Évangile selon Matthieu — Commentaire théologique
Chapitre 28
Le tombeau vide · Apparition aux femmes · Le mensonge des gardes · Apparition en Galilée · La Grande Mission trinitaire · Emmanuel jusqu'à la fin
Mt 28,1-20 — La Résurrection : accomplissement de toutes les promesses et envoi vers toutes les nations
Le chapitre 28 est le chapitre le plus bref de l'évangile — vingt versets seulement — et pourtant le plus dense de sens. Il constitue le dénouement de tout le récit matthéen et en révèle rétrospectivement la signification profonde. Tout ce qui précède converge vers ce point : la généalogie qui ouvre l'évangile, les cinq grands discours, les controverses de Jérusalem, la Passion — tout trouve son sens dans la Résurrection du Crucifié et dans l'envoi de ses disciples vers toutes les nations.
Le chapitre s'articule en quatre scènes. Le tombeau vide et l'annonce angélique (v. 1-8) établissent le fait de la résurrection et envoient les femmes porter la nouvelle aux disciples. L'apparition de Jésus aux femmes (v. 9-10) confirme la réalité du Ressuscité et répète l'envoi en Galilée. L'épisode du mensonge des gardes (v. 11-15), propre à Matthieu, répond à une objection anti-chrétienne contemporaine. Enfin, la grande scène finale (v. 16-20) — l'apparition sur la montagne de Galilée et la Grande Mission — est la conclusion théologique et ecclésiologique de tout l'évangile. La dernière parole de Jésus — « je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » — répond en écho à son nom inaugural — Emmanuel, Dieu avec nous » (1,23) — et boucle l'inclusion fondamentale de l'évangile.
I Texte — Matthieu 28,1-20 (TOB)
Le tombeau vide et l'ange (v. 1-8)
« Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent voir le sépulcre. Et voilà qu'il y eut un grand tremblement de terre : l'ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus. Son aspect était comme l'éclair et son vêtement blanc comme la neige. Dans leur grande crainte, les gardiens furent bouleversés et devinrent comme des morts. L'ange prit la parole et dit aux femmes : "Vous, ne craignez pas ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir l'endroit où il gisait. Vite, allez dire à ses disciples : Il est ressuscité des morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit." Vite, elles quittèrent le tombeau, avec crainte et grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. » (Mt 28,1-8)
Apparition de Jésus aux femmes (v. 9-10)
« Et voilà que Jésus vint à leur rencontre et dit : "Je vous salue." Elles s'approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : "Ne craignez pas. Allez annoncer à mes frères de se rendre en Galilée ; c'est là qu'ils me verront." » (Mt 28,9-10)
Le rapport des gardes et le mensonge des grands prêtres (v. 11-15)
« Tandis qu'elles étaient en chemin, voilà que quelques-uns des gardes allèrent à la ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s'était passé. Ceux-ci, s'étant réunis avec les anciens et ayant tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d'argent en leur disant : "Vous direz : Ses disciples sont venus de nuit et l'ont volé pendant que nous dormions. Si cela vient aux oreilles du gouverneur, nous nous en occuperons et vous éviterons des ennuis." Ils prirent l'argent et firent comme on leur avait dit. Et ce bruit s'est répandu parmi les Juifs jusqu'à ce jour. » (Mt 28,11-15)
La Grande Mission trinitaire (v. 16-20)
« Les onze disciples se rendirent en Galilée, à la montagne que Jésus leur avait indiquée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais quelques-uns doutèrent. Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voilà, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde." » (Mt 28,16-20)
II Le tombeau vide : l'annonce angélique (v. 1-8)
Les femmes : premières témoins
Les premières à se rendre au tombeau sont les deux Marie — Marie de Magdala et l'autre Marie — déjà témoins de la crucifixion (27,56) et de la sépulture (27,61). Leur fidélité est exemplaire : elles ont suivi jusqu'à la mort et elles sont les premières à la Résurrection. Dans la société du Ier siècle, où le témoignage d'une femme avait peu de valeur juridique, le choix de Dieu de révéler la Résurrection aux femmes en premier est lui-même un renversement significatif — analogue à celui qui fait des pauvres et des petits les premiers destinataires de la révélation (11,25).
Matthieu ne décrit pas la résurrection elle-même — aucun évangile canonique ne le fait — mais ses effets : le tremblement de terre, la descente de l'ange, la pierre roulée. Ces phénomènes reprennent les signes cosmiques de la mort (27,51-52) et forment avec eux un diptyque eschatologique : à la mort du Fils correspond un tremblement de terre, à sa résurrection un autre. Le Vendredi saint et le matin de Pâques sont deux moments d'un même événement cosmique qui inaugure la nouvelle création.
L'ange : description et message
La description de l'ange — « son aspect était comme l'éclair et son vêtement blanc comme la neige » (v. 3) — reprend le vocabulaire des théophanies (Dn 7,9 ; 10,6 ; Mt 17,2 lors de la Transfiguration). L'ange est un messager divin dont la forme visible manifeste l'origine céleste du message qu'il porte. Son message est en trois parties : une mise en garde (« ne craignez pas »), une annonce (« il est ressuscité ») et un envoi (« allez dire à ses disciples »).
La formule centrale — « il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit » (v. 6) — est le kérygme le plus bref de l'évangile. Le « comme il l'avait dit » est une référence aux trois annonces de la Passion (16,21 ; 17,23 ; 20,19) : la résurrection n'est pas une surprise mais l'accomplissement d'une parole fidèle. La mention « venez voir l'endroit où il gisait » — l'invitation à vérifier l'emplacement vide — souligne la réalité corporelle de la résurrection : il ne s'agit pas d'une vision ou d'un phénomène spirituel mais d'un tombeau réellement vide.
Crainte et grande joie
La réaction des femmes — « avec crainte et grande joie » (meta phobou kai charas megalês, v. 8) — est unique dans les récits de résurrection. Elle associe deux émotions qui semblent contradictoires mais qui sont en réalité complémentaires face à la théophanie : la crainte est la réaction normale devant la sainteté divine qui se manifeste de manière inattendue ; la joie est la réponse au message de salut qui brise la mort. Ensemble, elles expriment l'expérience pascale authentique : la résurrection n'est pas un simple soulagement, c'est une rencontre avec le sacré qui saisit tout l'être.
III L'apparition aux femmes : « Je vous salue » (v. 9-10)
L'apparition de Jésus aux femmes en chemin est propre à Matthieu. La salutation de Jésus — « je vous salue » (chairete) — est le salut ordinaire du grec, mais dans ce contexte pascal il porte toute la force d'une annonce de joie : c'est le verbe de la joie messianique (cf. So 3,14 LXX : « jubile » ; Za 9,9 LXX : « sois dans l'allégresse »). Le Ressuscité s'adresse aux femmes dans la langue du quotidien pour leur révéler que la joie eschatologique est désormais présente dans l'histoire.
La prosternation des femmes qui « saisissent ses pieds » (v. 9) est une affirmation de la réalité corporelle du Ressuscité : elles touchent un corps réel, non un fantôme. Le premier Évangile tient fermement à la résurrection corporelle contre toute tendance docète ou purement spirituelle. Le geste de la prosternation (prosekunêsan) est celui de l'adoration divine — les femmes reconnaissent dans le Ressuscité le Seigneur.
L'appellation « mes frères » (v. 10), employée par Jésus pour désigner ses disciples, est nouvelle dans l'évangile et chargée de sens. Après le reniement de Pierre, la fuite des Onze, l'abandon de tous — Jésus appelle ses disciples frères. Ce mot de fraternité est une parole de grâce qui devance tout repentir explicite et offre la réconciliation avant qu'elle soit demandée. Il anticipe la logique du père du Fils prodigue.
IV Le mensonge des gardes : la Résurrection contestée (v. 11-15)
Cet épisode propre à Matthieu répond à une polémique historiquement réelle dans les premières décennies du christianisme : l'accusation selon laquelle les disciples auraient volé le corps de Jésus pour simuler une résurrection. La mention — « ce bruit s'est répandu parmi les Juifs jusqu'à ce jour » (v. 15) — date la rédaction de l'évangile dans un contexte de controverse active avec les synagogues.
La structure de l'épisode est ironique : les mêmes grands prêtres qui avaient mis en place la garde pour empêcher la résurrection paient maintenant pour faire taire ceux qui l'ont vue. L'argent versé aux gardes répond en miroir aux trente pièces versées à Judas (26,15) : dans les deux cas, c'est l'argent qui sert à effacer la vérité. La résurrection ne peut être niée — les gardes l'ont vécue — elle peut seulement être tue par corruption. Cette impuissance du mensonge face à l'événement est elle-même un indice de la réalité de la résurrection.
V La Grande Mission : le sommet christologique et ecclésiologique de l'évangile (v. 16-20)
La montagne de Galilée
La scène finale se déroule « en Galilée, à la montagne que Jésus leur avait indiquée ». La montagne est, tout au long de l'évangile de Matthieu, le lieu de la rencontre entre Jésus et ses disciples et le lieu de la révélation divine : Sermon sur la montagne (ch. 5), Transfiguration (17,1), et maintenant la Grande Mission. La Galilée est la région du début du ministère (4,12-17), la terre des nations (Galilée des nations, Is 8,23), le lieu où tout a commencé et où tout s'achève : l'inclusion géographique enveloppe tout l'évangile.
Le doute des disciples
Le détail que « quelques-uns doutèrent » (v. 17 — hoi de edistasan) est remarquable par son honnêteté. Même dans la scène finale, même en présence du Ressuscité, le doute n'est pas entièrement absent. Ce détail authentifie le récit : un texte apologétique fabriqué n'aurait pas introduit le doute au cœur de la scène fondatrice. Il révèle aussi que la foi pascale n'est pas l'abolition de toute hésitation mais la décision de vivre et d'agir à partir de la rencontre avec le Ressuscité, malgré les questions qui demeurent. La Grande Mission est confiée à des disciples qui doutent encore — la mission n'attend pas la perfection de la foi.
Tout pouvoir m'a été donné
La déclaration de Jésus s'ouvre sur l'affirmation de son autorité universelle : « tout pouvoir (pasa exousia) m'a été donné au ciel et sur la terre » (v. 18). Cette formulation est un écho de Dn 7,14 — « il lui fut donné domination, gloire et royauté » — appliqué au Fils de l'homme par l'Ancien des jours. Le Ressuscité reçoit du Père l'autorité universelle que le Fils de l'homme recevait dans la vision de Daniel : la Résurrection est l'intronisation du Fils de l'homme dans sa gloire eschatologique.
Cette autorité n'est pas tyrannique mais missionnaire : « tout pouvoir m'a été donné », donc (oun) « allez ». L'autorité du Ressuscité est le fondement de la mission, non un titre honorifique. Elle garantit que la mission ne sera pas vaine : celui qui envoie possède l'autorité sur toute la création et sur toute l'histoire.
La formule trinitaire du baptême
Le commandement de baptiser « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (v. 19) est la formule trinitaire la plus développée du Nouveau Testament. Elle est propre à Matthieu — les autres évangiles et les Actes mentionnent un baptême au nom de Jésus. La formule trinitaire reflète une réflexion théologique développée sur la nature de Dieu révélée en Jésus-Christ.
Plusieurs éléments méritent attention. D'abord, l'unité du Nom (eis to onoma, singulier) pour les trois Personnes : ce n'est pas trois noms mais un seul Nom divin qui est Père, Fils et Saint-Esprit — affirmation de l'unité de Dieu dans la trinité des Personnes. Ensuite, la formule n'est pas une addition tardive sans fondement : des traces de son usage liturgique apparaissent dès la Didachè (ch. 7, vers 100 ap. J.-C.), contemporaine ou légèrement postérieure à l'évangile. Enfin, le baptême au nom de quelqu'un signifie dans le contexte biblique l'appartenance à cette personne, la mise sous son autorité et sa protection : être baptisé au Nom trinitaire, c'est entrer dans la relation filiale du Fils avec le Père, dans l'Esprit.
Enseigner à observer tout ce que j'ai prescrit
La triple mission — faites des disciples, baptisez, enseignez à observer — forme une unité organique. Faire des disciples (mathêteuein) est le verbe central, dont le baptême et l'enseignement sont les modes. L'enseignement porte sur « tout ce que j'ai prescrit » (panta hosa eneteilamên) — formule qui renvoie aux cinq grands discours de l'évangile : le Sermon sur la montagne, le discours missionnaire, les paraboles du Royaume, le discours ecclésial, le discours eschatologique. La Grande Mission est ainsi l'envoi vers toutes les nations de la totalité de l'enseignement de Jésus. L'Église n'est pas seulement chargée d'annoncer le kérygme minimal mais de transmettre l'intégralité de l'enseignement évangélique.
Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde
La dernière parole de Jésus — « je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (egô meth' hymôn eimi pasas tas hêmeras heôs tês synteleias tou aiônos) — est la promesse qui clôt l'évangile et en révèle l'horizon ultime. Elle répond en écho au nom Emmanuel — Dieu avec nous (1,23) qui l'ouvrait : l'évangile commence et se termine avec la même affirmation de la présence divine au milieu de son peuple.
Cette présence a plusieurs dimensions. Elle est permanente : « tous les jours », non seulement aux moments liturgiques ou dans les grandes épreuves. Elle est universelle : pour tous les membres de la communauté envoyée en mission. Elle est eschatologique : « jusqu'à la fin du monde » — la présence du Ressuscité accompagne son Église jusqu'à l'achèvement de l'histoire. Cette promesse est le fondement de toute la mission chrétienne : on peut partir vers toutes les nations parce qu'on n'est jamais seul. Le missionnaire ne va pas chercher une présence absente de Dieu dans les nations — il porte avec lui la présence du Ressuscité qui y est déjà et qui l'y attend.
La Grande Mission et la théologie trinitaire
La formule trinitaire de Mt 28,19 est l'un des fondements scripturaires de la doctrine de la Trinité. Tertullien (Contre Praxéas, 26) s'appuie sur ce verset pour affirmer la distinction des Personnes dans l'unité du Nom. Athanase (Sur les décrets de Nicée, 27) y voit la preuve de la divinité du Fils et du Saint-Esprit, co-nommés avec le Père. Le Concile de Nicée (325) et le Concile de Constantinople (381) ont développé la doctrine trinitaire en explicitant ce que la formule de Mt 28,19 affirme de manière condensée : une seule substance divine en trois Personnes distinctes. La formule baptismale matthéenne est ainsi le berceau scripturaire de la foi trinitaire de l'Église.
VI Synthèse théologique : l'évangile de l'Emmanuel accompli
L'inclusion Emmanuel
Le chapitre 28 dévoile la structure fondamentale de tout l'évangile. En 1,23, l'ange annonce que l'enfant qui naît sera appelé « Emmanuel — Dieu avec nous ». En 28,20, le Ressuscité promet : « je suis avec vous tous les jours. » Entre ces deux points s'étend tout le récit matthéen, qui est le récit de la manière dont Dieu a tenu sa promesse d'être avec son peuple d'une façon radicalement nouvelle : en son Fils fait chair, mort et ressuscité. La Résurrection n'est pas la fin de la présence du Christ mais son universalisation : de la Palestine du Ier siècle à toutes les nations, de la génération des apôtres à la fin du monde.
La Résurrection comme fondement de tout
La Résurrection est le fait décisif sur lequel repose tout l'édifice de l'évangile. Sans la Résurrection, les cinq grands discours sont les paroles d'un sage mort ; avec la Résurrection, ils sont la Torah vivante du Seigneur éternel. Sans la Résurrection, la Passion est une tragédie ; avec la Résurrection, elle est le don rédempteur par lequel l'amour de Dieu a vaincu la mort. Sans la Résurrection, les disciples sont des orphelins désorientés ; avec la Résurrection, ils sont des envoyés portant l'autorité du Ressuscité et sa présence permanente.
L'Église : communauté missionnaire de l'Emmanuel
La Grande Mission définit l'Église dans son essence : elle n'est pas une institution fermée sur elle-même mais une communauté en sortie perpétuelle vers toutes les nations. Cette mission n'est pas un programme parmi d'autres de la vie ecclésiale : elle est constitutive de son être. L'Église matthéenne est l'Église de l'Emmanuel — la communauté qui vit de la présence permanente du Ressuscité et qui la porte au monde entier, en faisant des disciples, en baptisant et en enseignant. La dernière parole de l'évangile est une promesse et non un programme : c'est parce que le Seigneur est avec eux que les disciples peuvent partir.
VII Questions pour l'approfondissement
1. Les femmes sont les premières témoins de la Résurrection. Quelle signification théologique et ecclésiologique a ce choix divin dans le contexte d'une société qui minimisait la valeur du témoignage féminin ? En quoi ce choix anticipe-t-il une logique de renversement des valeurs humaines qui traverse tout l'évangile ?
2. « Quelques-uns doutèrent » (v. 17), même en présence du Ressuscité. Comment comprendre que la Grande Mission soit confiée à des disciples qui doutent encore ? Quelle conception de la foi et de l'envoi apostolique ce détail révèle-t-il ?
3. La formule trinitaire — « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » — est au singulier (eis to onoma, un seul Nom). Que révèle cette formulation sur le rapport entre unité et trinité en Dieu ? Comment les Conciles de Nicée et Constantinople en ont-ils développé la portée doctrinale ?
4. La promesse de présence — « je suis avec vous tous les jours » — répond en écho au nom Emmanuel de 1,23. Comment cette inclusion révèle-t-elle le programme théologique de tout l'évangile ? En quoi la Résurrection universalise-t-elle et éternise-t-elle la présence du Christ inaugurée dans l'Incarnation ?
5. La mission consiste à « enseigner à observer tout ce que j'ai prescrit » — renvoi aux cinq discours de l'évangile. En quoi cela implique-t-il que la mission ne peut pas se réduire à un kérygme minimal mais doit transmettre l'intégralité de l'enseignement évangélique ? Quels enjeux cela pose-t-il pour la catéchèse et l'évangélisation contemporaines ?
VIII Pour aller plus loin
W. D. Davies & Dale C. Allison, A Critical and Exegetical Commentary on the Gospel according to Saint Matthew, vol. 3, ICC, T&T Clark, 1997, p. 663-722 — commentaire exhaustif du chapitre 28 et de la Grande Mission.
N. T. Wright, The Resurrection of the Son of God, SPCK, 2003 — l'étude la plus complète sur la résurrection dans le judaïsme du Ier siècle et dans le Nouveau Testament, avec une analyse détaillée des récits matthéens.
Donald Senior, The Gospel of Matthew, Abingdon Press, 1997, p. 143-153 — sur la Grande Mission et sa signification ecclésiologique dans le contexte matthéen.
Joachim Gnilka, Das Matthäusevangelium, vol. 2, Herder, 1988, p. 499-510 — sur la formule trinitaire et son usage liturgique primitif (Didachè).
Jean-Paul II, Redemptoris Missio (1990), n. 1-20 — sur la Grande Mission comme fondement permanent de l'activité missionnaire de l'Église, à partir de Mt 28,19-20.
