Évangile selon Luc — Commentaire théologique
Chapitre 4
Les trois tentations au désert · Le manifeste de Nazareth · Le rejet par les siens · Les exorcismes et guérisons à Capharnaüm
Lc 4,1-44 — Le combat au désert et le manifeste de Nazareth
Le chapitre 4 ouvre véritablement le ministère public de Jésus, immédiatement après sa manifestation comme Fils bien-aimé au baptême. L'Esprit qui vient de descendre sur lui le conduit aussitôt au désert, où il affronte trois tentations qui mettent à l'épreuve, sous des formes différentes, sa filiation divine tout juste proclamée (v. 1-13). De retour en Galilée, « avec la puissance de l'Esprit », Jésus inaugure son enseignement, et c'est à Nazareth, sa ville natale, qu'il prononce ce qui constitue le véritable manifeste programmatique de toute sa mission, en s'appliquant à lui-même une prophétie d'Isaïe (v. 14-21) — manifeste qui se heurte aussitôt au rejet violent de ses compatriotes (v. 22-30). Le chapitre s'achève à Capharnaüm, où Jésus enseigne avec autorité, exorcise un esprit impur, guérit la belle-mère de Simon et de nombreux malades, avant de proclamer la nécessité d'annoncer le Royaume également aux autres villes (v. 31-44).
Ce chapitre est ainsi construit en deux grands mouvements complémentaires : l'épreuve solitaire du désert, qui éprouve intérieurement l'identité filiale de Jésus, et l'épreuve publique de Nazareth, qui éprouve l'accueil de cette identité par les siens. Les deux scènes se répondent : dans les deux cas, le diable et les compatriotes de Jésus tentent, sous des formes différentes, de détourner ou de récuser la mission qui vient de lui être confiée.
I Texte — Luc 4,1-44 (TOB)
Les trois tentations au désert (v. 1-13)
« Jésus, rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l'Esprit à travers le désert, pendant quarante jours, où il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, au terme de ceux-ci, il eut faim. Le diable lui dit alors : "Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain." Jésus lui répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme." L'emmenant alors plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de la terre habitée, et lui dit : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m'a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tout sera à toi." Jésus lui répondit : "Il est écrit : C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras." Il le conduisit alors à Jérusalem, le plaça sur le rebord du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas, car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre." Jésus lui répondit : "Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu." Ayant ainsi épuisé toute forme de tentation, le diable s'éloigna de lui jusqu'au temps fixé. » (Lc 4,1-13)
Retour en Galilée et début de l'enseignement (v. 14-15)
« Jésus retourna en Galilée avec la puissance de l'Esprit, et sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans leurs synagogues, et tous lui rendaient gloire. » (Lc 4,14-15)
Le manifeste de Nazareth (v. 16-21)
« Il vint à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il déroula le livre et trouva le passage où il était écrit : "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a donné l'onction pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, il m'a envoyé proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer libres les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur." Il roula le livre, le remit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : "Aujourd'hui s'accomplit cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre." » (Lc 4,16-21)
Le rejet à Nazareth (v. 22-30)
« Tous lui rendaient témoignage et s'étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche ; ils disaient : "N'est-ce pas le fils de Joseph ?" Il leur dit alors : "Sans doute allez-vous me citer le dicton : Médecin, guéris-toi toi-même ; tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capharnaüm, fais-le ici aussi, dans ta patrie." Il ajouta : "En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité, il y avait beaucoup de veuves en Israël au temps d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pendant trois ans et six mois, en sorte qu'une grande famine sévit sur tout le pays ; pourtant, Élie ne fut envoyé à aucune d'elles, mais bien à une veuve de Sarepta, dans le pays de Sidon. Et il y avait beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; pourtant aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman le Syrien." Tous, dans la synagogue, furent remplis de colère en entendant cela. Ils se levèrent, le chassèrent de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin. » (Lc 4,22-30)
L'enseignement et l'exorcisme à Capharnaüm (v. 31-37)
« Il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et là, le jour du sabbat, il les enseignait. Ils étaient frappés de son enseignement, car il parlait avec autorité. Il y avait dans la synagogue un homme possédé d'un esprit de démon impur, et il cria d'une voix forte : "Ah ! Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu." Jésus le menaça en disant : "Tais-toi, et sors de cet homme." Le démon, après avoir jeté l'homme au milieu de l'assemblée, sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis de stupeur, et ils se disaient les uns aux autres : "Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent." Et l'on parlait de lui en tout lieu, dans toute la région d'alentour. » (Lc 4,31-37)
Guérisons à Capharnaüm et départ vers d'autres villes (v. 38-44)
« En sortant de la synagogue, il se rendit dans la maison de Simon. La belle-mère de Simon était retenue par une forte fièvre, et on le pria pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et celle-ci la quitta ; à l'instant même, elle se leva et se mit à les servir. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses maladies les lui amenèrent ; il leur imposait les mains à chacun et les guérissait. De plusieurs sortaient aussi des démons, qui criaient : "Tu es le Fils de Dieu." Mais il les menaçait et ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ. Dès le point du jour, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules se mirent à sa recherche, et, l'ayant rejoint, elles voulaient le retenir, pour qu'il ne les quittât pas. Mais il leur dit : "Il faut aussi que j'annonce aux autres villes la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé." Et il prêchait dans les synagogues de Judée. » (Lc 4,38-44)
II Les trois tentations : le combat du Fils dans le désert (v. 1-13)
« Rempli de l'Esprit Saint », « conduit par l'Esprit »
Luc souligne, par deux mentions successives de l'Esprit, la continuité directe entre le baptême et les tentations : c'est précisément parce que Jésus vient d'être manifesté Fils bien-aimé, rempli de l'Esprit, qu'il est aussitôt conduit au désert pour y affronter l'épreuve. Le désert, lieu biblique classique de l'épreuve (l'Exode, les quarante ans d'Israël), et les quarante jours de jeûne évoquent explicitement le parcours d'Israël et la figure de Moïse, tout en préparant la longue marche de Jésus lui-même vers Jérusalem, qui occupera la seconde moitié de l'évangile.
La structure des trois tentations : pain, pouvoir, présomption
Les trois tentations, dans l'ordre propre à Luc — différent de celui de Matthieu, qui place en dernier la tentation des royaumes plutôt que celle du Temple —, mettent à l'épreuve trois dimensions de la filiation divine de Jésus : sa relation à la nourriture et à la satisfaction immédiate des besoins (transformer une pierre en pain), sa relation au pouvoir politique et à la domination du monde (les royaumes offerts en échange d'une prosternation idolâtre), et sa relation à Dieu lui-même, sous la forme d'une présomption qui voudrait forcer la protection divine par un geste spectaculaire (se jeter du faîte du Temple). À chacune de ces trois tentations, Jésus répond par une citation du Deutéronome (Dt 8,3 ; 6,13 ; 6,16), refusant ainsi de séparer sa filiation divine de l'obéissance confiante envers la Parole de Dieu.
L'ordre lucanien : Jérusalem en dernier lieu
Le choix propre à Luc de placer en dernier la tentation du Temple de Jérusalem, plutôt que celle des royaumes comme chez Matthieu, n'est pas indifférent : il prépare l'orientation vers Jérusalem qui structurera tout l'évangile, le grand voyage du chapitre 9 jusqu'au chapitre 19 culminant précisément à Jérusalem, et l'ultime tentation du diable, repoussée ici, trouvera son écho final lors de la Passion, où Jésus sera de nouveau provoqué à descendre de la croix par un défi similaire (23,35-37).
« Jusqu'au temps fixé »
La notice finale — « le diable s'éloigna de lui jusqu'au temps fixé » — est propre à Luc et annonce que le combat n'est pas définitivement clos : il reprendra, sous une forme plus dramatique, au moment de la Passion, lorsque « Satan entra en Judas » (22,3). Cette notation structure ainsi tout l'évangile autour de deux moments de combat spirituel, qui encadrent le ministère public de Jésus.
Voir l'étude détaillée des tentationsIII Le manifeste de Nazareth : « aujourd'hui s'accomplit cette parole » (v. 14-21)
La lecture d'Isaïe et l'année de grâce
La scène de la synagogue de Nazareth occupe, dans l'architecture théologique de Luc, une fonction programmatique unique : Jésus s'applique explicitement à lui-même la prophétie d'Is 61,1-2, combinée à une allusion à Is 58,6, et résume ainsi par avance les grandes orientations de tout son ministère — l'onction de l'Esprit déjà manifestée au baptême, l'annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres, la délivrance des captifs, le retour à la vue des aveugles, la libération des opprimés, et la proclamation d'une « année de grâce du Seigneur », expression qui évoque l'année jubilaire de Lv 25, temps de remise des dettes et de restauration des libertés perdues.
« Aujourd'hui s'accomplit cette parole »
La parole de Jésus — « aujourd'hui s'accomplit cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre » — constitue la première parole publique de son ministère adulte rapportée par Luc, et elle inaugure le grand motif théologique du « aujourd'hui » qui traversera tout l'évangile (2,11 ; 19,9 ; 23,43) : le salut annoncé par les prophètes ne demeure pas une promesse différée mais devient, dans la personne et la parole de Jésus, une réalité offerte dans le présent même de la rencontre.
Le manifeste de Nazareth dans la doctrine sociale de l'Église
Cette page a nourri une réflexion constante sur la dimension sociale de l'Évangile. Jean-Paul II, dans plusieurs textes, rappelle que l'option pour les pauvres annoncée à Nazareth n'est pas un simple programme social mais l'expression d'une attention que Dieu lui-même porte aux plus démunis, fondement théologique de la doctrine sociale de l'Église. François, dans Evangelii Gaudium (n. 197), cite explicitement ce passage pour rappeler que « cette prédilection divine a des conséquences dans la vie de foi de tous les chrétiens ». Le Catéchisme de l'Église catholique (n. 714-716) relie ce texte à l'ensemble des annonces prophétiques concernant l'onction messianique du Serviteur de Dieu par l'Esprit.
IV Le rejet à Nazareth : « aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie » (v. 22-30)
De l'admiration à la colère
Le récit fait basculer rapidement l'assemblée de l'admiration initiale — « ils s'étonnaient des paroles de grâce » — à une hostilité violente. Le point de bascule est la question « n'est-ce pas le fils de Joseph ? », qui révèle la difficulté des compatriotes de Jésus à accueillir une autorité prophétique et messianique chez quelqu'un dont ils croient connaître l'origine ordinaire. Cette difficulté à reconnaître la grandeur cachée sous la familiarité est un motif récurrent de toute l'histoire biblique du prophétisme.
Élie, Élisée et l'ouverture aux nations
La réponse de Jésus, en évoquant la veuve de Sarepta (1 R 17,8-16) et Naaman le Syrien (2 R 5,1-14) — deux étrangers bénéficiaires de l'action prophétique d'Élie et d'Élisée alors que de nombreux Israélites en étaient privés —, anticipe dès cette première scène publique l'ouverture du salut aux nations qui culminera dans la Grande Mission des Actes. C'est précisément cette anticipation de l'universalisme, perçue comme une remise en cause du privilège d'Israël, qui déclenche la fureur meurtrière de l'assemblée.
« Il passa au milieu d'eux »
La conclusion de la scène — Jésus échappant à la tentative de meurtre en « passant au milieu d'eux » — manifeste, dès cette première confrontation, que l'heure de la Passion n'est pas encore venue : un ordre supérieur à la volonté meurtrière de la foule régit le déroulement des événements, jusqu'à l'heure que Jésus lui-même choisira de remettre entre les mains de ses adversaires (22,53).
V L'autorité de l'enseignement et le premier exorcisme à Capharnaüm (v. 31-37)
À Capharnaüm, ville qui deviendra le centre du ministère galiléen de Jésus, le contraste entre l'accueil hostile de Nazareth et l'étonnement admiratif des habitants — « il parlait avec autorité » — souligne, par opposition, le rejet qui vient d'avoir lieu. Le premier exorcisme rapporté par Luc met en scène une reconnaissance paradoxale : le démon, contrairement aux habitants de Nazareth, identifie correctement Jésus comme « le Saint de Dieu », manifestant ainsi que la connaissance surnaturelle de l'identité de Jésus ne suffit nullement à produire la foi salvifique, qui requiert un accueil libre et confiant que les démons, par nature, ne peuvent offrir.
VI Les guérisons et la nécessité de la mission élargie (v. 38-44)
La belle-mère de Simon : le service comme fruit de la guérison
La guérison de la belle-mère de Simon, rapportée avec une grande sobriété, se conclut par une notation significative : « elle se leva et se mit à les servir ». Ce détail, loin d'être anecdotique, illustre un principe constant chez Luc : la guérison opérée par Jésus restaure non seulement la santé physique mais la capacité même de service et de don de soi, anticipant la place que le service occupera dans l'enseignement de Jésus sur l'autorité véritable (22,26-27).
« Il faut aussi que j'annonce aux autres villes »
Face au désir des foules de Capharnaüm de retenir Jésus pour elles seules, la réponse de celui-ci — « il faut aussi que j'annonce aux autres villes la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé » — emploie de nouveau le verbe de nécessité divine (dei) déjà rencontré au chapitre 2 (2,49), confirmant que la mission de Jésus obéit à un dessein qui dépasse les attachements particuliers, même légitimes, pour s'étendre à l'ensemble du peuple.
VII Synthèse théologique
Le combat intérieur et le rejet extérieur
Le chapitre 4 articule deux formes d'épreuve qui accompagneront tout le ministère de Jésus : l'épreuve intérieure du désert, qui met à l'épreuve sa fidélité filiale à la Parole de Dieu face aux séductions du pouvoir et de la facilité, et l'épreuve extérieure de Nazareth, qui met à l'épreuve l'accueil de cette même fidélité par les hommes, jusqu'au rejet violent. Ces deux formes de résistance — celle du tentateur et celle des hommes — annoncent déjà, dès l'ouverture du ministère, la dynamique pascale qui traversera tout l'évangile.
Le manifeste programmatique de toute la mission
La lecture d'Isaïe à Nazareth constitue la clé de lecture théologique de l'ensemble du ministère de Jésus tel que Luc le racontera : annonce aux pauvres, libération des captifs, restauration de la vue, délivrance des opprimés. Chacune de ces dimensions trouvera sa réalisation concrète dans les chapitres suivants, faisant de ce passage le véritable sommaire programmatique de tout l'évangile.
L'autorité de Jésus confirmée par les actes
La fin du chapitre, par les scènes d'exorcisme et de guérison à Capharnaüm, confirme en actes l'autorité que Jésus vient de proclamer en paroles à Nazareth : l'enseignement avec autorité, la libération des possédés, la guérison des malades manifestent concrètement que « aujourd'hui » s'accomplit véritablement la prophétie d'Isaïe lue dans la synagogue.
VIII Questions pour l'approfondissement
1. Les trois tentations portent sur le pain, le pouvoir et la présomption envers Dieu. En quoi ces trois formes de tentation, vécues par Jésus dans le désert, demeurent-elles des tentations actuelles et concrètes dans nos propres existences ?
2. Jésus répond à chaque tentation par une parole de l'Écriture, sans jamais argumenter autrement avec le tentateur. Que peut nous enseigner cette manière de résister, fondée sur la Parole de Dieu plutôt que sur la seule force de la volonté personnelle ?
3. Le manifeste de Nazareth annonce une Bonne Nouvelle pour les pauvres, les captifs, les aveugles et les opprimés. Comment recevoir aujourd'hui cette annonce, à la fois dans sa dimension spirituelle intérieure et dans sa portée concrète envers les situations réelles de pauvreté et d'exclusion ?
4. Les habitants de Nazareth passent rapidement de l'admiration à la fureur meurtrière, en raison de leur trop grande familiarité avec Jésus. Quelles formes de familiarité peuvent aujourd'hui nous empêcher de reconnaître l'action de Dieu dans notre propre vie ou dans celle des autres ?
5. Jésus refuse de se laisser retenir par les foules de Capharnaüm pour poursuivre sa mission vers d'autres villes. Comment ce refus de l'enfermement, au nom d'une nécessité missionnaire plus large, peut-il interroger nos propres tentations de vouloir garder Dieu, ou son action dans l'Église, pour notre seul usage personnel ou communautaire ?
X Pour aller plus loin
Joseph A. Fitzmyer, The Gospel According to Luke I-IX, Anchor Bible 28, Doubleday, 1981, p. 506-565 — commentaire détaillé sur les tentations et le manifeste de Nazareth.
François Bovon, L'Évangile selon saint Luc 1,1-9,50, CNT, Labor et Fides, 1991, p. 201-260 — commentaire francophone de référence sur le chapitre 4.
Jacques Dupont, Les tentations de Jésus au désert, Cerf, 1968 — étude classique sur le récit des tentations dans les évangiles synoptiques.
Robert C. Tannehill, The Narrative Unity of Luke-Acts, vol. 1, Fortress Press, 1986, p. 60-73 — analyse narrative de la fonction programmatique du discours de Nazareth.
François, Evangelii Gaudium (2013), n. 186-201 — sur l'inclusion sociale des pauvres comme prolongement de l'option annoncée à Nazareth.
