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Les langues de la bible

La tradition orale

La tradition orale a joué un rôle primordial dans la transmission de la bible. Avant la fixation par écrit de certaines parties de cette tradition dans la Bible ou d'autres documents d'Église, cette transmission a d'abord été sous forme d'enseignements oraux. Par exemple, les premiers écrits de l’Ancien Testament datent du IXème ou VIIIème siècle avant J.-C. alors qu’Abraham se situe vers le XIXè siècle avant J.-C. De même, le premier document écrit dans le Nouveau Testament est la première lettre de Saint Paul aux Thessaloniciens, écrite autour de l'an 50. Cela veut dire que pendant au moins presque 20 ans, les enseignements chrétiens ce sont fait de façon orale.

Pour l'homme de 21e siècle, il peut être difficile de se représenter une culture orale. Puisque nous vivons présentement beaucoup plus dans une culture de l'écrit et aussi dotée d'une panoplie de technologie pour communiquer. Les journaux, la télévision, internet, portables, etc. Nos facultés de mémorisation sont pour cela beaucoup moins sollicitées et cela a pour conséquence que notre mémoire est généralement moins développée que celle de l'homme moyen du premier siècle qui vivait, à l'inverse, dans une culture orale. À cette époque, les supports pour l'écriture étaient dispendieux et peu de gens savaient lire et écrire. Aussi, une des habilités sur laquelle l'éducation misait beaucoup était cette capacité à mémoriser de grandes portions de textes. Par exemple, il était commun qu'un prêtre juif mémorise la Tora (les cinq premiers livres de la Bible) par cœur.

L'évolution des traductions

L'hébreu

Au commencement était l'hébreu. hébreu L'hébreu est une langue consonantique, A l’origine, elle s’écrivait sans accents (2ème ligne ci-contre). Les Massorètes (du mot hébreu massore qui signifie "tradition") ont rajouté les accents vers le VIIIème siècle après J.C.

L’araméen ou l’influence de l’exil

L'exil à Babylone (-587 à -538) a profondément marqué le judaïsme. De nombreux livres de la Bible ont été rédigés ou remaniés au cours de l'exil. L'influence babylonienne a été telle que leur langue, l'araméen, est devenue la langue parlée dans tout l'Ancien Orient.

L'araméen est une langue sémitique assez proche de l'hébreu. On utilise le même alphabet pour l'écrire et sa grammaire possède de nombreuses affinités avec celle de l'hébreu. On ne trouve que peu de textes rédigés en araméens dans la Bible : quelques chapitres de Daniel (2,4-7,28) et Esdras (4,8-6,18), ainsi qu'un verset de la Genèse (31,47) et du livre de Jérémie (10,11). Il s'agit pour l'essentiel de livres rédigés après le retour d'exil.

Comme de nombreux Juifs ne parlaient plus que difficilement (ou pas du tout) l'hébreu au retour d'exil, il a fallu traduire en araméen le texte hébreu de la Bible. L'opération se faisait d'abord de manière strictement orale. Lors de la lecture publique du texte hébreu, un traducteur (le metourgman) donnait aussitôt à voix haute la traduction araméenne du passage. Ultérieurement, cette traduction a été mise par écrit. Ces traductions sont connues sous le nom de targum.

Le grec

En conquérant tout l'Ancien Orient, Alexandre le Grand n'a pas réalisé qu'un opération militaire. Il a massivement exporté avec lui la culture grecque, notamment en fondant des "villes nouvelles". Une des plus célèbres sera la cité d'Alexandrie en Égypte. Cette ville sera peuplée de nombreux Juifs qui vont se retrouver ainsi profondément immergés dans cette culture hellénistique.

Les Juifs d'Alexandrie sont confrontés à un double problème. D'une part, un bon nombre d'entre d'eux ne parlent plus que le grec. D'autre part, ils désireraient se faire reconnaître comme membres à part entière de la cité grecque. Pour cela, il faut que l'administration puisse connaître les "lois" qui régissent cette communauté juive. Or les fonctionnaires d'Alexandrie ne lisent que le grec et la "loi" des Juifs, c'est à dire les cinq premiers livres de la Bible, ne sont rédigés qu'en hébreu.

Les communauté juive d'Alexandrie va donc entreprendre, au milieu du troisième siècle avant Jésus-Christ, une vaste opération de traduction de la Bible. Les cinq premiers livres (la Loi) vont être traduits en priorité. Le reste de la Bible suivra, mais il faudra plus d'un siècle pour que l'opération soir menée à bien. Cette entreprise de traduction mobilisera de nombreux traducteurs de style et de compétence variés.

L'ensemble de la traduction sera connue sous le nom de Septante (LXX). "Septante", cela veut simplement dire 70. En fait, ce nom vient d'un texte (la lettre d'Aristée) qui raconte (bien après l'événement, cela va sans dire...) comment se serait opéré cette traduction. Pour ce faire, on aurait fait venir de Jérusalem 70 savants connaissant aussi bien l'hébreu que le grec. On aurait ensuite enfermé ces savants qui auraient, après 70 jours, rendu strictement la même copie, attestant ainsi de la parfaite qualité de la traduction. Même si cette histoire garde un aspect légendaire, elle va donner son nom à la traduction, celle des soixante-dix. De nouveaux livres rédigés en grec vont être ajoutés à la collection (deutérocanoniques).

Le Nouveau Testament est entièrement rédigé en grec.

Le latin

Le latin n'est pas une langue biblique. Aucun livre de la Bible n'a été rédigé primitivement en latin. Tout le Nouveau Testament est écrit en grec. Par contre, lorsque le grec sera abandonné au profit du latin, la Bible sera traduite en langue latine afin que tous puissent y avoir accès. La traduction latine la plus célèbre est celle de St. Jérôme appelée la Vulgate (langue vulgaire).

Le Français

XVIème : premières traductions intégrales en français.

Les manuscrits

amulette Le plus ancien objet sur lequel on retrouve un texte biblique est l'amulette de Ketef Hinnom1, datée vers 600 av. J.-C. Petit rouleau d’argent, qui ne faisait à peine que 3 cm de hauteur, découvert à Jérusalem en 1979. Des techniciens du Musée d’Israël à Jérusalem finirent par le dérouler au terme de trois années de travail minutieux. La longueur totale du rouleau qui a été conservé ne fait que 9,5 cm! Le nom de YAHVE y apparaît clairement.

Le plus ancien manuscrit de la Bible hébraïque retrouvé à ce jour est probablement le fragment d'un rouleau des livres de Samuel, datant du milieu ou de la fin du IIIe siècle av. J.-C., et trouvé à Qumrân en Cisjordanie.

La découverte majeure de Qumrân est le Grand Rouleau d'Isaïe. C'est le plus ancien manuscrit hébreu complet connu d'un livre biblique. Composé de dix-sept feuillets de cuir cousus ensemble, il mesure 7,34 mètres de long. Y est transcrite en hébreu, sur cinquante-quatre colonnes, l'intégralité des soixante-six chapitres du livre d’Isaïe. Il date du IIe siècle av. J.-C.

Plus de 900 fragments de textes ont été mis au jour à partir de 1947 dans des grottes du site archéologique de Qumrân, en Cisjordanie. Si la plupart sont en hébreu, une petite partie est rédigée en araméen ou en grec. Tous sont datés entre le IIIe siècle avant J-C. et le IIe siècle après J.-C..

rouleau Isaïe Les plus anciennes versions relativement complètes des écrits vétérotestamentaires rédigés en grec qui sont parvenues sont deux copies de la Septante datées du IVe siècle après J.-C. : le Codex Sinaiticus et le Codex Vaticanus.

Le plus ancien manuscrit complet du texte massorétique (hébreu), qui sert de base aux éditions des bibles modernes, est le Codex Leningradensis, datant du XIe siècle après J.-C..

Le plus ancien texte du Nouveau Testament retrouvé à ce jour est le papyrus P52 de la bibliothèque Rylands, contenant un fragment de l’Évangile selon Jean, qui date de la première moitié du IIe siècle.