Formation théologique

Apocalypse - Livres

Dans l’Apocalypse de Jean, le mot « livre » (ou « rouleau », « codex ») désigne surtout un livre céleste, scellé, qui contient le plan de Dieu pour l’histoire et la fin des temps. Ce livre est central dans la vision du chapitre 5, mais d’autres « livres » apparaissent aussi dans les scènes du jugement final. Voici une synthèse claire.

1. Le Livre aux sept sceaux (Ap 5)

    Le livre le plus important de l’Apocalypse est le « livre écrit au-dedans et au-dehors, scellé de sept sceaux » que Jean voit dans la main droite de Celui qui est assis sur le trône (Ap 5,1).
  • Ce livre est un codex (ou un rouleau) scellé par sept sceaux, ce qui signifie qu’il est fermé et que seul celui qui en a le droit peut l’ouvrir.
  • Personne au ciel, sur la terre ou sous la terre ne peut l’ouvrir, ce qui fait pleurer Jean (Ap 5,3–4).
  • C’est l’Agneau (le Christ ressuscité) qui est déclaré digne d’ouvrir le livre, parce qu’il a été immolé et qu’il a racheté des hommes pour Dieu (Ap 5,5–9).
  • L’ouverture des sept sceaux (Ap 6–8) déclenche les grands événements de la fin : les quatre cavaliers, les martyrs sous l’autel, les tremblements de terre, les étoiles qui tombent, etc..

Symboliquement, ce livre représente le plan de Dieu pour l’histoire, le décret de son jugement et de son salut, que seul le Christ peut accomplir.

2. Le petit livre (Ap 10)

    Plus tard, Jean voit un ange tenant « un petit livre ouvert » dans sa main (Ap 10,2).
  • Ce petit livre est déjà ouvert, contrairement au grand livre aux sept sceaux.
  • Jean est commandé de le prendre et de le manger : il est doux comme le miel dans la bouche, mais amer dans le ventre (Ap 10,9–10).
  • Ce petit livre symbolise la prophétie que Jean doit proclamer : la bonne nouvelle (douceur) mais aussi la souffrance et la persécution qui l’accompagnent (amertume).
  • Il introduit la mission de Jean : « Il faut que tu prophétises encore sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois » (Ap 10,11).

3. Les livres du jugement (Ap 20)

    À la fin, lors du jugement des morts, plusieurs « livres » sont ouverts devant le trône de Dieu (Ap 20,12).
  • Ces livres contiennent le registre des œuvres de chaque personne, et servent de base pour le jugement.
  • « Les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans les livres » (Ap 20,12).
  • Il y a aussi « le livre de vie de l’Agneau » (Ap 13,8 ; 17,8 ; 20,12 ; 21,27), qui contient les noms de ceux qui appartiennent à Dieu et qui échappent au jugement final ; ceux dont le nom n’est pas écrit dans le livre de vie sont jetés dans l’étang de feu (Ap 20,15).
  • Dans la nouvelle Jérusalem, « rien de souillé n’entrera, ni personne qui pratique l’abomination et le mensonge, mais seulement ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau » (Ap 21,27).
    Enfin, le livre de l’Apocalypse lui-même est présenté comme une « révélation de Jésus-Christ » qu’il a fait connaître à Jean, et que Jean doit écrire et envoyer aux Églises (Ap 1,1–3).

Conclusion

    Dans l’Apocalypse, les « livres » sont des symboles puissants de la souveraineté de Dieu, de son plan pour l’histoire et de son jugement :
  • Le grand livre aux sept sceaux contient le plan de Dieu pour la fin des temps, que seul le Christ peut ouvrir et accomplir.
  • Le petit livre ouvert représente la prophétie que Jean doit proclamer, douce et amère à la fois.
  • Les livres du jugement contiennent les œuvres des hommes, et le livre de vie de l’Agneau contient les noms de ceux qui appartiennent à Dieu pour l’éternité.

Ces livres montrent que rien n’échappe à la connaissance de Dieu, que son plan est sûr, et que le salut dépend de la grâce du Christ, inscrite dans le livre de vie.