Étude biblique et théologique
La naissance de l'ekklesia
Origine du mot "Église"
Lorsque le Nouveau Testament emploie le mot ekklesia pour désigner la communauté des disciples du Christ, il ne crée pas un terme ex nihilo : il hérite d'une longue tradition sémantique et théologique enracinée dans les Écritures d'Israël. L'assemblée convoquée par Dieu, le peuple saint appelé à se tenir en sa présence, le culte sacrificiel réglé jusqu'au moindre détail par la Torah — tout cela constitue la matrice dans laquelle l'Église naissante se comprendra elle-même, à la fois en continuité et en rupture. Comprendre l'ekklesia néoclestestamentaire suppose donc de remonter aux sources vétérotestamentaires de la notion d'assemblée, d'examiner les figures sacerdotales qui la structurent, les rites qui la rythment, et les catégories fondamentales du sacré, du pur et de l'impur qui en régissent l'accès.
Cette étude parcourt ces différentes strates : l'étymologie et la sémantique hébraïque des termes d'assemblée, la théologie de la convocation divine, l'institution sacerdotale dans ses trois degrés, les grandes fêtes du calendrier liturgique d'Israël, puis les structures duales sacré/profane et pur/impur qui organisent l'espace, le temps et les personnes dans la religion d'Israël.
I Le mot et la chose : qahal, edah et leur traduction grecque
1. Qahal : l'assemblée convoquée
Le terme hébreu central est qahal (קָהָל), dont la racine verbale qhl signifie « convoquer », « rassembler ». Le substantif désigne à la fois l'acte de rassemblement et la communauté ainsi rassemblée. Ce mot apparaît quelque 123 fois dans l'Ancien Testament hébreu, avec une concentration dans les écrits deutéronomiques, le Lévitique, les Chroniques et les Psaumes. Dans la majorité des cas, il désigne une assemblée à caractère religieux ou politico-religieux : l'assemblée du Sinaï (Dt 9,10 ; 10,4), l'assemblée de guerre (Nb 22,4), l'assemblée de la communauté en fête (Ps 22,23.26 ; 35,18).
Ce qui distingue le qahal d'un simple rassemblement humain, c'est son origine : c'est Dieu qui convoque (qhl au hiphil : « faire venir ensemble »). L'initiative divine est constitutive. En Dt 4,10, le Seigneur dit à Moïse : « Rassemble (haqhel) le peuple pour moi, afin que je leur fasse entendre mes paroles. » L'assemblée n'existe pas d'elle-même ; elle est l'effet d'un appel. Cette structure théologique sera décisive pour la compréhension néotestamentaire de l'ekklesia : l'Église est, avant d'être une institution humaine, une convocation divine.
Dt 4,10 — « Rassemble le peuple pour moi, afin que je leur fasse entendre mes paroles, qu'ils apprennent à me craindre tous les jours qu'ils vivront sur la terre, et qu'ils l'enseignent à leurs fils. »
Dt 23,2-4 — La loi du qahal YHWH, « l'assemblée du Seigneur » : certaines catégories (les blessés, les Ammonites, les Moabites) en sont exclues, ce qui suppose que l'assemblée possède une identité définie, des critères d'appartenance, et une sainteté à protéger.
2. Edah : la communauté structurée
À côté du qahal, l'Ancien Testament emploie le terme edah (עֵדָה), souvent traduit par « communauté » ou « congrégation ». La racine (y'd ou 'wd) évoque la notion de témoignage ou de rendez-vous fixé. L'edah désigne davantage la communauté dans sa dimension permanente et institutionnelle, tandis que le qahal insiste sur l'événement de rassemblement. Les deux termes sont souvent parallèles ou interchangeables, mais l'edah est particulièrement fréquent dans les textes sacerdotaux (P) du Pentateuque, où il désigne la communauté d'Israël comme sujt collectif de la vie cultuelle.
La distinction sémantique — contestée parmi les exégètes — importe néanmoins pour la compréhension théologique : l'edah est la communauté qui existe, le qahal est l'assemblée qui se réunit. L'une est l'état, l'autre l'acte. La tradition chrétienne héritera des deux dimensions : l'Église comme corps permanent et l'Église comme assemblée liturgique dominicale.
3. De l'hébreu au grec : qahal → ekklesia
Lorsque les traducteurs alexandrins de la Septante (LXX, IIIe–IIe siècles av. J.-C.) ont mis en grec les Écritures hébraïques, ils ont rendu qahal tantôt par ekklesia (ἐκκλησία), tantôt par synagogê (συναγωγή). Le choix de l'un ou l'autre terme n'est pas aléatoire : ekklesia traduit qahal dans une majorité de contextes cultuels et théologiques solennels (Dt 4,10 ; 9,10 ; 18,16 ; 31,30 ; Jos 8,35 ; 1 R 8,14 ; Ps 21,23 LXX), tandis que synagogê est plus souvent employé pour edah.
Ce choix lexical aura des conséquences immenses. Dans le monde grec, ekklesia désignait l'assemblée civique des citoyens d'une cité convoqués par un héraut (ekkalein : appeler hors de). Les premiers chrétiens, en reprenant ce mot pour désigner leur propre assemblée, opèrent une double opération sémantique : ils s'inscrivent dans la tradition du qahal d'Israël — l'assemblée du Dieu vivant — tout en parlant un langage intelligible au monde grec. La tension entre ces deux héritages (israélite et hellénistique) est constitutive du terme même d'ekklesia.
L'étymologie grecque : ekklesia vient de ek-kalein, « appeler hors de ». Dans la démocratie athénienne, l'ekklesia est l'assemblée des citoyens libres convoquée par le héraut. La LXX détourne ce terme civique pour lui donner un contenu théologique : c'est désormais Dieu qui convoque, et c'est le peuple saint — non une cité — qui se rassemble. Le Nouveau Testament héritera de cette double charge sémantique.
II La théologie de la convocation : Dieu qui appelle son peuple
1. Le Sinaï comme événement fondateur
L'assemblée paradigmatique de l'Ancien Testament est celle du Sinaï. En Dt 9,10 et 10,4, la remise des tables de la Loi est explicitement située au moment du qahal : « le jour de l'assemblée » (yom haqqahal). Cette formule, reprise en Dt 18,16, est presque une expression technique désignant l'événement fondateur de la communauté d'Israël comme peuple de Dieu. À Horeb/Sinaï, Israël n'est pas seulement une nation ; il devient une assemblée liturgique, convoquée en présence de Dieu pour entendre sa Parole et recevoir son alliance.
Cet événement a une structure qui deviendra canonique pour toute l'ecclésiologie biblique : l'initiative vient de Dieu, le peuple est rassemblé (qahal), il se tient en présence de Dieu (liphnê YHWH, « devant le Seigneur »), il écoute sa Parole, il répond par un engagement (berith, alliance). L'assemblée est donc fondamentalement une structure de dialogue entre Dieu et son peuple.
« Tu (=le peuple d’Israël) étais debout en présence du Seigneur ton Dieu à l’Horeb, le jour où le Seigneur m’a (= Moïse) dit : « rassemble (qahal/Ἐκκλησίασον/ekklesiason) le peuple auprès de moi ; je leur ferai entendre mes paroles pour qu’ils apprennent à me craindre tous les jours qu’ils vivront sur la terre, et pour qu’ils l’apprennent à leurs fils. En ce jour-là, vous vous êtes approchés, vous vous êtes tenus debout au pied de la montagne : elle était en feu, embrasée jusqu’en plein ciel, dans les ténèbres des nuages et de la nuit épaisse. Et le Seigneur vous a parlé du milieu du feu : une voix parlait, et vous l’entendiez, mais vous n’aperceviez aucune forme, il n’y avait rien d’autre que la voix. Il vous a communiqué son alliance, les dix paroles qu’il vous a ordonné de mettre en pratique, et il les a écrites sur deux tables de pierre. Et à moi, le Seigneur m’a ordonné alors de vous apprendre les lois et les coutumes pour que vous les mettiez en pratique dans le pays où vous allez passer pour en prendre possession » (Dt 4,10-14).
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Quelques caractéristiques de cette assemblée matrice de toute assemblée liturgique juive :
- Elle est convoquée et rassemblée par le Seigneur Dieu d’Israël, autour de lui : « rassemble le peuple auprès de moi » (Dt 4,10).
- Dans cette rencontre, le peuple a conscience de se situer en présence de son Dieu : « Tu (= le peuple d’Israël) étais debout en présence du Seigneur ton Dieu à l’Horeb » (Dt 4,10).
- La transmission : "qu'ils l'apprennent à leur fils" (Dt 4,11).
- Dans cette assemblée, c’est la voix de Dieu qui s’entend, c’est lui qui parle : « je leur ferai entendre mes paroles » (Dt 4,10) ; « une voix parlait, et vous l’entendiez, mais vous n’aperceviez aucune forme, il n’y avait rien d’autre que la voix. » (Dt 4,12).
- Dans ce rassemblement, Dieu établit une alliance avec son peuple et lui donne sa loi : « Il vous a communiqué son alliance, les dix paroles qu’il vous a ordonné de mettre en pratique, et il les a écrites sur deux tables de pierre. » (Dt 4,13).
- Moïse est le médiateur entre Dieu et son peuple : c’est lui qui reçoit l’ordre de rassembler, puis de faire respecter la loi : « le Seigneur m’a (= Moïse) dit : « rassemble le peuple auprès de moi » (Dt 5,10) ; « Et à moi, le Seigneur m’a ordonné alors de vous apprendre les lois et les coutumes pour que vous les mettiez en pratique » Dt 4,14).
2. L'assemblée comme lieu de la présence divine
Un aspect décisif de la théologie vétérotestamentaire de l'assemblée est que YHWH ne convoque pas son peuple pour l'informer de loin : il se rend présent au milieu de l'assemblée. La Tente de la Rencontre (Ohel Mo'ed, אֹהֶל מוֹעֵד) — dont le nom même contient la racine y'd (rendez-vous, convocation) — est le lieu où Dieu « rencontre » (ya'ad) son peuple (Ex 25,22 ; 29,42-43). La présence divine, symbolisée par la nuée de gloire (shekinah) et l'Arche d'Alliance, est la raison d'être et le centre de l'assemblée.
Cette dimension sera fondamentale pour la théologie néotestamentaire : l'Église ne se réunit pas simplement entre membres d'une même croyance, elle se rassemble là où le Christ est présent — dans la proclamation de la Parole, dans les sacrements, dans la communion fraternelle (Mt 18,20 ; 1 Co 11,17-34).
3. L'universalisme latent : le qahal et les nations
Si le qahal YHWH est d'abord l'assemblée d'Israël, certains textes prophétiques et psalmiques laissent entrevoir son ouverture potentielle aux nations. Le Psaume 22 annonce que « toutes les extrémités de la terre se souviendront et se tourneront vers le Seigneur ; toutes les familles des peuples se prosterneront devant lui » (Ps 22,28). Isaïe imagine un pèlerinage eschatologique des nations vers Sion (Is 2,2-4 ; 56,6-8). Cette tension entre l'élection particulière d'Israël et l'universalisme de l'intention divine de YHWH prépare le terrain théologique sur lequel le Nouveau Testament proclamera que l'ekklesia des nations est l'accomplissement du dessein de Dieu.
III Références bibliques
Versets de la Septante (LXX) où le mot hébreu "qahal" est traduit par le grec ἐκκλησία (ekklesia)
Genèse 28 : 3 Que le Dieu tout-puissant te bénisse, te rende fécond et te multiplie, afin que tu deviennes une multitude (Qahal) de peuples !
Exode 32 : 1 Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s'assembla (Qahal/συνέστη) autour d'Aaron, et lui dit : Allons ! fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qu'il est devenu.
Exode 35,1 Moïse convoqua (Qahal) toute l'assemblée (συναγωγὴν/synagogue) des enfants d'Israël, et leur dit : Voici les choses que l'Éternel ordonne de faire.
Lévitique 8 : 3 et convoque (Qahal/ἐκκλησίασον) toute l'assemblée (συναγωγὴν) à l'entrée de la tente d'assignation.
Lévitique 8 : 4 Moïse fit ce que l'Éternel lui avait ordonné; et l'assemblée (συναγωγὴν) se réunit (Qahal/ἐξεκκλησίασεν) à l'entrée de la tente d'assignation.
Nombres 1 : 18 et ils convoquèrent (Qahal/συνήγαγον) toute l'assemblée (συναγωγὴν), le premier jour du second mois. On les enregistra selon leurs familles, selon les maisons de leurs pères, en comptant par tête les noms depuis l'âge de vingt ans et au-dessus.
Nb 8,9 Tu feras approcher les Lévites devant la tente d'assignation, et tu convoqueras (Qahal/συνάξεις/sunaxeis) toute l'assemblée (συναγωγὴν/synagogue) des enfants d'Israël.
Nombres 10 : 7 Vous sonnerez aussi pour convoquer (Qahal/συναγάγητε) l'assemblée (Qahal/συναγωγὴν), mais vous ne sonnerez pas avec éclat.
Nombres 16 : 3 Ils s'assemblèrent (Qahal/συνέστησαν) contre Moïse et Aaron, et leur dirent : C'en est assez ! car toute l'assemblée (συναγωγὴ), tous sont saints, et l'Éternel est au milieu d'eux. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l'assemblée de l'Éternel ?
Nombres 16 : 19 Et Koré convoqua (Qahal/ἐπισυνέστησεν) toute l'assemblée contre Moïse et Aaron, à l'entrée de la tente d'assignation. Alors la gloire de l'Éternel apparut à toute l'assemblée (συναγωγὴν).
Nombres 16 : 42 Comme l'assemblée se formait (Qahal) contre Moïse et Aaron, et comme ils tournaient les regards vers la tente d'assignation, voici, la nuée la couvrit, et la gloire de l'Éternel apparut.
Nombres 20 : 2 Il n'y avait point d'eau pour l'assemblée; et l'on se souleva (Qahal) contre Moïse et Aaron.
Nombres 20 : 8 Prends la verge, et convoque (Qahal) l'assemblée, toi et ton frère Aaron. Vous parlerez en leur présence au rocher, et il donnera ses eaux; tu feras sortir pour eux de l'eau du rocher, et tu abreuveras l'assemblée et leur bétail.
Nombres 20 : 10 Moïse et Aaron convoquèrent (Qahal) l'assemblée en face du rocher. Et Moïse leur dit : Ecoutez donc, rebelles ! Est-ce de ce rocher que nous vous ferons sortir de l'eau ?
Deutéronome 4 : 10 Souviens-toi du jour où tu te présentas devant l'Éternel, ton Dieu, à Horeb, lorsque l'Éternel me dit : Assemble (Qahal) auprès de moi le peuple ! Je veux leur faire entendre mes paroles, afin qu'ils apprennent à me craindre tout le temps qu'ils vivront sur la terre; et afin qu'ils les enseignent à leurs enfants.
Deutéronome 31 : 12 Tu rassembleras (Qahal) le peuple, les hommes, les femmes, les enfants, et l'étranger qui sera dans tes portes, afin qu'ils t'entendent, et afin qu'ils apprennent à craindre l'Éternel, votre Dieu, à observer et à mettre en pratique toutes les paroles de cette loi.
Deutéronome 31 : 28 Assemblez (Qahal) devant moi tous les anciens de vos tribus et vos officiers; je dirai ces paroles en leur présence, et je prendrai à témoin contre eux le ciel et la terre.
Josué 18 : 1 Toute l'assemblée des enfants d'Israël se réunit (Qahal) à Silo, et ils y placèrent la tente d'assignation. Le pays était soumis devant eux.
Josué 22 : 12 Lorsque les enfants d'Israël eurent appris cela, toute l'assemblée des enfants d'Israël se réunit (Qahal) à Silo, pour monter contre eux et leur faire la guerre.
Juges 20 : 1 Tous les enfants d'Israël sortirent, depuis Dan jusqu'à Beer-Schéba et au pays de Galaad, et l'assemblée se réunit (Qahal) comme un seul homme devant l'Éternel, à Mitspa.
2 Samuel 20 : 14 Joab traversa toutes les tribus d'Israël dans la direction d'Abel-Beth-Maaca, et tous les hommes d'élite se rassemblèrent (Qahal) et le suivirent.
1 Rois 8 : 1 Alors le roi Salomon assembla (Qahal) près de lui à Jérusalem les anciens d'Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des enfants d'Israël, pour transporter de la cité de David, qui est Sion, l'arche de l'alliance de l'Éternel.
1 Rois 8 : 2 Tous les hommes d'Israël se réunirent (Qahal) auprès du roi Salomon, au mois d'Ethanim, qui est le septième mois, pendant la fête.
1 Rois 12 : 21 Roboam, arrivé à Jérusalem, rassembla (Qahal) toute la maison de Juda et la tribu de Benjamin, cent quatre-vingt mille hommes d'élite propres à la guerre, pour qu'ils combattissent contre la maison d'Israël afin de la ramener sous la domination de Roboam, fils de Salomon.
1 Chroniques 13 : 5 David assembla (Qahal) tout Israël, depuis le Schichor d'Égypte jusqu'à l'entrée de Hamath, pour faire venir de Kirjath-Jearim l'arche de Dieu.
1 Chroniques 15 : 3 Et David assembla (Qahal) tout Israël à Jérusalem pour faire monter l'arche de l'Éternel à la place qu'il lui avait préparée.
1 Chroniques 28 : 1 David convoqua (Qahal) à Jérusalem tous les chefs d'Israël, les chefs des tribus, les chefs des divisions au service du roi, les chefs de milliers et les chefs de centaines, ceux qui étaient en charge sur tous les biens et les troupeaux du roi et auprès de ses fils, les eunuques, les héros et tous les hommes vaillants.
2 Chroniques 5 : 2 Alors Salomon assembla (Qahal) à Jérusalem les anciens d'Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des enfants d'Israël, pour transporter de la cité de David, qui est Sion, l'arche de l'alliance de l'Éternel.
2 Chroniques 5 : 3 Tous les hommes d'Israël se réunirent (Qahal) auprès du roi Pour la fête, qui se célébra le septième mois.
2 Chroniques 11 : 1 Roboam, arrivé à Jérusalem, rassembla (Qahal) la maison de Juda et de Benjamin, cent quatre-vingt mille hommes d'élite propres à la guerre, pour qu'ils combattissent contre Israël afin de le ramener sous la domination de Roboam.
2 Chroniques 20 : 26 Le quatrième jour, ils s'assemblèrent (Qahal) dans la vallée de Beraca, où ils bénirent l'Éternel; c'est pourquoi ils appelèrent ce lieu vallée de Beraca, nom qui lui est resté jusqu'à ce jour.
Esther 8 : 11 Par ces lettres, le roi donnait aux Juifs, en quelque ville qu'ils fussent, la permission de se rassembler (Qahal) et de défendre leur vie, de détruire, de tuer et de faire périr, avec leurs petits enfants et leurs femmes, tous ceux de chaque peuple et de chaque province qui prendraient les armes pour les attaquer, et de livrer leurs biens au pillage.
Esther 9 : 2 Les Juifs se rassemblèrent (Qahal) dans leurs villes, dans toutes les provinces du roi Assuérus, pour mettre la main sur ceux qui cherchaient leur perte; et personne ne put leur résister, car la crainte qu'on avait d'eux s'était emparée de tous les peuples.
Esther 9 : 15 Et les Juifs qui se trouvaient à Suse se rassemblèrent (Qahal) de nouveau le quatorzième jour du mois d'Adar et tuèrent dans Suse trois cents hommes. Mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Esther 9 : 16 Les autres Juifs qui étaient dans les provinces du roi se rassemblèrent (Qahal) et défendirent leur vie; ils se procurèrent du repos en se délivrant de leurs ennemis, et ils tuèrent soixante-quinze mille de ceux qui leur étaient hostiles. Mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Esther 9 : 18 Ceux qui se trouvaient à Suse, s'étant rassemblés (Qahal) le treizième jour et le quatorzième jour, se reposèrent le quinzième, et ils en firent un jour de festin et de joie.
Job 11 : 10 S'il passe, s'il saisit, S'il traîne à son tribunal (Qahal), qui s'y opposera ?
Jérémie 26 : 9 Pourquoi prophétises-tu au nom de l'Éternel, en disant : Cette maison sera comme Silo, et cette ville sera dévastée, privée d'habitants ? Tout le peuple s'attroupa (Qahal) autour de Jérémie dans la maison de l'Éternel.
Ezéchiel 38 : 7 Prépare-toi, tiens-toi prêt, Toi, et toute ta multitude assemblée (Qahal) autour de toi ! Sois leur chef !
Ezéchiel 38 : 13 Séba et Dedan, les marchands de Tarsis, et tous leurs lionceaux, te diront : Viens-tu pour faire du butin ? Est-ce pour piller que tu as rassemblé (Qahal) ta multitude, pour emporter de l'argent et de l'or, pour prendre des troupeaux et des biens, pour faire un grand butin ?
Joël 2 : 16 Assemblez (συναγάγετε) le peuple, formez une sainte réunion (Qahal/ἐκκλησίαν) ! Assemblez (ἐκλέξασθε) les vieillards, assemblez (συναγάγετε) les enfants, même les nourrissons au sein ! Que l'époux sorte de sa demeure, et l'épouse de sa chambre !
Versets de la Septante (LXX) où le mot hébreu ēdāh est traduit par le grec ἐκκλησία (ekklesia), bien que cette traduction soit moins fréquente que celle par συναγωγή (synagōgē).
Nombres 16 : 2 Ils se soulevèrent contre Moïse, avec deux cent cinquante hommes des enfants d'Israël, des principaux de l'assemblée ('Edah/ἐκκλησία/ekklesia), de ceux que l'on convoquait à l'assemblée, et qui étaient des gens de renom.
Nombres 16 : 3 Ils s'assemblèrent contre Moïse et Aaron, et leur dirent : C'en est assez ! car toute l'assemblée ('Edah/ἐκκλησία/ekklesia), tous sont saints, et l'Éternel est au milieu d'eux. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l'assemblée de l'Éternel ?
Nombres 27 : 17 qui sorte devant eux et qui entre devant eux, qui les fasse sortir et qui les fasse entrer, afin que l'assemblée ('Edah/ἐκκλησία/ekklesia) de l'Éternel ne soit pas comme des brebis qui n'ont point de berger.
Nombres 31 : 16 Voici, ce sont elles qui, sur la parole de Balaam, ont entraîné les enfants d'Israël à l'infidélité envers l'Éternel, dans l'affaire de Peor; et alors éclata la plaie dans l'assemblée ('Edah/ἐκκλησία/ekklesia) de l'Éternel.
Josué 9 : 27 Mais il les destina dès ce jour à couper le bois et à puiser l'eau pour l'assemblée ('Edah/ἐκκλησία/ekklesia), et pour l'autel de l'Éternel dans le lieu que l'Éternel choisirait : ce qu'ils font encore aujourd'hui.
Ces exemples montrent que, bien que ēdāh soit généralement traduit par synagōgē, il est parfois rendu par ekklesia, notamment dans des contextes où l'assemblée est convoquée pour des décisions importantes ou des événements significatifs.
Dans cet autre verset, les mots "qahal, ekklesia ou synagogue" sont absents, mais l'idée de rassemblement est bien présente.
Lv 23,1-2 Yahvé parla à Moïse et dit : Parle aux israélites ; tu leur diras : Les solennités de Yahvé auxquelles vous les convoquerez (tiq·rə·’ū), ce sont là mes saintes assemblées.
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X Pour aller plus loin
Mary Douglas, Purity and Danger. An Analysis of Concepts of Pollution and Taboo, Routledge, 1966 ; trad. fr. De la souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou, La Découverte, 2001 — l'étude anthropologique fondatrice sur les systèmes de pureté.
Mary Douglas, Leviticus as Literature, Oxford University Press, 1999 — lecture structurale et littéraire du Lévitique, prolongeant Purity and Danger par une analyse interne du texte biblique.
Jacob Milgrom, Leviticus, 3 vol., Anchor Bible 3, 3A, 3B, Doubleday, 1991–2001 — le commentaire de référence absolu sur le Lévitique, avec une théologie du sacrifice et de la pureté d'une exceptionnelle profondeur.
Roland de Vaux, Les institutions de l'Ancien Testament, 2 vol., Cerf, 1958–1960 (réimpr. 1991) — la somme classique en français sur les institutions civiles, militaires et religieuses d'Israël, incluant le sacerdoce, les fêtes et le culte.
Rudolf Otto, Das Heilige, 1917 ; trad. fr. Le Sacré, Payot, 1929 (rééd. Petite Bibliothèque Payot, 1995) — la phénoménologie du numineux, fondement de toute approche moderne de la catégorie du sacré.
Gerhard von Rad, Théologie de l'Ancien Testament, 2 vol., Labor et Fides, 1963–1967 — la grande théologie vétérotestamentaire du XXe siècle, avec des développements essentiels sur l'alliance, le culte, et la convocation du peuple de Dieu.
Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi, Christophe Nihan (dir.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2004 (2e éd. 2009) — l'introduction critique francophone de référence, couvrant les questions de composition, de contexte historique et de théologie des différents corpus.
Lohfink, Gerhard, L'Église que voulait Jésus, Cerf, 1985 — étude sur le lien entre le qahal vétérotestamentaire et l'intention ecclésiale de Jésus, accessible et théologiquement solide.
Lothar Coenen, art. « Église (ekklesia) », in Dictionnaire de théologie biblique (DTNT), Éd. du Cerf / Éd. Presses Bibliques Universitaires, 1978, vol. I, p. 413-437 — l'article de référence sur la sémantique de qahal → ekklesia dans la tradition biblique.
