Évangile selon Luc — Commentaire théologique
Chapitre 7
La foi du centurion · La veuve de Naïm · Les envoyés de Jean-Baptiste · L'éloge de Jean et la génération actuelle · La femme pécheresse pardonnée chez Simon le pharisien
Lc 7,1-50 — Les miracles de la miséricorde et la question de l'identité de Jésus
Le chapitre 7 rassemble une série de scènes toutes articulées autour d'une question centrale qui les traverse : qui est Jésus ? La foi du centurion romain, étranger qui reconnaît une autorité sans égale (v. 1-10), la résurrection du fils de la veuve de Naïm qui fait s'écrier la foule « un grand prophète a surgi parmi nous » (v. 11-17), les envoyés de Jean-Baptiste qui posent la question directement — « es-tu celui qui doit venir ? » (v. 18-23) — et la longue méditation sur la place de Jean dans l'histoire du salut (v. 24-35) : autant de moments qui convergent vers une christologie en train de se formuler. Le chapitre s'achève sur la scène de la femme pécheresse pardonnée chez Simon le pharisien (v. 36-50), qui illustre avec une force incomparable le lien entre l'amour et le pardon, et constitue l'une des pages les plus représentatives de la théologie lucanienne de la miséricorde.
Ce chapitre est aussi celui de deux figures d'étrangers — le centurion et la femme pécheresse — dont la foi et l'amour surpassent ceux des membres reconnus d'Israël, confirmant dès le ministère galiléen la logique universaliste déjà annoncée à Nazareth (4,25-27).
I Texte — Luc 7,1-50 (TOB)
La foi du centurion (v. 1-10)
« Quand il eut achevé de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. Un centurion avait un serviteur malade sur le point de mourir, et il lui était très attaché. Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui des anciens des Juifs pour lui demander de venir sauver son serviteur. Ceux-ci s'approchèrent de Jésus et le suppliaient instamment : "Il mérite que tu lui accordes cela, car il aime notre nation et c'est lui qui nous a bâti la synagogue." Jésus s'en allait avec eux. Il n'était déjà plus très loin de la maison, quand le centurion envoya des amis lui dire : "Seigneur, ne te dérange pas, car je ne suis pas digne de te recevoir sous mon toit ; c'est pourquoi je ne me suis pas jugé digne d'aller vers toi moi-même. Mais dis une parole, et mon serviteur sera guéri. Car moi, qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l'un : Va ! et il va, à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait." En entendant cela, Jésus l'admira ; se retournant vers la foule qui le suivait, il dit : "Je vous le dis, même en Israël je n'ai pas trouvé une telle foi." Et les envoyés, de retour à la maison, trouvèrent le serviteur rétabli. » (Lc 7,1-10)
La résurrection du fils de la veuve de Naïm (v. 11-17)
« Le lendemain, Jésus allait dans une ville appelée Naïm, et ses disciples faisaient route avec lui ainsi qu'une foule nombreuse. Comme il s'approchait de la porte de la ville, voici qu'on portait un mort, fils unique de sa mère, une veuve, et une grande foule de la ville était avec elle. En la voyant, le Seigneur fut pris de pitié pour elle et lui dit : "Ne pleure pas." Il s'approcha et toucha le cercueil ; ceux qui le portaient s'arrêtèrent. Il dit : "Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi." Le mort s'assit et se mit à parler, et Jésus le rendit à sa mère. La crainte saisit tout le monde, et ils glorifiaient Dieu : "Un grand prophète a surgi parmi nous" et "Dieu a visité son peuple." Cette nouvelle se répandit à son sujet dans toute la Judée et dans toute la région d'alentour. » (Lc 7,11-17)
Les envoyés de Jean-Baptiste (v. 18-23)
« Les disciples de Jean lui rapportèrent tout cela. Jean appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : "Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?" Ces hommes s'approchèrent de Jésus et lui dirent : "Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?" À ce moment-là, Jésus guérit beaucoup de gens de maladies, de souffrances et d'esprits mauvais, et il rendit la vue à beaucoup d'aveugles. Puis il leur répondit : "Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi." » (Lc 7,18-23)
L'éloge de Jean-Baptiste et la génération actuelle (v. 24-35)
« Quand les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à parler à la foule au sujet de Jean : "Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d'habits luxueux ? Ceux qui portent des habits somptueux et vivent dans les délices se trouvent dans les palais des rois. Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète. C'est celui dont il est écrit : Voici, j'envoie mon messager devant ta face, et il préparera ton chemin devant toi. Je vous le déclare : parmi les enfants des femmes, il n'en est pas né de plus grand que Jean ; pourtant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui." (…) "À qui vais-je comparer les hommes de cette génération ? À quoi ressemblent-ils ? Ils ressemblent à des enfants assis sur la place publique, qui s'interpellent les uns les autres : Nous avons joué de la flûte pour vous, et vous n'avez pas dansé ; nous avons chanté des lamentations, et vous n'avez pas pleuré. Car Jean le Baptiste est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il est possédé. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : Voilà un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs. Et la Sagesse a été reconnue juste par tous ses enfants." » (Lc 7,24-28.31-35)
La femme pécheresse pardonnée chez Simon le pharisien (v. 36-50)
« Un pharisien l'invita à manger avec lui. Il entra dans la maison du pharisien et se mit à table. Survint une femme qui était une pécheresse dans la ville. Ayant appris qu'il était à table dans la maison du pharisien, elle apporta un vase d'albâtre plein de parfum. Se plaçant derrière lui, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui mouiller les pieds de ses larmes et les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et les oignait de parfum. En voyant cela, le pharisien qui l'avait invité se dit en lui-même : "Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu'elle est : une pécheresse." Jésus prit la parole et lui dit : "Simon, j'ai quelque chose à te dire." — "Dis, Maître." — "Un créancier avait deux débiteurs : l'un lui devait cinq cents pièces d'argent et l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous les deux. Lequel des deux l'aimera le plus ?" Simon répondit : "Je suppose que c'est celui à qui il a fait grâce du plus." Jésus lui dit : "Tu as bien jugé." Et, se tournant vers la femme, il dit à Simon : "Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as pas donné d'eau pour mes pieds ; elle, au contraire, a mouillé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas donné de baiser ; elle, depuis que je suis entré, n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. Tu n'as pas oint mon chef d'huile ; elle, c'est de parfum qu'elle a oint mes pieds. Aussi, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis, parce qu'elle a montré beaucoup d'amour ; mais celui à qui on remet peu montre peu d'amour." Alors il lui dit : "Tes péchés sont remis." Ceux qui étaient à table avec lui commencèrent à se dire entre eux : "Qui est-il, celui-ci, pour même remettre les péchés ?" Mais lui dit à la femme : "Ta foi t'a sauvée ; va en paix." » (Lc 7,36-50)
II La foi du centurion : « même en Israël je n'ai pas trouvé une telle foi » (v. 1-10)
Un étranger qui honore Israël
Le centurion romain est présenté, par la médiation des anciens des Juifs qui intercèdent pour lui, comme un homme qui aime le peuple juif et a financé la construction de la synagogue locale — détail propre à Luc qui souligne, avant même d'évoquer sa foi, la qualité de ses relations avec la communauté juive. Ce portrait initial prépare le paradoxe à venir : c'est précisément cet étranger bienveillant envers Israël qui manifestera une foi que Jésus déclare introuvable en Israël lui-même.
« Dis une parole, et mon serviteur sera guéri »
L'argument du centurion, fondé sur son expérience de l'autorité militaire — donner des ordres et les voir obéis à distance — révèle une intuition théologique : il a perçu que l'autorité de Jésus est d'un ordre analogue, mais infiniment supérieur, à celle d'un commandant militaire. La parole de Jésus est souveraine sur la maladie comme l'ordre d'un chef sur ses soldats. Cette foi dans la toute-puissance de la parole de Jésus, exercée à distance sans contact ni présence physique, arrache à Jésus lui-même une réaction exceptionnelle : « il l'admira » — un des rares textes des évangiles où Jésus est dit admirer quelqu'un.
III La résurrection du fils de la veuve de Naïm : la pitié qui ressuscite (v. 11-17)
« Le Seigneur fut pris de pitié »
La scène de Naïm, propre à Luc, est l'une des trois résurrections rapportées dans les évangiles (avec la fille de Jaïre et Lazare). Elle est introduite par une notation affective unique dans les évangiles synoptiques : « en la voyant, le Seigneur fut pris de pitié pour elle ». Le verbe grec esplagchnisthē, dérivé de splanchna (les entrailles), désigne une émotion physiquement ressentie, une compassion qui saisit au plus profond. C'est cette pitié viscérale, et non une demande formulée par la veuve, qui déclenche le miracle : Jésus ressuscite le fils non parce qu'on le lui a demandé, mais parce qu'il est mu par la douleur qu'il contemple.
Élie et la veuve de Sarepta : l'écho scripturaire
La résurrection du fils de la veuve de Naïm est construite en écho délibéré à la résurrection opérée par Élie pour la veuve de Sarepta (1 R 17,17-24), déjà mentionnée dans la scène de Nazareth (4,26). Luc accentue encore le parallèle par la formule finale — « Jésus le rendit à sa mère » — identique à celle du texte d'Élie (« il le donna à sa mère », 1 R 17,23). La réaction de la foule — « un grand prophète a surgi parmi nous » — répond exactement à ce parallèle, mais Jésus dépasse Élie : là où le prophète avait dû s'étendre trois fois sur le cadavre de l'enfant dans une prière laborieuse, Jésus ordonne simplement : « lève-toi ».
IV Les envoyés de Jean : la réponse en actes (v. 18-23)
« Es-tu celui qui doit venir ? »
La question de Jean-Baptiste, envoyée depuis la prison, a suscité d'abondants commentaires dans la tradition exégétique : représente-t-elle un doute personnel du Baptiste, ou une demande formulée pour le bénéfice de ses propres disciples ? Quelle que soit la réponse à cette question, Luc donne à l'échange une fonction christologique claire : il fournit à Jésus l'occasion de formuler sa réponse la plus explicite sur sa propre identité, sous la forme d'un catalogue de ses œuvres emprunté à Isaïe (Is 35,5-6 ; 61,1) — les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Cette liste reprend et accomplit exactement le manifeste de Nazareth (4,18-19).
« Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi »
La béatitude finale — « heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi » — introduit discrètement mais fermement la dimension du scandale : la manière dont Jésus accomplit les prophéties peut décevoir les attentes messianiques d'un certain type, notamment celles centrées sur un Messie de puissance et de jugement immédiat. La réponse de Jésus à Jean ne supprime pas le risque de ce scandale mais le désigne clairement comme la dernière épreuve de la foi.
V L'éloge de Jean et la parabole des enfants sur la place (v. 24-35)
« Plus grand que Jean, il n'en est pas né » — et pourtant
L'éloge de Jean par Jésus, formulé en termes absolus — « parmi les enfants des femmes, il n'en est pas né de plus grand » — est immédiatement suivi d'une relativisation non moins radicale : « pourtant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui ». Cette double affirmation articule la grandeur unique de Jean comme dernier et plus grand des prophètes, et la nouveauté absolue du Royaume inauguré par Jésus, qui place ses membres dans un rapport à Dieu radicalement nouveau, supérieur même à la place que Jean occupe dans l'ancienne économie.
La parabole des enfants sur la place
L'image des enfants qui jouent sur la place et reprochent à leurs camarades de n'avoir pas répondu, ni à la flûte ni aux lamentations, illustre l'incohérence de « la génération actuelle » face aux messagers de Dieu : Jean est venu dans l'ascèse du désert (« ne mangeant pas de pain, ne buvant pas de vin ») et on l'a accusé d'être possédé ; Jésus est venu dans la convivialité des repas avec publicains et pécheurs et on l'accuse d'être un débauché. Dans les deux cas, le reproche change de signe mais la résistance à accueillir le message divin est la même.
VI La femme pécheresse et Simon le pharisien : amour et pardon (v. 36-50)
Le contraste entre Simon et la femme
La scène est construite sur un double contraste soigneusement élaboré. Simon, le pharisien hôte, n'a accompli aucun des gestes élémentaires de l'hospitalité orientale envers son invité (eau pour les pieds, baiser de bienvenue, huile pour la tête), alors que la femme, sans y avoir été invitée, accomplit pour Jésus des gestes démultipliés et débordants : larmes, cheveux, baisers incessants, parfum précieux. Ce contraste rend visible, dans des actes concrets, la différence de la disposition intérieure des deux personnages envers Jésus.
La parabole du créancier et ses deux débiteurs
La courte parabole que Jésus adresse à Simon — deux débiteurs dont l'un doit dix fois plus que l'autre, tous deux graciés — formule la logique du lien entre amour et pardon qui structure toute la scène. La question de Jésus — « lequel des deux l'aimera le plus ? » — et la réponse de Simon — « celui à qui il a fait grâce du plus » — fournissent la clé d'interprétation du comportement de la femme : ses gestes débordants d'amour ne sont pas la cause du pardon mais sa conséquence et son expression ; elle aime beaucoup parce qu'elle a été beaucoup pardonnée.
« Ta foi t'a sauvée ; va en paix »
La formule conclusive de Jésus — « ta foi t'a sauvée » — déplace de nouveau l'accent : si l'amour exprimé par la femme est le signe visible de la grâce reçue, c'est sa foi qui est désignée comme la disposition fondamentale qui a rendu possible le pardon. Foi, amour et pardon forment ainsi un cercle indissociable dans la théologie lucanienne : la foi ouvre à la réception du pardon, qui engendre l'amour, qui manifeste la réalité du pardon reçu.
La femme pécheresse dans la tradition de l'Église
Cette figure a suscité une longue tradition d'identification. Depuis Grégoire le Grand (Homélie 33 sur les évangiles, 591), la tradition occidentale a identifié cette femme anonyme avec Marie de Magdala et Marie de Béthanie, formant la figure composite de Marie-Madeleine pécheresse convertie, qui a profondément marqué l'iconographie et la spiritualité médiévales. La recherche exégétique moderne distingue cependant nettement ces trois figures : la femme anonyme du chapitre 7 n'est pas nommée, Marie de Magdala est introduite au chapitre suivant (8,2) sans aucune mention de péché, et Marie de Béthanie appartient à l'évangile de Jean (12,1-8). Ce que la scène affirme avec force, en revanche, indépendamment de toute question d'identité, c'est que l'amour le plus intense envers le Christ peut naître précisément là où la conscience d'avoir été beaucoup pardonné est la plus vive.
VII Synthèse théologique
La foi des étrangers et des exclus comme révélateur
Le chapitre 7 met en scène deux figures dont la foi ou l'amour surpassent ceux des représentants reconnus de la religion officielle : le centurion romain dont la foi dépasse tout ce que Jésus a trouvé en Israël, et la femme pécheresse dont l'amour débordant contraste avec la froideur protocollaire de Simon le pharisien. Ces deux figures illustrent la logique constante de l'évangile lucanien : la grâce ne se distribue pas selon la position religieuse ou sociale, mais selon la disposition du cœur à accueillir le salut offert.
La pitié de Dieu comme moteur du salut
La résurrection du fils de la veuve de Naïm, déclenchée non par une demande formulée mais par la seule pitié de Jésus devant la douleur d'une mère, révèle une dimension fondamentale de la théologie lucanienne : Dieu ne distribue pas la grâce en réponse à des mérites ou à des supplications suffisamment convaincantes, mais est mu par une compassion qui précède toute demande humaine et va chercher, de sa propre initiative, ce qui est perdu ou souffrant.
Amour, foi et pardon : un cercle indissociable
La scène finale de la femme pécheresse formule, dans la condensation d'une courte parabole et d'un dialogue, la structure théologique du salut lucanien : la foi ouvre à la réception du pardon, le pardon engendre l'amour, l'amour manifeste la réalité du pardon reçu. Ces trois réalités ne se succèdent pas dans un ordre strict mais forment un dynamisme circulaire dans lequel chacune appelle et nourrit les deux autres.
VIII Questions pour l'approfondissement
1. Le centurion refuse que Jésus entre dans sa maison par humilité — « je ne suis pas digne » — et cette humilité même est le signe de sa grande foi. Comment recevoir cette leçon sur le lien entre humilité et foi, dans une époque où l'accès direct et immédiat à tout est souvent présenté comme un droit ?
2. Jésus ressuscite le fils de la veuve de Naïm sans qu'on le lui ait demandé, mû par sa seule pitié. Que révèle cette initiative spontanée sur la nature de la compassion divine, et comment cette image de Dieu peut-elle transformer notre manière de prier dans la douleur ?
3. Jean-Baptiste, dans sa prison, envoie demander à Jésus s'il est bien « celui qui doit venir ». Le doute de Jean, même apparent, est-il un signe de faiblesse ou peut-il être compris comme une forme de foi qui n'évite pas la question difficile ? Comment vivre nos propres moments de doute spirituel ?
4. La parabole des deux débiteurs affirme que l'amour le plus intense naît là où la conscience d'avoir été beaucoup pardonné est la plus vive. Comment cette logique peut-elle renouveler notre propre rapport au sacrement de la réconciliation et à la prière de demande du pardon ?
5. Simon le pharisien a invité Jésus à sa table mais n'a accompli aucun des gestes élémentaires de l'hospitalité. Quelles formes contemporaines peut prendre ce rapport à Jésus qui l'accueille en surface mais sans se laisser toucher en profondeur par sa présence ?
X Pour aller plus loin
Joseph A. Fitzmyer, The Gospel According to Luke I-IX, Anchor Bible 28, Doubleday, 1981, p. 648-762 — commentaire détaillé de l'ensemble du chapitre 7.
François Bovon, L'Évangile selon saint Luc 1,1-9,50, CNT, Labor et Fides, 1991, p. 361-418 — commentaire francophone de référence sur le chapitre 7.
Xavier Léon-Dufour, Études d'Évangile, Seuil, 1965 — notamment l'étude sur la femme pécheresse et son rapport à la tradition de la résurrection de Naïm.
Jacques Dupont, Les Béatitudes, vol. 2, Gabalda, 1969, p. 173-210 — sur la béatitude finale adressée aux envoyés de Jean et la christologie implicite de la réponse de Jésus.
Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, Homélie 33 (SC 522, Cerf, 2008) — texte fondateur de la tradition d'interprétation occidentale de la femme pécheresse, dont la réception médiévale a profondément marqué la spiritualité mariale-magdalénienne.
