qui demande à Jean de prendre le livre. S’il y en a qui reçoivent la Parole, il y en a aussi qui s’en saisissent, mais tous la mangent, et la proclament.

Et enfin, la proclamation demandée à Ezéchiel s’adresse aux israélites, tandis que celle demandée à Jean s’adresse à toutes les nations, tous les peuples, etc. Si le message divin a d’abord été destiné au peuple élu, il l’est maintenant à tous les peuples. Le salut de Dieu est universel.

Parce qu’en fait, quel est-il ce message, à vivre et à transmettre ? C’est toujours le même. Pour Ezéchiel, c’était un message d’espérance pour les exilés : « Dieu ne vous a pas abandonnés. Il vous ramènera dans votre pays. » Et le message de Jean est contenu dans le titre du livre : « Apocalypse de Jésus-Christ », c’est à dire : « Révélation de Jésus-Christ ». Tout son livre parle de Jésus-Christ, comment il est l’accomplissement de toutes les prophéties, de toutes les promesses, de toutes les écritures. Le salut de Dieu, la Parole à recevoir, à prendre, à ingurgiter, à mâcher, à digérer, et à proclamer, c’est que Jésus-Christ est cet accomplissement de l’amour de Dieu, Jésus-Christ crucifié et ressuscité.

Vous avez déjà entendu l’expression : mordre dans la vie. Ici il s’agit de goûter pour voir combien le Seigneur est bon à travers sa parole !

Etude de Philippe Cousson - Manger. Voir le lien dans la bibliothèque.

La bouche. Pour parler ? Non, pas d’abord. D’abord pour manger ! Cette bouche qui, certes, va parler, puisqu’Ézéchiel sera prophète, cette bouche doit d’abord recevoir. Mais ne reçoit-on pas une parole avec les oreilles ? Évidemment ! Mais le texte dit autre chose, il va plus loin. C’est qu’une parole de vérité ne concerne pas que le cerveau, l’intelligence, mais toute la personne, le corps entier, tout comme la nourriture. Être nourri de la parole de Dieu n’est pas une jolie expression, c’est l’énoncé d’une vérité incontournable : cette parole, nous avons besoin de la manger. On pourrait d’ailleurs rajouter deux images proches : la mastiquer, et la digérer. La manducation de la parole est un acte complexe : la parole n’est pas faite pour être avalée goulûment sans prendre le temps, sans essayer d’en sentir tous les goûts, les nuances. Et sa digestion est nécessaire sous peine d’en être malade ! Laisser son corps être nourri de cette parole, laisser les différentes parties de ce corps, les différents éléments de son existence, prendre ce dont ils ont besoin de cette nourriture pour en être fortifiés…

Si Dieu me fait tenir debout devant lui, comme son fils et non comme un esclave ou un condamné, s’il me montre à quoi ressemble mon visage lorsque je suis rebelle à sa voix, s’il me donne le livre de sa parole comme nourriture, ce n’est sûrement pas pour me détruire. Pour ça, il n’avait qu’à me laisser comme j’étais naturellement sans lui ! S’il me nourrit du livre de sa parole, c’est bien pour que je puisse redire en vérité cette parole, l’annoncer, la donner, l’offrir, aux gens de mon peuple, moi qui ne suis que l’un d’entre eux, un simple « fils d’humain ». Manger le livre ne donne aucune supériorité, aucune qualité. Mais cela donne une mission, ou plutôt c’en est le moyen. Je ne puis témoigner de la parole de Dieu si je n’en suis pas nourri, je ne puis témoigner de ma foi si je ne sais pas trop, corporellement, existentiellement, en qui, en quoi ma foi a confiance. Ensuite, « tu leur diras : “Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel”. » Il n’y a pas, à cet endroit, deux points et un contenu à dire. Car ce que dit le Seigneur aux autres, que j’ai mission de leur dire, de restituer avec ce que je suis, c’est évidemment ce que moi-même j’en ai entendu, c’est ce que j’ai mangé du rouleau. Comme le chantait David : « Alors je dis : Voici je viens avec le rouleau du livre écrit pour moi. » (Ps. 40 / 8).
David Mitrani. Voir le lien dans la bibliothèque.