Formation théologique

Évangile selon Matthieu — Commentaire théologique

Chapitre 15

Tradition des anciens · Pureté du cœur · La Cananéenne · Guérisons · Seconde multiplication des pains

Mt 15,1-39 — La vraie pureté, la foi des nations et le pain donné aux foules

Le chapitre 15 de Matthieu s'organise autour de deux axes théologiques majeurs en tension féconde. Le premier est la question de la pureté : face aux Pharisiens et scribes qui reprochent aux disciples de ne pas observer la tradition des anciens concernant le lavement des mains (v. 1-20), Jésus opère un renversement radical en déplaçant la pureté de l'extérieur rituel vers l'intérieur du cœur. Le second est l'ouverture aux nations : l'épisode de la femme cananéenne (v. 21-28) est l'une des scènes les plus dramatiques et les plus théologiquement riches de l'évangile, où une étrangère arrache à Jésus par sa foi tenace un miracle d'abord refusé.

Ces deux axes convergent dans la seconde multiplication des pains (v. 29-39), qui se déroule en territoire partiellement gentil et où la foule glorifie « le Dieu d'Israël » — confession qui donne à entendre que ces adorateurs ne sont pas tous Juifs. Le chapitre déploie ainsi une christologie et une sotériologie progressivement universelle : la grâce qui commence par Israël s'étend aux nations, non par suppression de l'élection mais par son accomplissement.

I Texte — Matthieu 15,1-39 (TOB)

La tradition des anciens et la vraie pureté (v. 1-20)

« Alors des Pharisiens et des scribes vinrent de Jérusalem trouver Jésus et lui dirent : "Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains quand ils mangent." Il leur répondit : "Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ? En effet, Dieu a dit : Honore ton père et ta mère, et : Celui qui maudit son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites : Celui qui dit à son père ou à sa mère : 'Ce dont tu pourrais bénéficier de ma part est consacré à Dieu', celui-là n'a pas à honorer son père. Vous avez ainsi annulé la parole de Dieu au profit de votre tradition. Hypocrites ! Isaïe a bien prophétisé à votre sujet quand il a dit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi ; c'est en vain qu'ils me rendent un culte, car les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Puis, appelant la foule, il dit : Écoutez et comprenez ! Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui souille l'homme." Alors ses disciples s'approchèrent et lui dirent : "Sais-tu que les Pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole ?" Il répondit : "Toute plante que mon Père céleste n'a pas plantée sera déracinée. Laissez-les : ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous les deux dans un trou." Pierre prit la parole et lui dit : "Explique-nous cette parabole." Jésus dit : "Êtes-vous, vous aussi, encore sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche passe dans le ventre et est rejeté dans les lieux d'aisances ? Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c'est cela qui souille l'homme. Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les débauches, les vols, les faux témoignages, les blasphèmes. Voilà ce qui souille l'homme ; mais manger sans s'être lavé les mains, cela ne souille pas l'homme." » (Mt 15,1-20)

La foi de la femme cananéenne (v. 21-28)

« Partant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Et voici qu'une femme cananéenne, venue de ces contrées, s'écria : "Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon." Il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples s'approchèrent et lui demandèrent : "Renvoie-la, car elle crie derrière nous." Il répondit : "Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël." Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : "Seigneur, viens à mon aide !" Il répondit : "Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens." Elle dit : "C'est vrai, Seigneur, et pourtant les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres." Alors Jésus lui répondit : "Femme, ta foi est grande ! Qu'il t'advienne comme tu le veux." Et sa fille fut guérie à l'heure même. » (Mt 15,21-28)

Guérisons au bord du lac et seconde multiplication des pains (v. 29-39)

« Partant de là, Jésus longea la mer de Galilée, puis gravit la montagne et s'y assit. De grandes foules vinrent à lui, amenant avec elles des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés et beaucoup d'autres ; on les déposa à ses pieds, et il les guérit. La foule était dans l'admiration en voyant les muets parler, les estropiés guéris, les boiteux marcher et les aveugles voir ; et elle rendit gloire au Dieu d'Israël. Jésus appela ses disciples et dit : "J'ai de la compassion pour cette foule, car ils sont déjà là depuis trois jours et ils n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur qu'ils ne défaillent en chemin." Les disciples lui dirent : "Où trouverions-nous dans ce lieu désert assez de pains pour rassasier une si grande foule ?" Jésus leur dit : "Combien avez-vous de pains ?" Ils dirent : "Sept, et quelques petits poissons." Il ordonna à la foule de s'asseoir par terre, prit les sept pains et les poissons, rendit grâce, les rompit et les donna aux disciples, et les disciples aux foules. Ils mangèrent tous à leur faim, et l'on ramassa les morceaux qui restèrent : sept corbeilles pleines. Ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. Puis, après avoir renvoyé les foules, il monta dans la barque et se rendit dans la région de Magedan. » (Mt 15,29-39)

II La tradition des anciens et la vraie pureté (v. 1-20)

La délégation de Jérusalem et la question du lavement des mains

La venue de Pharisiens et de scribes depuis Jérusalem — la capitale religieuse, siège de l'autorité — marque la gravité de l'affrontement. Ils ne contestent pas une infraction à la Torah écrite, mais à la tradition des anciens (paradosis tôn presbyterôn), c'est-à-dire à la halakha orale qui s'était développée autour de la Torah pour en étendre l'application. Le lavement rituel des mains avant le repas (netilat yadaïm) était une pratique pharisienne visant à étendre aux repas ordinaires les règles de pureté prescrites pour les prêtres dans le Temple.

La réponse de Jésus est un contre-attaque herméneutique : il oppose au précepte humain de la tradition le commandement de Dieu. L'exemple qu'il choisit est celui du Qorban — la consécration à Dieu d'un bien qui aurait dû servir à l'entretien des parents. Cette pratique permettait de se soustraire au commandement du décalogue (Honore ton père et ta mère, Ex 20,12) au profit d'une observance cultuelle. Jésus dénonce ici une perversion de la religion qui retourne le geste de piété en instrument d'égoïsme et d'évitement de la responsabilité familiale.

La citation d'Isaïe 29,13 : le culte des lèvres

La citation d'Is 29,13 (« Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi ») est l'arme scripturaire décisive de Jésus. Elle identifie ses adversaires à ceux que le prophète avait déjà dénoncés : un peuple dont la religion est extérieure et formelle, dont le cœur n'est pas engagé dans ce que la bouche prononce. L'accusation d'hypocrisie (hypokritai) — terme qui désigne à l'origine l'acteur de théâtre, celui qui joue un rôle — est la plus grave que Jésus adresse aux Pharisiens, et elle sera développée tout au long du chapitre 23.

Le renversement de la pureté : de l'extérieur à l'intérieur

Le logion central (v. 11 et 17-20) opère un renversement radical de la conception de la pureté. Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme, mais ce qui en sort — car ce qui sort vient du cœur. La liste des souillures intérieures (v. 19 : mauvaises pensées, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, blasphèmes) reprend en partie le Décalogue et désigne les péchés qui naissent de la liberté humaine corrompue.

Cette affirmation ne supprime pas toute distinction entre pur et impur — Matthieu, plus que Marc (qui en tire la conclusion explicite en 7,19 : « déclarant purs tous les aliments »), reste prudent dans ses formulations — mais elle en déplace le centre de gravité : la pureté authentique est une réalité du cœur (kardia), du lieu intérieur où se décide la liberté humaine face à Dieu. Cette théologie rejoindra celle des Psaumes (Ps 51,12 : « Crée en moi un cœur pur, ô Dieu ») et de Jérémie (Jr 31,33 : « je mettrai ma loi dans leur être intérieur, je l'écrirai sur leur cœur »).

La tradition orale et la Torah écrite dans le judaïsme du Ier siècle

Au temps de Jésus, les Pharisiens défendaient l'autorité de la Torah orale — la Mishna et ses développements — comme complémentaire et de même autorité que la Torah écrite. Cette tradition orale, transmise de génération en génération depuis Moïse selon la doctrine pharisienne (cf. Mishna Avot 1,1 : « Moïse reçut la Torah au Sinaï et la transmit à Josué »), visait à adapter la loi biblique aux conditions changeantes de la vie. Jésus ne nie pas l'utilité d'une interprétation vivante de la Torah, mais il dénonce les cas où cette tradition contredit ou neutralise le commandement divin lui-même. Son rapport à la loi est celui d'un interprète souverain qui distingue le précepte divin de ses surcharges humaines (cf. 5,17 : « je suis venu non pour abolir mais pour accomplir »).

III La foi de la femme cananéenne (v. 21-28)

Un récit dérangeant

L'épisode de la femme cananéenne (cf. Mc 7,24-30, où elle est appelée « Syro-Phénicienne ») est l'un des passages les plus déstabilisants des évangiles. Jésus y apparaît d'abord dans une attitude de refus qui choque la sensibilité moderne : il ne répond pas à la supplique de la femme (v. 23), puis affirme n'être envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël (v. 24), et enfin compare implicitement les non-Juifs à des « petits chiens » (v. 26). L'exégèse de ce passage exige qu'on comprenne la logique interne du dialogue avant d'en tirer des conclusions théologiques.

L'identité de la femme et ses titres

La femme est désignée comme cananéenne — terme archaïsant délibéré chez Matthieu, qui renvoie aux habitants préisraélites de la Terre Promise et qui signale son appartenance à un peuple étranger à l'alliance. Elle interpelle Jésus avec deux titres christologiques : « Seigneur » (Kyrie) et « Fils de David ». Ce second titre est remarquable : c'est le titre messianique davidique par excellence, normalement réservé à Israël dans les demandes de guérison (cf. 9,27 ; 12,23 ; 20,30). Une étrangère reconnaît en Jésus le Messie d'Israël et l'implore avec les catégories de la foi juive — paradoxe qui anticipe la conclusion théologique de l'épisode.

Le dialogue et ses enjeux

Le silence initial de Jésus (v. 23) est une épreuve, non un rejet définitif. La réponse aux disciples — « je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël » — est un énoncé de mission, cohérent avec l'instruction de 10,5-6 (« n'allez pas du côté des nations »). Elle exprime la priorité historique d'Israël dans l'économie du salut, non l'exclusion permanente des nations.

La parole sur le pain des enfants et les « petits chiens » (kynarion, diminutif affectueux, distinct du péjoratif kyôn) est une métaphore du repas familial : les enfants sont servis en premier, avant les animaux domestiques. La femme ne conteste pas la hiérarchie — elle l'accepte avec une humilité radicale — mais elle en fait ressortir la logique interne : même les petits chiens mangent les miettes de la table des maîtres. Si la grâce déborde, elle atteint aussi les nations.

La réponse de Jésus est alors foudroyante : « Femme, ta foi est grande ! » (megala sou hê pistis). C'est l'unique fois dans les évangiles synoptiques où Jésus qualifie une foi de grande — superlatif absent même pour les disciples. La femme cananéenne reçoit le plus grand éloge de foi de tout l'évangile. Sa persévérance, son humilité et sa capacité à argumenter à l'intérieur même de la logique de l'élection israélite la constituent comme le modèle par excellence de la foi qui obtient.

La Cananéenne et l'universalisme matthéen

L'épisode de la Cananéenne est une pierre d'angle de la théologie universaliste de Matthieu. Le même évangile qui restreint la mission aux « brebis perdues de la maison d'Israël » (10,5-6 ; 15,24) s'achève sur la Grande Mission aux « toutes les nations » (28,19). Ces deux pôles ne se contredisent pas : ils décrivent deux temps de l'unique dessein de Dieu. La priorité d'Israël est le chemin par lequel la bénédiction d'Abraham atteint toutes les familles de la terre (cf. Gn 12,3 cité en Ac 3,25). La Cananéenne anticipe dans sa personne le mouvement de la mission post-pascale : une foi non-juive qui reconnaît le Messie d'Israël et en reçoit le salut. La théologie paulinienne de la justification par la foi, ouverte à toutes les nations (Rm 1,16 ; 3,29-30 ; Ga 3,8), trouvera ici l'un de ses fondements narratifs.

IV Guérisons et seconde multiplication des pains (v. 29-39)

La montagne, les guérisons et la gloire rendue au Dieu d'Israël

Jésus remonte vers la mer de Galilée et « gravit la montagne » — lieu théophanique par excellence dans Matthieu (cf. 5,1 ; 17,1 ; 28,16). Les foules lui amènent leurs malades, et la liste des guérisons (boiteux, aveugles, muets, estropiés) reproduit délibérément celle de la réponse à Jean-Baptiste (11,5), soulignant que les actes de puissance messianique se poursuivent. La réaction de la foule est unique et significative : elle « rendit gloire au Dieu d'Israël » (v. 31). Cette formulation, absente du parallèle marcien, suggère que les témoins ne sont pas tous Juifs : des non-Israélites glorifient le Dieu d'Israël en voyant ses œuvres accomplies par Jésus.

La seconde multiplication et ses différences avec la première

La seconde multiplication des pains (v. 32-39) est souvent perçue comme un doublet de la première (14,13-21). Mais les différences sont théologiquement significatives. Les chiffres changent : sept pains et quelques petits poissons au lieu de cinq pains et deux poissons ; sept corbeilles au lieu de douze ; quatre mille hommes au lieu de cinq mille. Le chiffre sept, dans la symbolique biblique, évoque la plénitude et l'universalité (sept nations de Canaan, sept diacres des Hellénistes en Ac 6,1-6). Les douze corbeilles de la première multiplication renvoyaient aux douze tribus d'Israël ; les sept corbeilles de la seconde évoquent l'universalité des nations.

La formule eucharistique est légèrement différente : Jésus « rendit grâce » (eucharistêsas, v. 36) là où il avait « dit la bénédiction » (eulogêsas, 14,19). Ce glissement terminologique est notable : eucharistêsas est le mot qui donnera son nom au sacrement de l'Eucharistie. Le texte se rapproche ainsi encore davantage du vocabulaire de la Cène (26,27 : eucharistêsas pour le calice). Les deux multiplications forment ainsi une paire complémentaire : la première nourrit symboliquement Israël (douze corbeilles), la seconde nourrit symboliquement les nations (sept corbeilles), anticipant l'universalité du repas eucharistique de l'Église.

V Synthèse théologique

La pureté intérieure comme accomplissement de la Torah

Le déplacement opéré par Jésus dans la conception de la pureté n'est pas une abolition de la loi mosaïque mais son intériorisation radicale. La grande tradition prophétique — Isaïe, Jérémie, Ézéchiel — avait déjà annoncé que la nouvelle alliance se caractériserait par une loi inscrite dans le cœur et non seulement sur des tables de pierre. Jésus accomplit cette promesse en révélant que la source du bien et du mal se trouve dans le cœur humain, et que c'est là que se joue la vraie pureté. Cette anthropologie n'est pas dualiste — le corps n'est pas impur — mais elle situe la responsabilité morale dans la liberté intérieure de la personne.

La foi des nations : un renversement eschatologique

La femme cananéenne est le signe anticipé du renversement eschatologique annoncé en 8,11-12 : « beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux ». La foi des nations n'est pas concurrente de l'élection d'Israël mais son accomplissement : c'est précisément parce que Jésus est le Messie d'Israël que les nations peuvent se tourner vers lui et recevoir la grâce. La Cananéenne ne contourne pas l'élection ; elle l'assume et en fait le levier de sa supplication.

L'eucharistie universelle

Les deux multiplications des pains forment ensemble une théologie eucharistique en deux mouvements : le pain donné d'abord à Israël, puis aux nations. Ce schème paulinien — « pour le Juif d'abord, et aussi pour le Grec » (Rm 1,16) — est inscrit dans la chair des récits évangéliques. L'Eucharistie de l'Église, nourricière de toutes les nations, est la réalité eschatologique dont ces deux signes au désert sont les annonces prophétiques.

VI Questions pour l'approfondissement

1. Jésus distingue le commandement de Dieu et la tradition des anciens. Comment opérer aujourd'hui cette même distinction dans la vie de l'Église, entre ce qui appartient à la Révélation divine et ce qui relève des traditions humaines, sans tomber dans un subjectivisme arbitraire ?

2. La liste des souillures intérieures (v. 19) part du cœur. En quoi cette anthropologie biblique du cœur diffère-t-elle d'une morale purement extérieure ou légaliste ? Quelles conséquences pratiques cela a-t-il pour la vie morale et sacramentelle ?

3. La femme cananéenne argumente à l'intérieur même de la logique du refus de Jésus pour en extraire une ouverture. En quoi cette posture — accepter humblement sa place tout en ne renonçant pas à sa demande — est-elle un modèle de prière persévérante ?

4. Les deux multiplications des pains présentent des chiffres différents (12 corbeilles / 7 corbeilles). Si les douze renvoient aux tribus d'Israël et les sept à l'universalité des nations, quelle vision de l'Église ces deux signes dessinent-ils ensemble ?

5. La foule rend gloire « au Dieu d'Israël » après les guérisons (v. 31). Que signifie pour des non-Juifs de glorifier le Dieu d'Israël ? En quoi cette confession anticipe-t-elle la théologie paulinienne de l'universalité du salut (Rm 15,9-12) ?

VII Pour aller plus loin

W. D. Davies & Dale C. Allison, A Critical and Exegetical Commentary on the Gospel according to Saint Matthew, vol. 2, ICC, T&T Clark, 1991, p. 519-578 — analyse exhaustive des trois grandes unités du chapitre.

Elaine Wainwright, Shall We Look for Another ? A Feminist Rereading of the Matthean Jesus, Orbis Books, 1998 — sur la femme cananéenne et la christologie matthéenne vue depuis les marges.

Joachim Gnilka, Das Matthäusevangelium, vol. 2, Herder, 1988, p. 18-40 — sur la pureté et la tradition dans le judaïsme du Ier siècle et leur traitement matthéen.

Xavier Léon-Dufour, Le partage du pain eucharistique selon le Nouveau Testament, Seuil, 1982 — sur les deux multiplications comme anticipation eucharistique et leur théologie respective.

Gerhard Lohfink, Jésus et l'Église, Cerf, 2014 — sur la relation entre l'élection d'Israël, la mission aux nations et l'ecclésiologie matthéenne.